Je les adore !
Sempé disait qu'il aimait l'homme parce que, peu importe ce qui lui arrivait, il continuait d'avancer. Le refrain est connu et il faut avouer que c'est une belle idée.
Le courage de l'homme.
Peu importe les claques que l'on se prend dans la gueule, on continue vaille que vaille, non sans avoir pensé à l'art du suicide, et c'est aussi (bizarrement. Ou pas) cette idée qui nous fait avancer. Mais parfois, au détour d'un chemin, on comprend que certains êtres (et je ne parle pas de ceux dont la vie a réellement été bouleversée par un ou plusieurs êtres) préfèrent continuer à avancer tout en marchant sur ceux qu'ils tiennent pour responsables de leur déception (ou autre, insérons le mot qui nous sied), tout en grossissant à la loupe ce qui ne leur plait pas chez eux.
"C'est pas moi qu'a mis le feu !", que l'une d'elle clame !
Ces Gens ! Ce type particulier de Gens, le casse-noisettes, le pompeur d'air à qui, pourtant, vous ne demandez rien. Le Faune me dit qu'au bout d'un moment, on est bien obligé de remarquer que - même si l'on reste persuadé que chaque être est unique -, certains partagent ces mêmes particularités un poil irritantes surtout quand vous vivez avec elles ou quand elles sont vos voisines. Un petit Corbeau dans une forêt voisine opinera du bec.
Sempé disait qu'il aimait l'homme parce que, peu importe ce qui lui arrivait, il continuait d'avancer. Le refrain est connu et il faut avouer que c'est une belle idée.
Le courage de l'homme.
Peu importe les claques que l'on se prend dans la gueule, on continue vaille que vaille, non sans avoir pensé à l'art du suicide, et c'est aussi (bizarrement. Ou pas) cette idée qui nous fait avancer. Mais parfois, au détour d'un chemin, on comprend que certains êtres (et je ne parle pas de ceux dont la vie a réellement été bouleversée par un ou plusieurs êtres) préfèrent continuer à avancer tout en marchant sur ceux qu'ils tiennent pour responsables de leur déception (ou autre, insérons le mot qui nous sied), tout en grossissant à la loupe ce qui ne leur plait pas chez eux.
"C'est pas moi qu'a mis le feu !", que l'une d'elle clame !
Ces Gens ! Ce type particulier de Gens, le casse-noisettes, le pompeur d'air à qui, pourtant, vous ne demandez rien. Le Faune me dit qu'au bout d'un moment, on est bien obligé de remarquer que - même si l'on reste persuadé que chaque être est unique -, certains partagent ces mêmes particularités un poil irritantes surtout quand vous vivez avec elles ou quand elles sont vos voisines. Un petit Corbeau dans une forêt voisine opinera du bec.
Revenons en arrière.
Certains de ces Gens avancent donc, folâtrant parfois, sur la pointe des pieds ou pleins de tristesse, évitant habilement les projectiles qu'on leur envoie et ce faisant, oublient de regarder le sol. Soudain, ces êtres butent sur un autre être. Ils ne l'avaient pas vu, parce qu'il était bien caché dans les ronces et les mauvaises herbes.
(Notons la fourberie de l'être caché.)
Certains de ces Gens avancent donc, folâtrant parfois, sur la pointe des pieds ou pleins de tristesse, évitant habilement les projectiles qu'on leur envoie et ce faisant, oublient de regarder le sol. Soudain, ces êtres butent sur un autre être. Ils ne l'avaient pas vu, parce qu'il était bien caché dans les ronces et les mauvaises herbes.
(Notons la fourberie de l'être caché.)
Mais qu'est-ce qu'il fout là, lui ? qu'ils se disent. Tu vois pas que tu me déranges ? Lâche-moi, enfin ! C'est qui cette personne qui, soudainement, s'attache à moi ?
Alors les Gens subissent la présence, jamais désagréable au début, de cet être coincé dans les ronces et les mauvaises herbes, que l'on peut appeler "le Con" (il y en a parfois plusieurs dans la vie des Gens car les Gens comme les Cons ne sont pas avares).
