<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821</id><updated>2012-02-03T01:10:38.358+01:00</updated><category term='Ca me donne pas envie de vivre dans ce monde (Copyright Prof. Farnsworth.)'/><category term='Cinéma'/><category term='Comtesse de Castiglione'/><category term='Contes'/><category term='Chroniques de l&apos;Extérieur'/><category term='Ca me donne pas envie de vivre dans ce monde (Copyright Prof. Farnsworth.).'/><category term='Adaptations'/><title type='text'>Teatime With A Faun</title><subtitle type='html'>Il n'existe que des contes de fées sanglants. Tout conte de fées est issu des profondeurs du sang et de la peur.
&lt;br&gt;Kafka</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>75</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-3425731117957427247</id><published>2012-02-02T17:15:00.001+01:00</published><updated>2012-02-03T01:06:29.212+01:00</updated><title type='text'>Le Pire du Jeudi</title><content type='html'>&lt;br /&gt;Je n'ai rien contre le jeudi. Vraiment rien.&lt;br /&gt;Comme Brenda S. de sinistre mémoire, je déteste le lundi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-LtNe2v4Mcig/TyqolkldykI/AAAAAAAACF0/b76SPW1OEmE/s1600/brenda-spencer-i-dont-like-mondays.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="200" src="http://4.bp.blogspot.com/-LtNe2v4Mcig/TyqolkldykI/AAAAAAAACF0/b76SPW1OEmE/s200/brenda-spencer-i-dont-like-mondays.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Je déteste le dimanche évidemment. Le dimanche est le jour des enfants qui doivent aller se coucher parce que le lendemain, ils doivent aller en détention. A 30 ans passés, on a toujours, caché quelque part dans un coin de la mémoire, ce petit pincement qui fait un peu mal.&lt;br /&gt;Je n'apprécie pas particulièrement le mardi, non plus. Peut-être parce qu'arrivé à mardi, on ne s'est pas encore tout à fait remis du traumatisme du dimanche soir. Le mardi est un jour excessivement ennuyeux.&lt;br /&gt;De fil en aiguille, il y a quelques jours, je suis retombée sur une "vidéo débile" sur Youtube. J'ai ri. Comme diraient les gars de NanarLand : &lt;i&gt;le pire n'est jamais décevant&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;La poster, cette vidéo qui ne déçois pas, un dimanche, un lundi ou un mardi, pour faire bonne mesure.&lt;br /&gt;Hélas !&lt;br /&gt;Dimanche, j'ai procrastiné.&lt;br /&gt;Lundi, j'ai oublié.&lt;br /&gt;Mardi, je pensais à autre chose et à ce nouveau chat qui squatte devant la maison. Nous serons bientôt la maison des Chats, deux à l'intérieur, cinq à l'extérieur, plus de croquettes, bientôt.&lt;br /&gt;Jeudi.&lt;br /&gt;Puisque ce jeudi, il semble que je sois un peu éveillée, je poste ces vidéos.&amp;nbsp;De catch.&lt;br /&gt;Je ne regarde plus autant le catch qu'avant.&lt;br /&gt;Peut-être parce que tout ceux que j'aimais ont disparu de la circulation.&lt;br /&gt;Se ridiculisent devant des petits jeunes.&lt;br /&gt;Sont morts.&lt;br /&gt;Le catch était fou, avant. C'étaient paillettes et collants en lycra qui cachaient mal les bleus à l'âme.&lt;br /&gt;Le catch, actuellement, a pris un tournant qui ne me plait plus vraiment. Plus ancré dans la réalité certes, moins manichéen. Tout cela devrait me plaire.&lt;br /&gt;Et ça ne me plait pas. A part un ou deux athlètes. A tout casser.&lt;br /&gt;Parce qu'en perdant sa substance folle, le catch est devenu très sérieux, très triste, et finalement, plus rigide que dans son glorieux passé. Ou bien alors, tout aussi plausible : je suis une grande nostalgique. Un peu, mais pas uniquement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A vrai dire, je suis très étonnée de tout le succès qu'il a, en France, après des années et des années d'ignorance totale. Le catch continue d'avoir mauvaise presse : si vous aimez voir deux types se casser la tête sur un ring devant des téléspectateurs hurlant et trépignant, on vous rangera bien vite dans la catégorie du "beauf inculte".&lt;br /&gt;On ne comprend visiblement pas que l'on peut aimer le catch pour d'autres raisons. Voir les acrobaties d'untel et la technique d'un autre peut être une expérience aussi merveilleuse que de voir une fille gracile glisser sur la patinoire telle un cygne. C'est du spectacle avant tout, quelque chose qui tient de la parade des freaks. Mais le spectacle est parfois beau. A quoi tient cette magie ?&lt;br /&gt;Quand on est plus jeune, le catch est "&lt;i&gt;bigger than life&lt;/i&gt;". On rejoue les histoires anciennes, les gendarmes et les voleurs, les cow-boys et les indiens. Les gentils et les méchants. On sait que c'est faux, mais ça a quelque chose de mythologique. C'est un grand cirque. Il faut, au moins une fois dans sa vie, avoir vu Randy "Macho Man" Savage causer à la caméra. C'est peut-être ça, la magie de l'époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le catch des années 80/début 90, malgré toute l'affection que l'on peut avoir pour lui - car, il n'y a peut-être pas de hasards si cette époque est désormais considérée comme étant l'Âge d'or - a eu quelques ratés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les gimmicks ratés, par exemple, voir&amp;nbsp;cette vidéo :&lt;br /&gt;&lt;iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="344" src="http://www.youtube.com/embed/6LchAsMRV10?fs=1" width="459"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et on se marre. Franchement. Même si l'on déteste ressentir de la pitié pour un autre - je préfère le terme de compassion -, il y a un petit quelque chose qui embête. Même quand on déteste l'humanité entière, n'est-ce pas .&lt;br /&gt;Les pauvres, qu'on se dit.&amp;nbsp;Obligés de faire le con sur un ring parce que Bidule, le petit gars sorti des grandes écoles, derrière son bureau, a eu une super idée.&lt;br /&gt;Vous déguiser en coq. Par exemple. Avec la petite crête rouge sur le crâne. Creuser le sol avec votre pied, l'illusion sera parfaite.&lt;br /&gt;Ou en plombier.&lt;br /&gt;Ou en Momie. La Momie ! Qui se cache sous le masque de la momie ? J'aurais voulu la voir, autrement que dans cette vidéo. Démentiel. Regardons-la se mouvoir, lentement, trop lentement. Sa prise semble être le câlin égyptien. La Momie catcheuse et câline. Sûrement la huitième plaie que personne n'a jamais retenue.&lt;br /&gt;Et Lance Cassidy ! Quelqu'un s'en souvient ? Trois petits tours et puis s'en va.&lt;br /&gt;Je fronce les sourcils, soudain. Qui a eu l'idée géniale de faire de David Arquette un champion de catch ? Poids lourd en plus ! Autant l'idée était fabuleuse avec mon cher Andy Kaufman, mais voilà : n'est pas Andy Kaufman qui veut. Et l'idée d'Andy était autrement plus formidable : il était le champion de la catégorie féminine.&lt;br /&gt;Ce qui est d'un tout autre niveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-Bg3z3Ks9Zuo/Tyq04zlg1YI/AAAAAAAACGU/3iqk4kgwMQ8/s1600/andyk_display_image.jpeg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://1.bp.blogspot.com/-Bg3z3Ks9Zuo/Tyq04zlg1YI/AAAAAAAACGU/3iqk4kgwMQ8/s320/andyk_display_image.jpeg" width="234" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;(Vous qui vous perdez ici, parce que vous avez raté la sortie... si d'aventures vous regardez la vidéo. Curiosité ou nostalgie. Ne regardez pas la séquence 5, c'est plutôt dégeulasse.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Impossible de passer sous silence le grand, le formidable et puissant Oz.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="344" src="http://www.youtube.com/embed/fy7S--YuPOY?fs=1" width="459"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui ! Oz, le magicien !!! Le bouquin de Frank L. Baum ! Dorothy et les autres ! Un coeur, du courage et un gnome qui se balade devant !&lt;br /&gt;Que s'est-il passé dans la tête des Petits Gars derrière leurs bureaux ? Il devait y avoir un nostalgique du livre, quelque part parmi eux, qui un jour de réunion, a levé timidement la main : "&lt;i&gt;et Oz ? C'est pas mal, Oz...&lt;/i&gt;".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;Oz, dans toute sa splendeur !&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-sNgtYuuOVg8/TyqyTeyOGYI/AAAAAAAACGE/GVfWk-8opiA/s1600/kevin-nash04.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="304" src="http://2.bp.blogspot.com/-sNgtYuuOVg8/TyqyTeyOGYI/AAAAAAAACGE/GVfWk-8opiA/s320/kevin-nash04.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Sous le masque, Kevin Nash...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-7Cv9A5oXPDg/Tyq1dweuruI/AAAAAAAACGc/NEDFdQlYYss/s1600/48845.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://3.bp.blogspot.com/-7Cv9A5oXPDg/Tyq1dweuruI/AAAAAAAACGc/NEDFdQlYYss/s1600/48845.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;qui est loin, avouons-le, d'être un mauvais catcheur. Une musique nulle, des costumes nuls. Et verts. On ne peut s'empêcher d'ouvrir la bouche bêtement. Ce qu'on voulait dire s'est soudain évaporé. On a oublié. Un filet de bave aux lèvres.&lt;br /&gt;Gnnnnoz ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Essuyons le filet de bave et souvenons-nous avec émotion de ce grand con qu'était Vince Russo.&lt;br /&gt;Monsieur Russo, un être qui a beaucoup d'estime pour lui-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-QPNtnhwGnfY/Tyqw2zXX2QI/AAAAAAAACF8/0YQTt564Cxg/s1600/Vince_Russo_TNA_display_image_display_image.jpeg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://3.bp.blogspot.com/-QPNtnhwGnfY/Tyqw2zXX2QI/AAAAAAAACF8/0YQTt564Cxg/s320/Vince_Russo_TNA_display_image_display_image.jpeg" width="276" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Après tout, c'est lui qui a "sauvé" la WWE en 1996. En y mettant du sexe, des trucs nuls, moches. Le sexe à outrance, c'est ce qui fait que la division féminine est si médiocre actuellement : on n'engage pas des catcheuses, mais des filles bandantes.&lt;br /&gt;Fabulous Moolah, June Byers, Mildred Burke et les autres doivent se retourner dans leurs tombes.&lt;br /&gt;Si les autres ne pensaient pas la même chose que lui ou osaient donner un avis différent, Vince Russo les insultait et leur faisait comprendre à quel point ces malheureux n'avaient rien compris à la vie et se complaisaient dans le passé - certains lecteurs s'en souviennent encore.&lt;br /&gt;Vince Russo ne tolérait aucune incartade, aucun "mais". Vince Russo était le genre d'hommes à aimer discuter avec Vince Russo, dans les papiers qu'il écrivait pour le magazine : il n'y avait absolument personne pour le contredire.&lt;br /&gt;Selon Vince Russo, j'avais donc un énorme problème psychologique, puisque je n'aimais aucune de ses idées.&lt;br /&gt;Le type est un "born again christian" et regrette beaucoup de choses, dit la petite histoire. Si, avec ses idées géniallissimes, Russo a effectivement sauvé la WWE, rappelons qu'avec les mêmes idées, il a ruiné la WCW.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'émotion qui m'étreint n'est pas feinte, car je ne sais malheureusement pas mentir.&lt;br /&gt;Je songe avec émotion (donc) à cette idée formidable que Vince Russo a eue, un jour.&amp;nbsp;J'imagine parfaitement la scène.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(Note de moi-même : Vince Russo, un peu vulgaire mais surtout très cool, s'exprimait bien dans ces termes.)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Russo entre dans la pièce&lt;/b&gt; :&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Les gars, j'ai une SUPER idée. La meilleure. Meilleur que de faire se peloter deux pétasses sur un ring.&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Les Gars&lt;/b&gt; :&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Laquelle ? Laquelle ??? Y aura un cran d'arrêt ? Un catcheur amoureux de son âne ? Un handicapé ?&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Russo&lt;/b&gt; :&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Nan !&lt;/i&gt;&amp;nbsp;&lt;i&gt;Ce serait l'histoire d'un gars qui s'appellerait Jésus. Ou peut-être pas Jésus, mais il nous faut absolument un prénom hébraïque. Et ce gars, il ne parle pas beaucoup, il agit.&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Les Gars&lt;/b&gt; :&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Ohlala ! Et qu'est-ce qu'il fait, ton Juif ?&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Russo&lt;/b&gt; :&lt;br /&gt;'&lt;i&gt;Il fait des miracles, mais ça se verra pas trop au début. Et on dira qu'il est tellement charismatique que des gars ne peuvent pas s'empêcher de le suivre. Genre, il monte sur le ring et son adversaire est tétanisé. Fasciné par cet homme. Et il le suit&lt;/i&gt;."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Les Gars&lt;/b&gt; :&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;.... ça risque d'être un peu ennuyeux pour le spectateur... nan ?&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Russo&lt;/b&gt; :&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Non, pas ennuyeux, bande de connards ! Fascinant et forcément attirant. Ce mec, il t'attire comme un aimant. Il faut bien montrer au public qu'il a quelque chose, un putain de pouvoir qui fait que les autres veulent le suivre. Un peu comme David Koresh&lt;/i&gt;."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Les Gars&lt;/b&gt; :&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Ha&lt;/i&gt;."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Russo&lt;/b&gt; :&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Ouais. Et on dira qu'ils seront 12 à&amp;nbsp;suivre David Koresh&lt;/i&gt;."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Les Gars&lt;/b&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Ho ?&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Russo&lt;/b&gt; :&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Putain les gars, un peu d'enthousiasme ! On dirait que vous êtes morts, là ! Un mec en toge blanche ! &amp;nbsp;Il a des pouvoirs ! Il fera des miracles bordel ! M&lt;/i&gt;&lt;i&gt;ais utilisez votre cervelle !&amp;nbsp;&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Les Gars&lt;/b&gt; :&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Ben là, pour tout t'avouer, on a un peu de mal&lt;/i&gt; ."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Russo&lt;/b&gt; :&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Vous me gonflez les mecs ! C'est à cause de gens comme vous qu'on stagne, qu'on fait plus rien ! Z'êtes aussi cons que les spectateurs ! Je me casse !&lt;/i&gt;".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idée de Jésus et ses Potes sur le Ring n'aboutira finalement jamais.&lt;br /&gt;Merci Jésus.&lt;br /&gt;Nous avons sûrement raté un grand moment de catch. Le catch à son pire, à son plus mauvais, à son plus grotesque.&lt;br /&gt;Et quelque part, à son meilleur.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-3425731117957427247?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/3425731117957427247/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=3425731117957427247' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/3425731117957427247'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/3425731117957427247'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2012/02/le-pire-du-jeudi.html' title='Le Pire du Jeudi'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-LtNe2v4Mcig/TyqolkldykI/AAAAAAAACF0/b76SPW1OEmE/s72-c/brenda-spencer-i-dont-like-mondays.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-5250678809344810080</id><published>2012-01-17T16:45:00.000+01:00</published><updated>2012-01-17T17:05:23.917+01:00</updated><title type='text'>Belle du Seigneur que t'y crois pas *</title><content type='html'>* Spéciale dédicace à V.S.&amp;nbsp;Qui des fois s'appelle Karma.&lt;br /&gt;Elle a un vrai nom aussi, mais ne comptez pas sur moi pour vous le donner. Peut-être d'ailleurs que son vrai prénom n'est pas celui que l'on croit.&lt;br /&gt;Et c'est marrant d'ailleurs, cette parenthèse, ce souvenir du Nord, où tout le monde dit à tout le monde "&lt;i&gt;spéciale dédicace&lt;/i&gt;". &lt;br /&gt;Je ne me rappelle pas l'avoir entendu aussi souvent ailleurs. Quand j'entends ça, je pense à un &amp;nbsp;concert dans un bar ou à une Guinguette 2000 (spéciale dédicace à Rochefort-sur-Mer). Je trouve ça un peu ringard, un peu nunuche. Quelqu'un passe une chanson lors d'une soirée et il y en a toujours un pour vous dire "spéciale dédicace" parce qu'il sait que vous aimez cette chanson. Et il le hurle pour vous prévenir parce qu'il s'avère que vous êtes au fond de la pièce à discuter, un verre à la main, et vous levez la main pour dire "&lt;i&gt;merci bonhomme&lt;/i&gt;".&lt;br /&gt;On vous fait un dessin vite fait en cours et on vous l'offre en disant "spéciale dédicace".&lt;br /&gt;Quelqu'un dit un truc et vous fait un clin d'oeil.&amp;nbsp;Spéciale dédicace.&lt;br /&gt;Des spéciales dédicaces qui fusent de partout. Et même pas des "dédicaces spéciales" non.&lt;br /&gt;Des spéciales dédicaces. C'est pas pareil.&lt;br /&gt;Si vos copains/collègues font partie d'une frange particulière et obscure qui s'appelle le Metal &amp;nbsp;(le néo-métal - d'ailleurs, si quelqu'un sait ce que devient le Néo-Metal, faîtes-moi signe), ils vous diront "Spéciale kassdédi".&lt;br /&gt;Et je sais pas pourquoi, il n'y a que dans le Nord qu'on me dit ça. Je l'ai écrit en préambule mais rappelez-moi si je l'ai un jour dit en vous donnant un dessin de Pat et hide.&lt;br /&gt;Mais c'est bien, ils sont vraiment sympas, les gens du Nord.&lt;br /&gt;Vous vous sentez vraiment spéciale avec eux, à force de kassdédis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reprenons le fil de mon histoire (le fil d'Ariane).&lt;br /&gt;Parce que si V.S ne croit pas qu'une adaptation de &lt;i&gt;Belle du Seigneur&lt;/i&gt; soit possible, elle qui est l'amie proche de Solal et des autres, moi, &amp;nbsp;j'y crois pas que j'en ai rêvé. Ca doit être à force d'en parler à 3h du matin, quand l'insomnie, qui se sent bien avec moi (avec nous), ne me (nous) lâche pas d'une semelle. Ca doit être, aussi, à force de faire des recherches, pour essayer de calmer l'inquiétude - pas la mienne, précise-je.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;i&gt;Tiens, une nouvelle photo.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;i&gt;Je sais pas, il y a quelque chose qui cloche.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;i&gt;Natalia V. est belle, mais est-ce qu'elle sait jouer ?&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;i&gt;Et puis c'est con, une adaptation.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Il y avait donc Solal et Ariane. Il y avait Mangeclous. Je crois que lui est passé parce que c'est le seul que je connais vraiment vu que je l'ai rencontré, lui et sa clique, alors que j'étais gamine.&lt;br /&gt;Tout ce petit monde se balade dans une pièce bleue. Il y a beaucoup de bruit, mais je ne sais pas d'où il vient. Un joli bleu sur les murs de cette pièce, d'ailleurs, un bleu que je n'arrive pas à définir. Ce n'est pas bleu azur pas plus que bleu roi et pourtant, on dirait le ciel, avec une teinte un peu sombre, entre chien et loup.&lt;br /&gt;Il y a un grand gars qui reste debout devant une caméra. A croire que la caméra n'est là que pour lui. Je ne sais pas si la caméra est amoureuse de lui ou si c'est l'inverse.&lt;br /&gt;Je sais d'instinct que c'est Solal.&lt;br /&gt;Il y a une fille, une blonde, et je sais d'instinct que c'est Ariane.&lt;br /&gt;Mais elle est bizarre, cette Ariane. Elle a une robe qui n'est pas jolie du tout, avec des fleurs partout, des grosses fleurs grossières. Et ce qui me gène, c'est ce foulard sur la tête.&lt;br /&gt;On dirait la grand-mère ou la mère d'Ariane. Et ça me gène, vraiment. Je sens la déception enfler en moi... c'est que, voyez-vous, on m'a tellement vanté la beauté et la classe d'Ariane, je m'attendais à autre chose. Je m'attendais à une blonde jolie et timide, cachée derrière un verre ou un livre.&lt;br /&gt;Au lieu de ça, voilà qu'Ariane et son foulard se balade les mains derrière le dos, comme le Colonel Chabert croqué par Depardieu.&lt;br /&gt;De temps en temps, elle s'arrête et prend la pose, comme si elle s'entraînait devant un miroir. On dirait un cygne, avec son long cou fragile, qui semble agité de soubresauts.&lt;br /&gt;Mais il y a pire que de se promener en prenant la pose. Elle minaude.&lt;br /&gt;Et moi, je suis à côté de Mangeclous qui ne dit rien, le pauvre. Peut-être que lui aussi est déçu. Peut-être qu'Ariane, qui n'est pas loin de lui, ne lui a pas encore été présenté. Peut-être qu'à lui aussi, on lui avait vanté la beauté et l'élégance d'Ariane.&lt;br /&gt;Je suis là, à regarder partout et je me rends compte que j'ai un drôle de chapeau sur la tête, un manteau troué et des bottes, trouées, elles aussi. Finalement, ça ne change pas beaucoup du monde d'en dehors des rêves.&lt;br /&gt;Je reste là, dans cette pièce vide de meubles, avec une caméra, un Mangeclous (mais où sont ses amis ?) mélancolique, une Ariane qui se promène en gloussant et un Solal bloqué devant la caméra. &lt;br /&gt;Et puis ce bruit, mais d'où vient-il, bon sang ?&lt;br /&gt;Et je me rends compte de l'attitude de Solal et cette attitude me fait soudain tiquer. Il y a qu'il n'arrête pas de regarder la caméra. Si la caméra bouge, il bouge avec elle. Il se contorsionne, sautille pour s'assurer d'être devant elle, pour s'assurer qu'elle fasse son travail : graver sur la pellicule son image à lui, éternelle. La caméra n'en perd pas une miette.&lt;br /&gt;Fichu égocentrique.&lt;br /&gt;Mais dis-donc... c'est qu'Ariane l'est aussi !&lt;br /&gt;Elle reste en retrait, mais elle s'arrange pour être toujours devant la caméra. Elle est toujours là, dans le fond, à prendre la pose.&lt;br /&gt;Derrière lui. Mais toujours dans l'axe de la caméra.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;Et soudain, je me dis qu'on est dans un film. Voilà, c'est le tournage de &lt;i&gt;Belle du Seigneur&lt;/i&gt; et je suis dans le film. Voilà pourquoi il y a ce bruit infernal alors que nous ne sommes que quatre.&lt;br /&gt;Et moi, qu'est-ce que je fous là ?&lt;br /&gt;J'ai même pas lu le livre. Je ne les connais pas intimement, à part, et je crois que je l'ai déjà dis, Mangeclous. Qui ferait mieux de manger des clous à l'heure qu'il est, que je me dis tandis que je l'observe, lui et son pauvre sourire à l'envers, ça le piquerait quelque part dans l'oesophage ou l'estomac, ça le sortirait un peu de cette brume dans laquelle il s'est perdu.&lt;br /&gt;Moi, je suis sortie de ma brume.&lt;br /&gt;J'en suis sortie et je refuse d'être coincée là, avec deux zigotos qui n'arrêtent pas de se mettre en scène. C'est le tournage d'un film et il faut absolument que je prévienne la principale concernée, celle qui, quand vous dites les trois mots qui sont "&lt;i&gt;belle seigneur adaptation&lt;/i&gt;" finit par trembler de tous ses membres, la colère concentrée en un seul point, entre les sourcils.&lt;br /&gt;Alors je me décide. Je regarde partout, comme un animal pris au piège, il me faut absolument trouver la porte de sortie et aller prévenir les gens (enfin, au moins une) de ce qui se trame. Je détecte - car un animal sauvage pris au piège a tôt fait de repérer la porte de sortie - une ouverture dans le coin gauche de la pièce.&lt;br /&gt;Courage !&lt;br /&gt;Il me faut quelques minutes à peine. Je compte dans ma tête tandis qu'Ariane se met à chantonner tout en gloussant. J'ai soudain envie de lui mettre une gifle car je m'aperçois, stupeur ! qu'elle a les traits de Ludivine Sagnier. Je laisse Mangeclous sur place et je fonce.&lt;br /&gt;Enfin, foncer... c'est vite dit. Mes pieds sont à quelques centimètres à peine au-dessus du sol. Je serre mes poings comme si ils allaient me donner la puissance nécessaire pour bondir jusqu'à la porte de gauche.&lt;br /&gt;Je me contente de planer.&lt;br /&gt;Je me dis qu'en planant, je vais bien finir par arriver à la porte. Et il se trouve qu'effectivement, j'avance, comme portée par un doux zéphyr.&lt;br /&gt;Mais horreur !&lt;br /&gt;Voilà que je reste bloquée sur place. Incapable de bouger. Impossible d'ordonner à mes jambes d'avancer - ou de sauter. Je sens l'angoisse monter en moi. Et puis il y a trop de bruit. C'est moi qui, finalement, a dû avaler les clous. Et puis je vois Solal. C'est lui qui m'a agrippé la main et il la tient fermement. Il ne parle pas, ne me regarde pas.&lt;br /&gt;Et il ouvre la bouche. Il parle. Il parle à la caméra. Gros plan. Je crois qu'il déclame de la poésie, l'air très sérieux.&lt;br /&gt;Il est lyrique et je le trouve ridicule.&lt;br /&gt;L'heure est grave.&lt;br /&gt;Je comprends qu'il refuse que je parte parce que si je le fais... je passe devant la caméra. Et ça, il ne le veut vraisemblablement pas. Je hurle.&lt;br /&gt;Mais enfin, lâchez-moi ! Je vais pas vous la piquez, votre place ! Je m'en fous de la caméra !&lt;br /&gt;Je veux sortir !!!&lt;br /&gt;Je dois sortir !!!&lt;br /&gt;Et Mangeclous ne fait rien.&lt;br /&gt;Et Ariane continue de se trémousser sur une musique qu'elle doit être la seule à entendre.&lt;br /&gt;Et Solal jacasse.&lt;br /&gt;Et le bruit s'amplifie.&lt;br /&gt;Et ça m'agace de ne pas pouvoir bouger, de ne pas pouvoir sortir de cette satanée pièce bleue.&lt;br /&gt;Clap de fin de tournage.&lt;br /&gt;Et le rêve s'arrête là. Avec mes pieds à quelques centimètres du sol à peine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Belle du Seigneur&lt;/i&gt; ? Ca sera un super film.&lt;br /&gt;Ou pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-RAUe4gMw9Mk/TxWPKv-HOmI/AAAAAAAACA0/gVMtPmS6ftM/s1600/Belle-du-Seigneur-jonathan-rhys-meyers-17298885-591-347.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="187" src="http://1.bp.blogspot.com/-RAUe4gMw9Mk/TxWPKv-HOmI/AAAAAAAACA0/gVMtPmS6ftM/s320/Belle-du-Seigneur-jonathan-rhys-meyers-17298885-591-347.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;("&lt;i&gt;Bien sûr que ça sera bien ! J'suis dedans, bordel.&lt;/i&gt;".)&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spéciale dédicace à Glenio Bonder, réalisateur du film, décédé le 10 novembre 2011.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-5250678809344810080?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/5250678809344810080/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=5250678809344810080' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/5250678809344810080'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/5250678809344810080'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2012/01/belle-du-seigneur-que-ty-crois-pas.html' title='Belle du Seigneur que t&apos;y crois pas *'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-RAUe4gMw9Mk/TxWPKv-HOmI/AAAAAAAACA0/gVMtPmS6ftM/s72-c/Belle-du-Seigneur-jonathan-rhys-meyers-17298885-591-347.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-7279500958843758622</id><published>2012-01-16T16:51:00.002+01:00</published><updated>2012-01-16T22:07:51.738+01:00</updated><title type='text'>Être l'Enfant des Loups</title><content type='html'>Je me souviens de ce téléfilm, vu quand j'étais gamine. Une seule discussion, quelques mots échangés et voilà que s'entrouvre une petite porte d'un coin de la mémoire. Devant cette porte, il y a une haie et plus loin, un bois. J'en rêve souvent, de cette maison de l'enfance.&lt;br /&gt;Oui, et décidément. J'aime commencer mes petites histoires et autres billets de cette façon. Quand j'étais gamine. Gamine. Du temps jadis. Maintenant, pourtant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ça m'avait beaucoup marquée. Le moyen-âge (et l'histoire en général - mais pas toutes les périodes) &amp;nbsp;comptait beaucoup. C'était ces vieilles histoires, ces châteaux et ruines qu'on ne cessait de me faire visiter. Mon esprit partait souvent en promenade dans ces contrées dangereuses et embrasées.&lt;br /&gt;Du peu que je m'en souviens, il avait de la gueule, ce téléfilm, il était dur et violent et sensuel et riche. Ceux qui s'en étaient occupés s'étaient rappelé que le Moyen-Âge se devait d'être une période âpre, capiteuse, rugueuse, inquiétante et pleine d'incertitudes. La Nature et le frémissement des feuilles dans les arbres, la lourdeur d'une croix sur un sein alors qu'autour, tout est fureur.&lt;br /&gt;Baroque et vénéneux, vénéneux les coups d'oeil des petites Vierges aux Barbares qui caressaient de leurs regards avides leurs corps juvéniles. Vénéneuse leur envie d'aller se frotter contre ces peaux de bêtes. La jeunesse folle et furieuse a tôt fait de se rebeller contre la Nonne austère et livide.&lt;br /&gt;Vanda des Steppes.&lt;br /&gt;Vanda était un rêve, pour quelqu'un comme moi. Je regrettais juste qu'elle ne soit plus aussi féroce, par la suite. Même si elle prenait l'épée et s'habillait comme un garçon, elle aurait dû être plus farouche encore, plus impitoyable.&lt;br /&gt;Impossible pourtant de la figer dans cet état de grâce, l'Enfant-Louve aux yeux bleus, venues des Steppes où soufflent les vents mordants. Vanda était cet enfant libre et par deux fois sauvée, issue de deux races, mi- louve mi-humaine, la Louve sa mère, Sainte Radegonde sa très sainte Mère et Romulf le Gaulois, son père. La Sainte Trinité de Vanda, enfant d'une Louve, l'enfant d'une Reine devenue Nonne et d'un Guerrier lumineux, parce qu'il irradiait de bonté, sous ses airs bourrus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-cojCzekqwe0/TxN4IvuPy4I/AAAAAAAAB_s/bvivF9Yl9Qs/s1600/vanda_4.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/-cojCzekqwe0/TxN4IvuPy4I/AAAAAAAAB_s/bvivF9Yl9Qs/s1600/vanda_4.