mercredi 4 janvier 2012

Les autres enfants


Je n'ouvre jamais les magazines "people".
People, je ne sais toujours pas ce que ça veut dire. Je ne crois pas que ça veuille vraiment dire quelque chose. C'est un mot qui n'est même pas joli à prononcer, et il me semble vide de sens. C'est tellement éloigné de moi que, même si je le voulais, je n'arriverais pas à m'y intéresser. Je suis perplexe quand je vais chercher mes magazines à moi. Ils iraient aux toilettes qu'il y aurait encore des gens pour s'extasier. Je ne comprends pas.
Voilà, c'est le mot. Incompréhension mutuelle entre ce monde et moi. C'est hermétique. Je comprends pas qu'on sorte mille magazines sur le même sujet. Je comprends pas qu'on en parle à la télé. Je comprends pas que ça prenne tant de place.
Qu'on y jette un regard amusé de temps à autres ne me dérange pas. Je connais des gens chouettes qui le font, ça les amuse. La différence avec les "vrais fans "de cet Univers étrange et insondable : la distance.
Tout est une question de distance.
Le problème, quand on se promène sur le net, c'est qu'on ne peut pas passer à côté de Truc qui nous déçoit beaucoup en portant des collants jaunes alors que sa robe est rouge (mais c'est quoi ces gens qui s'habillent n'importe comment alors qu'ils sont le mètre-étalon de la branchitude et du glamour ??? Journalistes, vous avez amplement le droit d'affirmer que vous êtes déçus !), à côté de la famille Machin qui se crêpe le chignon parce que K a été méchante avec K., de Ploum qui aimerait  tellement faire un gosse depuis que son ex en a 6 ou 7, ou encore Chose qui présente Bidule à ses parents parce qu'un People, ça a aussi le coeur tendre et débordant d'amour et que parfois, il fait les choses tout comme nous. Et ça, ça en émeut pas mal.
Et s'il y en a que ça émeut, moi, je repose ma tasse de thé en gueulant, parce que je peux facilement devenir vulgaire et je m'en excuse, mais tout ça me pousse à la vulgarité : "mais qu'est-ce que j'en ai à foutre !!!".
Que les gens regardent si ça les amuse, mais j'ai pas envie qu'on me force à m'y intéresser. Je passe mon chemin. Je ne lis plus, et depuis belle lurette, les magazines cinéma empruntés aux copains qui, sans jamais être formidables, faisaient (à peu près) leur boulot : parler Cinéma, respirer Cinéma, vivre Cinéma. Je ne parle, bien sûr, ni des Cahiers du Cinéma (qui a ses bons côtés, même si Romain Duris préfère se torcher le cul avec dans le Dobermann de Kounen)ni de Positif, ni de Mad Movies. Ni même de Brazil. Depuis quelques années,  l'Art Noble du Cinéma se roule dans la fange : on  préfère parler des amourettes de B.P et A.J sur le tournage d'un film excessivement médiocre plutôt que de leur parler cinoche. Ceci vaut pour les émissions qui se targuent d'être cinéphiles. Je plains ces acteurs, ceux qui aiment vraiment ce qu'ils font, d'en être réduits à répondre à des questions toutes plus saugrenues les unes que les autres (posées, disons, par une certaine Ariane M.), un faible sourire sur leur visage pâle alors que ça se trouve, eux, ils aimeraient causer cinoche, et de leurs émotions, et de ce qu'ils pensent du film.
Alors je passe mon chemin l'air de rien, sifflotant tout en fumant ma clope (c'est faisable).
Je me sens le Titi parisien de mes jeunes années. Je m'en fous. Et alors ?
Et cette fois-là, je passais une nouvelle fois mon chemin... jusqu'à ce que je rencontre "les Enfants". Et en rencontrant ces Enfants, je me sens comme les adultes du Village Of The Damned de Wolf Rilla.
Je découvre alors, les doigts crispés sur mon clavier, ce microcosme. Je découvre, je lis, parce qu'il me faut en savoir plus. Comment ? On m'a caché tout ça pendant tout ce temps-là ?
Mais... mais !
Zut. Ils m'ont forcée à regarder de plus près cet Univers étrange et insondable. Parce que soudain, j'ai envie de comprendre. Envie de mettre ces fichus journalistes dans une cage. Le monde part à la dérive. Je préfère laisser mon imagination voguer sur ces photographies familiales que je viens de trouver. Penser à mon Grand-Père. Ces photographies-là sont belles et racontent une histoire.
Mais il me faut plonger dans la Grande Babylone.
Et je découvre que ces Enfants-là sont différents. Ces Enfants ne sont pas ces Enfants que vous côtoyez tous les jours (qu'ils soient membres de votre famille, que vous bossiez avec, etc.).
Cette race d'enfants-là est différente : ce sont des Enfants d'artistes (quand on est polis), Enfants de People (dans ce coin de la galaxie).
Et être le produit d'un People, c'est être différent.
Et j'apprends alors, mi-rêveuse, mi-ébahie - je peux parfois être très naïve - que ces Enfants de People possèdent déjà une maison (maison que d'autres ont du mal à payer), portent des escarpins (alors que certaines filles continue de se tordre les chevilles avec alors c'est sûr, il vaut mieux s'y prendre tôt), ont des i-pod (alors que je ne sais même pas comment ça marche).
La Galaxie des enfants-stars.
Une galaxie bien particulière, la galaxie du néant, du vide, celle du point d'interrogation éternel : "mais comment les photographes peuvent-ils passer leur temps à mitrailler ces fils et filles de. ? Qu'est-ce que ça leur apporte ? Il y a vraiment des gens pour s'intéresser à Suri, Shiloh, Kingston et compagnie ?" (le People n'est pas comme le commun des mortels. Pour nous le faire comprendre, à nous, qui évoluons dans une galaxie autre, ils affublent leurs enfants de noms plus moches les uns que les autres, la palme revenant aux filles de Demi Moore et Bruce Willis. Scout LaRue et Tallulah Belle, il fallait tout de même y penser - il paraît qu'ils ont eu l'idée en lisant Lucky Luke. Une amie me dit : "on dirait des noms de Petits Poneys !". Commentaire anonyme au sujet de Sunday Rose, Harper, Tallulah, Harlow, Sury ; notons la faute et rayons le prénom inutile  : "Gros coup de coeuur des que j'ai lu sa dans public ;P") .
                