Les Gens sont en général lucides : ils savent qu'ils ont des défauts (qui n'en sont pas vraiment) et des principes, comme tout un chacun et leur voisin le Con, mais une magie venue du fond des âges fait que les autres Gens et les Cons doivent systématiquement s'accommoder de ces défauts et de ces principes. Il faut accepter les Gens comme ils sont et si vous ne le faîtes pas, c'est que vous êtes pire qu'un Con : vous êtes un Gros Con (ou un Petit Con selon les départements).
Et ils ont raison ! On aime ceux que l'on aime malgré (ou grâce ?) et aussi parce qu'ils ont des défauts.
Le problème, c'est que les Gens, eux, ne voient plus les choses sous le même angle dès lors qu'on inverse les rôles. Le Gens a le droit d'être buté, pas le Con. Le Gens a le droit d'avoir des idées toutes faites et d'en remettre une couche, le Con, en plus d'être un Con, sera un Âne. Le Gens a en général une incapacité totale à créer une distance d'avec lui-même (ce que certains appellent la "scission"), jugeant la vie des autres à la lumière de sa propre vie (exemple apporté par une connaissance qui se rappelait sa soeur : "j'ai remarqué que si telle chose se passait comme ça dans sa vie, alors il devait en être de même pour tous ceux qui l'entouraient.". Les valeurs du Gens font acte de lois).
Il sera alors normal pour les Gens de faire remarquer aux Cons qu'ils ont besoin d'une assistance psychologique quand leur franchise (plus souvent confondue avec de la malveillance) les blessent. Peut-être ont-ils peur, les Gens ? Nul ne le saura jamais. Pour y palier, le Gens aime à s'entourer de certitudes.
Le Gens, en règle générale, n'admet pas la contestation et ne peut s'empêcher de voir en chaque être un ennemi en puissance (qui en veut à son statut social, à son argent, à son bonheur - rayez la mention inutile). Pour le Gens, il ne s'agit pas de discuter et de partager des idées : il s'agit de gagner. Si, durant la conversation, il s'avère que le Con n'est pas d'accord avec le Gens, alors ce dernier prendra ombrage : c'est que le Con, bien loin d'avoir des idées personnelles et un vécu, fait exprès de ne pas être en accord avec lui. Ce désaccord a un effet boule de neige : le Gens estime alors avoir à faire à un plus-con-qu'il-ne-l'imaginait, à un sale jeune, à une personne vile et méchante. Car si le Con est contre ses idées (dans les cas les plus extrêmes, puisqu'il est arrivé que des Gens et des Cons partagent une discussion tout à fait censée), c'est que le Con est contre lui. Nous noterons la fragilité cachée sous le perfectionnisme du Gens.
Alors les Gens parlent et parlent et parlent.
Les Gens sont en général lucides : ils savent qu'ils ont des défauts (qui n'en sont pas vraiment) et des principes, comme tout un chacun et leur voisin le Con, mais une magie venue du fond des âges fait que les autres Gens et les Cons doivent systématiquement s'accommoder de ces défauts et de ces principes. Il faut accepter les Gens comme ils sont et si vous ne le faîtes pas, c'est que vous êtes pire qu'un Con : vous êtes un Gros Con (ou un Petit Con selon les départements).
Et ils ont raison ! On aime ceux que l'on aime malgré (ou grâce ?) et aussi parce qu'ils ont des défauts.
Le problème, c'est que les Gens, eux, ne voient plus les choses sous le même angle dès lors qu'on inverse les rôles. Le Gens a le droit d'être buté, pas le Con. Le Gens a le droit d'avoir des idées toutes faites et d'en remettre une couche, le Con, en plus d'être un Con, sera un Âne. Le Gens a en général une incapacité totale à créer une distance d'avec lui-même (ce que certains appellent la "scission"), jugeant la vie des autres à la lumière de sa propre vie (exemple apporté par une connaissance qui se rappelait sa soeur : "j'ai remarqué que si telle chose se passait comme ça dans sa vie, alors il devait en être de même pour tous ceux qui l'entouraient.". Les valeurs du Gens font acte de lois).