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;J'avais été spécialement marquée par le passage où un homme (qui ? Une saloperie, sûrement) tuait la louve qui était sa mère, sa seconde mère. Elle pleurait sur son cadavre et finissait, hagarde, par aller voir celui qui l'avait tuée. Je tremblais. Son souhait était simple et terrible à la fois : elle voulait qu'il dépèce l'animal.&lt;br /&gt;Mais pourquoi ? C'est ce que je me disais. Je n'avais pas vraiment compris ce qu'elle avait en tête.&lt;br /&gt;Le gars n'en avait pas tellement envie, ce qui était une réaction étrange car après tout, il devait être ce genre de personne habituée à la chose, ce genre de personne à avoir les mains pleines de sang et de dégeulasseries. C'était le genre de gars a trouver ça parfaitement naturel.&lt;br /&gt;Elle insistait. Elle avait un caractère volontaire.&lt;br /&gt;Et puis elle réapparaissait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-qDiomNMm2y0/TxN4RTZOx4I/AAAAAAAAB_0/xDc2n7poluA/s1600/vanda_5.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/-qDiomNMm2y0/TxN4RTZOx4I/AAAAAAAAB_0/xDc2n7poluA/s1600/vanda_5.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;La peau de Loup sur la tête. Le menton levé. Fière et triste et sale. Image sublime !&lt;br /&gt;Elle avait traversé les rues et accompli le travail qui lui avait été demandé : sortir les Loups, sa famille, de la ville. Vanda était le miracle promis par Radegonde, la Reine qui avait décidé de se cacher du monde. Et au beau milieu de la nuit, elle rentrait chez elle, &amp;nbsp;son second foyer après les bois, entrait dans la chapelle du couvent, là où les Soeurs ne cessaient plus de prier. Face à cette apparition sacrée, l'air affolé, l'air triste ou dégoûté, muettes de déférence, elles s'effaçaient les une après les autres pour laisser la place à la petite silhouette sombre, lourde de fatigue et de superbe.&lt;br /&gt;Marquée du sang de sa Mère et deuxième peau. Celle de la Bête la révélait. C'étaient les Loups qu'elle venait de chasser et c'est un Loup que la maison de Dieu accueillait en son sein.&lt;br /&gt;Il est indéniable que cette scène m'a marquée à vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Souvenir d'une autre scène.&lt;br /&gt;Une toute jeune fille, toute jolie et extatique, des fleurs dans ses boucles brunes et l'air apaisé de celles qui savent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-1sDryf8tN8c/TxN27PWWkUI/AAAAAAAAB_k/NjX1s_zKr6o/s1600/63.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/-1sDryf8tN8c/TxN27PWWkUI/AAAAAAAAB_k/NjX1s_zKr6o/s1600/63.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Elle avait décidé de devenir une plus que Nonne. Elle avait décidé d'aimer Jésus toute sa vie et toute sa vie, ça n'était pas suffisant. Elle lui offrait aussi son corps et sa liberté, elle lui cédait la lumière du soleil et les rayons de lune pour sauver les âmes et ce monde en peine et alors, parce que c'était la suite logique de ce souhait, elle devenait une Recluse. Menée par le prêtre et sous le regard et les prières des jeunes Vierges, elle s'enfermait volontairement dans une grotte (ce n'était pas une grotte, mais mon esprit persiste à penser que c'était bien une grotte) dont l'entrée était bloquée par une grosse pierre.&lt;br /&gt;La Mère Supérieure, l'amie proche et fidèle de Radegonde, Agnès, craignant pour cette enfant qui était désormais la sienne, lui rappelait qu'elle ne pourrait plus jamais sortir, même si elle le voulait, qu'elle ne pourrait jamais plus rien demander, que son seul contact avec l'extérieur serait cette main, juste une main anonyme passant à travers l'ouverture pour lui donner de quoi manger. Elle la mettait à l'épreuve pour tester, non pas sa foi, mais sa résolution. Ce qui, finalement, n'est pas tellement différent. Si Agnès avait pu l'en empêcher, elle l'aurait fait. En se rappelant ces mots-là, tandis qu'elle marchait lentement vers son tombeau d'amour, la jeune fille se retournait vers ses compagnes. Un instant d'hésitation. Soudain, elle donnait l'impression de ne plus être aussi sûre d'elle-même.&lt;br /&gt;C'était la cérémonie de mariage la plus étrange, la plus épouvantable, la plus prodigieuse que j'ai jamais vue sur mon petit écran. Même en imagination, je n'aurais pu rêver quelque chose d'aussi fou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le beau profil de Marisa Berenson en Radegonde...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-BJFXzBmCXXQ/TxN4U74ba1I/AAAAAAAAB_8/6VMD-FHZc4w/s1600/04.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://3.bp.blogspot.com/-BJFXzBmCXXQ/TxN4U74ba1I/AAAAAAAAB_8/6VMD-FHZc4w/s1600/04.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;Amie de Venance Fortunat, Prêtre, Poète et futur évêque de Poitiers, Poitiers que je connais bien. On peut les imaginer ensemble, lui lisant et elle écoutant, comme l'a imaginé et peint Lawrence Alma-Tadema avec &lt;i&gt;Venantius Fortunatus Reading His Poems To Radegonda VI&lt;/i&gt;&amp;nbsp;(1862).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-YxyjEiogjxU/TxRCmh87f6I/AAAAAAAACAM/GOI7AN_1mso/s1600/AlmaTadema-VenantiusFortunatus.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="245" src="http://2.bp.blogspot.com/-YxyjEiogjxU/TxRCmh87f6I/AAAAAAAACAM/GOI7AN_1mso/s320/AlmaTadema-VenantiusFortunatus.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Il y avait aussi cette nonne, peut-être moins flamboyante que les autres mais attachante par la bonté et la réserve dont elle faisait preuve, Begga le médecin, qui avait dû être très belle. Et Urion, qui par la faute des Loups n'était ni femme ni homme et qui comme sa "soeur" était un être hybride et étrange, gras et laid, &amp;nbsp;favorisant la peur imbécile de tous ceux qui l'approchaient. Il/elle était les racines de Vanda, son seul lien avec sa famille biologique, avec le paganisme et les anciennes lois de la Nature dont il ne cessait de lui parler. Et elle/il avait un atout de poids : une haine, une rugosité, une incapacité à supporter l'idée même que des Chrétiens l'aient sauvé. &lt;br /&gt;Je n'ai jamais lu le livre de Régine Deforges, qui mêle Histoire et fiction. J'ignore ce qu'il vaut, même si un titre pareil, &lt;i&gt;La révolte des Nonnes&lt;/i&gt;, est infiniment attirant. Je réparerais, bien vite, cet oubli.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce film en trois parties semble être tombée en désuétude. Pas de sortie DVD prévue, pas de rediffusions. La musique, sombre et riche de Serge Franklin peut cependant être écoutée puisqu'elle a été éditée, il y a de cela quelques années.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-tOkfRE8qfDo/TxQ5qL5KL6I/AAAAAAAACAE/sK2ckvTZJTU/s1600/670.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://1.bp.blogspot.com/-tOkfRE8qfDo/TxQ5qL5KL6I/AAAAAAAACAE/sK2ckvTZJTU/s320/670.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;L'on peut se replonger dans ses souvenirs et visiter ce &lt;a href="http://l.enfant.des.loups.free.fr/" target="_blank"&gt;site&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;Peut-être est-il déjà connu ? J'ai tendance à tout découvrir des années après, et peu importe. Ce faisant, c'est une toute petite pierre, à peine un gravillon, que j'ajoute aux souvenirs. Je souris quand je lis que Laurent, l'un des deux créateurs du site, remercie son grand-père pour lui avoir fait découvrir cette oeuvre, via un enregistrement VHS datant de 1991.&lt;br /&gt;Combien de découvertes merveilleuses, de la même façon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Les captures d'images de ce billet proviennent directement du site.)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-7279500958843758622?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/7279500958843758622/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=7279500958843758622' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/7279500958843758622'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/7279500958843758622'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2012/01/etre-lenfant-des-loups.html' title='Être l&apos;Enfant des Loups'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-cojCzekqwe0/TxN4IvuPy4I/AAAAAAAAB_s/bvivF9Yl9Qs/s72-c/vanda_4.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-3485586231297568670</id><published>2012-01-07T15:01:00.000+01:00</published><updated>2012-01-08T12:20:18.945+01:00</updated><title type='text'>Beaj Vat !</title><content type='html'>La première fois où je suis allée sur une île, j'étais petite.&lt;br /&gt;C'était en Bretagne, à Enez Vriad, l'île de Bréhat.&lt;br /&gt;Champ infini. Tous les possibles au creux de ma paume, noire de terre, poussiéreuse à force de ramasser les cailloux. Il semble si facile alors, de faire le bon choix.&lt;br /&gt;Enez Vriad, Enez Vriad !&lt;br /&gt;Bréhat était encore un peu sauvage. L'on murmure que Bréhat a beaucoup perdu de son charme, le jour où elle est devenue un peu plus touristique. Cela dépend de nombreuses choses... cela dépend de l'état d'esprit dans lequel on se trouve, lorsqu'on arrive. Est-ce que l'on craint la solitude ? Est-ce que l'on craint la foule ? Avons-nous peur de nous taire ? &amp;nbsp;Avons-nous forcément besoin de combler le silence ? Avons-nous peur de la berceuse des femmes de marins ?&lt;br /&gt;Cet aller que certains auraient voulu simple alors qu'ils vivaient juste en face, là sur le continent, fut un nouveau jeu. Prendre le bateau est déjà un jeu. Il y a là quelques personnes qui bravent le temps, qui osent rire et défier le vent, peut-être parce que dans ce coin du monde, on y est habitué, ce vent qui emmêle les cheveux et l'on plisse les yeux, on se mord un peu les lèvres et si j'ai oublié tous ceux qui embarquaient, ce très jeune moine, semblable à ceux que l'on voit dans les vieux livres,&amp;nbsp;a marqué mon esprit&amp;nbsp;et l'espace d'un instant, j'ai imaginé qu'il était l'une de ces anciennes âmes, un de ces moines qui avaient tenté de résister aux Vikings, au IXème siècle, à Saint-Brieux.&lt;br /&gt;Le vent dans les cheveux, le vent giflant le visage - et tout est à vif -, le bruit du vent dans les oreilles, tout cela est un jeu. C'est un jeu qui finit par être douloureux, un peu, parce que les oreilles sont fragiles, et les miennes l'ont toujours été et le vent qui n'en à que faire continue de jouer. Il est multiple et changeant, brise douce, doux murmure et soudaine rafale, hurlement, il nous met à l'épreuve et s'amuse et &amp;nbsp;parle comme la mer parle, la mer agitée, toujours fougueuse et irritable, et puis ce pont, les vieilles pierres, ce phare au loin, celui de Pann (ou Paon). Cette femme en noir qui attend sur un banc et ce chat qui court se réfugier dans un endroit connu de lui seul.&lt;br /&gt;Le bruit et le silence. Les nuages frôlent la mer.&lt;br /&gt;Et Grand-mère parle des îles bretonnes et du danger tapi à l'intérieur de chacune d'elles, cette ballade de marin que l'on finit par connaître par coeur, comme la prière que l'on dit à Jésus, le soir au fond du lit.&lt;br /&gt;&lt;blockquote class="tr_bq"&gt;&lt;i&gt;Qui voit Ouessant voit son sang,&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;Qui voit Molène voit sa peine,&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;Qui voit Sein voit sa fin,&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;Qui voit Groix voit sa croix&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;&lt;/blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Etrange litanie, berceuse aimée. A l'horizon, j'ai vu Molène et si cette berceuse nous parle au plus profond de notre être, c'est qu'alors, rien n'est tout à fait perdu.&lt;br /&gt;Quand le vent hurle, il faut fermer les yeux très fort, et écouter. Eviter de boucher ses oreilles, même si on en a très envie. Ecouter le vent rugir et sentir, au fond de ses tripes, sentir et deviner que, paradoxalement, tout est calme. Incroyablement calme. Et incroyablement vivant. Il n'y a plus que des êtres, séparés les uns des autres par ce vent, ce vent que l'on aimerait mettre dans une bouteille pour en capturer une infime partie, pour le faire écouter ensuite, à ceux à qui on aurait envie de le faire écouter.&lt;br /&gt;Et puisque l'on se sépare des autres alors même qu'on se tient à leurs côtés, alors c'est seul qu'il faut y aller, et c'est seul qu'on y pénètre. Le nez en l'air et le corps frémissant, subir, se plier à cette sauvagerie et hurler intérieurement, en même temps que le vent, et si les autres dansent, je hurle ! Le vent s'engouffre sous les vêtements, et on a froid, on grelotte, on se dit qu'on doit avoir, l'espace d'un instant, l'âme d'un guerrier parce que l'on avance quand même. Nous avons choisi le bon jour pour nous perdre dans l'île.&lt;br /&gt;La solitude, Ô Solitude ! Dans ces bras-là je me love et la tête se vide, nulle pensée amère, nulle tristesse ou si c'est de tristesse qu'il s'agit, elle est celle, précieuse, qui rejoint la joie infinie d'un soir d'été sur les rochers des côtes bretonnes, Aodoù-an-Arvor, ce n'est pas tout à fait là que la terre s'arrête et c'est pourtant là que le temps se fige.&lt;br /&gt;Le vent qui nous bouscule nous fait prendre conscience de ce corps. Quelle chose étrange ! J'ai un corps et voilà qu'il se défend contre les rafales et les bourrasques. Le voilà qui avance, vaille que vaille.&lt;br /&gt;Les pierres sur lesquelles on court moins qu'on ne trébuche sont lisses et froides. On pourrait tomber mais on ne tombera pas, parce que cette éventualité n'existe pas. Sur ces mêmes pierres, aujourd'hui, je marcherais avec précaution et cela ne me dérangera pas, car ces pierres se rappelleront mon cri, celui de l'enfant, des enfants, ceux qui criaient au loin en se demandant si un marin allait leur répondre, à défaut de l'écho.&lt;br /&gt;On pourrait grimper sur les Pétrifiés de Bréhat, si on en avait le courage, mais l'on doute l'espace d'un instant, et l'on écoute le conte du comte Meriadec, Seigneur de Goëlo, qui fut assassiné par Gwill et Isselbert, ses enfants plein de folie qui n'ont jamais eu le courage d'attendre. Ils sont désormais les pierres et les rochers, pétrifiés de stupeur et d'horreur, car l'île n'a jamais accepté que l'on assassine, sur son propre sol, l'un de ses enfants.&lt;br /&gt;L'île ou une fée, à l'époque où les fées n'avaient pas peur de se promener en plein jour, à l'époque où l'on croyait encore en elles. Morgane voyage. Le sang du comte colore les pierres. L'île est rose du sang baigné par les flots et mille années ne suffiraient pas à l'effacer. Les îles saignent, leurs stigmates à la vue de tous et l'on se rappellera, la première fois où l'on se coupera, du sang du comte répandu sur les pierres, la première goutte.&lt;br /&gt;Au gouffre du Pann, l&lt;span style="text-align: center;"&gt;es jeunes filles, impatientes elles aussi, viennent consulter les Dieux, l'oracle, la Nature. Peu importe qui les écoutera. Pour les enfançonnes esseulées, il suffit d'une pierre et d'un peu de courage. Isolé de tout, on peut parfois se découvrir plus courageux qu'on ne l'imaginait. Il y a que ça surprend, nous qui sommes toujours si sûrs de notre lâcheté.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Jeunes filles, lancez la pierre dans le gouffre, et si la pierre tombe directement dans l'eau, alors vous serez mariée dans l'année. Si la pierre rebondit &amp;nbsp;trois fois, alors il vous faudra attendre trois ans. Au diable les rides, au diable cette douleur ici, cet élancement là, la vieillesse des os, la fatigue des muscles !&lt;br /&gt;On prend les pierres de l'île, mains sales et noires, et l'on bâtit les murs du Refuge intérieur, ce monde qui est nôtre. Apprivoiser la solitude et le silence. Apprivoiser son reflet dans les eaux claires.&lt;br /&gt;En imagination, j'ai rencontré cette enfant. Je joue avec elle et le homard, et le faucon. Elle me parle de son désir de voyage. Anne, qui vit seule avec sa famille sur une île. Laquelle ? J'ai tout loisir de lui trouver l'île qu'il me plaira de lui donner pour habitat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-ZMVo2PyOE_k/TwiE0LV1ldI/AAAAAAAAB9I/LF45OM-yfA0/s1600/tumblr_lv4b3muQQ31r532xvo1_500.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="210" src="http://2.bp.blogspot.com/-ZMVo2PyOE_k/TwiE0LV1ldI/AAAAAAAAB9I/LF45OM-yfA0/s320/tumblr_lv4b3muQQ31r532xvo1_500.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Pour les atteindre, ces îles, il faut prendre&amp;nbsp;un bateau,&amp;nbsp;nager&amp;nbsp;ou voler. Prendre les chemins des Songes, aidé par un corbeau. Une île pour n'importe quel naufragé.&amp;nbsp;Tous les naufragés.&lt;br /&gt;Les îles de là-bas, l'île de Mervyn Peake, Sark, où il dessine, ces dimanches, ces jours qu'il trouve un peu ennuyeux.&lt;br /&gt;Klovharun, l'île d'été de Tove Jansson et de son amie de coeur, Tuulikki Pietilä.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-Uz8ZQZlQUSs/TwiIgxMWLFI/AAAAAAAAB9Q/YRzEw6L-JRo/s1600/spd4e2a1_184097a.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="228" src="http://3.bp.blogspot.com/-Uz8ZQZlQUSs/TwiIgxMWLFI/AAAAAAAAB9Q/YRzEw6L-JRo/s320/spd4e2a1_184097a.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Et d'autres noms, les noms de ceux qui un jour, ont eu le courage de se perdre sur une île. Les noms de ceux qui ont eu le courage d'en repartir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote class="tr_bq"&gt;&lt;i&gt;J'ai trouvé mon île au trésor. Je l'ai trouvée dans mon monde intérieur, dans mes rencontres, dans mon travail.&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;/blockquote&gt;Hugo Pratt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;.&lt;iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="270" src="http://www.youtube.com/embed/p3nQ_ar_6Zk?fs=1" width="480"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;(La photo de Anne est issue du &lt;/i&gt;National Geographic -&lt;i&gt; août 1938.)&lt;/i&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-3485586231297568670?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/3485586231297568670/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=3485586231297568670' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/3485586231297568670'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/3485586231297568670'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2012/01/klovharun-jansson-island.html' title='Beaj Vat !'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-ZMVo2PyOE_k/TwiE0LV1ldI/AAAAAAAAB9I/LF45OM-yfA0/s72-c/tumblr_lv4b3muQQ31r532xvo1_500.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-8663939854786200679</id><published>2012-01-04T16:12:00.003+01:00</published><updated>2012-01-06T16:31:27.052+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ca me donne pas envie de vivre dans ce monde (Copyright Prof. Farnsworth.).'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chroniques de l&apos;Extérieur'/><title type='text'>Les autres enfants</title><content type='html'>&lt;br /&gt;Je n'ouvre jamais les magazines "people".&lt;br /&gt;People, je ne sais toujours pas ce que ça veut dire. Je ne crois pas que ça veuille vraiment dire quelque chose. C'est un mot qui n'est même pas joli à prononcer, et il me semble vide de sens. C'est tellement éloigné de moi que, même si je le voulais, je n'arriverais pas à m'y intéresser. Je suis perplexe quand je vais chercher mes magazines à moi. Ils iraient aux toilettes qu'il y aurait encore des gens pour s'extasier. Je ne comprends pas.&lt;br /&gt;Voilà, c'est le mot. Incompréhension mutuelle entre ce monde et moi. C'est hermétique. Je comprends pas qu'on sorte mille magazines sur le même sujet. Je comprends pas qu'on en parle à la télé. Je comprends pas que ça prenne tant de place.&lt;br /&gt;Qu'on y jette un regard amusé de temps à autres ne me dérange pas. Je connais des gens chouettes qui le font, ça les amuse. La différence avec les "vrais fans "de cet Univers étrange et insondable : la distance.&lt;br /&gt;Tout est une question de distance.&lt;br /&gt;Le problème, quand on se promène sur le net, c'est qu'on ne peut pas passer à côté de Truc qui nous déçoit beaucoup en portant des collants jaunes alors que sa robe est rouge (mais c'est quoi ces gens qui s'habillent n'importe comment alors qu'ils sont le mètre-étalon de la branchitude et du glamour ??? Journalistes, vous avez amplement le droit d'affirmer que vous êtes déçus !), à côté de la famille Machin qui se crêpe le chignon parce que K a été méchante avec K., de Ploum qui aimerait &amp;nbsp;tellement faire un gosse depuis que son ex en a 6 ou 7, ou encore Chose qui présente Bidule à ses parents parce qu'un People, ça a aussi le coeur tendre et débordant d'amour et que parfois, il fait les choses tout comme nous. Et ça, ça en émeut pas mal.&lt;br /&gt;Et s'il y en a que ça émeut, moi, je repose ma tasse de thé en gueulant, parce que je peux facilement devenir vulgaire et je m'en excuse, mais tout ça me pousse à la vulgarité : "&lt;i&gt;mais qu'est-ce que j'en ai à foutre !!!&lt;/i&gt;".&lt;br /&gt;Que les gens regardent si ça les amuse, mais j'ai pas envie qu'on me force à m'y intéresser. Je passe mon chemin. Je ne lis plus, et depuis belle lurette, les magazines cinéma empruntés aux copains qui, sans jamais être formidables, faisaient (à peu près) leur boulot : parler Cinéma, respirer Cinéma, vivre Cinéma. Je ne parle, bien sûr, ni des &lt;i&gt;Cahiers du Cinéma &lt;/i&gt;(qui a ses bons côtés, même si Romain Duris préfère se torcher le cul avec dans le &lt;i&gt;Dobermann&lt;/i&gt; de Kounen)&lt;i&gt;,&amp;nbsp;&lt;/i&gt;ni de &lt;i&gt;Positif&lt;/i&gt;, ni de &lt;i&gt;Mad Movies&lt;/i&gt;. Ni même de &lt;i&gt;Brazil&lt;/i&gt;. Depuis quelques années, &amp;nbsp;l'Art Noble du Cinéma se roule dans la fange : on &amp;nbsp;préfère parler des amourettes de B.P et A.J sur le tournage d'un film excessivement médiocre plutôt que de leur parler cinoche. Ceci vaut pour les émissions qui se targuent d'être cinéphiles. Je plains ces acteurs, ceux qui aiment vraiment ce qu'ils font, d'en être réduits à répondre à des questions toutes plus saugrenues les unes que les autres (posées, disons, par une certaine Ariane M.), un faible sourire sur leur visage pâle alors que ça se trouve, eux, ils aimeraient causer cinoche, et de leurs émotions, et de ce qu'ils pensent du film.&lt;br /&gt;Alors je passe mon chemin l'air de rien, sifflotant tout en fumant ma clope (c'est faisable).&lt;br /&gt;Je me sens le Titi parisien de mes jeunes années. Je m'en fous. Et alors ?&lt;br /&gt;Et cette fois-là, je passais une nouvelle fois mon chemin... jusqu'à ce que je rencontre "les Enfants". Et en rencontrant ces Enfants, je me sens comme les adultes du &lt;i&gt;Village Of The Damned&lt;/i&gt; de Wolf Rilla.&lt;br /&gt;Je découvre alors, les doigts crispés sur mon clavier, ce microcosme. Je découvre, je lis, parce qu'il me faut en savoir plus.&amp;nbsp;Comment ? On m'a caché tout ça pendant tout ce temps-là ?&lt;br /&gt;Mais... mais !&lt;br /&gt;Zut. Ils m'ont forcée à regarder de plus près cet Univers étrange et insondable. Parce que soudain, j'ai envie de comprendre. Envie de mettre ces fichus journalistes dans une cage. Le monde part à la dérive. Je préfère laisser mon imagination voguer sur ces photographies familiales que je viens de trouver. Penser à mon Grand-Père. Ces photographies-là sont belles et racontent une histoire.&lt;br /&gt;Mais il me faut plonger dans la Grande Babylone.&lt;br /&gt;Et je découvre que ces Enfants-là sont différents. Ces Enfants ne sont pas ces Enfants que vous côtoyez tous les jours (qu'ils soient membres de votre famille, que vous bossiez avec, etc.).&lt;br /&gt;Cette race d'enfants-là est différente : ce sont des Enfants d'artistes (quand on est polis), Enfants de People (dans ce coin de la galaxie).&lt;br /&gt;Et être le produit d'un People, c'est être différent.&lt;br /&gt;Et j'apprends alors, mi-rêveuse, mi-ébahie - je peux parfois être très naïve - que ces Enfants de People possèdent déjà une maison (maison que d'autres ont du mal à payer), portent des escarpins (alors que certaines filles continue de se tordre les chevilles avec alors c'est sûr, il vaut mieux s'y prendre tôt), ont des i-pod (alors que je ne sais même pas comment ça marche).&lt;br /&gt;La Galaxie des enfants-stars.&lt;br /&gt;Une galaxie bien particulière, la galaxie du néant, du vide, celle du point d'interrogation éternel : "&lt;i&gt;mais comment les photographes peuvent-ils passer leur temps à mitrailler ces fils et filles de. ? Qu'est-ce que ça leur apporte ? Il y a vraiment des gens pour s'intéresser à Suri, Shiloh, Kingston et compagnie ?&lt;/i&gt;" (le People n'est pas comme le commun des mortels. Pour nous le faire comprendre, à nous, qui évoluons dans une galaxie autre, ils affublent leurs enfants de noms plus moches les uns que les autres, la palme revenant aux filles de Demi Moore et Bruce Willis. Scout LaRue et Tallulah Belle, il fallait tout de même y penser - il paraît qu'ils ont eu l'idée en lisant &lt;i&gt;Lucky Luke&lt;/i&gt;. Une amie me dit : "&lt;i&gt;on dirait des noms de Petits Poneys !&lt;/i&gt;". Commentaire anonyme au sujet de Sunday Rose,&amp;nbsp;Harper, Tallulah, Harlow, Sury ; notons la faute et rayons le prénom inutile &amp;nbsp;: "&lt;i&gt;Gros coup de coeuur des que j'ai lu sa dans public ;P&lt;/i&gt;")&lt;span style="font-family: Arial, 'sans serif';"&gt;&lt;span style="font-size: 12px;"&gt;&amp;nbsp;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Arial, 'sans serif';"&gt;&lt;span style="font-size: 12px;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Arial, 'sans serif'; font-size: 12px;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;L'icône des Enfants de People est Suri Cruise.&lt;br /&gt;(Remarquons, qu'à de rares exceptions, tous les parents de ces Enfants ont leur cote de popularité en berne depuis quelques années.)&lt;br /&gt;Ah, Suri ! Un joli prénom qui fait penser à un joli petit animal (celui qui gratte derrière mes murs quand je dors à poings fermés), mais surtout, un joli prénom d'origine persane.&lt;br /&gt;Suri, c'est la Rose Rouge, et on se dit soudain que Tom Cruise et Katie Holmes, heureux scientologues, ont de jolis goûts. Ah ! On s'en fout totalement, jusqu'à ce que la copine d'une amie à vous, qui a beaucoup d'affection pour les People, vous apprend que : "&lt;i&gt;ah mai nan ! Suri, c'est Princessse en hébreux ! C'est dérivé de Sarah et Tom Cruse et Katie, bin ils ont di que cétait un dérivé !&lt;/i&gt;".&lt;br /&gt;Bon, pourquoi pas. Suri est un dérivé de Sara (salutations à toutes les Sarah/Sara que j'ai rencontrées). Je lis que, nuance, Tom Cruise et Katie Holmes préfèrent la signification de Princesse à Rose Rouge (Princesse, c'est plus People). Le pouvoir des People : changer ce qu'ils veulent, quand ils veulent.&lt;br /&gt;Suri, donc. Suri, à 5 ans, porte des escarpins. Suri, à 5 ans, porte du rouge à lèvres et du vernis.&lt;br /&gt;5 ans, ça devrait être l'âge où on essaye les escarpins de sa mère, son vernis et ses bijoux, pour rigoler.&lt;br /&gt;Mais on ne rigole pas chez les Scientologues.&lt;br /&gt;Suri C. est une star de la mode. Elle a d'ailleurs des fan-clubs, comme &lt;a href="http://www.fanpop.com/spots/suri-cruise" target="_blank"&gt;celui-ci&lt;/a&gt;, où l'on peut discuter à son aise de la "&lt;i&gt;Tiny Fashionista&lt;/i&gt;". Forbes l'a écrit, et si Forbes le dit, c'est qu'il y a du vrai. Suri C. est l'enfant le plus influent de la planète.&lt;br /&gt;Le plus influent. Un enfant de 5 ans impose ses goûts et ses dégoûts.&lt;br /&gt;Et nous, on dit oui à tout, et on finit par trouver ça tout à fait normal, naturel, évident.&lt;br /&gt;Les parents non-People scrutent avec avidité toutes les photographies de la gamine, inspiration pour habiller leur propres enfants. Sauf que la garde-robe de Suri C. coûte environ 400.000 Dollars. C'est pas vraiment ça, l'important. On offre les cadeaux qu'on est capable d'offrir, même quand on a le sens des proportions. On n'aime jamais trop ses enfants, n'est-ce pas.&lt;br /&gt;A Noël, Suri veut des boucles d'oreille en diamant et des robes de princesses. Les parents ne disent pas non. Les parents People ne peuvent, vraisemblablement, jamais dire non. Peut-être parce qu'ils ont les moyens de leur dire oui.&lt;br /&gt;Tremblez, pauvres gens !&lt;br /&gt;Suri n'est pas une petite fille.&lt;br /&gt;Suri n'est pas une enfant.&lt;br /&gt;Suri est une FEMME. Plus femme que moi ou la moitié des femmes que je connais. Suri a déjà des goûs particuliers. Elle sait qu'elle veut porter des chaussures dorées à talon du plus bel effet. Elle sait que jamais et par trois fois jamais, elle ne sortira sans son rouge à lèvres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-ETzGmlTeT-g/TwRsl484KSI/AAAAAAAAB6I/gQ0d47u_96Q/s1600/suri-cruise-21eme-femme-mieux-habillee-monde--L-qFrWft.jpeg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://4.bp.blogspot.com/-ETzGmlTeT-g/TwRsl484KSI/AAAAAAAAB6I/gQ0d47u_96Q/s320/suri-cruise-21eme-femme-mieux-habillee-monde--L-qFrWft.jpeg" width="184" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;Elle a déjà un goût très sûr en la matière et aime à combiner les couleurs et les tissus.&lt;br /&gt;Suri a un emploi du temps très chargé. Puisque ses parents la considèrent comme une petite surdouée (la maman est flattée : à 3 ans, Suri lui a dit que le pantalon marron qu'elle comptait mettre avec ce chemisier ne lui allait pas, mais alors pas du tout) alors elle est inscrite partout : au foot, au cours de musique, à la danse (elle est déjà douée dans toutes ces disciplines). Interdiction de parler aux Enfants non-scientologues (non-People ?) parce qu'on ne sait jamais, ils pourraient avoir une mauvaise influence et pire, essayer de lui dire que l'histoire du Monde et des Extra-terrestres et de Saint L. Ron Hubbard, en laquelle croient ses parents, c'est vraiment n'importe quoi.