L'icône des Enfants de People est Suri Cruise.
(Remarquons, qu'à de rares exceptions, tous les parents de ces Enfants ont leur cote de popularité en berne depuis quelques années.)
Ah, Suri ! Un joli prénom qui fait penser à un joli petit animal (celui qui gratte derrière mes murs quand je dors à poings fermés), mais surtout, un joli prénom d'origine persane.
Suri, c'est la Rose Rouge, et on se dit soudain que Tom Cruise et Katie Holmes, heureux scientologues, ont de jolis goûts. Ah ! On s'en fout totalement, jusqu'à ce que la copine d'une amie à vous, qui a beaucoup d'affection pour les People, vous apprend que : "ah mai nan ! Suri, c'est Princessse en hébreux ! C'est dérivé de Sarah et Tom Cruse et Katie, bin ils ont di que cétait un dérivé !".
Bon, pourquoi pas. Suri est un dérivé de Sara (salutations à toutes les Sarah/Sara que j'ai rencontrées). Je lis que, nuance, Tom Cruise et Katie Holmes préfèrent la signification de Princesse à Rose Rouge (Princesse, c'est plus People). Le pouvoir des People : changer ce qu'ils veulent, quand ils veulent.
Suri, donc. Suri, à 5 ans, porte des escarpins. Suri, à 5 ans, porte du rouge à lèvres et du vernis.
5 ans, ça devrait être l'âge où on essaye les escarpins de sa mère, son vernis et ses bijoux, pour rigoler.
Mais on ne rigole pas chez les Scientologues.
Suri C. est une star de la mode. Elle a d'ailleurs des fan-clubs, comme celui-ci, où l'on peut discuter à son aise de la "Tiny Fashionista". Forbes l'a écrit, et si Forbes le dit, c'est qu'il y a du vrai. Suri C. est l'enfant le plus influent de la planète.
Le plus influent. Un enfant de 5 ans impose ses goûts et ses dégoûts.
Et nous, on dit oui à tout, et on finit par trouver ça tout à fait normal, naturel, évident.
Les parents non-People scrutent avec avidité toutes les photographies de la gamine, inspiration pour habiller leur propres enfants. Sauf que la garde-robe de Suri C. coûte environ 400.000 Dollars. C'est pas vraiment ça, l'important. On offre les cadeaux qu'on est capable d'offrir, même quand on a le sens des proportions. On n'aime jamais trop ses enfants, n'est-ce pas.
A Noël, Suri veut des boucles d'oreille en diamant et des robes de princesses. Les parents ne disent pas non. Les parents People ne peuvent, vraisemblablement, jamais dire non. Peut-être parce qu'ils ont les moyens de leur dire oui.
Tremblez, pauvres gens !
Suri n'est pas une petite fille.
Suri n'est pas une enfant.
Suri est une FEMME. Plus femme que moi ou la moitié des femmes que je connais. Suri a déjà des goûs particuliers. Elle sait qu'elle veut porter des chaussures dorées à talon du plus bel effet. Elle sait que jamais et par trois fois jamais, elle ne sortira sans son rouge à lèvres.