Il sera alors normal pour les Gens de faire remarquer aux Cons qu'ils ont besoin d'une assistance psychologique quand leur franchise (plus souvent confondue avec de la malveillance) les blessent. Peut-être ont-ils peur, les Gens ? Nul ne le saura jamais. Pour y palier, le Gens aime à s'entourer de certitudes.
Le Gens, en règle générale, n'admet pas la contestation et ne peut s'empêcher de voir en chaque être un ennemi en puissance (qui en veut à son statut social, à son argent, à son bonheur - rayez la mention inutile). Pour le Gens, il ne s'agit pas de discuter et de partager des idées : il s'agit de gagner. Si, durant la conversation, il s'avère que le Con n'est pas d'accord avec le Gens, alors ce dernier prendra ombrage : c'est que le Con, bien loin d'avoir des idées personnelles et un vécu, fait exprès de ne pas être en accord avec lui. Ce désaccord a un effet boule de neige : le Gens estime alors avoir à faire à un plus-con-qu'il-ne-l'imaginait, à un sale jeune, à une personne vile et méchante. Car si le Con est contre ses idées (dans les cas les plus extrêmes, puisqu'il est arrivé que des Gens et des Cons partagent une discussion tout à fait censée), c'est que le Con est contre lui. Nous noterons la fragilité cachée sous le perfectionnisme du Gens.
Alors les Gens parlent et parlent et parlent.
En l'absence d'une voix pour s'élever contre eux (comprendre celle du Con), ils sont libres de blablater des heures et des heures sur ce sujet ô combien passionnant, disant à leurs quelques amis ou aux voisins qui passent (qui n'en ont en général strictement rien à foutre) tout ce qu'ils pensent des Cons, persuadés que leurs mésaventures va en intéresser plus d'un. Beaucoup de Cons, au fil des siècles, se sont aperçus que les Gens disaient aux autres Gens ce qu'ils auraient dû dire en priorité aux Cons. Cette légende urbaine, à laquelle certains croient dur comme fer, n'a pour l'heure jamais été vérifiée.
Donc les Gens parlent et quand ils ont dit ce qu'ils avaient à dire, ils le redisent.
Comme l'alcoolique n'en a jamais marre d'écumer les bars, le Gens n'en a jamais marre de se répéter.
Donc les Gens parlent et quand ils ont dit ce qu'ils avaient à dire, ils le redisent.
Comme l'alcoolique n'en a jamais marre d'écumer les bars, le Gens n'en a jamais marre de se répéter.
Le Gens voit ce qu'il veut voir, comprend ce qu'il veut comprendre (de là à dire qu'il voit le mal partout, il n'y a qu'un pas), déteste ne pas être le point de mire, aime penser que les amis de ses amis sont d'abord ses amis, aime à penser que toute phrase cache quelque chose et déteste que le Con l'envoie chier en premier. Que fait le Gens dans ce cas de figure particulier ? Il clame qu'en fait, c'était prévu depuis le début, parce que le Gens, en plus d'être plus intelligent que la moyenne, a un sixième sens et pas mal de fierté accrochée à son talon. Croire qu'il anticipe les choses permet au Gens d'évacuer son angoisse, son incapacité - toute humaine - à ne pas tout maîtriser.
Une amie à moi connaissait un Gens qui lui dit un jour qu'elle (le Gens, pas l'amie) possédait le manuel du "comment briser les plus faibles que soi". Il paraît que cela s'adressait d'abord aux enfants (et l'on tremble en songeant que ce Gens est aussi une Mère), mais les discussions autour de ce manuel firent comprendre à l'amie que cela pouvait tout aussi bien s'appliquer aux Cons et Futurs Cons que le Gens estimait moins intelligents que lui.
Les Gens, moi et quelques autres, nous vous le demandons : écrivez maintenant ce manuel qui pourrait s'intituler "les Cons et comment s'en débarrasser". Nul doute, ça aidera beaucoup de personnes.
Les Gens, moi et quelques autres, nous vous le demandons : écrivez maintenant ce manuel qui pourrait s'intituler "les Cons et comment s'en débarrasser". Nul doute, ça aidera beaucoup de personnes.