&lt;br /&gt;Au détour des recherches, on &amp;nbsp;découvre des photographies qui font tiquer. Sur ces photographies de papparazzi que Tom Cruise adore, Suri fait des grimaces pour éloigner les caméras.&amp;nbsp;Suri se cache des caméras.&lt;br /&gt;Si personne ne comprend que la gamine a &amp;nbsp;l'air d'en avoir un peu ras les ballerines, je sais pas ce qu'il leur faut. Mais vu que Suri est une FEMME, il est bien normal qu'elle puisse se débrouiller parfaitement devant les caméras. Enfant surdouée, de People, de mode. Elle a ça dans le sang . C'est inné.&lt;br /&gt;Un jour de 2011, un papparazzo surprend la mère et sa fille dans un magasin. Ce qu'il prend en photo, c'est une gamine de 5 ans qui pleure pour avoir quelque chose. Les photos sont publiées et soudain, le monde entier reprend son souffle : oui, les enfants-people peuvent aussi crier, taper du pied, pleurer pour avoir quelque chose (qu'elle aura aussitôt) ! Oui, un Enfant-People peut parfois être comme les autres ! Formidable ! Rassurant ! Finalement, elle est humaine ! Rien n'est perdu !&lt;br /&gt;Tout de même... j'aimerais savoir ce que raconte la gamine à ses poupées, quand la nounou et les parents ont le dos tourné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A lire : le &lt;a href="http://surisburnbook.tumblr.com/" target="_blank"&gt;Suri's Burn Book&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;Un blog où Suri exprime toutes ses pensées et sa jalousie des autres enfants de People, qu'elle veut avoir sur son territoire (le continent américain), à portée de vision, pour mieux les surveiller. Des gars qui préfèrent en rire (Amen) et qui, parfois, arrive à nous arracher un sourire : le passage où, voyant toutes ces People tomber enceintes, &amp;nbsp;Suri commence à le prendre un peu pour elle, parce que ces People, ils font rien qu'à essayer de lui ruiner son Petit Monde Parfait, est franchement drôle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suri, justement, pourrait avoir des ennemis. C'est bientôt la course à celui ou celle qui sera le mieux habillé(e), le plus tichou.&lt;br /&gt;Ces Enfants de People Ennemis se nomment Violet et Seraphina Affleck...&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-fthU0Rbah_w/TwRsvL5X9aI/AAAAAAAAB6U/NY77FY-7fic/s1600/tumblr_lwxak1krDD1qkiplg.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://4.bp.blogspot.com/-fthU0Rbah_w/TwRsvL5X9aI/AAAAAAAAB6U/NY77FY-7fic/s320/tumblr_lwxak1krDD1qkiplg.jpg" width="241" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Max Anthony (fils de Jennifer Lopez et Marc Anthony)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-HXboQ_v5coM/TwRs0H3my_I/AAAAAAAAB6g/14vMiPX7t0Y/s1600/image.img.1324238099976.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="213" src="http://2.bp.blogspot.com/-HXboQ_v5coM/TwRs0H3my_I/AAAAAAAAB6g/14vMiPX7t0Y/s320/image.img.1324238099976.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;et Honor Marie Warren (fille de Jessica Alba et Cash Warren) .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-x7lsnLz2aHA/TwRs4IM5hBI/AAAAAAAAB6s/Bfn9yZElvdg/s1600/image.img.1324237966690.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://3.bp.blogspot.com/-x7lsnLz2aHA/TwRs4IM5hBI/AAAAAAAAB6s/Bfn9yZElvdg/s320/image.img.1324237966690.jpg" width="238" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;Mais que Suri se rassure ! Ces Enfants-là ne sont pas si dangereux. Dans un classement très sérieux indiquant quels sont les enfants les plus influents (des Etats-Unis, donc de la planète), Violet n'arrive qu'à la 9ème place (sa soeur aînée n'est pas dans le classement. Il faut absolument dénoncer cette injustice !), Max A. est à la quatrième place (sa soeur, Emme, tombant directement à la 17ème place. On voit qui a hérité du "talent" familial) et Honor W. est à la 6ème place.&lt;br /&gt;Mais n'oublions pas tous ces petits Enfants de People dont on n'a pas parlé.&lt;br /&gt;Cruz David Beckham (7ème place), Jayden Federline (fils de Britney Spears et Kevin &amp;nbsp;Federline &amp;nbsp;- 10ème place) ou encore Charlotte Grace Prinze (fille de Sarah Michelle Gellar et Freddie Prinze Jr. - 14ème place).&lt;br /&gt;D'ailleurs, ils s'appelleront désormais N. 7, N.10 et N. 14. Jusqu'à la prochaine liste qui les verra déchoir (si jamais Violet/N.9 ose porter un survêtement jaune et bleu avec des noeuds dans les cheveux en prime) ou monter (si jamais Max A./N.4 décide de porter cravate et chemise blanche pour Noël prochain, sait-on jamais, il n'est jamais trop tôt pour être classe).&lt;br /&gt;Les Enfants-People sont toujours à la pointe de la mode, de la perfection. Jamais un faux-pas. Et quand on parle d'enfants, on se dit que c'est paradoxal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La véritable Ennemie-People de Suri, c'est elle :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-kzmSiIVZSSs/TwRs8hcomsI/AAAAAAAAB64/ajgOWC76Ba8/s1600/shiloh-jolie-pitt.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://2.bp.blogspot.com/-kzmSiIVZSSs/TwRs8hcomsI/AAAAAAAAB64/ajgOWC76Ba8/s320/shiloh-jolie-pitt.jpg" width="184" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Shiloh Nouvel Jolie-Pitt.&lt;br /&gt;Shiloh, c'est un peu l'envers du décor. Forcément, quand je vois cette tête blonde, je me dis, bêtement, faible que je suis, &amp;nbsp;me laissant attendrir deux minutes &amp;nbsp;: "&lt;i&gt;ah ben ! elle a une bonne bouille, elle !"&lt;/i&gt;. C'est vrai, bon sang, elle me fait penser à une version féminine d'Emil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-p6gvLrvhyuU/TwRtCJGgS_I/AAAAAAAAB7E/CFLVLzNBcRI/s1600/talja_tragubbar032.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://3.bp.blogspot.com/-p6gvLrvhyuU/TwRtCJGgS_I/AAAAAAAAB7E/CFLVLzNBcRI/s320/talja_tragubbar032.jpg" width="269" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-fUpUbfcssKY/TwRtEt6K98I/AAAAAAAAB7Q/zVbTaOSaMc0/s1600/ilon-draken005.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://4.bp.blogspot.com/-fUpUbfcssKY/TwRtEt6K98I/AAAAAAAAB7Q/zVbTaOSaMc0/s320/ilon-draken005.jpg" width="222" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;On a les références qu'on peut. J'aime beaucoup les miennes.&lt;br /&gt;Et puis, quand on lit que Shiloh préfère se faire appeler Shax, qu'elle coupe les têtes des poupées Barbie et qu'elle collectionne les animaux morts, on se dit qu'elle aurait pu être une de nos meilleures amies si seulement elle était née à la fin des années 70 (voire au début des années 80) et si jamais elle avait fréquenté &amp;nbsp;une école appelée Saint-Jean située en Normandie.&lt;br /&gt;Et puis, on lit, le sourcil levé, qu'elle ne semble pas être la préférée de sa maman. Sa maman qui dit qu'elle est un enfant biologique, et donc qu'elle a eu la chance de naître dans une famille riche et stable, ce que n'ont pas eu les autres... alors forcément, on l'aime un peu moins, ou on arrive pas à l'aimer autant que les autres. On peut comprendre - du moins tenter de comprendre - ces propos, mais tout de même, ça coince à un niveau. Je ne sais pas trop lequel. Ca refroidit.&lt;br /&gt;Et ne jugeons pas un livre sur sa couverture, comme on dit. On se dit que Shiloh est quand même N.3 (la précède la mioche nouvellement née du couple Beckham, l'un des couples à qui on aimerait offrir un aller-simple en Afghanistan) et que ça se trouve, le coup du Tomboy (salut à toutes celles qui furent des Garçons Manqués, des Tomboys, car elles sont mes amies) était rôdé depuis le début.&lt;br /&gt;C'est le coup marketing du siècle. Le talent de rendre cool ce qui ne l'est pas pour la majorité, de rendre chouette ce qui était jadis décrié (un peu comme Tim Burton).&lt;br /&gt;Du coup, des gens comme moi peuvent tomber dans le panneau. Et puis, une fois ce traumatisme passé, on juge. C'est le problème, on finit par penser que tout le monde est suspect, même ceux dont on dirait, en les croisant dans la rue : voilà une famille qui me plaît.&lt;br /&gt;Quand on les voit se promener, la main dans la main avec leurs mioches, alors qu'à la maison, c'est la nounou (les nounous, soyons fous) qui s'occupent de tout, on peut grincer des dents devant cette illusion savamment orchestrée. Les mamans s'émeuvent de voir que &amp;nbsp;ces mamans sont aussi des mères. Qu'elles ont les mêmes pulsions maternelles. On a l'impression de voir un joli coup monté :&lt;br /&gt;Cette mère, c'est vous.&lt;br /&gt;Bien sûr, tout le monde n'est pas à mettre dans le même panier. Il y a des Mamans célèbres qui ne misent pas leur côte d'amour sur leurs mioches. On peut penser à Vanessa Paradis qui, au moins, n'a jamais monnayé les photos de sa progéniture. Au moins, il y a une protection, qu'on se dit. Idem pour Tilda Swinton. Être pris en photo avec son gosse, bien sûr que ça arrive. On n'y peut rien, &amp;nbsp;les journalistes répondent à la demande. Si les gens ne donnaient pas autant d'importance à tout ça, ça n'arriverait peut-être pas. Et s'il y a des gens pour s'y intéresser, autant les mitrailler. C'est l'oeuf et la poule, on finit par se demander qui a commencé ce petit jeu du Chat et de la Souris (non, pas de jeu de mots). Ce qui dérange, c'est cette impression qu'ils sont toujours là au bon moment, prêts à être immortalisés. Suri, Shiloh, les enfants de l'infâme Mariah Carey ne sont plus que des produits que l'on vend, un grand sourire attendri sur les lèvres. Fausseté. Certains de ces enfants aident à remonter le capital sympathie d'acteurs, chanteurs (et non des artistes) qui ne sont plus très populaires. Jennifer Gardner, Halle Berry, Gwen Stefani, Kevin Federline, Katie Holmes, Jennifer Lopez. Des gens pour qui la gloire s'en est allée, ou pour qui la gloire n'a pas duré longtemps. &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;br /&gt;Une saveur amère, au final.&lt;br /&gt;La Petite Femme Suri a beau s'habiller comme une princesse aux goûts affirmés, on sait qu'on nous prend pour des imbéciles, et que Maman-Parfaite Katie H. est derrière sa mioche à l'habiller (avec l'armée de nounous ces fameuses nounous qui ont toujours quelque chose à raconter et qui, de temps en temps, aiment bien aller se présenter aux journaleux de pacotille pour leur dire ce qui se passe, dans les maisons. Leurs scoops à deux balles). Et puis parce que c'est sa gosse (et par définition, plus intelligente et plus belle et plus drôle et plus tout que tous les autres), elle et son époux nous font croire qu'ils n'ont rien à voir là-dedans. Ce sont juste les parents d'un être exceptionnel. Tout ça, c'est de la poudre aux yeux.&lt;br /&gt;Il y en a encore pour s'attendrir devant la gamine, et il y a des gens comme moi, fascinés par toute cette noirceur qu'ils sont incapables de ne pas déceler.&lt;br /&gt;Les gamins du couple Jolie Pitt sont, à première vue une fratrie unie. Personnellement, je m'arrête là, j'ai d'autres chats à fouetter, même si je sais que beaucoup trouvent la façon qu'a le couple de les élever à la limite de la maltraitance. Du peu que je m'y intéresse, ils ont l'air libre, joyeux. Si seulement cette simplicité pouvait être réelle, c'est tout ce que je me dis. Il faut lire cette &lt;a href="http://www.dailymail.co.uk/tvshowbiz/article-1312155/Shiloh-Jolie-Pitt-tomboy-stomps-LA-airport-chunky-boots.html" target="_blank"&gt;page&lt;/a&gt;&amp;nbsp;hallucinante où le journaliste essaye, du mieux qu'il peut, de comprendre le style vestimentaire de Shiloh Nouvel (et on le sent bien, il l'aime pas, ce style). On sent bien que le journaliste est dans une impasse, qu'il ne comprend pas comment une gamine de 4 ans, qui sait pourtant exactement ce qu'elle veut porter, qui sait comment se mettre en valeur... peut s'habiller aussi mal (selon les points de vue). On croit rêver. Tu nous déçois, Shiloh ! Tu n'es pas glamour. Espérons que tu sois plus féminine, quand tu auras 18 ans.&lt;br /&gt;Au passage, il faut regarder sa soeur aînée, toute raidie, dont j'ai oublié le prénom (après tout, elle n'est que N.11). La façon dont elle regarde les journalistes fait froid dans le dos. C'est le même air, sur chaque photo. On a envie de lui mettre un sac sur la tête. Et le pire, c'est qu'on sait même pas ce qu'on ferait à la place de ces parents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bof.&lt;br /&gt;Tout ça ne vaut pas un bon repas thaï ou une castagne avec les Vaches Noires.&lt;br /&gt;On s'en fout, mais on ne peut pas s'empêcher de se demander si on a pas abusé des drogues hallucinogènes. On voit que le monde entier regarde ces enfants, le souffle coupé, à l'affût de la prochaine image, de la prochaine crise de larmes, de la prochaine lubie. Comme si les Enfants-People étaient les uniques responsables. Comme s'ils avaient demandé quelque chose, ces gosses. Il y en a pour se tromper de cible et ceux qui se trompent finissent par dire, écrire, toute la haine qu'ils ont de ces enfants.&lt;br /&gt;Trop riches, trop gâtés, trop tout. Et mal élevés en plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-_uhUe_jigeU/TwTOeZ6U23I/AAAAAAAAB7o/A89FHcZebhE/s1600/Suri_Shiloh.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="231" src="http://1.bp.blogspot.com/-_uhUe_jigeU/TwTOeZ6U23I/AAAAAAAAB7o/A89FHcZebhE/s320/Suri_Shiloh.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que portera Suri, la prochaine fois ? Shiloh tuera-t-elle un chiot à mains nues pour compléter sa collection ? Quelle sera la folie prochaine (et onéreuse) des parents en totale admiration devant leurs petiots ?&lt;br /&gt;Y a t-il une vie après un jet privé ?&lt;br /&gt;La vie peut-elle être meilleure ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Mise à jour !&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;On en parle sur ce &lt;a href="http://www.brain-magazine.com/article/reportages/4904-Mort-aux-Gosses" target="_blank"&gt;site&lt;/a&gt;. A lire, forcément. Des petites perles en plus (on y parle de l'insupportable Willow Smith), dont ces quelques mots du reporter Roger Hitts, du &lt;i&gt;Star&lt;/i&gt;. Je surligne ce qui m'a fait bondir.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;Shiloh et Suri ne sont pas exploitées commercialement par leurs parents, &lt;b&gt;elles sont encore trop jeunes pour cela&lt;/b&gt;. Angelina et Brad ont bien été payés 5 millions de dollars par People Magazine pour les photos de Shiloh à sa naissance mais ils ont tout reversé à une oeuvre de charité. En ce qui concerne Suri, elle a fait la couverture de  Vanity Fair à sa naissance mais Tom Cruise et Katie Holmes n'ont pas été rémunérés pour cela, même s'il est vrai que la session photo a tout de même servi à faire la promo du blockbuster de Tom Cruise à l'époque.&lt;/i&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-8663939854786200679?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/8663939854786200679/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=8663939854786200679' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/8663939854786200679'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/8663939854786200679'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2012/01/je-nouvre-jamais-les-magazines-people.html' title='Les autres enfants'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-ETzGmlTeT-g/TwRsl484KSI/AAAAAAAAB6I/gQ0d47u_96Q/s72-c/suri-cruise-21eme-femme-mieux-habillee-monde--L-qFrWft.jpeg' height='72' width='72'/><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-8251075944080368349</id><published>2012-01-02T03:46:00.000+01:00</published><updated>2012-01-05T02:10:11.675+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>On met la clé sous la porte. L'idée m'effleure depuis un moment. Depuis juillet.&lt;br /&gt;En juillet dernier, j'ai découvert qu'il y avait plus de 400 pages existantes dans ce petit endroit. Froncement de sourcils. Faire le ménage pourrait être une activité ludique - et il n'est ludique que lorsqu'on ne le fait pas souvent - et voilà qu'au bout de deux heures (dépoussiérage débuté en été, avant d'être oublié), voilà que je m'ennuie.&lt;br /&gt;C'est long, de mettre de l'ordre, ici.&lt;br /&gt;Et puis, de toute façon, moins d'envie. Mais surtout, surtout ! : moins de temps.&lt;br /&gt;Journal maladroit que j'ai aimé et crée de mes petites mains malhabiles, tu as suffisamment vécu, et c'était une chouette aventure.&lt;br /&gt;Des pages blanches m'attendent, elles sont sur mon lit, et je les trouve très jolies, ainsi. Il faut que je les noircisse et que je perde la notion du temps - toujours - pour elles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Mise à jour.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Je n'abandonne pas ce petit endroit. Cependant, je ne pourrais plus écrire ces choses que j'aimais écrire ici, ces choses qui venaient de mes tripes et qui donnent du feu à mon coeur et à mon âme. Sauf par une nuit d'insomnie, peut-être.&lt;br /&gt;Il me faut faire un choix, et ça n'est pas facile !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-8251075944080368349?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/8251075944080368349/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=8251075944080368349' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/8251075944080368349'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/8251075944080368349'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2012/01/on-met-la-cle-sous-la-porte.html' title=''/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-5656196890782592051</id><published>2011-12-11T03:58:00.000+01:00</published><updated>2011-12-11T03:58:31.628+01:00</updated><title type='text'>Magie</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-kQ2s5ba-oaA/TuQZ9Zst21I/AAAAAAAABws/U0PSDhePVa4/s1600/cognac_facade.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://4.bp.blogspot.com/-kQ2s5ba-oaA/TuQZ9Zst21I/AAAAAAAABws/U0PSDhePVa4/s1600/cognac_facade.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;a href="http://www.g19.fr/avant-scene.php" target="_blank"&gt;30 minutes de route&lt;/a&gt;. &lt;b&gt;C&lt;/b&gt;haos &lt;b&gt;J&lt;/b&gt;oyeux.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;M&lt;/b&gt;agie. Comme &lt;b&gt;C&lt;/b&gt;, &lt;b&gt;J&lt;/b&gt; et &lt;b&gt;M &lt;/b&gt;additionnés ensemble. Ici, les lettres ont une somme. C'est une formule magique. &lt;b&gt;B&lt;/b&gt;ric-à-brac. Le &lt;b&gt;C&lt;/b&gt;ri qui jaillit au beau milieu du &lt;b&gt;S&lt;/b&gt;ilence. On invente, on fait semblant, mais jamais on ne berne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-Zu1Eh7Aw3Cw/TuQSQsoatdI/AAAAAAAABwk/UuXrzh_VMyY/s1600/pan-irina-brook-affiche.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://4.bp.blogspot.com/-Zu1Eh7Aw3Cw/TuQSQsoatdI/AAAAAAAABwk/UuXrzh_VMyY/s320/pan-irina-brook-affiche.jpg" width="213" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;(Pirate que je suis, j'ai failli faire chuter Peter. Il a bondit et je ne dirais rien à Tink.)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-5656196890782592051?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/5656196890782592051/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=5656196890782592051' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/5656196890782592051'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/5656196890782592051'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2011/12/magie.html' title='Magie'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-kQ2s5ba-oaA/TuQZ9Zst21I/AAAAAAAABws/U0PSDhePVa4/s72-c/cognac_facade.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-6719220356084552388</id><published>2011-10-26T03:47:00.003+02:00</published><updated>2011-10-26T21:38:07.148+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Comtesse de Castiglione'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Contes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Adaptations'/><title type='text'>Trois Blanche-Neige...</title><content type='html'>Et j'y reviendrais.&lt;br /&gt;Je hausse juste les sourcils en constatant le nombre d'adaptations - variations - à venir. J'en ai compté pas moins de 15. Quand je suis mal lunée, je les fronce, mes sourcils. &lt;br /&gt;J'ai beau me dire que les contes inspireront toujours les êtres (artistes ou non) et cela est une bonne chose, et j'ai beau me dire que les contes ont toujours inspiré le cinéma, je suis un peu heurtée. Heurtée, parce que c'est bien la première fois que c'est, pour paraphraser un internaute : "&lt;i&gt;too much&lt;/i&gt;". La vague est tellement gigantesque que certains réalisateurs (Joe Wright pour sa &lt;i&gt;Petite Sirène&lt;/i&gt;) préfèrent attendre que l'engouement soit retombé. &lt;br /&gt;Tous les studios ont un projet à venir. Tous se jettent dans le chaudron magique, comme un seul être ("&lt;i&gt;ça marche, les gars ! Go !&lt;/i&gt;"). &lt;br /&gt;15 projets ! De contes ou assimilés - si je puis dire. Trois projets pour &lt;i&gt;Blanche-Neige&lt;/i&gt;, deux projets pour &lt;i&gt;Hansel et Gretel&lt;/i&gt;, quatre pour &lt;i&gt;Peter Pan&lt;/i&gt;, deux pour &lt;i&gt;La Belle au bois dormant&lt;/i&gt;, etc. Sans compter la télévision, avec &lt;i&gt;Grimm&lt;/i&gt; (mouais) et &lt;i&gt;Once Upon A Time&lt;/i&gt; (plutôt chouette et à suivre, donc).&lt;br /&gt;Les contes sont les nouveaux chiens d'Hollywood, ils rapportent beaucoup d'argent, à défaut du fémur de Jacob Grimm. Les accompagnent les Super-Héros et les Vampires. Jusqu'au jour où ils seront hors-mode. On nous a déjà fait le tour.&lt;br /&gt;Mais pour l'heure, je me laisse porter. Je regarde les images des deux prochains Blanche-Neige, celles, austères et médiévales issues du film de Rupert Sanders et celles, colorées et fantasques du film de Tarsem Singh. Si, visuellement, les images (de promotion) du film de Sanders me laisse, malgré leurs évidentes qualités, une impression de déjà-vu, la version de Tarsem S. me ravit, m'amuse. &lt;br /&gt;Pas seulement parce qu'il est l'auteur du magnifique et bien-aimé mais sous-estimé (et méconnu - voir la réaction à la fois émue et joyeuse de Singh quand un journaliste lui dit avoir vu et aimé son film, au dernier &lt;i&gt;comic-con&lt;/i&gt;) &lt;i&gt;The Fall&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-_6p-FlWyOyc/Tqa6LhQmnCI/AAAAAAAABso/n9WXBHyMnFY/s1600/the_fall.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://1.bp.blogspot.com/-_6p-FlWyOyc/Tqa6LhQmnCI/AAAAAAAABso/n9WXBHyMnFY/s320/the_fall.jpg" width="227" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Pas tellement pour les images, pas tellement pour les acteurs. Je reste prudente pour une fois, j'attends de voir et je ne peux juger, sur quelques photographies, de la qualité du film, et ce, même lorsque l'un clame que sa version sera bien plus sombre que ce que l'on connait. Impossible de ne pas penser aux propos de Brett Ratner (l'infâme Ratner) qui, pour sa version (qui n'est plus d'actualité, puisqu'il a préféré laisser les rênes à Singh), affirmait que sa version ne serait pas celle de Disney (allons donc !) et qu'il y aurait même un dragon... "&lt;i&gt;comme dans le conte original&lt;/i&gt;'. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un détail, un seul détail peut parfois figer mon sourire jusqu'aux oreilles. &lt;br /&gt;Scène du bal. Blanche-Neige rencontre et danse avec le Prince Charmant (appelé pour l'occasion Andrew Alcott, joué par Armie Hammer). &lt;br /&gt;Le détail :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-sejs07VB5jw/Tqa2m_ksR-I/AAAAAAAABsc/ZibJmxF6cvo/s1600/558849f91527.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://4.bp.blogspot.com/-sejs07VB5jw/Tqa2m_ksR-I/AAAAAAAABsc/ZibJmxF6cvo/s320/558849f91527.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Les oreilles de lapin sur le haut-de-forme du Prince. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;b&gt;Des oreilles de lapin !!!&lt;/b&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;Eiko Ishioka a toujours des idées un peu folles auxquelles on ne s'attend jamais. Auxquelles je ne m'attends jamais. Depuis le &lt;i&gt;Dracula&lt;/i&gt; de Coppola, elle ne cesse de m'intriguer. Elle ose. Voilà des idées que certains trouveront ridicules, peut-être (il n'y a qu'à voir les réactions négatives concernant le cygne trônant fièrement sur la tête de Blanche-Neige/Lily Collins) et pour cause, nous sommes à la lisière. &lt;br /&gt;Ridicule... mais aussi réjouissant et merveilleux ! &lt;br /&gt;Je pense à la Comtesse de C., qui aimait les tenues toutes plus folles les unes que les autres (la fameuse &lt;i&gt;Robe de Coeurs&lt;/i&gt; qui fit tant jaser) et dont la figure fut plus d'une fois féerique. J'ose croire qu'elle aurait beaucoup aimé l'imagination de la touche-à-tout Eiko Ishioka, elle aussi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-I0woMoQckHQ/Tqa_VwHfkzI/AAAAAAAABs0/_g-0pB-ieWw/s1600/EikoDress.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://3.bp.blogspot.com/-I0woMoQckHQ/Tqa_VwHfkzI/AAAAAAAABs0/_g-0pB-ieWw/s320/EikoDress.jpg" width="214" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-6719220356084552388?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/6719220356084552388/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=6719220356084552388' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/6719220356084552388'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/6719220356084552388'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2011/10/trois-blanche-neige.html' title='Trois Blanche-Neige...'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-_6p-FlWyOyc/Tqa6LhQmnCI/AAAAAAAABso/n9WXBHyMnFY/s72-c/the_fall.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-5461861508810919399</id><published>2011-10-14T17:31:00.011+02:00</published><updated>2012-01-05T22:28:24.135+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ca me donne pas envie de vivre dans ce monde (Copyright Prof. Farnsworth.)'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chroniques de l&apos;Extérieur'/><title type='text'>A la guerre comme à la guerre !</title><content type='html'>&lt;br /&gt;&lt;center&gt;*** Billet un peu différent***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aime les enfants.&lt;br /&gt;Si on me connait un peu, on sait que je suis une grande gamine. Plus précisément, puisque j'étais déjà vieille en naissant, je suis une jeune veillarde.&lt;br /&gt;Jeunesse éternelle, celle que les adultes veulent faire taire, en jetant la clé par-dessus leurs épaules.&lt;br /&gt;Dans mon monde, les adultes n'existent pas.&lt;br /&gt;Être adulte, c'est jouer à un nouveau jeu. On y construit des murs (mais plus en légo), on joue à être sérieux, à être responsable. Il le faut de temps en temps, oui. Mais on ne fait plus de grimaces. On se ferme des portes. On est soudain plein de certitudes, la tête pleine de dogmes et d'idées fixes. Le désir immédiat n'existe plus. Les adultes ont conscience de leur limite, pas les gosses. Même si pour cela, il faut qu'ils se cassent le nez. Les enfants sont mouvements, aiment la brutalité et les déguisements ne font que montrer leurs différentes facettes. Ils ne se cachent pas.&lt;br /&gt;Autant le dire, on s'amuse beaucoup moins à être adulte, avec des vêtements bien coupés.&lt;br /&gt;Bizarrement, certaines personnes ont décidé, un jour, à moins que ça ne soit une nuit, de ne pas avoir de gosses. Et "décider" n'est pas du tout le bon terme. Cela arrive comme ça. Il y aura toujours un psychologue pour tenter de défaire le noeud de cette étrange affaire, car tout s'explique toujours, n'est-ce pas. &amp;nbsp;(Reviens, Mary Poppins, s'il te plait.)&lt;br /&gt;On dira que celle-ci a eu une enfance trop malheureuse, cette autre a eu une enfance trop heureuse. Celle-ci avait un père trop présent, celle-là une mère trop absente. Il y a toujours une explication et en général, elle est à trouver du côté de l'éducation. Si je ne veux pas de mari, c'est bien parce que je suis une putain d'abandonite. Mais pas que. Les certitudes ferment les portes. On piétine sur les acquis.&lt;br /&gt;Et puis les femmes sans enfants mentent. Au fond, tout ce qu'elles veulent, c'est un bébé ! Rappelez-vous la chanson du groupe &lt;i&gt;Mes Aïeux&lt;/i&gt; ! La gamine de 16 ans qui avorte et qui la nuit, se réveille en pleurant parce qu'elle rêve d'une grande table avec plein de gamins souriants autour ! Au fond d'elle, elle veut des gosses, pauvre fille, comme toutes les femmes qui avortent ! Défendons l'avortement mais n'oublions pas de dire la vérité : toute femme normalement constituée VEUT un enfant.&lt;br /&gt;Simplement, avoir et élever un bébé coûte cher et elles ne sont pas très riches, elles n'ont pas trouvé le bon papa et un bébé, ça s'élève à deux (parait même que ça se fait à deux). On peut comprendre ces femmes, elles sont à plaindre.&lt;br /&gt;Il y a toujours une foutue raison.&lt;br /&gt;Un matin, vous allez chercher un bouquin qu'il vous faut absolument avec des copines qui ont décidé de vous accompagner. Soudain, une autre copine passe par là avec un landau, un sourire jusqu'aux oreilles : présentation du bébé - dont elle aurait déjà posté toutes les photographies sur FesseBouc, si FesseBouc existait à l'époque - parce que c'est ce genre de mères.&lt;br /&gt;Extase, joie ! Oh, le joli bébé ! s'exclament toutes les copines, bavant au-dessus du landau, &amp;nbsp;ne cachant pas qu'elles aussi, elles aimeraient en avoir un tout pareil. Vous vous penchez sur le gamin, et vous vous dîtes "&lt;i&gt;oh ! un bébé qui ne sait plus comment dire à toutes ces bonnes femmes de dégager de son espace vital&lt;/i&gt;". Vous lui dites bonjour et puis vous regardez ailleurs. Regards noirs, soudain, de la part des copines :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;mais... comment ça se fait que tu ne le regardes pas plus ?