Elle a déjà un goût très sûr en la matière et aime à combiner les couleurs et les tissus.
Suri a un emploi du temps très chargé. Puisque ses parents la considèrent comme une petite surdouée (la maman est flattée : à 3 ans, Suri lui a dit que le pantalon marron qu'elle comptait mettre avec ce chemisier ne lui allait pas, mais alors pas du tout) alors elle est inscrite partout : au foot, au cours de musique, à la danse (elle est déjà douée dans toutes ces disciplines). Interdiction de parler aux Enfants non-scientologues (non-People ?) parce qu'on ne sait jamais, ils pourraient avoir une mauvaise influence et pire, essayer de lui dire que l'histoire du Monde et des Extra-terrestres et de Saint L. Ron Hubbard, en laquelle croient ses parents, c'est vraiment n'importe quoi.
Au détour des recherches, on  découvre des photographies qui font tiquer. Sur ces photographies de papparazzi que Tom Cruise adore, Suri fait des grimaces pour éloigner les caméras. Suri se cache des caméras.
Si personne ne comprend que la gamine a  l'air d'en avoir un peu ras les ballerines, je sais pas ce qu'il leur faut. Mais vu que Suri est une FEMME, il est bien normal qu'elle puisse se débrouiller parfaitement devant les caméras. Enfant surdouée, de People, de mode. Elle a ça dans le sang . C'est inné.
Un jour de 2011, un papparazzo surprend la mère et sa fille dans un magasin. Ce qu'il prend en photo, c'est une gamine de 5 ans qui pleure pour avoir quelque chose. Les photos sont publiées et soudain, le monde entier reprend son souffle : oui, les enfants-people peuvent aussi crier, taper du pied, pleurer pour avoir quelque chose (qu'elle aura aussitôt) ! Oui, un Enfant-People peut parfois être comme les autres ! Formidable ! Rassurant ! Finalement, elle est humaine ! Rien n'est perdu !
Tout de même... j'aimerais savoir ce que raconte la gamine à ses poupées, quand la nounou et les parents ont le dos tourné.

A lire : le Suri's Burn Book.
Un blog où Suri exprime toutes ses pensées et sa jalousie des autres enfants de People, qu'elle veut avoir sur son territoire (le continent américain), à portée de vision, pour mieux les surveiller. Des gars qui préfèrent en rire (Amen) et qui, parfois, arrive à nous arracher un sourire : le passage où, voyant toutes ces People tomber enceintes,  Suri commence à le prendre un peu pour elle, parce que ces People, ils font rien qu'à essayer de lui ruiner son Petit Monde Parfait, est franchement drôle.

Suri, justement, pourrait avoir des ennemis. C'est bientôt la course à celui ou celle qui sera le mieux habillé(e), le plus tichou.
Ces Enfants de People Ennemis se nomment Violet et Seraphina Affleck...



Max Anthony (fils de Jennifer Lopez et Marc Anthony)



et Honor Marie Warren (fille de Jessica Alba et Cash Warren) .