Les Gens ne vous demandent pas d'explications et encore moins votre avis (c'est la raison pour laquelle ils débarquent le plus souvent chez vous la bave aux lèvres). Votre avis, ils s'en branlent puisqu'ils ont déjà préparé le leur, et le Gens a de toute façon toujours raison. Il lui déplaît de s'asseoir pour parler, mettre les choses à plat car le Gens préfère avant tout marquer son territoire. Nous, nous nous devons de marquer le score :
0 pour le Con, 1 pour le Gens
Ils jugent et vomissent une bile acide et noirâtre qui brûle l'estomac. On ne peut pas leur en vouloir : avouons-le, ça fait un mal de chien.
Alors, après avoir suffisamment gambergé, ils écrivent des petits mots qu'ils scotchent sur les portes ou écrivent des commentaires qui provoquent l'incompréhension de celles et ceux qui les reçoivent, vous téléphonent alors qu'ils n'ont strictement rien à dire (et comment ça se fait que t'étais pas là à 11h30 alors que je te téléphonais ???) et un ange passe, ou bien encore font votre portrait-robot, tel qu'ils aimeraient vous voir, avec une définition en dessous, parce que les Gens ont un amour immodéré pour les dictionnaires (ce dernier détail, me dit-on, ne s'applique pas à tous les Gens).
Nous ne sommes pas des criminels, qu'ils disent ! Ils se voient comme des victimes et refusent de passer du statut de victime à celui de bourreau. Victime, c'est bien. On avait déjà évoqué le fait que le Gens n'aime pas les changements, qui s'accordent mal avec son manque de souplesse. Parfois, le Gens se rend compte qu'il a été trop loin mais ne l'avouera à personne parce que le Gens, c'est un peu comme les beaufs des émissions télévisées du genre Confessions intimes : "ouais mais tu comprends, j'suis comme ça moi, j'suis cash... si ça plait pas, j'm'en fous, c'est comme ça, j'suis cash."
Le Gens, tu l'aimes ou tu le quittes.
Le Gens, c'est un peu les énerves des Deschiens. C'est vrai quoi ! Y en a marre !
Nous ne sommes pas des criminels, qu'ils disent ! Ils se voient comme des victimes et refusent de passer du statut de victime à celui de bourreau. Victime, c'est bien. On avait déjà évoqué le fait que le Gens n'aime pas les changements, qui s'accordent mal avec son manque de souplesse. Parfois, le Gens se rend compte qu'il a été trop loin mais ne l'avouera à personne parce que le Gens, c'est un peu comme les beaufs des émissions télévisées du genre Confessions intimes : "ouais mais tu comprends, j'suis comme ça moi, j'suis cash... si ça plait pas, j'm'en fous, c'est comme ça, j'suis cash."
Le Gens, tu l'aimes ou tu le quittes.
Le Gens, c'est un peu les énerves des Deschiens. C'est vrai quoi ! Y en a marre !
Sur votre petite tête, ils déversent le fiel (parce que, comme chantait Catherine Ringer, la haine, faut bien la mettre quelque part) qui leur est resté coincé en travers de la gorge, alors que vous ne leur avez rien demandé et que, la plupart du temps, vous êtes passés à autre chose. Ce faisant, ils se délestent de tout ce qui les rend malades. Avouez que c'est plus facile d'en parler à la ronde plutôt que d'en parler au Con concerné, même avec des bouts de papier collés sur les portes.
Vous qui êtes la cible de ces gens, imaginez votre bonheur ! Vous devriez être heureux pour eux, heureux d'être l'objet de leur rancune, de cette acidité !
Imaginez donc si vous n'aviez pas été là ! Un petit pas pour le Con, un grand pas pour le Gens.
Les Gens : parlez, parlez, détruisez ! Faîtes un grand feu de joie ! Les plus créatifs d'entre nous s'en serviront et parfois, quand certains d'entre nous auront envie d'en parler à leur tour, ils trouveront des Gens de qualité sur la route.
Et vous savez quoi ? Nous, les Cons, vous sommes redevables pour tout ça.