&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Tu ne veux pas le toucher ??&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Tu n'aimes pas les bébés ???&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Triste réalité !&lt;br /&gt;Si on ne regarde que deux secondes le mioche,&amp;nbsp;on n'aime pas les enfants. C'est évident. Si vous avez le malheur de dire que vous n'avez pas d'enfants alors vous attend les regards attristés de toutes les mères, qui soudain, comprennent à quel point votre vie est vide de sens, à quel point vous devez être malheureuse, à quel point vous avez besoin de leur amitié à cet instant précis.&lt;br /&gt;Si devant ces regards éperdus, vous osez dire que &amp;nbsp;vous ne ressentez pas l'envie d'en avoir, alors le regard change.&lt;br /&gt;Soudain, vous êtes un monstre. Vous êtes égoïste et inutile.&lt;br /&gt;Mais allégeons l'ambiance. C'est juste que vous êtes encore un peu immature. Vous allez bien vite changer d'idées, mais oh ! dommage pour vous, il sera trop tard ! Et vous allez le regretter, et il ne faut jamais dire jamais. Les petits poignards de la vie quotidienne.&lt;br /&gt;Un matin suivant, vous êtes d'humeur sociable. Vous sortez de votre Grenier (de votre Antre, de votre Cave, de votre Nid). Vous rencontrez une amie à vous (sans enfants) et vous discutez avec ses copines (qui ont des voix à vous percer les oreilles). Vous êtes seule - parce qu'en plus, vous êtes célibataire, mais vous en faîtes vraiment exprès !&lt;br /&gt;Ces femmes ont toutes des gosses et quand on vous demande si vous aussi, vous avez "la joie incroyable d'avoir des petits Anges à la maison" et que la vérité sort de votre bouche, l'une de ces copines, avec de grands yeux ronds - et qui se veut très compréhensive -, vous dit : "&lt;i&gt;ah !!! vous êtes lesbienne !!!&lt;/i&gt;" et une autre : "&lt;i&gt;vous préférez réussir votre carrière !&lt;/i&gt;" et encore une autre : "&lt;i&gt;c'est que vous n'aimez pas les enfants&lt;/i&gt;.".&lt;br /&gt;Ah ben non.&lt;br /&gt;Ni l'un ni l'autre.&lt;br /&gt;Et puis il y a des lesbiennes qui ne veulent pas non plus d'enfants, ce n'est pas toujours une fatalité, c'est ce que m'a dit une amie et sa compagne à l'époque. Et puis j'aime bien les enfants. Vraiment. Je m'amuse bien avec eux. Pas quand ils sont bébés, parce que je les trouve marrants à regarder, ils ont un regard parfois pénétrant, mais ils ne sont pas suffisamment intéressants.&lt;br /&gt;Sale Sorcière ! Comment peux-tu sortir des horreurs pareilles ??? Tu fais honte à toutes les femmes ! C'est dans ton sang, tu es femme et tu dois devenir mère. Là est ta destinée. Tu ne seras jamais complète, autrement. Et tu le regretteras, toute ta vie, à cet instant où tu en voudras finalement un et que ton corps ne sera plus capable de le porter. Bien fait pour toi !&lt;br /&gt;Chacune a ses raisons de ne pas mettre d'enfants au monde. Il n'y a pas de joie dans mon univers, me dit-on. Tu vois la mort partout. C'est impossible que tu sois heureuse. Le non-désir d'enfants le prouve.&lt;br /&gt;Les fous !&lt;br /&gt;Il y a plein de femmes qui ne veulent pas en faire, à bien y regarder. Parfois leurs raisons sont bonnes, parfois non... ou plutôt, on comprend parfois leurs raisons, parfois non. Mais qu'est-ce que j'en ai à foutre ? Ce sont leurs raisons. C'est à la mode de juger le mode de vie du voisin. Certains pensent avoir le droit de juger l'autre, parce qu'ils sont dans la norme. Aparté. Est-ce que je m'intéresse de savoir si mon voisin est homosexuel ? S'il est heureux, c'est déjà ça de gagné. Si mon voisin de palier est heureux avec un homme, mais qu'on lui foute la paix &amp;nbsp;!&lt;br /&gt;La garde veille. Les mamans tirent à boulet rouge sur ces femmes et démontent point par point leurs raisons. La mère et la femme enceinte savent soudain mieux que les autres ce qui se passent dans la têtes de ces femmes qui sont autres, ces Sorcières qui vont vers la Mort et refusent la Vie.&lt;br /&gt;La femme sans enfants ne peut jamais avoir raison.&lt;br /&gt;On peut se résigner face à ces femmes ou leur montrer notre cul. J'ai choisi la seconde option.&lt;br /&gt;Bizarrement, on ne critique jamais les raisons qui poussent une femme à avoir un gosse. Jamais, parce que c'est naturel. Le contraire ne l'est pas. On parlera d'instinct maternel (qui existe, je le crois); uniquement.&lt;br /&gt;On ne parlera jamais de ces femmes (raisons données par elles) qui sont tellement vides qu'elles ont besoin d'un gamin pour se donner une raison de vivre, ou de celles qui adorent les bébés (après, c'est pas très intéressant), ou celles qui le font sans jamais s'inquiéter du fait que c'est un être humain qu'elles arrachent du néant, ou de celles qui veulent survivre à travers leurs mioches. Celles qui le font parce que c'est comme ça, parce qu'on se marie et qu'après il y a les gosses. C'est ainsi que les choses se font chez les gens biens.&lt;br /&gt;Un enfant, c'est un don à la société, dit une autre. Horreur ! Rester dans les normes, surtout. Les mères avec trop d'enfants outrepassent leurs droits. Folles furieuses ! C'est normal d'avoir deux ou trois gosses. Quatre ou cinq, un seul ou aucun - Anormalité.&lt;br /&gt;C'est comme ça, il faut rester sur les pointillés. Je préfère quand ça déborde, je n'y peux rien.&lt;br /&gt;Après tout, on est des petits animaux bien polis. Quand on est toute petite, la tata - et d'autres personnes bien intentionnées - vous demande toujours, en plus de ce que vous allez faire plus tard, combien d'enfants vous aurez. Jamais on ne demande si la gamine en a envie, non... c'est toujours "combien". Et accessoirement, tu préfères une fille ou un garçon ? Et ils s'appelleront comment, t'y as réfléchi ?&lt;br /&gt;Animaux bien polis, à qui on fait entrer dans la tête, le plus naturellement du monde, qu'elles seront mères, et épouses. C'est la loi de la Nature.&lt;br /&gt;Les mères ont la grâce et tout le monde sera satisfait.&lt;br /&gt;Combien en font pour satisfaire les parents ? Père et Mère N 1 : "&lt;i&gt;ma fille, nous aimerions tellement avoir des petits-enfants !&lt;/i&gt;". Les grands-parents qui refusent de s'occuper des enfants de leurs enfants l'espace d'un week-end sont eux aussi des Monstres. Combien pour dire qu'elles n'en avaient pas vraiment envie, mais que les choses se sont passées comme ça, parce que leur mari en avait envie, en un claquement de doigt ? C'est la suite logique.&lt;br /&gt;Combien pour y résister, à cette pression sociale, au risque de passer pour ce monstre inutile ?&lt;br /&gt;L'époque est à la glorification de la mère.&lt;br /&gt;Pas une actrice/musicienne/star à deux balles sans un mioche à pouponner, pas une émission pour parler de ce vide qu'est la non-présence des enfants, pas un gynéco pour dire que ça s'assèche au bout d'un moment, il faudrait peut-être penser à en faire, madame. C'est à la mode d'avoir des gosses, il faut croire.&lt;br /&gt;Nous sommes à plaindre. Victimes de notre propre égoïsme. Vie sans enfants égale vie de misère. Nous sommes déjà misérables et nous le sommes encore plus car nous sommes sans enfants.&lt;br /&gt;Arielle Dombasle, j'ai trouvé que tu avais eu la grâce que l'on prête aux mères en faisant un pied-de-nez à ce journaliste qui te &amp;nbsp;faisait remarquer que tu n'avais pas de gosses. Et tu avais répondu que tu étais une fée. Les fées ne peuvent pas mettre d'enfants au monde.&lt;br /&gt;Pour avoir coloré ce monde terne avec cette seule phrase, je t'ai applaudie.&lt;br /&gt;Et toi, Anémone, qui me ressemble un peu, parce qu'on a toutes les deux l'air d'une mamie sous ecstasy avec un humour à la con que la plupart des gens ne comprennent pas, tu as eu le cran de dire que la pression sociale a joué, que si tu n'avais pas eu de gosses, tu aurais peut-être été plus heureuse. Tu as été honnête. Tout le monde t'a craché dessus, et continue de le faire. De toute façon, tu ne fais rien qu'à provoquer les gens, tout le monde l'a vu et ça se trouve, tu crois même pas ce que tu dis. Salope !&lt;br /&gt;Et on s'amuse de voir que dans le merveilleux monde de la maternité, ces chères mères se jugent entre elles.&lt;br /&gt;Celle-ci refuse d'allaiter ? Mauvaise mère !&lt;br /&gt;Celle-ci retourne au travail alors que son bébé n'a pas trois mois ? Mauvaise mère aussi !&lt;br /&gt;Celle-ci ose dire que ce n'est pas rose tous les jours ? Idem.&lt;br /&gt;Et celle qui décide de profiter de l'enfance de son bébé ? Mais tu ne réussiras jamais à couper le cordon, pauvre folle !&lt;br /&gt;Je finis par le croire : il n'y a pas plus intolérant, catégorique et impatient qu'une mère. Jouons pareillement ! Il faudrait ligaturer les trompes des 3/4 d'entre elles.&lt;br /&gt;Je ne hais pas les mères ou toutes les femmes enceintes. Que nenni ! Elles ont leurs désirs, j'ai les miens. Mais qu'elles ne viennent pas juger, ces mères virulentes, celles qui, de leur point de vue, sont différentes, celles qui doivent encore se battre pour affirmer leur choix de vie.&amp;nbsp;Il y a parmi ces mères des êtres intelligents (et chouettes) qui comprennent instinctivement que la femme à leur côté n'est pas comme elles, ne désire pas les mêmes choses qu'elles. Et qui s'en fichent royalement, et qui n'irons pas le leur reprocher.&lt;br /&gt;Malheureusement, elles sont encore un peu trop rares.&lt;br /&gt;Qu'on me foute la paix !&lt;br /&gt;A moi et à toutes les autres !&lt;br /&gt;A partir du moment où on m'emmerde, je n'ai pas envie de me taire.&lt;br /&gt;Même que je mords, des fois.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-5461861508810919399?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/5461861508810919399/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=5461861508810919399' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/5461861508810919399'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/5461861508810919399'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2011/10/la-guerre-comme-la-guerre.html' title='A la guerre comme à la guerre !'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-3562255518091728238</id><published>2011-07-16T13:05:00.017+02:00</published><updated>2011-09-03T02:08:21.141+02:00</updated><title type='text'>La Minute Inutile</title><content type='html'>&lt;center&gt;(Nous devrions être inutiles plus souvent.)&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou : "&lt;span style="font-style:italic;"&gt;mais comment vient-on sur ce petit journal bizarre&lt;/span&gt; (ce n'est pas moi qui l'ai dit) &lt;span style="font-style:italic;"&gt;mais Ô combien sympathique&lt;/span&gt; (je l'ai dit) ?".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les gens qui, par hasard, se retrouvent ici sans me connaître, alors qu'ils se promènent et tournent en rond, la clope se consumant dans le cendrier, ennuyés de leur face-à-face avec l'écran, ennuyés de ne plus savoir quoi faire, de ne pas savoir sur quels sites aller (des insomniaques comme moi)... ont des goûts plus que pointus et à minuit, peut-être 1 heure du matin, ils se décident à les ciseler. Par hasard donc, ils atterrissent ici, dans ce petit endroit qui reçoit les ennuyés de la vie les bras ouverts. &lt;div&gt;Et les insomniaques aussi.&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Certains font des recherches avec des mots clés que je n'ai plus en tête - à part cet "&lt;span class="Apple-style-span"&gt;homme laid&lt;/span&gt;". Il y a beaucoup d'hommes laids ici, et donc sublimes, ces gens-là ont peut-être trouvé ce qu'ils cherchaient. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Une personne, dans le passé, a tapé "&lt;span style="font-style: italic; "&gt;vidéo porno brebis&lt;/span&gt;". &lt;div&gt;La bonne pâte en moi est déçue : cette personne n'a pas trouvé ce qu'elle cherchait. Mais vous devriez savoir, Monsieur (ou Mademoiselle) , que les brebis ont des sabots et sont donc incapables d'appuyer sur le bouton de la caméra pour filmer leurs ébats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui, je découvre que l'on peut tomber dans mon Grenier virtuel via "&lt;span style="font-style:italic;"&gt;cordo autour du coup souffrance vomir&lt;/span&gt;".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui, je suis Joie et Contentement.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;(Un jour, on me demandera peut-être si je n'ai pas de photos de Claire Chazal nue. Mais ça m'étonnerait : cette légende urbaine ne me concerne pas.)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-3562255518091728238?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/3562255518091728238/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=3562255518091728238' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/3562255518091728238'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/3562255518091728238'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2011/07/la-minute-inutile.html' title='La Minute Inutile'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-2741360562127301801</id><published>2011-06-29T13:34:00.011+02:00</published><updated>2011-06-29T15:07:11.167+02:00</updated><title type='text'>Petit Rien</title><content type='html'>Le Grenier et la Rivière, à la nuit tombée... ou bien est-ce déjà le matin ? Froncement de sourcil. Le drap est tombé. Une note de musique lancinante, elle est de Stravinsky. Un corbeau sur la branche, quelques bruits là-bas dans l'Ouest, l'eau qui coule et s'enroule autour de la pierre, l'ombre et les fleurs, cent fleurs à jeter au vent, cent autres pour se confectionner une couronne tissée avec de l'herbe sauvage - il faut beaucoup d'herbes sauvages - couronne à déposer sur des cheveux emmêlés. Couper ses cheveux à la Pleine Lune et ne plus jamais les coiffer jusqu'à la venue de l'Hiver ! &lt;br /&gt;L'Hiver succédera bientôt à l'été. La mer sera bientôt en colère. Ne hurlons pas si fort, essayons d'apprendre la patience. &lt;br /&gt;Ce chat roulé en boule et sur lequel pleuvent quelques gouttes d'eau, il me l'apprendra. &lt;br /&gt;Se fondre dans son univers, en être Reine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;iframe width="425" height="349" src="http://www.youtube.com/embed/_h1ept8rtiA" frameborder="0" allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merci à mon amie A. alias Kikimora, Magicienne.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-2741360562127301801?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/2741360562127301801/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=2741360562127301801' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/2741360562127301801'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/2741360562127301801'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2011/06/petit-rien.html' title='Petit Rien'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://img.youtube.com/vi/_h1ept8rtiA/default.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-8807190084399453235</id><published>2011-06-25T17:38:00.005+02:00</published><updated>2011-06-26T19:11:49.017+02:00</updated><title type='text'>Apparté. And I Don’t Want to Live This Life</title><content type='html'>Nancy Spungen.&lt;br /&gt;Nancy la Pute, Nancy la Crasseuse, qui oublie de se laver. Nancy qui vomit quand elle a trop bu. Nancy qui s'en fout de vomir devant les autres. Je dis "&lt;em&gt;hé Nancy ! C'est intime de vomir. On ne vomit pas devant les gens&lt;/em&gt;".&lt;br /&gt;Blonde décolorée. Vulgaire, des trous dans les jeans, des trous dans les collants, des trous causés par la brûlure d'une cigarette, des trous pas raccomodés parce qu'elle s'en fiche et qu'elle a autre chose à foutre que de savoir que ça fait mauvais genre. &lt;br /&gt;D'ailleurs, Nancy Spungen se fiche de pas mal de choses.&lt;br /&gt;Elle a vomi sur sa chemise. Elle a l'air douteux, avec. C'est pas trop le genre de filles avec laquelle on a envie de s'acoquiner. Est-ce qu'elle s'en foutait de savoir que tout le monde, dès qu'elle avait le dos tourné, la surnommait Nauseating Nancy ? &lt;br /&gt;Nauseating Nancy, la fille qui "aimait lécher les cuvettes de chiottes". &lt;br /&gt;Peut-être que Sid leur aurait foutu son poing dans la gueule. Peut-être qu'elle le savait, peut-être qu'elle s'en foutait, peut-être qu'elle en avait marre et qu'elle n'y pouvait rien, peut-être qu'elle croyait qu'être la copine de Sid, ça suffisait pour être acceptée. Peut-être aimée. &lt;br /&gt;Qui sait. &lt;br /&gt;Il n'y a que Nancy pour le dire et Nancy est morte, avec un couteau dans l'estomac, dans une salle de bain crasseuse. Ca fait quoi Nancy, d'être poignardée par celui que l'on aime ? Ca a dû te faire vomir, et pas que du sang.&lt;br /&gt;Triste sortie pour une fille comme toi, disent les hypocrites. Pourtant, ta venue sur Terre aurait dû te mettre la puce à l'oreille. T'aurais dû savoir que ça commence toujours mal, et qu'il n'y a jamais de fin heureuse.&lt;br /&gt;Février 1958. L'Hiver. La Maman de Nancy se prépare pour l'accouchement. &lt;br /&gt;27 février, le travail commence. Heureuse Maman met son gosse au monde. Elle espérait que les trois fées, ou les douze, fassent leur entrée. Elle le mérite. Elle est quelqu'un de bien. Raté, et dans les grandes largeurs.&lt;br /&gt;C'est la grande Faucheuse, the Grim Reaper, qui penche son ombre tordue sur la mère et son corps perclus de douleur. La mort est joueuse. Elle entoure le cordon ombilical autour du fragile cou de la gamine. &lt;br /&gt;Elle a rien dit, la Mort, mais elle devait savoir que la vie de la petite serait une vie de douleurs, une vie de rien du tout. Elle avait dû mater le Grand Livre de Dieu, et ça l'avait touchée, une vie pareille, une vie qui se terminera dans les chiottes sales, en sous-vêtements. &lt;br /&gt;Ca l'emmerde, ces chiottes sales, la Mort. &lt;br /&gt;La gamine suffoque. Mais bon sang, la gamine a envie de vivre. &lt;br /&gt;Vite ! La môme est en train de crever, elle s'étouffe ! Bougez-vous le cul bon sang ! Coupez ce foutu cordon ! La Mort se marre. Les ciseaux, elle sait que la petite Nancy les adore. Souvenir de ce qui la sauva, à peine arrachée des entrailles de sa mère. Prémonition de ses attaques futures, contre la nounou, contre les autres. Prémonition de sa future tentative de suicide. &lt;br /&gt;Prémonition de ce qui la tuera. Un  couteau, c'est comme des ciseaux, ça coupe et ça pénétre tout aussi bien dans la chair molle.&lt;br /&gt;8 jours. &lt;br /&gt;Nancy peut revenir vivre dans sa petite famille juive de banlieue, avec un papa qu'elle ne verra pas souvent parce qu'il est toujours sur les routes, et puis sa mère et un frère et une soeur qu'elle aime bien martyriser. Jusqu'à ses dix-sept ans, elle ne fera que hurler. Sa maman s'en plaindra beaucoup, parce qu'elle sait que les bébés pleurent et crient beaucoup, mais quand même, Nancy... elle ne fait que hurler. &lt;br /&gt;Nancy passe des tests. Gamine violente, on se rend compte qu'elle a un cerveau. Elle est même excessivement intelligente. Incroyable ! Trop, ricane la Mort. Elle aurait pu mourir dans un palace, avec un tel quotient intellectuel. Mais non ! Nancy n'aime que les cuvettes de chiottes et leur relent de merde, de pisse et de sang. &lt;br /&gt;Elle a beau être intelligente, ça n'arrange pas trop ses affaires, à Nancy. Elle fugue, elle crie, elle fugue, n'a pas d'amis, découvre la drogue et achète de la marijuana tout le temps, les flics l'arrêtent et on la met dans un asile, avec des petites pillules blanches mais ça ne la calme pas, ni sa douleur ni son anxiété, et de toute façon, il n'y a que la marijuana pour la faire se sentir bien, mais bientôt, ce ne sera plus assez bien pour elle.  &lt;br /&gt;Alors elle se casse. Elle ne manquera à personne, elle n'aime pas ses parents et eux ne l'aiment pas, c'est ce qu'elle dit, c'est ce qu'elle pense. Elle prend un billet pour Londres, dans l'espoir de rencontrer les New-York Dolls, parce qu'elle aime bien le rock, elle connait tout sur le bout de ses doigts, mais c'est finalement les Sex Pistols qu'elle rencontre. &lt;br /&gt;Nancy baise et fait du strip-tease pour survivre, et pour se payer un peu de drogues, la seule chose qui la remet sur les rails, même si elle aimerait bien se débarasser de cette merde. Peine perdue, elle a essayé au moins des tonnes de fois et la chose s'est révelée impossible, comme il est impossible de la supporter parce qu'elle est insupportable et pire que ça, elle se rend insupportable. &lt;br /&gt;Londres est jalonné de surprises et d'erreurs, et quand Johnny Rotten la repousse, c'est ce gamin de Sid Vicious, qui a emprunté son nom au hamster de son pote, qui tombe fou amoureux d'elle et de sa teinture ratée, et de ses trous dans ses jeans, et ses trous dans les collants. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-oJjW3nh_MoU/TdEiLZPPB1I/AAAAAAAABeA/RrY98Mr5vo0/s1600/sid%252520and%252520nancy%252520portrait.jpeg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 286px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-oJjW3nh_MoU/TdEiLZPPB1I/AAAAAAAABeA/RrY98Mr5vo0/s400/sid%252520and%252520nancy%252520portrait.jpeg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5607300590201669458" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Pendant 23 mois, environ, Nancy a oublié de compter - le temps passe tellement vite - Nancy et Sid s'aiment, se frappent, s'aiment à nouveau, et Nancy écume les bars pendant que son copain joue mal de la basse, mais le punk n'a que faire des bons musiciens, le punk et les keupons s'en sont toujours royalement foutus, et elle crie contre les autres filles qui tentent d'approcher son compagnon, montre qu'elle peut être violente, parce qu'elle sait que ça les emmerdent, ces filles, que ce soit elle qui se tape Sid, elle s'engueule avec tout le monde, elle est toujours à un doigt de se faire foutre à la porte. &lt;br /&gt;Dégage, Nauseating Nancy ! Il n'y a bien que Sid pour accepter d'être à tes côtés.&lt;br /&gt;Jerry Nolan l'aime bien, la Nancy. C'est con, qu'il se dit, parce qu'elle est drôlement intelligente. Elle lit pas mal et adule Sylvia Plath. La dernière fois, elle est entrée dans la maison d'il ne sait plus qui, un gars, et la Nancy violente et vulgaire et sale et gueularde, cette sale pute de Nancy qui coucherait pour un fix d'héro, s'est arrêtée comme une gamine devant la bibliothèque et a crié "tous ces livres !!!". Elle n'en revenait pas, et Nolan non plus, sidéré qu'il était en voyant Nancy, sans rien demander à personne, prendre trois livres pour les lire sur le tapis. Ou installée sur un fauteuil. Nolan perdait la tête vers la fin, alors les détails du genre, il ne s'en souvient plus. &lt;br /&gt;Sable Starr, la Reine des groupies, ne fait que la tolérer dans son voisinage, même si, sur la fin, elle se surprend à bien l'aimer quand même. Ne l'accablez pas trop vite, dit la maman de Nancy. Ma fille était schyzophrène, c'est ce qu'on dit les papiers des médecins. Elle était schyzo et mal dans sa peau. Je l'aime, ma fille. N'empêche, personne ne l'aime à part toi et Sid. Ca doit être tellement dur, d'imaginer que tout le monde déteste son enfant, la chair de sa chair.&lt;br /&gt;Si Sid ne s'en était pas occupé, Cheetah Chrome l'aurait bien fait à sa place, il lui aurait bien mis le couteau dans le bas-ventre. C'est une putain d'opportuniste, lancée dans un lent suicide. Toute sa misérable vie n'a tourné qu'autour de cette lente descente aux enfers. Mais Nancy ne voulait pas y aller toute seule. Il fait trop noir en-dessous. C'est effrayant. Il lui faut des courageux pour l'accompagner au tombeau. Un courageux ou un inconscient. Un presque puceau comme Sid Vicious, parce que c'est bien connu, Nancy était la première femme qu'il aimait. &lt;br /&gt;Nancy a voué sa vie à emmerder les gens. &lt;br /&gt;Même sa famille le dit. Elle attaquait, elle mordait, tant qu'elle n'avait pas ce qu'elle voulait. Sale gosse. Totally Fucked-Up.&lt;br /&gt;Au moins Nancy aura toujours été honnête. &lt;br /&gt;Elle affirme, Monsieur le Juge, qu'elle achetait de la drogue pour se rapprocher des groupes de rock. Elle affirme, Monsieur le Procureur, qu'elle était prostituée. Mais elle n'a jamais cherché à passer pour quelqu'un d'autre. Elle était un peu grasse, mais elle n'a jamais essayé de dire qu'en fait, elle était danseuse ou mannequin, et qu'elle était tombée là-dedans par pur hasard, et qu'à cause de la drogue, cette fichue drogue, elle avait pris du poids. Que non. &lt;br /&gt;Elle était pute et s'en fichait.&lt;br /&gt;Elle affirme, Mère, Père, qu'elle voulait crever. Elle était déjà vieille, à 20 ans, elle avait déjà tout connu, et la substance mort dans ses veines et le sexe triste, et le désamour. Alors Nancy a demandé au seul gars qu'elle aimait, qu'elle aimait vraiment, de la buter. Un gars est entré et l'a tuée, pour lui piquer le peu d'argent qu'elle avait dans son porte-feuille. L'un ou l'autre. Quelle importance.&lt;br /&gt;Nancy est morte, dans une grande flaque de sang. &lt;br /&gt;Et merde, il n'y avait personne autour d'elle quand elle se vidait de son sang. &lt;br /&gt;Elle aurait bien aimé, Nancy, que les gens la voient crever. Elle leur aurait balancé, avant de prendre la main de la Mort pour l'accompagner six pieds sous terre, elle leur aurait dit à quel point ils l'avaient emmerdée. Combien leur présence l'affectait profondément. Combien elle se fichait qu'ils la détestent. Combien elle se fichait qu'ils l'accablent de tout. Elle était habituée. Une fois de plus ? De la pisse de chat. Ils ne peuvent lui faire aucun mal. Plus aucun mal. &lt;br /&gt;Elle avait 20 ans mais en avait 80. Personne ne l'a jamais soupconné, sauf celui qui tentait désespérement de sécher ses larmes. Elle a appelé sa Maman, pour lui dire qu'au fond, elle l'aimait. T'inquiètes pas Ma ! qu'elle aurait pu lui dire. J'suis pas seule. Un gamin m'accompagne. J'suis plus seule.&lt;br /&gt;20 ans, 80 ans. Nancy a regardé le contrat et a haussé les sourcils. C'est fou ce qu'on peut vieillir, en quelques secondes.&lt;br /&gt;Je crois que je suis ta Mère, dit la Mort. Moi, je t'ai toujours aimée.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-8807190084399453235?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/8807190084399453235/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=8807190084399453235' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/8807190084399453235'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/8807190084399453235'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2011/06/and-i-dont-want-to-live-this-life.html' title='Apparté. And I Don’t Want to Live This Life'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-oJjW3nh_MoU/TdEiLZPPB1I/AAAAAAAABeA/RrY98Mr5vo0/s72-c/sid%252520and%252520nancy%252520portrait.jpeg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-1822194164759789936</id><published>2010-12-14T14:19:00.010+01:00</published><updated>2010-12-15T01:40:13.012+01:00</updated><title type='text'>Cette nuit</title><content type='html'>Je ne quittais pas mon fauteuil et le spectacle de la rue s'offrait à moi, à travers la grande fenêtre, là où le rideau est déchiré et brûlé. Je suis de celles qui ne peuvent quitter cet endroit, car c'est là qu'on y relègue les bibelots, les peaux d'âne, les fous, on y entrepose la Mandragore et les Missels usés par les siècles. C'est l'endroit où les maris déçus oublient leurs femmes, là où les enfants retournent toujours parce qu'ils savent qu'ils doivent se souvenir de quelque chose, c'est l'endroit où les photographies jaunies, dans leur cadre ciselé d'or, sont accrochés au mur parce que plus personne, en bas, ne veut se rappeller le passé, c'est l'endroit où celles qui ne coiffent pas leurs cheveux attendent que le temps passe, elles mettent leurs mains dans les seaux de peinture et dessinent sur les murs et leurs chemises de nuit qui appartiennent à une autre. Parfois dans la poussière, on peut trouver un crayon et c'est là que l'on commence à écrire. Que s'est-t-il passé dans la tête du Fils de l'Homme, celui qui le Premier décida d'écrire autre chose qu'un livre de comptes ?&lt;br /&gt;Entre cette heure et la suivante, je suis habituée à voler  car je ne marche jamais, surtout pas à cette heure, et je suis étonnée de voir que je suis clouée à ce fauteuil de velours, mais comme je ne saigne pas et que mes mouvements sont libres, je préfère attendre alors j'attends, et puis j'attends encore une heure et l'heure suivante, et puis sursaut, un homme vient allumer le feu dans la cheminée pleine de toiles d'araignées parce qu'il pense que je peux avoir froid, je ne vois pas son visage et ne le remercie pas, parce que le feu, malgré mes tendances pyromanes, me donne toujours mal à la tête, c'est la forge de Vulcain et c'est le rythme barbare, mais il faut du courage et savoir rester à l'affût de tout, rester éveillée. Les muscles de ma mâchoire sont contractés et il y a le rappel de ce papier que je tenais entre les mains, il y a quelques mois, où il était écrit que j'en garderais toujours une certaine raideur et les mots étaient vérité parce que j'avais signé au bas de la page. Et la neige se met à tomber à l'extérieur et à l'intérieur, je crois qu'il y a un trou dans la toiture, tout se fige. Et de l'ombre sort ce Canidé et je le connais et j'attends qu'il me parle, et de minute en minute il n'y a que le silence, et de seconde en seconde, j'ai de plus en plus froid et pour ce jour je n'attends qu'un mot, une parole, parle-moi. La tête de la bête se pose contre mon genou, un cri sort de sa gorge, et je pose ma main sur sa tête et je crois sourire, parce que ce contact est un souvenir de Joie. &lt;br /&gt;Silence et le gel, nous restons là, chacun avec la plaie que nous avions cru guérir, le trou béant qui est l'Absence et lui en est le symbole, est-ce une bonne chose d'avoir un coeur si mou, toujours un bleu s'y dessine si une main ou un cri vient à l'effleurer, vaudrait-il mieux l'arracher de sa poitrine et l'offrir les bras tendus à celui qui nous blesse, car on ignore si on aura le courage nécessaire pour la fois prochaine, en sachant qu'il y aura une fois prochaine. La bête gémit tandis qu'elle plonge son regard couleur ambrée dans le mien. Un son très doux comme le bruissement dans les feuilles sous la brise, comme la nostalgie et comme la tendresse et les autres peuvent bien hurler dehors, j'ai son coeur à nu entre les mains et je ris, et en jetant la couleur sur le sol et les mots dans la cheminée, si jamais plus a existé, je m'y accroche.