Mais que Suri se rassure ! Ces Enfants-là ne sont pas si dangereux. Dans un classement très sérieux indiquant quels sont les enfants les plus influents (des Etats-Unis, donc de la planète), Violet n'arrive qu'à la 9ème place (sa soeur aînée n'est pas dans le classement. Il faut absolument dénoncer cette injustice !), Max A. est à la quatrième place (sa soeur, Emme, tombant directement à la 17ème place. On voit qui a hérité du "talent" familial) et Honor W. est à la 6ème place.
Mais n'oublions pas tous ces petits Enfants de People dont on n'a pas parlé.
Cruz David Beckham (7ème place), Jayden Federline (fils de Britney Spears et Kevin  Federline  - 10ème place) ou encore Charlotte Grace Prinze (fille de Sarah Michelle Gellar et Freddie Prinze Jr. - 14ème place).
D'ailleurs, ils s'appelleront désormais N. 7, N.10 et N. 14. Jusqu'à la prochaine liste qui les verra déchoir (si jamais Violet/N.9 ose porter un survêtement jaune et bleu avec des noeuds dans les cheveux en prime) ou monter (si jamais Max A./N.4 décide de porter cravate et chemise blanche pour Noël prochain, sait-on jamais, il n'est jamais trop tôt pour être classe).
Les Enfants-People sont toujours à la pointe de la mode, de la perfection. Jamais un faux-pas. Et quand on parle d'enfants, on se dit que c'est paradoxal.

La véritable Ennemie-People de Suri, c'est elle :


Shiloh Nouvel Jolie-Pitt.
Shiloh, c'est un peu l'envers du décor. Forcément, quand je vois cette tête blonde, je me dis, bêtement, faible que je suis,  me laissant attendrir deux minutes  : "ah ben ! elle a une bonne bouille, elle !". C'est vrai, bon sang, elle me fait penser à une version féminine d'Emil.




On a les références qu'on peut. J'aime beaucoup les miennes.
Et puis, quand on lit que Shiloh préfère se faire appeler Shax, qu'elle coupe les têtes des poupées Barbie et qu'elle collectionne les animaux morts, on se dit qu'elle aurait pu être une de nos meilleures amies si seulement elle était née à la fin des années 70 (voire au début des années 80) et si jamais elle avait fréquenté  une école appelée Saint-Jean située en Normandie.
Et puis, on lit, le sourcil levé, qu'elle ne semble pas être la préférée de sa maman. Sa maman qui dit qu'elle est un enfant biologique, et donc qu'elle a eu la chance de naître dans une famille riche et stable, ce que n'ont pas eu les autres... alors forcément, on l'aime un peu moins, ou on arrive pas à l'aimer autant que les autres. On peut comprendre - du moins tenter de comprendre - ces propos, mais tout de même, ça coince à un niveau. Je ne sais pas trop lequel. Ca refroidit.
Et ne jugeons pas un livre sur sa couverture, comme on dit. On se dit que Shiloh est quand même N.3 (la précède la mioche nouvellement née du couple Beckham, l'un des couples à qui on aimerait offrir un aller-simple en Afghanistan) et que ça se trouve, le coup du Tomboy (salut à toutes celles qui furent des Garçons Manqués, des Tomboys, car elles sont mes amies) était rôdé depuis le début.
C'est le coup marketing du siècle. Le talent de rendre cool ce qui ne l'est pas pour la majorité, de rendre chouette ce qui était jadis décrié (un peu comme Tim Burton).
Du coup, des gens comme moi peuvent tomber dans le panneau. Et puis, une fois ce traumatisme passé, on juge. C'est le problème, on finit par penser que tout le monde est suspect, même ceux dont on dirait, en les croisant dans la rue : voilà une famille qui me plaît.
Quand on les voit se promener, la main dans la main avec leurs mioches, alors qu'à la maison, c'est la nounou (les nounous, soyons fous) qui s'occupent de tout, on peut grincer des dents devant cette illusion savamment orchestrée. Les mamans s'émeuvent de voir que  ces mamans sont aussi des mères. Qu'elles ont les mêmes pulsions maternelles. On a l'impression de voir un joli coup monté :