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-1822194164759789936?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/1822194164759789936/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=1822194164759789936' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/1822194164759789936'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/1822194164759789936'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2010/12/cette-nuit.html' title='Cette nuit'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-2356454862789686446</id><published>2010-09-10T16:21:00.004+02:00</published><updated>2010-09-10T17:43:40.230+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>Pierrot agite les bras et ses bras sont des ailes. Comment l'oublier, que les manches sont les oiseaux qui font s'élever dans les airs celui qui a toujours le nez pointé en l'air ? L'exercice est ridicule, c'est un sabotage, à l'abordage de soi-même.&lt;br /&gt;C'est que Pierrot s'en va et Pierrot revient, c'est que Pierrot a refermé son livre, mi-rageur, mi-amusé, parce qu'il sait que tout a été dit et qu'il ne pourra pas ajouter grand-chose, et puis ça l'amuse un peu au fond, parce qu'il a regardé autour de lui et s'est aperçu que rien ne pouvait être meilleur que dans ce livre. Il en rigole, parce qu'il a quand même vu quelque chose dans la rue qui l'a fait sourire, et il s'est demandé quelle pouvait être la vie de cet homme qui marche si vite, le Diable à ses trousses peut-être, l'homme qui marche vite et la tignasse en bataille, ça l'a fait rire parce que ceux qui courent le font rire en même temps qu'ils l'étonne. La mélancolie lui est tombé dessus, brusquement, en passant devant la jeune fille qui pleurait, sur le pas d'une porte d'un quartier qu'il connait bien : il n'a jamais vu personne y pleurer. La musique dans ses oreilles et dans son coeur convenait bien aux larmes, il a déjà dépassé la jeune fille qu'il voudrait faire marche arrière pour aller lui parler, mais il se met à sa place et continue son chemin, parce qu'il aurait mis une balle dans la tête de celui qui serait venu l'ennuyer, s'il avait été elle, s'il avait été à sa place à elle.&lt;br /&gt;Pierrot se rappelle le bouquin et se demande si c'est sa deuxième peau, et s'il faut l'arracher à lui, prendre le couteau et tranquillement découper la peau, inciser puis ôter. Inciser puis ôter. Il serait alors en sang mais il n'aura jamais rien écrit de meilleur, non pas que le meilleur soit ce qu'il cherche, puisqu'il n'en connait pas le sens, mais il sait ce qu'est saigner et alors, ça ne devrait plus être si mauvais. Pierrot écrit, comme ça, parce qu'il ne sait pas faire grand-chose, il est piètre cuisinier, et piètre amant, et piètre tout, mais il sait tenir la plume entre ses doigts et c'est déjà pas mal, il ne connait pas sa propre force, si jamais il a été fort un jour, et puis il s'en fiche, il fait confiance à sa bonne étoile là-haut, qui lui a écrit hier pour lui dire de faire un voeu. Il écrit sans notion du bon et du mauvais, il ne croit pas que ces mots-là puissent faire du bien à celui qui les lit, il a toujours pensé que la plupart des romans étaient des lettres que les auteurs s'écrivaient à eux-mêmes. Parfois, c'est pour chercher la faille, et pour la colmater, si c'est possible, cette petite faille qui saigne toujours. Et ça saigne, et ça saigne, alors l'auteur cherche toujours, à tâtons, trouver la faille, cette petite blessure, la guérir si possible, vivre avec dans le cas contraire. Parfois, c'est pour vomir la douleur. Le reste ? Il ne sait pas, il n'a pas d'idées fixes. Un jour il pense ceci et le lendemain il pense cela, le jour il est sidéré par ce qu'il a écrit, le soir, il s'en veut, la nuit, il déchire pour tout recommencer. Plus souvent qu'un autre, il hésite, il réfléchit, se rassure et puis hésite encore, mais il y a cette chose dont il est sûr et alors il est un peu heureux.&lt;br /&gt;Puisse Pierrot devenir un livre, puisse cette peau vieillie par les excès et l'angoisse être le parchemin de sa vie, son petit bout de vie de pas grand-chose, puisse, surtout, Pierrot sortir de cette peau qui l'ennuie, lui qui se déconnecte à la moindre pensée, à la moindre vision. Plus besoin de cette enveloppe qui lui fait perdre son temps !&lt;br /&gt;Pierrot écrit et Pierrot insiste, il sait qu'au bout de quelques heures, ça ne voudra plus rien dire mais hé ! c'est de cette matière dont il est fait. Toujours trop et il faudra couper, son regard revient toujours à ce couteau qui est fait d'argent, l'argent pour tuer le loup-garou qui est en lui. Penser à l'homme qui court et à la jeune fille qui pleure, ils ont ce quelque chose qu'ont les voyageurs dans les Gares. Pierrot voudrait vivre mille vies mais Dieu lui a dit il y a bien longtemps qu'il n'en aurait qu'une. Ce n'est pas que Dieu soit avare, mais chacun son tour, les places sont numerotées et celle qu'il vit est déjà bien entamée. Pierrot continue d'agiter ses bras, ses manches. C'est pour voler et trouver un diamant, se dit-il, c'est pour avoir la sensation de vivre quand tout s'engourdit. Et ça donne envie de vivre, même si le péril est proche. Et de rire, même si l'horreur n'est pas loin. La Comédie n'est pas finie.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-2356454862789686446?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/2356454862789686446/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=2356454862789686446' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/2356454862789686446'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/2356454862789686446'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2010/09/pierrot-agite-les-bras-et-ses-bras-sont.html' title=''/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-4672599318098847948</id><published>2010-04-21T23:56:00.017+02:00</published><updated>2010-04-23T14:58:49.140+02:00</updated><title type='text'>La Joyeuse Ballade de M. Burke et M. Hare</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/S8-a6WehuNI/AAAAAAAABMY/m_Ws3IOcgE0/s1600/burke-and-hare.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 229px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5462755200280410322" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/S8-a6WehuNI/AAAAAAAABMY/m_Ws3IOcgE0/s400/burke-and-hare.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;Il n'y eut point de "déterreurs de cadavres" aussi ingénieux que Monsieur Burke et Monsieur Hare.&lt;br /&gt;M. William Burke rencontra M. William Hare un jour de 1827. Novembre ou décembre, M. Hare ne se rappelle plus.&lt;br /&gt;M. Burke était issu d'une bonne famille catholique irlandaise, qu'il avait fui. En Ecosse, où ses pérégrinations l'avaient mené, M. Burke épousa une jeune femme, eut sept enfants qui, tous, moururent, sauf un des garçons, ou bien... ou bien il n'en eut que deux, personne ne le sait vraiment car M. Burke est assez secret.&lt;br /&gt;M. Burke travaille et rencontre alors une jeune femme du nom d'Helen McDougal. Elle lui plait, cette Helen, alors il prend ses jambes à son cou, fuit de nouveau et abandonne femme et enfants, il propose le mariage à son nouvel amour qui lui dit oui, et de petits travaux en petits voyages, M. Burke et Mme Helen Burke s'installent à Edimbourg.&lt;br /&gt;A la fin de l'année 1827, il trouve une petite chambre dans une petite maison crasseuse, la fameuse Tanner's Close, tenue par Margaret Hare. M. Burke rencontre l'époux de cette dernière, M. Hare, et devant un bon verre de vin, peut-être deux ou cinq, les deux William s'amusent de porter le même prénom, s'étonnent d'avoir un parcours similaire, se souviennent de l'enfance car ils sont originaires du même endroit, presque du même endroit, mais c'est du pareil au même, s'étonnent à nouveau d'avoir voyagé en Ecosse avant de venir à Edimbourg où M. Hare dit être tombé amoureux de sa locataire, Mme Laird, alors mariée, et il raconte, son verre à la main, comment il devint le nouveau propriétaire de Tanner's Close quand M. Logue décéda, prenant sa place derrière le comptoir, lui volant sa place à table, et sa place encore chaude dans le lit et les bras de Margaret, la veuve en dentelles blanches.&lt;br /&gt;M. Burke et M. Hare se serrent la main et trinquent à cette nouvelle amitié.&lt;br /&gt;De l'avis de toute la maisonnée, ils devinrent des amis inséparables.&lt;br /&gt;Dans une athmosphère de crasse, de vice, de brouillard ou de fumée de cigare, de meurtres ou de viols - écoutez les cris dans la rue ! -, M. Burke et M. Hare assistent un jour, tout à fait impuissants, à la mort d'un locataire, un vieil homme en mauvaise santé qui devait à M. Hare la modique somme de 4£.&lt;br /&gt;C'est alors que M. Burke a une idée formidable. Il a entendu, il y a peu, les échos de la rue. Il vient de s'en souvenir. Il a entendu, au détour d'une ruelle, que les écoles de médecine manquaient de cadavres, au désespoir des étudiants et de leurs professeurs. Pourquoi, se dit M. Burke, pourquoi ne pas vendre ce corps à la science, plutôt que de l'enterrer ? Il servira au moins à quelque chose, ce cadavre ! Il ne nourrira pas les vers ! Les vers sont d'ailleurs suffisament nourris. Eux pourront garder quelques petites choses ayant appartenues au mort. Il n'y a pas de petits profits. Mieux ! M. Hare pourra sûrement se rembourser.&lt;br /&gt;Un cadavre, ça se paye. Un cadavre, ça a un prix. Non vraiment, il n'y a pas de petits profits.&lt;br /&gt;M. Burke et M. Hare rencontrent alors, à l'université d'Edimbourg, le docteur Robert Knox. Celui-ci accepte le cadavre sans hésiter. Imaginez la joie des étudiants ! Le cadavre sera taillé en pièce à son prochain cours, la chose est entendue. Le sang coulera sous les yeux des étudiants, et ils apprendront leur métier en fouillant la chair froide du mort. Le cadavre est au prix de 7£. C'est un bon prix.&lt;br /&gt;M. Hare affiche un rictus heureux : oui, M. Burke, il est tout à fait remboursé.&lt;br /&gt;M. Burke - qui a un oeil d'aigle - repère, dans la maison, un autre locataire qui semble bien malade. Joseph the Miller est malade, et Joseph the Miller le sait. Les deux amis l'invitent à prendre un verre, à raconter, pourquoi pas, une histoire... l'homme parle, et M. Burke jette un oeil à M. Hare : leur motus operandi a été trouvé, il y a quelques minutes à peine. Voyons si ça marche ! Ils s'en frottent les mains, tandis que le père Joseph parle, et parle... et tandis qu'il parle, qu'il raconte, qu'il se souvient, M. Hare se lève, fait quelques pas, s'arrête derrière le malade et soudain, le fait taire en le baillonant de ses deux mains. La méthode est si simple, ensuite ! Il suffit d'allonger l'homme, toujours bailloné par ses soins tandis que M. Burke s'assoit sur sa poitrine. L'homme étouffe. C'est presque naturel et personne ne soupconnera, jamais, que Joseph the Miller n'est pas mort des suites de sa maladie. Le mourant étouffe tandis que les complices laissent vagabonder leur imagination.&lt;br /&gt;M. Hare rêve à la fin de l'histoire de Joseph.&lt;br /&gt;M. Burke imagine la fin de cette histoire.&lt;br /&gt;Ensuite, on déshabille le mort, on lui prend ses bijoux et diverses babioles - tiens, quelques lettres sont dans sa poche - et le docteur Knox paira grassement.&lt;br /&gt;Quelques jours après, les mains dans les poches, M. Burke et M. Hare regardent autour d'eux. M. Burke monte les escaliers tandis que M. Hare les descend, et quand ils se retrouvent dans le salon, il faut bien se rendre à l'évidence : plus personne n'est malade.&lt;br /&gt;Mais M. Burke, jamais à court d'idées, imagine déjà le plan suivant... et dans la rue, M. Hare ? Des personnes choisies au hasard, des personnes perdues dans le brouillard, tard dans la nuit, les hommes qui sont partis baiser les putes et les putes qui promènent leur tristesse dans les rues mal-famées ?&lt;br /&gt;M. Hare réfléchit. M Hare applaudit.&lt;br /&gt;Les deux amis pourchassent, attrapent, tuent, déshabillent, admirent les bijoux, les corps, peut-être même palpent-ils les chairs en riant s'il s'agit d'une femme, et peu importe si elle est jeune ou veille, ils ont les deux dans leur petite morgue. Ca n'a plus tellement d'importance. Les femmes mortes se ressemblent toutes, sans la petite flamme. Peut-être même ont-ils été charmés par la jeunesse de Mlle Peggy Haldane qui, cherchant sa mère, ignorait qu'elle avait déjà succombé entre les mains froides de M. Burke et M. Hare. Parfois, Margaret ou Helen décide de prendre part à la chasse nocture. Bien à l'abri dans la petite maison, elles font venir une de leurs amies. L'amie leur tend les bras, sans se douter qu'une main gantée se posera bientôt sur sa bouche, qu'un autre l'étouffera en pesant de tout son poids sur elle. Oh non, ça, ni Mme Ostler, ni Mlle Anne Dougall ne l'imaginait ! Si Mlle Dougall fut vierge, elle n'imaginait pas que sa sa première fois serait la dernière, elle n'aurait jamais imaginé que les hommes grimpaient sur les jeunes filles, comme ça, sans aucune manière, que leurs corps pèseraient si lourd qu'elle en mourrait. Etouffée d'amour, oui.&lt;br /&gt;Et si seulement ils l'avaient tuée d'un trop plein d'amour ! L'amour, c'est beau, on est choisie par le plus pur et le plus beau des hasards, pense Mlle Ann en expirant, les yeux révulsés. C'est beau l'amour, oh oui, c'est beau comme la nuit, c'est comme la mort. Au diable le romantisme, lui répond M. Burke ! Jouissons seulement de ce que ces femmes vont nous rapporter. Et elles nous rapportent. 10£ dans leurs poches pour leurs carcasses vides, leurs corps nus, chez le docteur Knox, qui s'en frotte les mains !&lt;br /&gt;M. Burke est le rapace des bas-fonds. Il diffuse la peur. Quelle tristesse alors, que personne ne le sache, que personne ne le devine !&lt;br /&gt;Il jette son dévolu sur James Wilson. Daft Jamie, comme on l'appelle dans le coin. C'est qu'il est connu, Jamie. C'est un jeune homme un peu retardé. Il a une maman qui l'aime et qui le cherche à chaque seconde de la journée, dès lors qu'il lui échappe. Au moment de s'assoir sur sa poitrine, M. Burke n'imaginait pas qu'il allait autant se rebeller... c'est bien la première fois ! M. Hare vient à son aide. Ils ne sont pas trop de deux pour tuer le fou des ruelles. Ah ! Ca aurait dû leur mettre la puce à l'oreille, cet accroc dans la mécanique. Ils auraient dû choisir quelqu'un d'autre, quelqu'un qu'ils ne connaissaient pas, peut-être. M. Burke a-t-il visé trop haut ? Pendant que le docteur Knox prend son scalpel, un étudiant croit reconnaître Jamie... peu importe, son visage n'est déjà plus que muscle et nerfs, masse rouge et sanguinolante sur lequel une mouche vient se poser. Knox balance la peau. Plus personne n'en a besoin. Surtout pas Jamie. Pas même la maman, qui cherche son petit dans les rues, à grands cris.&lt;br /&gt;Le chien du coin, le chien affamé, viendra peut-être s'en régaler, de cette peau racornie.&lt;br /&gt;Lewis Carroll aurait adoré se rendre dans la maisonnée pour observer, à travers un petit trou, M. Burke le Cerveau et son acolyte M. Hare, les observer alors qu'ils prennent un verre, qu'ils rient en se partageant les petites pièces. Oh oui, il aurait aimé. Certes, il aurait réécrit l'histoire, il aurait mis du thé dans les verres, il aurait préféré à M. Burke un chapelier qui assassine le temps plutôt que ses congénères, mais M. Hare l'aurait bien intrigué.&lt;br /&gt;Ah, ce M. Hare ! Aussi fou qu'un lièvre de Mars !&lt;br /&gt;Si fou qu'il prend plaisir au meurtre, le lièvre. Sans en informer M. Burke, il se déniche une jeune fille et la tue, seul. Quel plaisir d'être, lui, le seul responsable de ses râles d'agonie !&lt;br /&gt;Mme Marjory Campbell Doucherty vient, le jour suivant, prendre une chambre, en compagnie du couple Gray. M. Burke se précipite dans sa chambre, alors qu'elle est seule. Madame, il fallait que je vous voie. Absolument. Ma mère, Madame, est née Doucherty ! Quelle coincidence ! et il se jette sur elle, la cloue au lit, et l'étouffe. Il ignore encore, M. Burke, car il n'a pas cet orgueil-là, que son nom sera bientôt célèbre.&lt;br /&gt;Mais M. Burke a oublié le couple Gray. Et les voilà qui reviennent d'une petite promenade. Dans l'escalier sombre, ils entendent des sons étouffés. Ils ne sont pas les seuls. Les voisins les entendent également. Ils s'en inquiètent. Mme Ann Gray, qui est une fine mouche, s'étonne que M. Burke ne la laisse pas s'approcher du lit de Mme Doucherty. C'est qu'Ann aimerait récupérer les bas qu'elle y a laissés ! Profitant qu'elle est seule dans la maison, Ann inspecte. Très vite, elle pousse un cri en découvrant le cadavre de la dame sous le lit. Ann est une femme vive. Elle court prévenir son mari, ils se dépêchent, il faut aller chercher un policier ! Au moment de sortir, attrapant leurs manteaux, ils croisent Helen, qui tentent de les amadouer, qui baisse le prix de la location de la chambre, tout, elle est prête à tout donner mais par pitié, pas la police !&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Pauvre Helen, peine perdue !&lt;br /&gt;M. Burke est bientôt confronté à la police. Il est étonné. Il affirme que Mme Doucherty est bien partie, tôt dans la matinée, à 7heures environ. Helen débarque. L'implorante, les cheveux dans les yeux, tombe dans les bras des policiers, et clame d'une voix pointue que Mme Doucherty est partie hier soir. M. Burke fronce le sourcil, soupire et secoue la tête. M. Hare et son épouse sont arrêtés quelques heures après.&lt;br /&gt;Trahison à l'approche de Noël. Voilà qu'on propose à M. Hare de témoigner contre son ami, son complice et partenaire. Vous serez sauvé, M. Hare, pensez-y ! La paix mérite bien un olivier.&lt;br /&gt;Il accepte. Aussi fou qu'un lièvre de Mars.&lt;br /&gt;Pauvre M. Burke ! Le 28 janvier 1829 est un matin sinistre. Sinistre mercredi, sinistre jour des enfants et des Innocents ! Trahi, abandonné, bientôt pendu. Et ça sera tout. Il va étouffer comme toutes ses victimes, comme Joseph et comme Ann Dougall. On s'amasse devant le gibet. Quel jour radieux, pour eux, les enfants, les amis de ceux qui ont été vendus, et Mme Wilson. Ils grignotent et rient, ici l'aboiement d'un chien, ici, les cris des enfants qui jouent. Deux d'entre eux se battent, pas loin du gibet, en plein milieu de la place : le petit blond dit qu'il sera M. Burke. Le petit brun dit non non ! Je serais M. Burke ! Les petits en viennent aux mains, tandis que la foule hurle, parce qu'elle hurle, cette foule assoiffée, ce n'est qu'un immense son qui se propage en elle, un son qui fait vibrer la solide Edimbourg, un son qui vit et va mourir en elle, se fracassant contre ses murs de pierre grise, et les applaudissements fusent, et un hourra bondit sur un autre hourra, quand le corps de M. Burke a enfin cessé de gigoter.&lt;br /&gt;M. Burke, le petit blond, et M. Hare, le petit brun, reluquent du coin de l'oeil la petite fille aux jolies boucles et aux joues roses qui passe, ils grimacent devant son air hautain et puis, tranquillement, ils s'en vont prendre leur goûter. Les mains dans les poches, du bout des lèvres, ils chantonnent en duo la ballade de Burke et Hare. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-4672599318098847948?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/4672599318098847948/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=4672599318098847948' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/4672599318098847948'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/4672599318098847948'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2010/04/la-ballade-de-m-burke-et-m-hare.html' title='La Joyeuse Ballade de M. Burke et M. Hare'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/S8-a6WehuNI/AAAAAAAABMY/m_Ws3IOcgE0/s72-c/burke-and-hare.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-8498003508763121638</id><published>2010-04-05T19:05:00.001+02:00</published><updated>2010-04-06T04:17:25.691+02:00</updated><title type='text'>Le Cheval à bascule</title><content type='html'>Un cheval aux naseaux fumants. Ecumant. Les yeux fous, héritage de ses cousins hongrois, qui furent jadis des hommes.&lt;br /&gt;Une Dame, pleine de fierté sur ce cheval, sa monture, son double puissant. Lointaine, et si proche. Lointaine, les yeux ailleurs, la tête embrumée, les oreilles bouchées ; proche, le corps palpable, le souffle rauque, le souffle du fumeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/S7o9qmIIW3I/AAAAAAAABLY/b7YdsWVWEY0/s1600/24461975.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 251px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5456741700511226738" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/S7o9qmIIW3I/AAAAAAAABLY/b7YdsWVWEY0/s400/24461975.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'un et l'autre à la fois, le possible. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Elle et lui font des ravages. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Comme Achille, ils détruisent les masses, ces hommes sans foi et sans rêves, qui jamais ne pourront atteindre les cimes, là où volent les aigles, quelque part en Autriche, pas plus que les abymes, les profondeurs, loin, si loin, la tête sous l'eau. Destruction, détruisons, ces hommes-là font horreur, ils mettent des batons dans les roues, ils sont le synonyme de la privation, ils n'ont jamais su être un, même au dernier jour de leurs vies.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Elle est fière, parce qu'elle est Elisabeth. Elle n'a pas besoin d'eux, parce qu'ils n'ont plus besoin d'elle. C'est ce qu'elle dirait si l'horreur ne gangrénait pas son âme. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;L'Amazone en guenilles a décidé de porter ses plus beaux atours pour aujourd'hui. Mince à jamais, parce que telle est sa volonté, et sa volonté est de rester l'Enfant, la jeune fille qu'elle fut. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Elle ne se souvient pas vraiment. C'était il y a des années de cela. Elle se rappelle, par la toute petite écorchure sur son coeur en deuil, ce corps léger, ce corps souple, et si elle ne peut montrer aux autres son éternelle jeunesse derrière sa bouche scellée, ce corps enveloppé de noir sera son sauf-conduit. Elle ne peut faire la roue sans se rompre les os, mais c'est un leurre, voyez-la apparaître et regardez-la bien. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;La sorcière a transformé les pattes de son cheval, ces pattes nerveuses, elle les a transformées, modelées. Elle a emprunté le petit cheval à bascule de Rodolphe, ce petit cheval tout doux au toucher, et tout rond, elle a scié la base de son être, et puis elle a aiguisé cette base, longtemps, pour en faire sa meilleure arme de défense. Something wicked this way comes et que personne n'approche, elle écrase et tue, découpe et taille, Madame Barbe-Bleue, car elle ne peut plus se limiter à dépecer les hommes pour pendre leur peau dans son cabinet. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Les souvenirs, au bout de quelques secondes, commencent à puer. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Notre-Dame des Soupirs, sur son blanc destrier, se rêve chevalier d'Eon ou Lancelot du Lac, ou peut-être Lohengrin, si l'esprit de ce dernier n'était pas le songe d'un autre esprit, fait d'ombres et de visions, sous une noble tête aux boucles brunes. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Elisabeth détourne le regard, et son cheval sourit. Une joie mortifère, car cette joie est le remède. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Les yeux, deux billes, porcelaine ou oeil-de-chat, deux yeux ronds et fixes, qui sont ceux du Cavalier. Elle les cache, sursaut de pudeur, et elle voile avec eux cette joie folle qui la consume. Ecrasement. Ecrasement d'une perspective. Elisabeth se radicalise. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Dédain affirmé. Ce n'est pas la lâcheté qui lui fait détourner le regard. Vienne, à moins que ce ne soit un endroit beaucoup plus sauvage, l'a abandonnée, comme l'a abandonnée cet homme, à moins que ce ne soit le contraire, cet homme qui avait osé croire qu'elle était bien elle, quand elle était une autre. La main sur le cou de son destrier montre son affection, le regard, vers l'est, montre sa confiance. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Elisabeth, juchée sur les hauteurs de son Grenier, fantasme sa mort et celle de ses proches, et prend de l'avance. Prenez-moi en photo et je singerai l'homme. Le cheval. Le regard du cheval. Voilà le vrai regard, la somme de toutes les rages et de toutes les peurs humaines, le regard lunaire, le regard du prisonnier, le regard de celui qui a tout oublié, ou qui n'a rien oublié. La somme de l'amour, qui rend fou, parce que trop d'amour élève et rabaisse celui qui aime, il se retrouve bientôt cloué au pilori, et le cheval se demande pourquoi tant d'amour, quand tant d'amour fait souffrir et flétrir, l'amour vrai pense-t-il, pas celui des sots, l'amour des enfants, oui, l'amour des enfants, petits monstres d'exclusivité. Elisabeth sait : ceux-là se pendront plutôt que de perdre l'amour et croix de bois, croix de fer, j'irais au Paradis si je meurs puisque j'ai passé ma vie en Enfer. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Rictus sur la face allongée et blanche du cheval, face de carême qui trépigne et piétine devant les pendus de juin. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Elle sonne l'angelus et appelle à elle les Corbeaux, les gamins rient en criant Corbac ! divinité amère ! transforme-toi en Colombe !&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Et la peste soit de moi si mes yeux ne sont pas dévorés à l'instant, oeil de porcelaine ou oeil-de-chat, dévoré par le bec qui creuse l'orbite. &lt;/div&gt;Le cheval poursuit son ascension, résonne à ses oreilles une musique, le grincement lourd d'une corde de violoncelle, et au rythme de ce son divin ou infernal, il détruit la masse humaine, parce qu'il se sent destructeur aujourd'hui, comme tous les autres jours, c'est salutaire, et c'est bienfaisant, quatre yeux contemplent les pendus aux arbres morts qui avaient presque réussis - ils avaient tant de coeur ! - et Elisabeth ôte son masque mortuaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Dessin d'Alfred Kubin.)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-8498003508763121638?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/8498003508763121638/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=8498003508763121638' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/8498003508763121638'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/8498003508763121638'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2010/04/le-cheval-bascule.html' title='Le Cheval à bascule'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/S7o9qmIIW3I/AAAAAAAABLY/b7YdsWVWEY0/s72-c/24461975.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-8177920054695487263</id><published>2010-02-28T10:39:00.001+01:00</published><updated>2010-02-28T19:29:40.589+01:00</updated><title type='text'>Joie</title><content type='html'>d'éprouver ce que les plus grands héros de romans éprouvent !&lt;br /&gt;La terreur indicible, la terreur qui prend aux tripes, l'angoisse irréelle, la Panique, enfin, parce qu'il n'y a plus qu'elle. Il n'y a jamais eu qu'elle.&lt;br /&gt;Si un peintre bien-aimé nous peignait à cet instant, alors on aurait les mêmes traits que Courbet, les mêmes traits que l'homme de Munch, la main sur le visage pour sentir la vérité d'un autre, la matérialité. Ce sont de beaux visages, de ce côté-là du monde.&lt;br /&gt;Le glissement dans le cauchemar. Le cauchemar n'est rien d'autre que ça, cet environnement aimé qui devient soudain, en une toute petite fraction de seconde, un lieu inconnu, un lieu dangereux où les macchabés dansent. Cet environnement aimé n'existe plus, c'est le néant. Il n'y a plus la douceur des couvertures, parce qu'elles n'existent plus, il n'y a plus la chaleur de l'ourson en peluche, et plus celle des chats, parce qu'ils ont abandonné ce lieu. Eux qui sont capables de voir ce que l'homme ne voit pas, ils ont vu l'ombre du Grand Dieu Pan et la Panique. Ils ont fui, et ils ont eu raison.&lt;br /&gt;Les Anciens disaient que les succubes s'asseyaient sur le ventre des hommes et les étouffaient. Les sorcières hongroises, qui aiment à chevaucher tout et n'importe quoi, les étouffent puis les transforment en chevaux, à grands renforts de magie ancestrale, à moins que l'homme ne mue, de la façon la plus sensée qui soit, troquant sa peau d'humain contre celle de l'animal, échangeant son souffle court contre les naseaux enflammés du cheval, noir comme l'Enfer. Au moins, les Sorcières hongroises ont de la compassion et ouvrent les fenêtres à leurs victimes... les chevaux noirs peuvent respirer, ensuite, prendre une grande inspiration, souffler, et courir sur les landes ou dans les rues grises et chantantes de Budapest. Ils sèment la terreur chez les Vierges et les Fous.&lt;br /&gt;D'autres ne laissent pas cette chance, puisque c'en est une.&lt;br /&gt;Il y a une once de joie, dans cette Panique, une once de joie parce qu'une porte a été ouverte, une porte qui mène sur l'ailleurs, cet ailleurs qui fait s'animer l'ombre du tigre sur le mur. De la joie parce qu'on sait désormais ce qu'est l'indicible terreur. Peu ont cette connaissance. Plus besoin de sortir pour ça, et d'être agoraphobe. De toute façon, ce que l'on éprouve au fond de son lit est mille fois pire. Et ça, alors que la gorge se serre, on ne le soupconnait pas.&lt;br /&gt;Le vent souffle tandis que l'on étouffe, c'est la tempête qui fait rage, animée par Eole, qui a décidé de ne pas laisser l'humanité tranquille, alors il souffle tant et si bien que personne ne peut dormir, pas même se reposer, surtout pas celui qui est dans les bras de l'Etrangeté. Tout le monde pleure et celui qui est lové dans ces bras-là ne peut surtout pas se laisser aller, puisque son coeur bat trop vite, et que ses bras sont engourdis, et que sa respiration est haletante. Le cerveau est tétanisé. Une seule idée fait son chemin dans cette toundra : il ne faut surtout pas dormir, on pourrait ne pas voir l'aube. Les murs de la chambre rétrécissent et les rats, à l'intérieur des murs, grattent tant qu'ils peuvent, espérant trouver une sortie derrière le tableau, et l'ombre du tigre hurle, et cet hurlement est la corde qui fait vibrer le corps entier. Ce corps ne vit plus que par cet hurlement. Les murs ont été détruits. La muraille n'a pas tenu sous les coups de griffe et de dent des assaillants. Ne reste que le vent qui souffle et la main de Pan qui se referme sur le coeur. Etat second. Presque une transe.&lt;br /&gt;Les gouttes de sueur sur la peau sont des brûlures, et les muscles sont en pierre, nous ne sommes que les ruines de notre passé ou de notre futur, et il faut la bénédiction du Grand Dieu Pan pour nous le rappeller, quand on a tendance à oublier ces choses, distraits que nous sommes l'espace d'un instant.&lt;br /&gt;Soyons vigilants. La Mort, la Faucheuse, the Grim Reaper, il n'y a plus qu'elle dans cet espace restreint. Les petits cachets blancs ont remplacé le laudanum, celui que prenaient les jolies Mortes du temps passé, parce que le plus grand luxe de certains êtres, ici, est de seulement pouvoir dormir. Dormir et noter sur sa tombe deux mots qui pourraient être &lt;em&gt;Sister Sleep&lt;/em&gt;. Celle que le sommeil fuyait aurait aimé être sa soeur pour s'immerger dans les nuits douces, celle qui avaient été promises dans le passé.&lt;br /&gt;Au lieu de ça, les nuits sont tissées d'étrangeté et de singularité, et la Panique n'est que la somme de ces nuits blanches, ces nuits d'insomnie, ces nuits comme des points d'interrogation, où la peur répond à la peur. Des nuits comme des invocations. Une nuit, quelqu'un répond à l'invitation muette, et la réponse que l'on attendait nous saisit d'effroi. Tout ça sont des mots sur une page, un verbe qui tord le cou au nom qui le précède, et ces mots sont la réalité. Les couinements des rats derrière le mur, la réalité. Le hurlement du tigre, la réalité.&lt;br /&gt;Plus jamais de sommeil, plus jamais de repos, juste un engourdissement.&lt;br /&gt;Une narcose.&lt;br /&gt;C'est le règne de la terreur.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-8177920054695487263?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/8177920054695487263/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=8177920054695487263' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/8177920054695487263'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/8177920054695487263'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2010/02/quelle-joie.html' title='Joie'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-667403784979009586</id><published>2010-01-23T01:28:00.002+01:00</published><updated>2010-01-23T02:52:13.072+01:00</updated><title type='text'>Les billes dans le sac</title><content type='html'>Ce sont des billes qui ont vécu.&lt;br /&gt;Ce sont des billes qui ont tout connu, les cours de récré et l'asphalte, les coins de terre dans la forêt d'à côté. Elles se rappellent la texture, la douceur et la chaleur des mains d'enfants qui les ont tenues au creux de leurs paumes. Elles se rappellent la violence des chocs, et le plaisir, caché dans l'iris du petit gars, de la petite fille, qui les avaient fièrement gagnées.&lt;br /&gt;Les billes ont une histoire. Elles sont les victoires, elles sont les échecs. Elles ont aimé ces victoire, un peu moins ces échecs. Ces échecs sont synonymes d'adieu. Depuis leur création, elles savent que c'est leur lot, de passer de main en main. Elles découvrent les nouvelles maisons qui les accueuillent. La plupart du temps, ces maisons sont des poches, des poches en velours, des poches trouées, des poches pleines de miettes, parce qu'on y a fourré le dernier biscuit qu'on n'avait pas envie de manger.&lt;br /&gt;Les billes racontent leurs histoires à ceux qui savent les regarder. Les billes savent la différence entre voir et regarder. Les billes apprennent cette nuance à ceux qui les observent.&lt;br /&gt;Celle-ci fut courageuse. Un après-midi plein de soleil, quand les enfants avaient les yeux aveuglés de lumière, elle fut violemment projetée contre un caillou. Elle perdit un bout, un tout petit bout, mais la bille éclopée sait qu'elle aura de la valeur pour la petite fille qui l'a gagnée, parce que cette petite fille a toujours aimé les félures, même si elle ne sait pas encore exactement ce que c'est. Cette autre est sublime, parce qu'en la regardant bien, elle filtre tous les rayons du soleil et devient kaleïdoscope. Il faut la lever, haut dans le ciel. A droite : elle est bleue ! A gauche : elle est verte !&lt;br /&gt;Une fois lancées, rien ne les arrêtent. Elles tourbillonnent et virevoltent. Elles s'envolent et retombent à terre. Elles foncent et frappent. Joie de taper sur celle-ci, joie de viser cette autre. La main est l'instrument, pas la bille. Tu seras à moi. C'est un jeu cruel : l'un des joueurs apprendra le sens du mot renoncement. On y pense, un peu, juste un peu, car rares sont les enfants à pleurer pour quelques billes perdues. Certains, pourtant, ont beaucoup pleuré quand il fallait les donner à l'autre, le vainqueur, l'horrible vainqueur tant détesté. On retient ses larmes devant lui, ne surtout pas trembler, et le geste est noble au moment de les lui donner. Mais sous l'oreiller, les larmes coulent.&lt;br /&gt;Tout ceci est de l'injustice, et le sacrifice a été gigantesque.&lt;br /&gt;Les billes sont magiques. Très peu le savent. Leur nom est un appel au voyage. La lutte fut rude, alors il faut se reposer, on s'allonge sur la terre, un bras plié sous la nuque, l'autre bras repose sur le sol, la main sur l'herbe, là où les fourmis s'affairent, et on pense à Oeil de Chat, Porcelaine, Tornade et Calot, que l'on va bientôt serrer dans ses mains, jusqu'à la douleur.&lt;br /&gt;Oeil de Chat, c'est celle qui brille de mille feux. Porcelaine est plus discrète. Calot est la plus forte d'entre toutes. Elles sont en verre ou en terre cuite, et sont rondes comme l'iris.&lt;br /&gt;On touche les billes, dans la poche. Les faire rouler sous les doigts, sentir la douceur de l'une, la rugosité de l'autre, les faire doucement s'entrechoquer pour écouter leur petite musique. Les regarder, les toucher, encore, et encore.&lt;br /&gt;Les cacher, bien à l'abri, quand on n'a plus le temps d'y jouer. Parce qu'on n'a plus le temps d'y jouer. Mais les cacher, parce qu'on connait leur valeur, et peu importe le temps qui passe. Elles seront là. A l'abri. Je vous cache parce que je vous aime. Je passerai devant vous, de temps à autre, et les souvenirs reviendront. Et parfois, au gré des heures, des jours et des nuits, il se peut que ce soit douloureux, mais tant pis !&lt;br /&gt;Une traversée du temps. Les heures se sont écoulées si vite...&lt;br /&gt;Un jour, la patte maladroite d'un chat fait tomber le petit pot. Aucune réaction. Tandis que le corps est figé, la bouche s'est ouverte sur un cri muet. Ceci est un crime de lèse-majesté. On ne peut pas arrêter la chute du petit pot. On le voit heurter le sol, se briser en mille éclats, on voit les billes rouler. Et elles reprennent, comme avant, leur course folle. On rit, parce qu'il est impossible de ne pas rire. Le coeur s'emballe et la main se souvient, parfaitement, des gestes qu'il faut avoir. Les ramasser, les tenir doucement, dans le creux de la paume. Les billes n'ont pas oublié. Personne n'a oublié. Les souvenirs sont là, parce qu'elles ont toujours été là.&lt;br /&gt;C'est l'heure de la récréation.&lt;br /&gt;Et alors, agenouillée sur le sol d'une petite chambre mal rangée, j'entreprends une prodigieuse partie de billes avec les chats.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-667403784979009586?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/667403784979009586/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=667403784979009586' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/667403784979009586'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/667403784979009586'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2010/01/les-billes-dans-le-sac.html' title='Les billes dans le sac'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-7485033253664637235</id><published>2010-01-13T13:28:00.009+01:00</published><updated>2010-01-15T15:16:50.635+01:00</updated><title type='text'>Génération X</title><content type='html'>Allemagne, 1992.&lt;br /&gt;J'écoute cette chanson quasiment en boucle. Je ne sais pas vraiment qui est ce groupe, qui chante, mais je me dis que si je chantais, c'est une voix comme ça que j'aimerais. Une voix à la Tom Waits, une voix déglinguée et rauque d'avoir trop gueulé, trop fumé. J'essaie de comprendre ce que me dit le monsieur qui crie sur les ondes. Je crois qu'il dit &lt;em&gt;entertain us&lt;/em&gt;. Assise sur la table, les jambes dans le vide, Humbertus le Punk à mes côtés. Il me parle. Je suis rentrée en moi et je me demande ce qu'il faut faire pour être un peu amusée dans ce pays. Peu importe. L'herbe n'est pas plus verte ici qu'ailleurs. Je n'ai jamais su ce qu'Humbertus me disait.&lt;br /&gt;Allemagne, 1992.&lt;br /&gt;Je me promène dans les rues, en ne sachant pas quoi faire. Les mains dans les poches. Les murs sont en briques rouges. L'Allemagne est déprimante. Ma copine Audrey est traumatisée. Elle pense qu'elle vit chez des communistes. Des communistes, est-ce que tu te rends compte ? Des saletés de communistes qui me donnent du saucisson au petit-déjeûner ! Elle me demande ce que je mange quand elle se gave de charcuterie. Je me marre. Je lui dis que je ne mange jamais le matin. Elle m'engueule. Elle me dit qu'il faut manger, sinon, je vais être affamée à 10 heures. Tu ne voudrais pas t'évanouir à 10 heures, hein ? Je réponds oui-oui. T'inquiètes pas. Je mangerais. L'équation est simple : oui-oui est un non. Ne jamais croire les gens qui vous répètent deux fois de suite la même chose. Dites oui-oui, ou ouais-ouais, et personne ne vous embêtera.&lt;br /&gt;Allemagne, 1992.&lt;br /&gt;C'était en mars. A moins que ce ne soit avril. Je repense à la chanson, à la voix rauque qui crache son malaise, et je vais visiter Hanovre. Il y a un parc. Humbertus me dit qu'un des membres du groupe Scorpions a vécu dans le coin. Tu connais Scorpions ? qu'il demande. &lt;em&gt;I'm still loving you&lt;/em&gt;, il murmure en rejettant la fumée de sa cigarette. Une fille brune vient me voir et me dit à quel point elle s'ennuie. Elle me dit qu'elle m'aime bien parce que je ne parle jamais beaucoup. Je souris, je mets les écouteurs de mon walkman sur mes oreilles et elle fait pareil. Elle feuillette un magazine. Les jeunes allemandes lisent les mêmes merdes que les jeunes françaises et les françaises en visite en Allemagne les feuillettent en allemand. Comment se maquiller pour plaire à son amoureux, comment attirer son attention, et comment se préparer pour perdre sa virginité, et sois jolie, arrange-toi, fantasme sur les chanteurs à deux balles qui ne savent de toute façon pas chanter. Ils ne savent pas écrire non plus. Mes cheveux sont presque gras, penser à les laver si j'en ai le courage, et mon jean a un trou au niveau du genou. Je regarde le soleil se coucher sur l'allée. La publicité sur les affiches me montre des feux d'artifice. J'imagine et je la vois, une femme en robe longue, coiffée d'une perruque poudrée courir dans les allées, elle soulève sa robe pour faciliter la course. La cime des arbres frôlent le ciel. C'est peut-être le plus bel endroit d'Allemagne.&lt;br /&gt;Allemagne, 1992.&lt;br /&gt;La chanson dit qu'il faut éteindre les lumières. C'est moins dangereux, les lumières éteintes. Je n'ai jamais aimé beaucoup le soleil, de toute façon, sauf dans les jardins, pour faire des bulles de savon. Humbertus me dit que le gars de la chanson s'est inspiré du riff du &lt;em&gt;Godzilla&lt;/em&gt; de Blue Ôyster Cult. Chouette. Une bonne référence. Quelqu'un avec un bouquin sur les genoux me demande si je sais ce qu'est la génération X. Non, je ne sais pas. C'est quoi ? Il demande l'année de ma naissance. Il sourit. Un peu plus et tu n'étais pas dans la liste. Un peu plus et tu faisais partie de la génération Y. La génération Y n'existe pas encore en 1992. Il dit que c'est la génération suivante, et qu'il ne sait pas quel nom elle aura. En l'appelant Y, il est d'une logique implacable. Tu sais, dis-je, je crois que tout ça, c'est des conneries. Et je hais l'idée de communauté. Je hais l'idée d'être un nom de plus sur une liste. On est ridicule quand on est fier.&lt;br /&gt;Il louche presque en me disant que personne ne choisit de faire partie de la génération X. T'es née en plein dedans, ma petite. Moi aussi. Il n'y a rien que l'on puisse faire contre ça.&lt;br /&gt;Il fallait bien faire des recherches sur cette génération. C'est toujours des conneries. C'est du marketing et des sondages, comme le baby-boom, les Nesters et les Super-Breeders. La génération tampon dit David Coupland. L'analphabète signe ses papiers de la lettre X. X est le néant, X veut dire que tu n'es rien. Tu n'as pas de nom, tu n'as aucune identité, tu es l'anonyme dans la foule.&lt;br /&gt;En Allemagne, en 1992, les gamins se cachaient sous de longs pulls informes. On aurait mis un masque qu'on n'aurait pas été mieux cachés. J'aimais le mien, de pull, avec ses manches qui tombaient jusqu'aux genoux. Une guenille. Je continuerai de le porter. La génération X restera dans les annales pour être la génération sacrifiée. Quelque chose comme ça. Juste une statistique de plus. Alors ils ironisent et se moquent. Les plus chanceux dit-on, ont grandi, ont un travail et une famille. Ils scrutent quelque chose d'invisible sur le sol du quai de la gare, du métro. Ils vont bientôt rentrer chez eux.&lt;br /&gt;Eminem dit qu'il déteste le monde et qu'il crèverait bien tous ceux qui l'entourent.&lt;br /&gt;Le gars de la chanson dit qu'il se déteste et qu'il aimerait bien crever.&lt;br /&gt;Un des types de Metallica avait dit au gars de la chanson : &lt;em&gt;tu es doué, petit&lt;/em&gt;. Continue comme ça. Cette musique va faire des étincelles. Elle aura du succès. Le type avait sûrement haussé un sourcil quand le petit gars, laconique, avait répondu qu'il espérait bien que non.&lt;br /&gt;C'était en France, 1994.&lt;br /&gt;Et même seule dans la chambre à fumer une cigarette allongée sur le lit, on ne pouvait s'empêcher de penser que ça sonnait comme la fin d'une époque... si les époques existent. L'après-midi, les gamins en parlent. Les gamins se regardent. Tu sais ce que j'ai entendu, ce matin ? Il est mort, il s'est tué... les gamins qui se moquaient les uns des autres se sont soudain trouvé un terrain d'entente. Le trou creusé par la Mort les fait tous pleurer au-dessus de cette cavité, et toutes leurs différences s'effacent au soleil de leur peine. Il leur fallait ça pour s'aimer. Il leur fallait la perte de l'Idole.&lt;br /&gt;Certains se demandaient ce qui avait pu passer dans la tête de ce petit bonhomme pour avoir eu l'envie soudaine de se tuer. Ils en deviennent incohérents. &lt;em&gt;Il avait tout !&lt;/em&gt; pleure une petite blonde. &lt;em&gt;Il avait tout, une femme, un enfant, la jeunesse, la musique, la gloire... pourquoi ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Kurt est mort&lt;/em&gt;, me dit la petite blonde. Elle me serre dans ses bras. &lt;em&gt;Tu sais pourquoi, toi ? &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Et elle dit quelque chose comme : &lt;em&gt;est-ce que tu comprends ça ?&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Dis-le parce que moi, j'y arrive pas.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Je pourrais répondre. Je la laisse mouiller mon tee-shirt de ses larmes. Je ferme les yeux et je me tais tandis que les gamins de la génération X pleurent.&lt;br /&gt;Allemagne, 1992.&lt;br /&gt;Assise sur le bord de la fontaine, les gens autour vivent et crient et rigolent. Je ne peux pas m'empêcher de sourire. Je pense au nom de la ville où j'habite momentanément. Ce nom qui, une fois prononcé à la française, se dit peine.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-7485033253664637235?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/7485033253664637235/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=7485033253664637235' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/7485033253664637235'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/7485033253664637235'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2010/01/generation-x.html' title='Génération X'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-715985715117611324</id><published>2009-12-19T18:04:00.019+01:00</published><updated>2009-12-20T17:04:36.079+01:00</updated><title type='text'>Musique d'Hiver</title><content type='html'>Carol explique à Max qu'avant, il y a longtemps, ils avaient tous, lui et ses amis, de grands projets de construction. Ils voulaient construire ceci et cela, et plus rien ne leur ferait mal... et puis un jour, sans qu'ils s'en rendent compte, leurs dents sont tombées.&lt;br /&gt;C'était peut-être trop tard, pour la construction. Le temps ne les a pas attendus, ou bien ils ont cru en son pouvoir.&lt;br /&gt;C'est bientôt l'Hiver et ensuite ce sera le printemps. Inquiétude. Être enfant à cette heure précise et cette heure passera, ce sera bientôt fini, ce sera bon pour les autres, ceux qui ont 6 ans. Alors il faut attendre le bus et y monter. On ne peut que se retourner et regarder ce qu'on laisse derrière. Ne t'inquiète pas, disent les autres, ceux qui sont montés, avant, il y a des années. Ca ne dure pas longtemps. Ca ne fait pas mal.&lt;br /&gt;Ca ne dure pas bien longtemps, c'est vrai. Cet infime instant est la balade mélancolique des êtres arrachés au monde, le monde duquel ils étaient Rois. Ils ont du abandonner la couronne à un autre, le successeur, celui qui leur dit aurevoir de son sourire joyeux, ce successeur qu'ils détestent toujours au premier abord. Grandir et comprendre que ce n'est pas toujours la faute des autres. Et ça, c'est le plus douloureux, cette petite pointe dans le coeur, et l'amour qui fait culpabiliser, se rendre compte soudain, qu'on peut blesser, et qu'on ne peut plus s'en foutre. Ce n'est pas qu'avant, on n'aimait pas. Mais ce n'est plus pareil.&lt;br /&gt;Se demander pourquoi la Mère regarde son petit avec un air si triste. Parce que tu grandis, mon enfant. Et tu changes. Rien de plus et pourtant, ce changement me fait vomir. Grandir te fera oublier, peut-être, de construire ce que tu voulais construire, quand tu étais Roi. Tu avais des idées, de l'imagination, et tu te fichais du Temps, tu te fichais de ce que disaient les autres, ceux qui te disaient que c'était impossible. Surtout, je ne pourrais plus te bercer. L'enfant qu'on aimait devient l'adulte que l'on craint.&lt;br /&gt;Garder le monstre à l'intérieur de soi et hurler de rage parce qu'on est en colère, pleurer à chaudes larmes parce qu'on est triste, rire à s'en faire mal parce qu'on est joyeux, les yeux ailleurs, dans le vide, ou fermés parce qu'on réfléchit, ou qu'on rêvasse, mordre si jamais les autres dérangent, casser le vase parce qu'on ne sait plus dire les mots.&lt;br /&gt;Certains disent que ça ne se fait plus. Il faut être raisonnable, maintenant.&lt;br /&gt;Avec cet enfant, avec ce monstre, écrire le Roman, brûler les pages ensuite, bâtir le Château et le détruire, donner des coups de pieds dans la motte de terre et la reconstruire.&lt;br /&gt;Détruire, reconstruire. Se dire que ça pourrait être mieux et fais attention à toi, ceci veut dire que tu es en dépression. Construire, détruire, et reconstruire. Tisser les secrets.&lt;br /&gt;On sait bien que la balade dure plus longtemps que ce que les autres voudraient nous faire croire. La bêtise de certains est de croire qu'ils sont adultes alors que cet état n'existe pas. La force des autres est d'être éponge et flamme. D'être au bord de l'explosion, toujours. Le bus, ils l'ont pris. Sauf qu'au dernier moment, en ricanant, en volant la place du conducteur, ils ont changé de direction. Les adultes essayent de jouer, mais ils n'y a plus grand chose à brûler. Il y a une petite ouverture dans le coeur, et tout ce qui était eux s'enfuit par cette toute petite ouverture. Ils attendent sans rêver. Et si d'autres attendent eux aussi, ils rêvent en même temps. Ils jouent et brûlent et se brûlent. D'ailleurs, ils préfèrent brûler plutôt que d'attendre trop longtemps. Certains préfèrent la tristesse à l'infertilité. Certains préfèrent le suicide à la maladie. Le temps lui, n'attend pas. Le temps est un créancier. On aura mal, et pas besoin d'avoir 40 ou 50 ans pour savoir qu'on aura toujours mal, et qu'on aura besoin de mille choses pour combler les vides, et on aura parfois plus de besoins que de désirs, et puis on mourra, et puis c'est comme ça.&lt;br /&gt;Et puisque maintenant on le sait, on crie, en rouvrant les blessures à grands coups de ciseaux, de couteau, de scalpel.&lt;br /&gt;Le Souffle. Le premier mot. Crions et on créera un monde irrigué de notre sang. La douleur plutôt que l'assèchement. Le monde rétréci à notre démesure, bien assez petit pour tenir dans le creux de la main. On récupère la couronne.&lt;br /&gt;Roi d'un minuscule Royaume tremblant, d'un Grenier poussiéreux, d'une Île solitaire plus vastes, plus étendus, plus effroyables, plus intenses que tous les continents réunis.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-715985715117611324?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/715985715117611324/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=715985715117611324' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/715985715117611324'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/715985715117611324'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2009/12/musique-dhiver.html' title='Musique d&apos;Hiver'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-6577092879223090764</id><published>2009-12-18T22:59:00.001+01:00</published><updated>2009-12-18T01:24:38.576+01:00</updated><title type='text'>Who Will Survive And What Will Be Left Of Them ?</title><content type='html'>En 1883, dans le territoire du Colorado, Alfred Packer fut condamné à mort.&lt;br /&gt;Il ne fut finalement pas pendu mais passa quelques temps en prison. Il était un vieil homme, quand il en sortit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SypsoXLi9wI/AAAAAAAABI4/yBn6Nu8XeSw/s1600-h/alferd-packer-1-sized.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 208px; DISPLAY: block; HEIGHT: 311px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5416260942539454210" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SypsoXLi9wI/AAAAAAAABI4/yBn6Nu8XeSw/s400/alferd-packer-1-sized.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Alfred Packer était un soldat de l'Union. On le remercia rapidement, pour cause d'épilepsie. Un soldat qui devint guide un beau jour d'hiver. En 1874, il devait emmener de l'Utah jusqu'au Colorado 21 mineurs. Mais personne ne savait qu'il n'était pas bien doué. Personne ne soupconna qu'il pouvait être fanfaron.&lt;br /&gt;Packer et ces 21 mineurs se perdirent dans une tempête de neige, virent leurs victuailles emportés dans une rivière alors qu'ils tentaient de la traverser, rencontrèrent le chef Ouray, de la tribu des Ute, &lt;em&gt;l'ami des hommes blancs&lt;/em&gt;, qui leur offrit l'hospitalité.&lt;br /&gt;Et puis, Packer a envie, vraiment, de retourner au Colorado. Cinq de ses compagnons également. Ils veulent reprendre la route, malgré les avertissements du chef indien. Les Rocheuses sont dangereuses ; la nature, à cette époque de l'année, est déloyale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SypneMbqHtI/AAAAAAAABIw/qO0JKpULXHM/s1600-h/Sesame-street-cookie-monster-anger-yell.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 260px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5416255270297411282" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SypneMbqHtI/AAAAAAAABIw/qO0JKpULXHM/s400/Sesame-street-cookie-monster-anger-yell.jpg" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Le chef Ouray et son épouse Chipeta&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;Packer était accompagné de Shannon Wilson Bell, un solide gaillard au cheveux roux, James Humphreys, qui avait 133 dollars en poche, Frank "Reddy" Miller, rouquin lui aussi, aussi surnommé le "boucher" sans que l'on sache s'il l'était réellement, George "California" Noon, un frêle et jeune garçon de 18 ans et Israel Swan, âgé de 65 ans. D'eux, on ne sait pas grand chose. Ils étaient mineurs et avaient la soif de l'or.&lt;br /&gt;Cet or, il n'attendait qu'eux. C'est pour cette raison, et elle seule, qu'ils osèrent traverser les Rocheuses. Ils prirent la route, leur sac sur le dos. Le rêve est si proche, l'avenir promet des merveilles.&lt;br /&gt;Le premier à mourir fut le doyen Swan.&lt;br /&gt;Il mourut, de froid, de faim, de fatigue. Les autres restèrent quelques minutes près de son cadavre, une perle sur les cils peut-être, mais le froid empêche bien souvent de pleurer. Ils restèrent là à le regarder, la salive au bord des lèvres comme on a la rage.&lt;br /&gt;Quelque chose bout dans l'estomac, dans le ventre. Et ce cadavre gelé rappelle la dépouille de l'animal que l'on a chassé.&lt;br /&gt;Il y en a peut-être un qui a jeté l'idée en l'air, comme ça, sans vraiment y penser. Et c'est peut-être Miller qui a pris le couteau qui a servi à couper les chairs glacées, c'est peut-être pour ça qu'on le surnomma le boucher. Peu importe que Swan fut humain, et qu'il fut leur compagnon de route. Quand on devient loup dans la forêt, seule compte la faim qui tord le ventre. Toutes pensées abolies, sauf la douleur dans les entrailles, ces entrailles qui réclament leur dû.&lt;br /&gt;Et puis quatre ou cinq jours après, Humphreys meurt à son tour. Les 133 dollars, dans sa poche, ils n'allaient plus lui servir à grand-chose. Alors Packer les emprunta.&lt;br /&gt;Et puis ils le mangèrent, lui aussi.&lt;br /&gt;Et puis ce fut le tour de Miller le Boucher d'origine allemande. Packer dit qu'il y eut un incident, alors qu'il s'était éloigné pour chasser. Il ne fut jamais en mesure de dire ce qui arriva véritablement au boucher. Il est revenu, il était mort. Un incident, c'est tout. Bell ou Noon ont visé l'animal et ont touché l'homme, peut-être.&lt;br /&gt;Alors ils le mangèrent, lui aussi.&lt;br /&gt;Packer repartit chasser. Longtemps. Quand il revient, il découvre le cadavre du jeune George. Une balle dans le corps, que Bell a tiré à bout portant, avec le pistolet de Swan. Packer, bredouille, ne demande pas d'explications. Il a faim, c'est tout ce qu'il sait.&lt;br /&gt;Une faim de loup, d'ours, une faim inhumaine.&lt;br /&gt;Alors ils le mangent, lui aussi.&lt;br /&gt;Mais Bell a encore faim. Il a une hache dans les mains, et son regard est fixé sur Packer. Packer a tiré le premier. Légitime défense. C'était lui ou Bell. Packer a encore assez de force pour choisir, et Bell est devenu fou, fou de faim, fou tout court. Il était peut-être plus fragile que California.&lt;br /&gt;Tout ceci est vrai. La pure vérité, dira-t-il.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Aide-moi, mon Dieu, mais tout est vrai&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;The Dead Man's Gulch. Le lieu où Packer festoya s'appellera ainsi.&lt;br /&gt;Un reporter en mission s'arrête sur les lieux, armé de feuilles blanches et de fusains. Il s'assoit et dessine cinq cadavres, que le froid a gelé, que les animaux ont dévoré. Les cadavres portent les traces de coup de hache. Il manque la tête de l'un d'eux. On suppose que c'est Franck Miller. La poitrine de l'un a été découpée, à l'autre, il manque une partie du mollet. Certains semblent s'être battus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Syps8BH_FNI/AAAAAAAABJA/snn-dTV9V1A/s1600-h/03-packermemorial02v.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; DISPLAY: block; HEIGHT: 364px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5416261280216323282" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Syps8BH_FNI/AAAAAAAABJA/snn-dTV9V1A/s400/03-packermemorial02v.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le conte de Packer, c'est du sang sur la neige et les cris de l'homme que l'on abat.&lt;br /&gt;Et un ou deux mensonges.