Cette mère, c'est vous.
Bien sûr, tout le monde n'est pas à mettre dans le même panier. Il y a des Mamans célèbres qui ne misent pas leur côte d'amour sur leurs mioches. On peut penser à Vanessa Paradis qui, au moins, n'a jamais monnayé les photos de sa progéniture. Au moins, il y a une protection, qu'on se dit. Idem pour Tilda Swinton. Être pris en photo avec son gosse, bien sûr que ça arrive. On n'y peut rien,  les journalistes répondent à la demande. Si les gens ne donnaient pas autant d'importance à tout ça, ça n'arriverait peut-être pas. Et s'il y a des gens pour s'y intéresser, autant les mitrailler. C'est l'oeuf et la poule, on finit par se demander qui a commencé ce petit jeu du Chat et de la Souris (non, pas de jeu de mots). Ce qui dérange, c'est cette impression qu'ils sont toujours là au bon moment, prêts à être immortalisés. Suri, Shiloh, les enfants de l'infâme Mariah Carey ne sont plus que des produits que l'on vend, un grand sourire attendri sur les lèvres. Fausseté. Certains de ces enfants aident à remonter le capital sympathie d'acteurs, chanteurs (et non des artistes) qui ne sont plus très populaires. Jennifer Gardner, Halle Berry, Gwen Stefani, Kevin Federline, Katie Holmes, Jennifer Lopez. Des gens pour qui la gloire s'en est allée, ou pour qui la gloire n'a pas duré longtemps.                
Une saveur amère, au final.
La Petite Femme Suri a beau s'habiller comme une princesse aux goûts affirmés, on sait qu'on nous prend pour des imbéciles, et que Maman-Parfaite Katie H. est derrière sa mioche à l'habiller (avec l'armée de nounous ces fameuses nounous qui ont toujours quelque chose à raconter et qui, de temps en temps, aiment bien aller se présenter aux journaleux de pacotille pour leur dire ce qui se passe, dans les maisons. Leurs scoops à deux balles). Et puis parce que c'est sa gosse (et par définition, plus intelligente et plus belle et plus drôle et plus tout que tous les autres), elle et son époux nous font croire qu'ils n'ont rien à voir là-dedans. Ce sont juste les parents d'un être exceptionnel. Tout ça, c'est de la poudre aux yeux.
Il y en a encore pour s'attendrir devant la gamine, et il y a des gens comme moi, fascinés par toute cette noirceur qu'ils sont incapables de ne pas déceler.
Les gamins du couple Jolie Pitt sont, à première vue une fratrie unie. Personnellement, je m'arrête là, j'ai d'autres chats à fouetter, même si je sais que beaucoup trouvent la façon qu'a le couple de les élever à la limite de la maltraitance. Du peu que je m'y intéresse, ils ont l'air libre, joyeux. Si seulement cette simplicité pouvait être réelle, c'est tout ce que je me dis. Il faut lire cette page hallucinante où le journaliste essaye, du mieux qu'il peut, de comprendre le style vestimentaire de Shiloh Nouvel (et on le sent bien, il l'aime pas, ce style). On sent bien que le journaliste est dans une impasse, qu'il ne comprend pas comment une gamine de 4 ans, qui sait pourtant exactement ce qu'elle veut porter, qui sait comment se mettre en valeur... peut s'habiller aussi mal (selon les points de vue). On croit rêver. Tu nous déçois, Shiloh ! Tu n'es pas glamour. Espérons que tu sois plus féminine, quand tu auras 18 ans.
Au passage, il faut regarder sa soeur aînée, toute raidie, dont j'ai oublié le prénom (après tout, elle n'est que N.11). La façon dont elle regarde les journalistes fait froid dans le dos. C'est le même air, sur chaque photo. On a envie de lui mettre un sac sur la tête. Et le pire, c'est qu'on sait même pas ce qu'on ferait à la place de ces parents.