&lt;br /&gt;Alfred ne sait même plus son prénom. Une erreur sur les papiers, une erreur sur un tatouage et Alfred devient Alferd. Packer revient dans le Colorado. Il ne sait plus vraiment comment il a fait. Il n'en revient même pas d'être revenu vivant de cet enfer. Personne ne lui pose de questions, alors il se tait. Il écume les bars et sans le rire qu'il poussa un soir de mars, personne n'aurait jamais rien su. C'est Frenchy Cabazon, un ancien membre du groupe, qui reconnut ce rire, dans ce saloon. Il s'étonne que les autres ne soient pas là, à boire et rire, eux aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alfred a l'air en bonne santé, mais il se sent las. Tout ce qu'il cherche, c'est du wiskey. Il ne veut surtout pas manger. Tout ce qu'il veut, c'est du wiskey, et il a de quoi payer.&lt;br /&gt;Alfred a mille versions à raconter. D'abord, ses compagnons l'ont abandonné parce qu'il s'était blessé à la jambe. Mais laissez-le fouiller dans sa mémoire, et il vous dira que Bell a tué tout le monde. Lui, il a mangé, parce qu'il avait faim, et celui qui n'a jamais souffert de la faim ne sait pas son bonheur. Il avait faim, il a mangé, la loi de la nature est aussi simple que ça. Imaginez la faim, imaginez le froid, imaginez le vide et vos entrailles se durcir.&lt;br /&gt;Personne ne le croit, sauf Polly Pry et Trey Parker, mais c'est une autre histoire.&lt;br /&gt;Polly est célèbre dans tout le Colorado. Plume acerbe et papiers controversés. Polly a fait beaucoup de recherches. Des voleurs et des assassins s'en sont sortis. Pourquoi pas un cannibale ? Elle a beau le dire, le clamer, même aux petits vendeurs de journeaux qui sont à sa porte, tout le monde s'en fiche. Il est coupable. Autrement, il serait le sixième cadavre. Autrement, il ne se serait pas échappé lors de sa première arrestation. On le juge pour le meurtre d'Israel Swan. En 1883, il sera accusé du meurtre de ses cinq compagnons d'infortune. Il y a tant à lui mettre sur le dos, dit le juge, et Dieu prenne pitié de lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Syo41RDF49I/AAAAAAAABIg/P_la29X00rY/s1600-h/alfred-packer_230_241.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 230px; DISPLAY: block; HEIGHT: 241px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5416203989627036626" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Syo41RDF49I/AAAAAAAABIg/P_la29X00rY/s400/alfred-packer_230_241.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Et puis, il faut un exemple.&lt;br /&gt;En cette année 1883, deux cas de cannibalisme sont connus, en dehors du territoire. Packer sera l'exemple, le jocker tiré au hasard. Il sera pendu jusqu'à ce que mort s'ensuive. Polly agite des papiers sous le nez des accusateurs. Ne pas oublier qu'il fut un soldat.&lt;br /&gt;On ignore si Packer remercia Polly Pry.&lt;br /&gt;Il ira en prison. Il y restera 20 ans. 20 ans à accomplir les mêmes rituels. Il deviendra végétarien. Le gardien Hoyt dira qu'il n'a jamais eu de problèmes avec lui. Et à chaque tentative de remise en liberté, Alfred dira, à chaque fois, qu'il est innocent. Qu'il les a mangé, ça oui, et d'ailleurs, il ne s'en est jamais caché. Mais jamais il n'a tué. Et les fantômes, ceux qui sont morts, ceux qui sont en lui désormais, lui pardonnent. Ils auraient fait la même chose.&lt;br /&gt;Un jour de 1901, il revoit pour la première fois le soleil américain, la main sur ses yeux, il entend les rires et les cris dans les rues. Il restera trois mois chez Polly Pry. Mais il ne veut pas rester. Il déteste Denver. Il ne sait plus rien de la vie urbaine. Il veut la liberté des collines.&lt;br /&gt;C'est dans les rues de Littleton que le soldat Packer vieillira. Les gens murmurent, sur son chemin. C'est cet homme-là qui tua et mangea ses compagnons ? C'est étrange, il est si gentil !&lt;br /&gt;Il fait assoir les enfants sur ses genoux et leur raconte le Grand Ouest. Le vieil Ouest.&lt;br /&gt;Une sacrée aventure, les enfants. Pensez à votre chance : vous êtes au chaud, à l'abri, vous n'avez pas faim. Et quand il neige, c'est important. Cela vous semble acquis. Ne soyez jamais sûrs de rien. La faim, elle, elle s'en fout. Elle ne demandera pas votre avis, elle ne vous demandera pas si c'est acceptable, valable ou normal.&lt;br /&gt;Tout ça, et les belles paroles, c'est du vent, du rien, quand on a faim. &lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***&lt;/p&gt;&lt;p&gt;A voir absolument, la comédie musicale et horrifique, un peu fauchée (pour laquelle j'ai une immense affection) de Trey Parker, l'un des papas des sales gosses de &lt;em&gt;South Park&lt;/em&gt; ; &lt;em&gt;Cannibal ! The Musical. &lt;/em&gt;Perle d'effronterie et d'humour crétin qui rappellera à tous que construire un bonhomme de neige peut s'avérer fatal. &lt;/p&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Syo4jnFYefI/AAAAAAAABIY/kHJPCEfXd9w/s1600-h/cannibal_the_musical_poster_01.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 234px; DISPLAY: block; HEIGHT: 320px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5416203686304578034" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Syo4jnFYefI/AAAAAAAABIY/kHJPCEfXd9w/s320/cannibal_the_musical_poster_01.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-6577092879223090764?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/6577092879223090764/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=6577092879223090764' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/6577092879223090764'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/6577092879223090764'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2009/12/who-will-survive-and-what-will-be-left.html' title='Who Will Survive And What Will Be Left Of Them ?'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SypsoXLi9wI/AAAAAAAABI4/yBn6Nu8XeSw/s72-c/alferd-packer-1-sized.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-5608387803386355497</id><published>2009-12-07T19:11:00.015+01:00</published><updated>2009-12-08T03:00:07.512+01:00</updated><title type='text'>Ecrin noir</title><content type='html'>Se rêver comme la Comtesse de Castiglione, Virginia, qui avait tout sauf le naturel.&lt;br /&gt;Être en représentation permanente et s'inquiéter devant le miroir, quand les premières rides font leur apparition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Sx2zGrsR3DI/AAAAAAAABII/H4Mc-TDdVfg/s1600-h/20632264_m.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 391px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Sx2zGrsR3DI/AAAAAAAABII/H4Mc-TDdVfg/s400/20632264_m.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5412679254558235698" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est ce qu'a du ressentir la belle comtesse, un froid matin de novembre, et c'est ce qui a du lui donner l'envie de briser tous les miroirs de son appartement.&lt;br /&gt;Peu importe si ces miroirs furent cadeaux d'amants, cadeaux d'amitié, offrande à sa beauté, offrande cher payée. La comtesse les a tous brisés, à coups de talons, et à coups de poing. Il fallait briser ce reflet qui n'était plus sien, puisque ces rides, elles ne lui appartiennent pas. Le marbre et l'albâtre ne se lézardent pas. Ces miroirs, on ne les traverse pas, ils ne sont que le reflet de la réalité cruelle et aussi froide que Novembre. Ils révèlent parfois plus qu'on ne le voudrait. Ils révèlent la peur et son cortège de désespoir. Elle sort la nuit pour ne pas être vue, pour ne pas présenter la déchéance qui est sienne, elle qui brillait en Dame de Coeur dans les bals. Le marbre est éternel. Une rose ne se fâne pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Sx1OOEyixYI/AAAAAAAABHw/4gJj4GRo4mc/s1600-h/nng_images.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 305px; DISPLAY: block; HEIGHT: 399px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5412568330880075138" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Sx1OOEyixYI/AAAAAAAABHw/4gJj4GRo4mc/s400/nng_images.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Une rose ne se fâne pas, mais il y a quand même du plaisir à la voir se fâner.&lt;br /&gt;Plaisir féroce. Le plaisir de ne plus avoir de force, parce que ce quelque chose est plus fort que nous, et c'est le temps qui passe, et puisqu'elle le sait maintenant, autant s'abandonner derrière les rideaux noirs et les pétales de roses qui craquent sous le talon. La comtesse pousse un grand éclat de rire et sur ses mains, le sang qui coule de ses plaies, celles qu'elle a ouvertes et réouvertes en brisant le reflet, celui qui se fâne devant le miroir, mais pas devant l'appareil. Lui, il vole. Elle pose son regard dur sur l'objectif et lui se rappellera ses yeux, et il se rappellera aussi qu'elle fut belle et désirée. Et la comtesse ne fuit jamais si on la désire. D'ailleurs, elle préfére partir plutôt que de n'être pas désirée. Et aimée.&lt;br /&gt;La comtesse se cache et se dévoile.&lt;br /&gt;Et désormais, elle sera artiste. Un coup de tête, une envie soudaine. La comtesse a toujours été capricieuse. Ces photographies seront son tombeau en plus de son nouveau terrain de jeu, et alors, elle n'a plus peur, parce qu'il n'y a aucune différence. Elle sera plus belle que jamais, plus belle même que lorsqu'elle fut mouvement, elle sera Tragédienne figée, elle sera l'oeil inquisiteur, scrutant ceux qui la scrutent, elle sera belle et vieille, fière dans la souffrance, masquée, et elle dira la vérité de son corps et de son âme, et elle sera la veuve de sa beauté, elle sera la veuve de tous les hommes et jeunes éphèbes qui furent amoureux d'elle un jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Sx1Q2NOl29I/AAAAAAAABH4/6I5pTxpscM0/s1600-h/5658738.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 211px; DISPLAY: block; HEIGHT: 299px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5412571219363224530" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Sx1Q2NOl29I/AAAAAAAABH4/6I5pTxpscM0/s400/5658738.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La comtesse est sur l'autre rive, et elle a choisi elle-même de s'y rendre. Personne ne l'y a forcée, et elle est de toute façon trop rebelle pour obéir à qui que ce soit. Solitaire à jamais, elle creuse de ses mains fines la terre. La nature ne l'aime pas, et ne l'a jamais aimée. C'est bien pour ça qu'elle ne fut jamais naturelle, mais toujours opulente et parfumée, corsetée et joueuse. De l'illusion, et ce sera tout. Elle fixe l'objectif. Elle le fixe pour qu'il se rappelle à quel point elle est à vif, à quel point elle est triste, et elle se fiche si les autres disent que c'est une maladie, d'être aussi triste. Elle n'oubliera jamais.&lt;br /&gt;Elle sait que la Mort la cueillera un matin de Novembre.&lt;br /&gt;Et tant pis.&lt;br /&gt;Tout est vain, sauf l'amour, et la fierté d'un regard âgé et brûlant, imprimé à jamais dans la rétine de l'autre, des autres. Personne n'oubliera. Mère Douleur enveloppée dans son châle pour oublier le froid.&lt;br /&gt;Au détour d'un couloir, on ne verra plus que sa longue robe. Elle s'habille de noir pour être en avance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Sx1N2H6FshI/AAAAAAAABHg/ymTwslFmm7U/s1600-h/Virginia_Oldoini_1893.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 273px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5412567919400170002" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Sx1N2H6FshI/AAAAAAAABHg/ymTwslFmm7U/s400/Virginia_Oldoini_1893.jpg" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-5608387803386355497?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/5608387803386355497/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=5608387803386355497' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/5608387803386355497'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/5608387803386355497'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2009/12/ecrin-noir.html' title='Ecrin noir'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Sx2zGrsR3DI/AAAAAAAABII/H4Mc-TDdVfg/s72-c/20632264_m.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-2244931764468772561</id><published>2009-11-15T01:58:00.022+01:00</published><updated>2009-11-24T12:23:53.803+01:00</updated><title type='text'>Syd And Me</title><content type='html'>Syd le drogué, le schyzophrène qui un jour rasa totalement ses cheveux emmêlés, Syd qui sautait partout et se brossait les dents continuellement lors de ses crises, Syd qui chantait comme un enfant, et Syd qui aimait tellement l'enfance qu'il voulait ses chansons comme des comptines tordues issues d'un monde ancien et chaotique.&lt;br /&gt;Syd le raté, qu'on a viré parce qu'il se droguait. Parce qu'il ne parvenait plus à chanter juste. Parce qu'il oubliait les paroles au milieu d'un morceau. Parce qu'il se figeait, l'esprit ailleurs.&lt;br /&gt;Parce qu'il était un peu fou.&lt;br /&gt;C'est la thèse officielle.&lt;br /&gt;Syd avait la bénédiction de créatures étranges et mythologiques.&lt;br /&gt;Lucifer Sam le chat, la mère de Matilda qui raconte les histoires, Grimble Gromble le Gnome, des clowns, la bicyclette volée qu'il ne peut pas prêter et quelques planètes.... et puis aussi l'épouvantail.&lt;br /&gt;Son double, triste et résigné.&lt;br /&gt;Ermite aux boucles brunes, de celles que les filles adorent frôler de la main. Ermite aux yeux sombres, qu'il maquille de khôl, et si les yeux sont bien le miroir de l'âme, alors celle de Syd est lasse, vieille et malicieuse à la fois. Des yeux fatigués, comme le &lt;em&gt;Piper At The Gates Of Dawn&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;Sa guitare est accordée comme il le désire. Ce désir n'est pas celui du voisin. Il hésite au moment de commencer le refrain. Il improvise. Il est dans le jeu. Personne ne comprend vraiment, sauf Grimble. On lui demande d'être plus réfléchi.&lt;br /&gt;Peu importe. Dans le jeu, malgré la souffrance. La création, et elle seule. Et Syd se marre.&lt;br /&gt;The Madcap Laughs.&lt;br /&gt;Syd n'était plus là, c'est ce qu'on nous a dit. Il était peut-être mort, le cerveau cramé par les amphétamines et ses chimères. Il s'était peut-être tué en se jetant de la fenêtre de sa chambre, à l'asile.&lt;br /&gt;Il a déserté, de cela on peut être sûr.&lt;br /&gt;Un jour qu'il n'aimait plus la vie, du moins, plus cette vie-là, il décida de ne plus répondre.&lt;br /&gt;Plus répondre aux gens, plus répondre au téléphone. Sauf à ceux qu'il aimait bien. Et encore. Mais parce que Syd est un gentil, il salue de la tête les passants qui lui disent bonjour.&lt;br /&gt;Il a du emprunter la bicyclette d'Emily ou de Jenny.&lt;br /&gt;Syd le raté, Syd qui a tout raté, même son Art. A sa sortie de l'asile, on dit qu'il continue de se droguer, on dit qu'il est bouffi, on dit qu'il regarde continuellement le même point à l'horizon, assis comme un Bouddha désoeuvré et perdu. Homme triste entouré de fleurs et d'abeilles, n'écoutant plus que du jazz parce que les dieux du rock sont morts. Il essaie de comprendre les messages codés des nuages. Sa soeur répond que ce ne sont que des nuages.&lt;br /&gt;Et Syd se marre, mais son rire est plus doux.&lt;br /&gt;Lucidité épouvantable. Se demander si l'ignorance vaut plus cher. L'anonymat et un voile de poussière pour mieux écouter le lunatique qui était dans sa tête, lui qui avait choisi le LSD pour comprendre ce qu'il ne touchait que du bout des doigts.&lt;br /&gt;Syd comme un avatar de Garbo. Lointain, la chair à vif et Lucifer Sam a du prendre le bateau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SwAWMEIJ8MI/AAAAAAAABHY/Onx3dppk0h4/s1600-h/39622224_0917_110038_SydBarrettMickRock.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 245px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5404343949366784194" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SwAWMEIJ8MI/AAAAAAAABHY/Onx3dppk0h4/s400/39622224_0917_110038_SydBarrettMickRock.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;C'est horrible que vous me voyez encore... &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Je vais être clair, je ne suis plus ici&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;Syd trop sensible et trop fragile pour ce monde. Trop bizarre pour les uns, trop puéril pour les autres. Le Génie Foudroyé, c'est ce qu'on dira de lui quand la Mort ouvrira ses bras. Il faut bien dire quelque chose. Syd s'en fout. Parce qu'il n'écrit que pour lui. Parce qu'il n'a pas été foudroyé. Pas vraiment, et pas de cette façon. Il peint et jardine, les mains maculées de peinture et de terre. Une façon comme une autre de parler, de communiquer, parce que Syd, qui a toujours été taciturne, a choisi le silence pour guérir son mal-être. Tchaikovsky se tenait la tête quand il conduisait l'orchestre.&lt;br /&gt;Syd peignait et terminait sa peinture. Il la photographiait, et détruisait l'oeuvre. Cela seul devrait être important. Le Dieu de son monde. Ce n'est pas un point perdu à l'horizon qu'il regardait, pas plus que son passé de rock-star flamboyante et déchue qui parlait aux gamins comme aux plus grands (la frontière n'existe pas), c'est son coeur sous la poussière, et ses ailes brisées, et les nuages dans le ciel. Et, caché sous un buisson, Grimble le Gnome. Reclus, il était peut-être heureux. Je voudrais dire sûrement.&lt;br /&gt;Syd le timide pouvait regarder le monde de ses yeux d'enfants et oublier qu'un jour, il fut un épouvantail. &lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;There was a king who ruled the land.&lt;br /&gt;His majesty was in command.&lt;br /&gt;With silver eyes, the scarlet eagle&lt;br /&gt;showered silver on the people,&lt;br /&gt;Oh Mother, tell me more.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Why'd you have to leave me there&lt;br /&gt;hanging in my infant air, waiting?&lt;br /&gt;You only have to read the lines of&lt;br /&gt;scribbly black and everything shines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Across the stream with wooden shoes,&lt;br /&gt;bells to tell the King the news.&lt;br /&gt;A thousand misty riders&lt;br /&gt;climb up higher once upon a time.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Wondering and dreaming.&lt;br /&gt;The words have different meanings...&lt;br /&gt;Yes they did...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;For all the time spent in that room,&lt;br /&gt;the doll's house, darkness, old perfume,&lt;br /&gt;and fairy stories held me high&lt;br /&gt;on clouds of sunlight floating by.&lt;br /&gt;Oh Mother, tell me more...&lt;br /&gt;Tell me more...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-2244931764468772561?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/2244931764468772561/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=2244931764468772561' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/2244931764468772561'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/2244931764468772561'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2009/11/syd-and-me.html' title='Syd And Me'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SwAWMEIJ8MI/AAAAAAAABHY/Onx3dppk0h4/s72-c/39622224_0917_110038_SydBarrettMickRock.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-8117400819727498630</id><published>2009-07-19T17:20:00.012+02:00</published><updated>2011-10-27T12:41:44.247+02:00</updated><title type='text'>La forêt</title><content type='html'>La forêt, c'est là que dorment les sorcières, c'est là que les écureuils font leurs nids douillets, c'est là que le Monstre peut surgir derrière l'arbre tordu, et le loup dévorer le lapin.&lt;br /&gt;Dans la forêt, les feuilles parlent, et il est très facile de les écouter, sauf si l'on est sourd, et encore. L'imagination fait le reste. En automne, elles coupent le cordon et tombent tout doucement, et peut-être discutent-elles philosophie comme dans les livres de Félix Salten, de la vie et de la mort, et du sanglot des violons, et puis, à terre, elles meurent, piétinées par les voyageurs inconscients. La chute ne tue pas.&lt;br /&gt;Dans la forêt, il y a une brise douce, celle qui fait chanter les feuilles à l'unisson avant la chute. Il y a le son de la flûte, et c'est Pan bien sûr, qui, assis sur le roc de Morgane la Fée, se convertit soudain en Maître de Musique pour l'apprendre aux plus jeunes Faunes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5360913669144232098" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SmXKlCjgwKI/AAAAAAAABEI/-ex9I_nN5Ik/s400/franz-stuck-9.jpg" style="cursor: hand; display: block; height: 400px; margin: 0px auto 10px; text-align: center; width: 366px;" /&gt;&lt;br /&gt;Il y aura toujours un petit Faune pour ne pas suivre la musique, et c'est tant mieux : il en faut toujours un, même au sein de la forêt. Il y a des enfants qui s'égarent et qui découvrent les fougères. Les fougères sont intéressantes parce qu'en plus d'avoir un nom agréable à prononcer, elles sont jolies, et ne reçoivent que peu d'affection : coincées entre deux arbres, on les ignore. Elles regardent le ciel, mais sont condamnées, le plus souvent, à regarder la terre, moite et marron, là où prennent leurs racines, là où les pieds s'enfoncent. Les arbres, la tête dans les nuages, ne peuvent pas tout voir. Et puis, il faudrait baisser la tête, et ça ne se fait pas quand on est majestueux. Le Chêne l'affirme : ne jamais ployer. Alors les fougères sont parfois les seules à voir que la Forêt est un immense cimetière.&lt;br /&gt;Dans la forêt, on peut y passer des heures. Seul, on peut choisir son rythme. Le nez en l'air, le nez sur les chaussures, le plus lentement possible. On évitera de prendre les chemins balisés, les sillons y sont trop profonds, et quand il sera l'heure de rentrer, on pressera le pas, jusqu'à en avoir mal aux cuisses. Le moindre son, derrière, est signe de danger.&lt;br /&gt;Dans la forêt, il y aura, peut-être, une rivière. Une rivière dans laquelle nagent quelques poissons auxquels on ne peut donner de noms, une grenouille, avec un peu de chance. Des herbes folles un peu partout, qui s'enlacent et quelques fleurs qui, comme les amants d'autrefois, périront d'amour. Peut-être qu'ici, Shelley, comme sur les rives de la Serpentine, est venu faire voguer un petit bateau de papier.&lt;br /&gt;Dans la forêt, les enfants joueront à cache-à-cache, hurlant jusqu'à s'en faire peur, jusqu'à ce que l'un d'eux, le malchanceux ou le plus téméraire, se fasse attraper par la sorcière qui le jettera dans son chaudron, et dans ce chaudron, un mélange de venin de serpent et de sang de colombe. Elle pensait d'abord le transformer en rat, mais elle aura plus à manger avec un porcelet.&lt;br /&gt;Dans la forêt, il y a le petit cimetière des Religieuses, ce petit carré aux tombes cassées, entre les failles d'une pierre, une fleur sauvage et rouge y grandit. Les nonnes y pleurent seules, comme elles ont toujours pleuré.&lt;br /&gt;Dans la forêt, on cherche en vain là où vit le saule-pleureur. Dans la forêt, le renard est silencieux. Dans la forêt, il y a des sons et des chansons qui rappellent le mot Jamais. Dans la forêt, les feuilles meurent et le temps n'a plus d'emprise, les souvenirs qui s'y cachent sont éternels et la forêt elle-même est peut-être un immense coeur qui bat au rythme des pas. Dans la forêt, on se souvient du cri du hibou de onze heures et l'on sourit en voyant la cheminée de la maison à travers les branches d'arbres. A minuit, on regarde à travers la fenêtre ces arbres en se demandant sur quelle branche le hibou s'est endormi. Le ciel est noir. La forêt en été brille, littéralement. La forêt est un vaste cimetière aux arbres tordus quand vient l'Hiver. Des secrets cachés et des peurs que l'on tait, et des larmes que l'on oublie de verser.&lt;br /&gt;Dans la forêt, il y a une horloge cachée parmi les arbres, étouffée, aimée peut-être, sous la végétation qui s'enroule autour de son bois ciselé. Elle s'arrête à une date, une heure, une année. Elle ne sera, jamais plus, aussi précise.&lt;br /&gt;Cette horloge s'est arrêtée, je ne suis jamais rentrée.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-8117400819727498630?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/8117400819727498630/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=8117400819727498630' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/8117400819727498630'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/8117400819727498630'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2009/07/la-foret.html' title='La forêt'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SmXKlCjgwKI/AAAAAAAABEI/-ex9I_nN5Ik/s72-c/franz-stuck-9.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-9188626475554896653</id><published>2009-06-07T02:16:00.006+02:00</published><updated>2009-06-07T03:33:43.199+02:00</updated><title type='text'>La résignation</title><content type='html'>est un mot que j'ai banni de mon vocabulaire, de mon univers.&lt;br /&gt;Ce mot n'existe pas et est remplacé par l'acceptation.&lt;br /&gt;Pas d'illusions : cette acceptation est difficile à apprivoiser. C'est les pleurs dans le noir. Ce n'est pas un travail sur soi, pas plus que le fait de l'habitude, et c'est quelque chose de bien plus fort, et de bien plus étrange, où il convient de prendre un long chemin, un couloir sombre, à peine éclairé, et de laisser derrière soi quelques petites choses. Laisser tomber ces choses de la poche. En les perdant, il faut se dire qu'on les a oubliées. C'est comme ça, on les a laissées tomber, on les a oubliées.&lt;br /&gt;Essayer de ne pas revenir en arrière parce qu'on ne se rappelle plus quelle porte au juste on a pris. Etait-ce celle de gauche, celle de droite, celle du milieu peut-être ? On balance entre les trois, tanguant sur la pointe des pieds comme sur un bateau. C'est la route épineuse qui mène à la perdition si l'on n'y prend pas garde. L'effervescence est douloureuse et le choix est obligatoire.&lt;br /&gt;Quand on prend la porte de gauche, on se rend compte qu'il aurait mieux fallu prendre celle de droite, et comme le retour en arrière n'est plus vraiment possible, on est alors définitivement perdu. Il n'y a plus que deux options : pleurer et pleurer pendant des heures en s'asseyant dans un coin, et se dire que puisque tout est perdu, autant s'arrêter là et attendre, assis comme une pauvre poupée triste, ou bien, se faire violence, se gifler violemment, et se dire qu'on ne sera pas abattu aussi vite, et on reprendra bravement le chemin, les pieds en sang sur le sable chaud du désert. On prendra cette fois la porte de droite, même s'il fallait prendre celle du milieu. Et on aura le droit de pleurer. Et on aura même l'obligation de pleurer, ou le devoir. Quelque chose comme ça. Quelque chose qui a un nom, mais on ne sait plus lequel.&lt;br /&gt;Les larmes devraient être la seule offrande aux morts, quels qu'ils soient, et ne surtout pas faire offrande, à ces morts, de la mort de l'âme et du coeur, et du désir. Ne nous excusons pas de vivre ensuite, même si l'amour mériterait la mort, même si la mort est un trou béant, une cicatrice jamais guérie, mais le trou se remplit et la cicatrice ne doit jamais guérir. Il y aura l'envie, au bout d'un moment, à la troisième ou quatrième perte, parce qu'on ne s'habitue jamais, de se laisser définitivement aller, de se laisser voguer, d'abandonner. L'anticipation est le plus terrible, le plus douloureux. Mais le futur n'existe pas, jusqu'au moment où comme Achille, on décidera que notre Mort aura plus d'importance que notre Vie.&lt;br /&gt;Ou c'est peut-être, sûrement, déjà le cas.&lt;br /&gt;Surtout, ne jamais, jamais dire "&lt;em&gt;prends mon coeur, et prends mon souffle, et prends mes muscles, et prends mes os : je n'en ai plus aucune utilité&lt;/em&gt;".&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-9188626475554896653?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/9188626475554896653/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=9188626475554896653' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/9188626475554896653'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/9188626475554896653'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2009/06/la-resignation.html' title='La résignation'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-5511999688033894900</id><published>2009-05-31T21:45:00.000+02:00</published><updated>2009-06-04T22:56:09.133+02:00</updated><title type='text'>L'idée du Pire est approximative</title><content type='html'>Plutôt que de fumer clope sur clope, j'aimerais trouver la voie de la poésie pour changer le spleen en papillons multicolores et tant pis si le papillon meurt vite, un autre prendra sa place.&lt;br /&gt;Parfois, tout n'est qu'une question de patience.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un ours en peluche, brun délavé, sur le coin du lit rose.&lt;br /&gt;Je me sens finalement beaucoup de points communs avec cette peluche élimée. Si je suis ours, j'enfilerai bien un déguisement à cette démesure, ours en peluche version géante, pour qu'on voit mieux à quel point je le suis, pour le crier, et vraiment pas pour qu'on me voit, mais pour qu'on me voit mieux, même si je me rêve souris pour passer entre les interstices, quels qu'ils soient.&lt;br /&gt;Trouver une couturière capable de me créer ça, un costume de loup, ou d'ours, tout pelucheux pour que je crève de chaud dessous, en plein soleil, et que je me rappelle que la chaleur m'agace.&lt;br /&gt;Je sortirai la main de la moufle marron et élimée et je vous la tendrai, juste pour vous dire bonjour, et vous reculerez quand en la serrant, la moiteur vous fera reculer d'un pas, avec une moue de dégoût. Les gens n'aiment pas la moiteur. Les gens biens cachent ce dégoût derrière un joli sourire éclatant de santé mais leurs pensées sont comme des bulles de savon que l'on pourrait crever à coups d'aiguille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout à l'heure, toi que je ne connais pas, tu m'as dit que tu hésitais, que tu hésitais entre deux options dans la perception que tu avais de moi, et tu t'es demandé si j'étais un génie raté ou une ado attardé, et tu te demandes si je ne fais pas exprès de dire certaines choses parce que finalement, je suis peut-être masochiste, e peut-être que j'aime le danger, ou peut-être que j'aime qu'on me crache dessus.