Bof.
Tout ça ne vaut pas un bon repas thaï ou une castagne avec les Vaches Noires.
On s'en fout, mais on ne peut pas s'empêcher de se demander si on a pas abusé des drogues hallucinogènes. On voit que le monde entier regarde ces enfants, le souffle coupé, à l'affût de la prochaine image, de la prochaine crise de larmes, de la prochaine lubie. Comme si les Enfants-People étaient les uniques responsables. Comme s'ils avaient demandé quelque chose, ces gosses. Il y en a pour se tromper de cible et ceux qui se trompent finissent par dire, écrire, toute la haine qu'ils ont de ces enfants.
Trop riches, trop gâtés, trop tout. Et mal élevés en plus.



Que portera Suri, la prochaine fois ? Shiloh tuera-t-elle un chiot à mains nues pour compléter sa collection ? Quelle sera la folie prochaine (et onéreuse) des parents en totale admiration devant leurs petiots ?
Y a t-il une vie après un jet privé ?
La vie peut-elle être meilleure ?

Mise à jour !
On en parle sur ce site. A lire, forcément. Des petites perles en plus (on y parle de l'insupportable Willow Smith), dont ces quelques mots du reporter Roger Hitts, du Star. Je surligne ce qui m'a fait bondir.
Shiloh et Suri ne sont pas exploitées commercialement par leurs parents, elles sont encore trop jeunes pour cela. Angelina et Brad ont bien été payés 5 millions de dollars par People Magazine pour les photos de Shiloh à sa naissance mais ils ont tout reversé à une oeuvre de charité. En ce qui concerne Suri, elle a fait la couverture de Vanity Fair à sa naissance mais Tom Cruise et Katie Holmes n'ont pas été rémunérés pour cela, même s'il est vrai que la session photo a tout de même servi à faire la promo du blockbuster de Tom Cruise à l'époque.

10 commentaires:

V.S a dit…

J'aimerais bien être un people pour avoir un Petit Poney. Je l'élèverai dans le foin et lui ferai poster la selle à l'âge où Suri porte les talons, et nous caracolerons heureux sur la rouge pelouse des soirées privées.

Fauna a dit…

Poney et foin, une certaine idée du bonheur. Il y a là une authenticité derrière laquelle les People s'essoufflent vainement.
Rejetons ce triste monde imposé par des gens décérébrés !!!

Seb a dit…

Une paire de baffe sur Suri Cruise me ferait du bien.C'est pas complètement sa faute,mais bon...

Fauna a dit…

C'est plutôt à l'exaspérant couple Cruise-Holmes que j'achèterais un aller simple pour l'Afghanistan (pour eux aussi. Zou.)

Anonyme a dit…

Vous souvenez-vous de Jonbenet Ramsey ?

La fin glauque et prématurée d'une enfant-poupée...

Mademoiselle M.

Fauna a dit…

Oui, je m'en souviens très bien. Ca m'avait beaucoup touchée. C'était tellement sinistre et triste...
(Avez-vous lu le roman de Joyce Carol Oates, qui s'en inspire ? Il est sur ma liste de livres à lire prochainement.)

C'est surréaliste de voir ces toutes petites filles maquillées, habillées comme si elles avaient 25 ans. C'est glauque et fascinant.
J'ai justement découvert il n'y a pas longtemps une émission de télé-réalité du nom de "Toddlers and Tiaras", vous en avez peut-être entendu parler (4 ans qu'elle dure, à ce que j'ai compris)? Je vous donne le lien du site officiel au cas où :

http://tlc.howstuffworks.com/tv/toddlers-tiaras

Avec des gamines affublées de faux seins, des gamines qui se font traiter de putes par leurs petites collègues parce qu'on trouve judicieux (et sûrement adoooorable) de les déguiser comme Julia Roberts dans "Pretty Woman".
Et on nous montre ensuite, dans la même émission, ces enfants jouer comme n'importe quel enfant. Au cas où on ait des doutes, sûrement !

Shéris a dit…

Je ne m'interesse pas aux peoples. C'est leur vie pas la mienne.
Mais je trouve ça vraiment horrible de médiatiser ses enfants ainsi, de les jeter en pâture aux médias...
Suri Cruise a son blog ? je parie qu'elle a aussi un FB et un twitter ....

Mais je crois que le pire, c'est encore les monsieur et madame tout le monde qui veulent faire pareil avec leurs enfants: à peine sont-ils nés qu'on leur crée une page FB, avec photos et les impressions du bout'chou sur sa journée .... pffff

Je me révolte déjà quand je vois des gamines de 15 ans habillées comme des adultes (et pire:comme des péripatéticiennes, disons-le franchement), alors voir des petites de 5 ans avec des talons !!
Quand la permissivité idiote des parents s'arrêtera-t-elle ?
A quand le retour des valeurs ?

Fauna a dit…

Alors non, Suri C. n'a pas de blog, c'est juste quelques petits gars qui s'amusent à se mettre dans la peau de la gamine pour justement mettre en valeur la bêtise des gens, des journalistes, des parents (tous les autres enfants sont des ennemis potentiels qui peuvent lui piquer sa place de "gamine la plus en vue").
Je ne pense pas qu'aucun de ces enfants ait un blog - ce qui serait le comble ! - mais par contre, il y a plein de pages crées par des fans pour ces enfants. Ce qui est proprement hallucinant !

Pour tout le reste, je suis évidemment d'accord avec ce que tu écris. J'ai la mâchoire qui se décroche quand je vois des parents mettrent sur le net, la vie entière de leurs enfants. Ils y mettent absolument TOUT. On n'est certes pas obligé de regarder mais on a le droit de trouver ça dérangeant. Ce qui me fait penser à une anecdote : mon amie V.S avait justement eu des "soucis" avec une bonne femme du genre qui postait tous les jours des photographies de son bébé sur son blog (oui oui, le blog du bébé), avec tout ce qu'il faisait. Bébé va sur le pot, par exemple. Du coup, tout ceux qui trouvaient ça un peu absurde (pour ne pas être plus malpolie) étaient des dépressifs incapables de tomber sous le charme du mioche.

Anonyme a dit…

Merci pour le lien , Fauna. Je ne connaissais pas...c'est assez effarant. Mais guère nouveau si on y songe...L'époque victorienne n'a-t-elle pas eu ses spectacles de music-hall dans lesquels des enfants "travestis" en adultes chantaient et dansaient des ritournelles fort peu en accord avec leur âge ? Et ceci devant un public d'adultes bien entendu...

Le problème, justement , c'est le temps et son inexorable travail sur nous humains. Ces enfants-poupées , ces créatures irréelles ne le resteront pas. ( J'entends Miss Angie qui ricane fort peu charitablement. Elle n'a pas ce problème ). Contrairement aux apparences , je pense qu'un avenir plutôt sombre s'ouvre devant la majorité de ces gamines adulées , enrubannées , surexposées et finalement exploitées sans vergogne par des "adultes responsables" qui s'empresseront de les oublier pour peu qu'elles osent...et bien , grandir , c'est tout. Grandir , avec tout ce que ça implique.

Mais après tout...qu'en savent des égoïstes sans enfants comme nous ?(clin d'oeil à une précédente conversation...)

Amitiés,
Mademoiselle M.

Fauna a dit…

"On achève bien les chevaux", dit-on.
Oui, on n'a pas une petite fille comme on a une poupée. Je ne suis pas très fan d'Amélie Nothomb, mais elle avait dit quelque chose que j'avais trouvé très vrai. Je ne saurais retrouver la phrase exacte, mais en substance, elle disait qu'il était très beau de donner le jour à un enfant, mais qu'il était très dangereux de rêver son enfant. Et j'ai l'impression que ça s'applique à ces mères, qu'elles sont en train de rêver leurs fillettes. Et ça donne quoi, le jour où la fillette n'est plus conforme aux attentes ?
Et que vive la révolte enfantine, quand les poupées osent enfin dire non ! Les poupées ou n'importe quel enfant en "état de souffrance", comme disent les petits papiers.
Cela me fait penser à Irina Ionesco, qui sublime sa fille et qui pourtant, donne l'impression de ne jamais l'avoir comprise. Et ces gens-là, ces mères (il y a des pères aussi, mais ce sont d'autres domaines, plus sportifs, de ce que j'ai observé) ne semblent jamais réaliser la portée de leurs actes.

Et puis, ce qui me dérange le plus, et c'est physique, c'est cette sensation qu'on les déguise. On les déguise pour les montrer, comme des petits mammifères savants... je parle toujours du Jeu à ce moment-là car il y a beaucoup de petites filles qui piquent dans les affaires de leur mère pour s'amuser, jouer à la petite femme... mais c'est un jeu, qu'elles cessent dès que ça ne les amuse plus.
Des soutiens-gorges rembourrés et des strings pour des gamines de 10 ans, je suis peut-être vieux-jeu mais ça me donne la nausée.
Je me rappelle cette mère de famille qui avait injecté du botox à sa fille de 8 ans, affirmant qu'elle faisait ça pour son bien, ça l'aiderait à devenir une star.
Une STAR.
Une autre gamine, participante de ce type de concours, était vraisemblablement fatiguée, agacée : elle se rue dans les bras de sa mère... cette dernière ne répond pas au câlin, mais la renvoie. Bien sûr, elle avait pas fini, alors hop, retour sur scène. Avec un public hystérique en prime.
Des enfants de 10 ans à qui on demande de réussir, de plaire, d'être beau.
Horreur.
Bien sûr, je pense qu'il existe des gamines qui demandent à participer à ces concours. Il n'y a qu'à regarder autour de soi. C'est laid, ce qui passe à la télé (heureusement, il y a encore des parents pour donner des livres à leurs enfants).
Je dis souvent, en rigolant, qu'il devrait y avoir un permis de faire des enfants. Les parents sont censés protéger - même si on ne peut les protéger de tout - leurs petits. J'ai une vision un peu animale, je crois !

Je vous ai écrit un pavé et je parie que j'ai oublié plein de choses !
Belle soirée à vous, Mademoiselle M. !