&lt;br /&gt;J'aimerais coudre ma vie comme mille saynettes absurdes et tristes, et terribles, et surtout terribles, du terrible, j'en veux encore plus, alors que ça me fait peur, et vraiment peur.&lt;br /&gt;Et quelqu'un d'aussi ridiculement fier que moi n'admet pas ces choses. Mais la peur, c'est peut-être ce que l'on cherche, tout au fond de nous. Peut-être qu'en fréquentant la peur, on l'apprivoise et peut-être qu'ensuite, on aura moins peur. Ne servons pas de cible. Contre la terreur, les pieds dans la boue.&lt;br /&gt;Et moi je t'ai répondu, avec ce sourire d'ado attardé, mon sourire d'enfant que tu ne devines pas, que tu devais choisir la seconde option, et je t'ai répondu que tu ferais mieux de te rappeller que rien ne dure éternellement, sauf les idées, parce que l'amour de ton prochain, l'amour de ta compagne, de ton compagnon, s'étiolera au fur et à mesure, et tes amis finiront par t'oublier, et tes parents t'aiment parce que c'est comme ça, et ce qui compte c'est les idées, parce qu'une bonne et belle idée dure bien plus de deux secondes.&lt;br /&gt;L'instant. Le reste n'est qu'un souvenir dans le souvenir.&lt;br /&gt;Ai-je déjà dit que je ne voulais pas de jolies dentelles, et de jolies perles ? Moi, je veux cet animal abattu dont la dépouille fume. Un animal abattu et agneau du sacrifice, pour que quelqu'un, là-haut, où qu'il soit, le Père Créateur ou Pan qui me donne la Panique, me pardonne, à jamais, d'avoir détruit l'aube. La première Aube de ma vie.&lt;br /&gt;Je me prépare au pire pour sourire si jamais je me suis trompée, je me prépare au pire.&lt;br /&gt;Il faut toujours se frotter à la peur, et au pire. Et tant pis si on saigne tant et tant que toutes nos forces nous abandonnent.&lt;br /&gt;C'est ainsi que cela doit se passer. Toujours. Il faudrait toujours saigner, et être en état constant de douleur. Comme la Nonne dans son purgatoire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-5511999688033894900?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/5511999688033894900/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=5511999688033894900' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/5511999688033894900'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/5511999688033894900'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2009/05/lidee-du-pire-est-approximative.html' title='L&apos;idée du Pire est approximative'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-2365869962102352119</id><published>2009-05-02T21:01:00.015+02:00</published><updated>2009-05-05T15:32:15.508+02:00</updated><title type='text'>Mes petites cavités</title><content type='html'>Et c'est la nuit, et j'essaye ce jeu de l'écriture qui consiste à écrire sans filets, à attraper tous les mots qui tombent, qui ont grillé mon cerveau, et j'imagine des rats parce qu'il me semble avoir rêvé de rats cette nuit, mais finalement ils étaient réels, puisqu'ils couraient dans le grenier, ou sur le toit, j'ai levé le nez de mon livre et je me suis demandé ce qui allait se passer si jamais ils grignotaient les murs, qu'ils y fassent un trou, tous empilés les uns sur les autres, montagne vivante et frémissante, et qu'un jour en entrant dans ma chambre j'en écrase un sous ma botte, un qui s'était arraché de sa montagne de chair, s'était aventuré comme ça, juste pour voir le monde, je dirais qu'il n'avait pas à être là, peut-être que c'est ce que je me dirais, leurs pattes la nuit font comme la pluie qui tombe sur une vitre ou bien l'eau dans la gouttière, mais ce n'est pas de l'eau, c'est eux, et après avoir grignoté les murs, ils mangeront un homme, le premier qui vient, le premier homme, et l'un d'eux se lovera dans son estomac, et un autre entrera de force dans sa bouche, frottant sa fourrure sur les dents, sur la langue, aiguisant ses griffes sur le palais et il ressortira par l'orbite vide, il a dévoré l'oeil, la place est conquise. L'un des rats grimpe sur mon lit et me dit qu'il est désolé si parfois il est méchant, et je suis désolée si parfois je suis méchante mais il se peut qu'alors je vous mente, mais vous vous en fichez et moi aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me rappelle un jour être sortie dans la neige les mains dans les poches pour oublier que j'avais mal au ventre à force de ne pas crier, parce qu'il m'arrive de ne pas crier. Je suis habillée d'une peau de monstre et parfois, les gens rient, je ne vois pas ce qu'il y a de très drôle là-dedans, parce que ma peau est au moins aussi belle que la leur. Alors oui, je ne sais rien faire, je n'ai même pas le permis de conduire, parce que la seule fois où j'ai conduit, j'ai renversé la voiture dans un fossé, et puis, je ne sais pas faire convenablement la vaisselle, parce que je casse un verre à chaque fois, et je ne sais même pas m'ennuyer poliment parce que si je m'ennuie, je me dessine des moustaches de gentleman sous le nez, et je le ferai aussi si c'est vous qui m'ennuyez et alors je serais malpolie. Je ne sais pas écrire correctement, parce qu'il parait que je prends des substances illicites pour écrire (et ceci est un grave affront à mon imbécilité), et puis je suis égoiste parce que je fume et que je quitterai ce monde bien avant vous, mais mon suicide différé ne veut pas dire que je ne vous aime pas, et je suis méchante parce que je ne sais pas répondre à la gentillesse, et j'aimerais parfois que les gens, quand ça leur arrive, soient moins gentils avec moi, parce qu'après ils pensent immanquablement que je me fiche d'eux, mais c'est juste que je suis handicapée et tétanisée face à la gentillesse, je suis un ours, alors j'ai un geste nerveux et je ferme les yeux, très fort, souvent, ça explique les rides entre mes deux sourcils. C'est la faim et le refus. Ici, on fait des choses idiotes dont on retire une immense fierté, on en garde la trace et on s'entend dire qu'on était folle et qu'on ne doit plus jamais le refaire alors sauver le monde sera pour demain, et puis on fait des choses un peu moins amusantes mais on les tait dans un dernier sursaut de pudeur et c'était l'époque où on ne ressentait plus grand chose et il fallait réactiver ça et j'ai arrêté à la première douleur et à l'étonnement qui a suivi et je suis désolée d'avoir oublié le goût des crêpes de Grand-Mère.&lt;br /&gt;Demain soir, minuit, deux heure du matin, les rats se promènent encore dans le grenier et sur le toit, c'est une masse noire et informe, elle crache dans le trou creusé, elle se love dans votre estomac et vos orbites.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-2365869962102352119?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/2365869962102352119/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=2365869962102352119' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/2365869962102352119'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/2365869962102352119'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2009/05/mes-petites-cavites.html' title='Mes petites cavités'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-6249338130075147518</id><published>2009-02-09T17:33:00.010+01:00</published><updated>2009-02-10T02:01:37.281+01:00</updated><title type='text'>La petite fille qui mangeait la terre</title><content type='html'>La petite fille qui mangeait la terre, je l'ai connue dans le passé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est une histoire du passé. C'était à l'école primaire, avec les religieuses et leurs longues robes noires qui soulevaient la poussière. Quand on est petits et en groupe, on aime bien nous donner des surnoms. C'est plus facile pour nous ranger dans une petite case, après. Il y a le gourmand qui comme Alceste, ne vous donnera jamais un morceau de son goûter, l'effronté, la coquette que l'on reconnait vite parce qu'elle minaude, la pragmatique. Les adultes aiment à nous coller des étiquettes. Soeur C. disait de moi que j'étais la rêveuse. Mes cahiers étaient toujours remplis de petits dessins. Mais au moins, ajoutait-elle, je n'avais pas une cervelle d'oiseau. J'étais contente qu'elle le dise, parce qu'elle était avare de compliments. Et puis, il y a toujours l'enfant seul. C'est une constante : dans toutes les écoles primaires, vous trouverez ce petit bout d'homme, ce petit bout de femme, qui erre solitaire et sans amis. Et moi, j'avais beau avoir la tête dans les nuages, je les remarquais toujours, ces enfants-là. Même quand ils se faisaient le plus discrets possible et même si au final, ils étaient nombreux, les enfants à être seuls.&lt;br /&gt;Moi, je n'avais pas besoin de beaucoup d'amis. Quand je rentrais, il y avait mon frère. Un an à peine d'écart et alors on n'est jamais seul. Et quand il ne voulait pas jouer, j'appelais ma voisine. Et quand elle ne voulait pas jouer, je courais avec le chien. Et quand le chien était fatigué, j'apprenais à jouer seule. J'ai peut-être appris ça plus tôt que le reste. Quelqu'un me racontait ce que l'affreux Karl avait fait pendant la récré, j'écoutais poliment et mon esprit s'envolait. Je me racontais des histoires. Je me souviens d'une rêverie, plus forte que toutes les autres que j'ai oubliées, où il me poussait soudainement des ailes, et je m'envolais de la cour, et les enfants demandaient où j'allais, et je ne leur disais rien, je m'envolais, très loin. Je pensais aussi au dernier jouet que j'allais avoir. Et me raconter des histoires pendant que l'on me parle, malheureusement, c'est toujours le cas, avec 20 ans de plus. Et puis, si ce n'était pas la belle histoire de Karl s'étalant de tout son long dans la boue, ça n'était pas très intéressant. Vraiment pas. Alors quand je jouais aux billes, où j'étais très douée (sans orgueil aucun, c'était le seul jeu où je me félicitais de mon adresse), je regardais toujours l'enfant solitaire, assis pendant que les autres jouaient.&lt;br /&gt;L'une d'elle était blonde avec de grands yeux bleus, diaphane, tellement grande pour son âge... Cette petite fille avait la peste. La toucher, la frôler, c'était frayer avec le Diable. Eux, ce sont des enfants biens, ils ne sont pas amis avec les enfants sales, les pauvres, les imbéciles. On disait qu'elle avait des manies étranges. On disait tellement de choses.&lt;br /&gt;Pour certains, j'éprouvais un peu de compassion. J'étais ce genre de petite fille totalement effrayée parce qu'un autre pleurait quand sa maman l'abandonnait à l'école. Je n'oublierais jamais ce petit garçon à lunettes qui s'aggrippa a la grille en criant son déséspoir. Je me souviens que beaucoup riaient. D'autres se taisaient. J'étais muette, moi aussi, et je me contentais de le regarder. Aujourd'hui, je me dis que j'aurais pu, que j'aurais peut-être du, aller le prendre par l'épaule. Je ne l'ai pas fait. Je me suis retournée et je suis partie. Il est resté seul. Mais parfois, je les invitais à venir jouer. Mais là, nulle compassion. Je connaissais l'abandon. Je me sentais parfois investie d'une mission. Les autres, ils ne te regardent pas, t'ignorent, t'es pas assez bien pour eux, ou je ne sais quoi d'autre, mais moi vois-tu, je vais te regarder et même toucher ton bras, et te parler. Et je sais que j'aurais détesté que tu me rende la pareille.&lt;br /&gt;Et puis il y a les autres.&lt;br /&gt;Mais la petite fille, parfois, elle souriait. Je l'entendis rire le jour où je mis mon poing dans la figure de Sandrine Quelque chose, la fille du boucher, le jour de la kermesse. Une pimbêche sans grand interêt. Punition et direction le couvent. J'entendis Soeur C. dire à Madame J. et à ma mère que c'était une bonne leçon pour la pimbêche, quoique la violence était à bannir. Maman disait que j'avais hérité de son comportement bizarre. C'était inquiétant. Un jour béni, un autre jour, en plein soleil, je m'arrête pour la voir ramasser de la terre. Cette poignée de terre, elle la porte à sa bouche. Peut-être que chez elle, elle ne mangeait pas à sa faim, ou bien alors, elle tentait une expérience, en plongeant ses mains dans la terre, avec une joie non feinte. Une amie qui observait la scène avec moi lâcha un "&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;mais &lt;/span&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;elle est dégeulasse !&lt;/span&gt;".&lt;br /&gt;Hé bien non. La petite fille blonde aux mains pleines de terre, à cet instant, elle était sublime. J'étais le témoin d'une vision formidable, digne des horreurs que l'on nous racontait dans la Bible, le samedi matin. Si je ne l'avais pas vue manger cette terre, accroupie et l'air sérieux, je ne l'aurais jamais approchée. C'est une sorcière ! chuchotait une voix derrière. Les sorcières, on connaissait bien ça, dans le coin. Jamais on ne parla de ce qui faisait nos vies, en-dehors de l'école. Je me demandais quand même où elle vivait, comment c'était quand elle rentrait chez elle. Mangeait-elle de la terre et des vers dans une assiette en porcelaine ? Qu'elle mange de la terre ou des sucreries, c'était pareil, même si manger les vers l'aurait parée d'un halo inhumain qui me plaisait. Et moi, je voguais entre mes amis parfaits qui faisaient des croche-pieds à ceux qui ne l'étaient pas, et mes amis imparfaits dont les paupières cachaient plein de rêves et de terreur. Parfois, ses vêtements étaient tachés. Il était facile de comprendre, en voyant sa mère, que celle-ci ne se souciait pas de lui offrir des vêtements propres. Un jour, cramponée à la grille, à la sortie, je lançai à cette mère indigne un regard noir, le plus noir que je pouvais donner. Enfant polie, c'était ma seule arme, contre cette femme trop maquillée. Moi, j'avais une maman aimante et peut-être un peu trop maternelle - mais ça valait mieux qu'une maman de ce genre -, et je m'étonnais le soir, parce que je ne savais pas encore que ça m'offusquerait, en lui disant à ma maman que c'était bien étrange, que d'autres enfants n'en aient pas, de mamans. Et la mienne de mère, elle se contentait de hocher la tête, l'air triste. Et je sais bien pourquoi, maintenant. Son rêve d'enfant un peu folle, à elle, c'était d'adopter tous les miséreux de cette terre. Elle manqua réussir.&lt;br /&gt;Et le dernier jour, mon amie diaphane s'en alla. Elle partait ailleurs. Où, je ne l'ai jamais su. Elle m'offrit un soir avant qu'elle s'en aille, un petit carré de tissu, qu'elle avait découpé dans une robe ou un grand ruban, à coups de ciseaux crantés.&lt;br /&gt;C'était un cadeau gratuit, misérable, magnifique. Elle est sortie, son cartable trop grand sur les épaules, avec un dernier signe de la main, et un tout petit sourire.&lt;br /&gt;Le petit mouchoir rose aterrit dans la boite à trésors, celui qui est devant mes yeux. Sur ce morceau de tissu, une poussière, un regret : celui d'avoir oublié le prénom de la petite fille blonde.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-6249338130075147518?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/6249338130075147518/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=6249338130075147518' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/6249338130075147518'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/6249338130075147518'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2008/11/la-petite-fille-qui-mangeait-la-terre.html' title='La petite fille qui mangeait la terre'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-6797623326509602796</id><published>2009-01-31T16:37:00.013+01:00</published><updated>2009-01-31T19:12:26.583+01:00</updated><title type='text'>A l'infini</title><content type='html'>Devant certaines oeuvres, je ressens parfois le syndrome de Stendhal. Des images qui en clin d'oeil, émeuvent inexplicablement. Elles donnent cette sensation de dédoublement, comme si l'âme soudain, avait quitté le corps, cette sensation proche de l'évanouissement. Ou alors beaucoup plus cru, cette sensation de l'effort physique accompli sans rien dans le ventre. Je suis peut-être fragile et alors, je ressens ce fameux syndrome, peut-être pas aussi violemment que Stendhal lui-même, ou que Ruskin à Venise, et je fais mentir Stendhal, ce n'est pas que devant des oeuvres italiennes, oh non.&lt;br /&gt;Pour le reste, quasi - mutisme. Tout est connu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5297483551570684130" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 237px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SYRxOQ7YaOI/AAAAAAAAAxs/NRx5IuXiiL8/s320/08-Desiree-Dolron-Xteriors-I.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Promenade dans le château, un château encore plus gris que d'habitude aujourd'hui, à cause de la pluie qui tombe et tombe, coule dans la gouttière et coule sur la vitre de la fenêtre et avec le gris, un arc-en-ciel.&lt;br /&gt;Celle qui s'est déjà promenée sans d'autre raison que se promener, sans d'autre envie que de dérouler les fils de l'imagination et parfois, pour calmer l'espace d'un instant la violence, sait alors que l'on peut marcher encore comme ça pendant des heures et des heures, et que si l'on rencontre des gens, soudain entourée, et même entourée, et même à parler, on se rend compte qu'on est seule et on sait que ce que l'on dit là n'a même pas d'importance, parce que ce n'est pas dit avec fièvre, et parfois au détour du couloir que l'on emprunte quand on a préféré fuir, on rencontre quelqu'un qui nous ressemble et on a l'envie de toucher son épaule pour lui dire qu'on est là. Même si il ou elle s'en fiche. Et alors, quand on se rappelle une phrase de cet auteur jamais lu, parce qu'on n'a lu que cette phrase, et juste par hasard, et c'est sûrement un drame, on comprend ce qu'est l'amour, et que &lt;em&gt;c'est aimer quelqu'un plus que soi&lt;/em&gt;, et quand cette vérité frappe le coeur, alors on peut faire table rase. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;On pourra ensuite aller dehors, voir comment poussent les arbres. Grand-Mère, il fallait m'apprendre à semer des graines au pied de cet arbre pour voir les fleurs s'épanouir en été comme tu avais promis, mais tu as oublié, à moins que moi, j'ai oublié avant toi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5297484756255700226" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 214px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SYRyUYuq9QI/AAAAAAAAAx0/1zx5TMx3QUw/s320/06-Desiree-Dolron-Xteriors-VII.jpg" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;Et il pleut. Encore plus fort. Bruine et ondée, comme disent les poètes.&lt;br /&gt;De longues heures à déambuler dans le Labyrinthe intérieur, à regarder la fenêtre, à jouer au plus vieux jeu du monde qui s'appelle &lt;em&gt;Make Believe.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Et quand il fait gris dans le Grenier, on se dit que la meilleure chose à faire est d'aller chercher des seaux dans la cave, et puis des bols et de jolis pots en faïence, pour recueillir les gouttes d'eau. Et quand il fait gris, le labyrinthe peut parfois se transformer en prison.&lt;br /&gt;Mais je préfère mon Labyrinthe qui parfois devient Prison, à une cage dorée dans n'importe quelle place heureuse de ce monde.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-6797623326509602796?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/6797623326509602796/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=6797623326509602796' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/6797623326509602796'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/6797623326509602796'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2009/01/devant-certaines-oeuvres-et-parfois-non.html' title='A l&apos;infini'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SYRxOQ7YaOI/AAAAAAAAAxs/NRx5IuXiiL8/s72-c/08-Desiree-Dolron-Xteriors-I.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-1128856519211038074</id><published>2009-01-17T18:13:00.004+01:00</published><updated>2009-01-25T00:56:23.448+01:00</updated><title type='text'>Je veux des Monstres...</title><content type='html'>et rien que des Monstres.&lt;br /&gt;Je ne veux pas de Monstres gentils qui me prennent sur leurs épaules dès le premier jour.&lt;br /&gt;Je ne veux pas de Monstres qui comprennent tout et offrent un mouchoir au second jour.&lt;br /&gt;Je ne veux pas être un objet vers lequel on vient. Je veux être suffisament interessée et intriguée pour aller vers eux.&lt;br /&gt;Je ne veux pas que celui-là ait un cornet de glace à la main, je veux qu'il ait des ciseaux.&lt;br /&gt;Je ne veux pas que cet autre me dise que tout ira bien, mais qu'il me dise que rien n'est figé.&lt;br /&gt;Je veux qu'il dorme sous le lit et qu'il tape contre le matelas si je remue en dormant.&lt;br /&gt;Je veux de grands Monstres poilus, à cornes, une au milieu pour celui-là, deux sur chaque tempe pour cet autre, tête de chèvre ou de dragon et queue de lion, queue de poisson, et dents de loup, bariolés ou terreux, noir comme Satan. Je veux des Monstres.&lt;br /&gt;Une fantaisie.&lt;br /&gt;Pan et une armée de faunes. Des hommes-animaux et des chèvres pour jouer au bouc-émissaire. Et entrant en ville, ils détruiraient tout. Il y aurait peut-être une licorne, qui attirerait à elle toutes les petites vierges. Elle leur raconterait une histoire, parce qu'elles sont rares, les mamans qui racontent des histoires à leurs enfants. On m'a dit qu'il y en avait. Peut-être.&lt;br /&gt;Je veux des Monstres qui me fasse peur à la première rencontre, et qui me fasse rire à la seconde, et auxquels je m'attache à la troisième et à jamais.&lt;br /&gt;Je veux des Monstres qui lorsque je partirais, menaceront de me dévorer parce qu'ils seront tristes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5290432729170695938" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SWtkiYpR1wI/AAAAAAAAAtc/cnltZv-k2CI/s400/2u7rlzm.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5290432808147759170" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 274px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SWtkm-24MEI/AAAAAAAAAtk/9hQjIEskvpk/s400/wheretehwildlatimes.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5290435585926490242" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 225px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SWtnIq476II/AAAAAAAAAt0/buLBT5JUWGg/s400/_11974077361152.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Dernière fantaisie qui n'est pas de moi. Je le déplore. Spike Jonze et le petit Max de Maurice Sendak, qui est déjà venu me visiter à &lt;a href="http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2007/06/where-wild-thing-are.html"&gt;cet endroit&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;Juste envie de poster ces images, en plus du reste.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-1128856519211038074?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/1128856519211038074/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=1128856519211038074' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/1128856519211038074'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/1128856519211038074'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2009/01/je-veux-des-monstres.html' title='Je veux des Monstres...'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SWtkiYpR1wI/AAAAAAAAAtc/cnltZv-k2CI/s72-c/2u7rlzm.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-3428441057179292178</id><published>2009-01-17T17:12:00.020+01:00</published><updated>2009-01-19T01:14:02.609+01:00</updated><title type='text'>Ils sont drôles,</title><content type='html'>ces besoins d'écrire.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Un besoin viscéral de crier quelque chose, de l'écrire en appuyant fort sur la mine. Et puis, rien ne se passe. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Rien, le néant, nada et zéro. Alors que ça tape derrière les tempes et derrière la cage thoracique et la main qui sert le crayon jusqu'à la douleur. D'habitude, c'est comme ça que ça marche. Et pourtant, rien ne se passe, comme si toute la sève avait été happée, ou pire, arrachée de mes entrailles. Les Dieux m'ont exaucée quand j'ai demandé un peu de repos. Les Dieux ne veulent pas me rendre mon fardeau. Est-ce Pan ? Ils m'ont enlevé les mots et l'urgence et il n'y a plus que ce vide, celui où on est perdu et où on se noye et que l'on essaye désespérement de combler. Parce qu'il doit bien y avoir un moyen. On m'a dit qu'il y avait toujours un moyen. Où mon regard se pose, je ne vois que tristesse et mort possible ou certaine, et puis...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ces deux photographies de Bernd Preiml me ramène dans le Grenier. Sans lui, je sais bien comment se serait terminé l'histoire, le grand plongeon dans l'eau glacée. Elle doit être glacée à cette époque de l'année. J'aime bien ces fins comme un uppercut. Au moment où l'on s'y attend, c'est la dégringolade assurée.&lt;br /&gt;Et donc, une vieille maison, et une autre jumelle, certes moins importante que cette autre, qui s'appelle Merricat Blackwood. Elle vit dans la lune elle aussi, elle sait parler aux animaux, et surtout aux chats, elle connait les poisons comme sa poche, et la nuit, elle se transforme peut-être en loup-garou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5292299401425588114" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 198px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SXIGRAr8D5I/AAAAAAAAAv8/gpYfiWOTX3I/s320/2787665817_23c457fdbe.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Merricat ressemble à elle. Et la maison-château, avant qu'elle ne brûle, ressemblait à ça. Les photographies des vivants et des morts sur le mur, quelques fantômes pour nous serrer la main en guise de "bon réveil" plutôt qu'un "bon jour", et puis l'animal empaillé. Je ne sais plus si chez Merricat, il y avait cet oiseau, mais chez moi oui. Et il me faisait peur, la nuit venue. Je ne sais plus de qui venait ce cadeau. Peut-être qu'au moment où la lune l'éclairera, il se mettra à vivre. Peut-être n'a t-il besoin que du regard pour s'éveiller. Tous ces rapaces aux multiples couleurs, prêts à fondre sur moi, et leurs ombres m'enveloppent.&lt;br /&gt;&lt;p&gt;Je me rappelle le plaisir qu'il y a à ne pas sortir. Ne plus sortir. Rester là. A jamais peut-être. Je ferme le soir venu la porte à double-tour. J'aimerais parfois ne jamais la réouvrir. Sauf pour les promenades en forêt. Ou ailleurs, quelque part, là où le cerveau se consume, si c'est encore possible ailleurs qu'ici. J'ai des rêveries dans la tête. Ne pas souhaiter la bonne année, parce que je m'en fiche. Merricat a souvent l'envie de cracher sur les gens. Mais comme elle est bien élevée, elle se contente de les tuer en imagination. Et elle a le coeur soudain bien léger, d'avoir exterminé tant de gens. Ils peuvent bien continuer à chantonner sur son chemin, cette comptine jolie et cruelle, ou a la forcer à les regarder, ils n'existent plus. Et il n'y a rien de pire pour ces gens-là, que de parler dans le vide, sans une oreille pour y deverser leur fiel. Ca les énervent. Surtout les adultes. Les enfants oublient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merricat, une fois qu'elle referme les portes de la maison, sur elle et sur Constance, elle sourit. Elle la prend dans ses bras et lui dit combien, désormais, elles seront heureuses. Cette petite dame dit que Constance est jolie, et jeune, qu'elle mérite un renouveau. Elle mérite de sortir et de voir du beau monde, et de tomber amoureuse, parce qu'elle tombera obligatoirement amoureuse. Quand je regarde cette femme qui me dit ça, elle tombe raide morte. Ce qui est dommage, vraiment dommage, c'est qu'elle ne le sache pas.&lt;br /&gt;Drôle de rêve, cette nuit. J'étais bien. Je marchais seule, les pieds nus dans la braise, et tout était néant. Ca ne changera pas grand-chose au monde du dehors, celui que certains appellent le réel. Dans ce néant, je perdrais au passage quelques petites choses que j'aime. C'est comme dans les jeux de hasards. Rien ne va plus. Malgré le courage et toutes ces idioties, vomir ces mots. Et avoir peur d'aller se coucher, ensuite.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et alors ? C'est la vie.&lt;br /&gt;C'est la vie disait ma grand-mère. Une espèce de résignation que j'aimais bien. Parce que j'étais cruelle, j'aimais bien la voir s'assoir sur son lit et dire "&lt;em&gt;c'est la vie&lt;/em&gt;". Et elle regardait par terre. C'est la vie et c'est ainsi. Le découragement - le désespoir - dans toute sa splendeur et j'ai onze ans.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-3428441057179292178?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/3428441057179292178/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=3428441057179292178' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/3428441057179292178'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/3428441057179292178'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2009/01/ils-sont-drles-ces-besoins-dcrire.html' title='Ils sont drôles,'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SXIGRAr8D5I/AAAAAAAAAv8/gpYfiWOTX3I/s72-c/2787665817_23c457fdbe.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-6689224859089762121</id><published>2009-01-08T02:06:00.013+01:00</published><updated>2009-01-09T02:36:34.661+01:00</updated><title type='text'>The Nobodies</title><content type='html'>Et comme les chats errants, et comme les enfants aux oreilles de lapin et la pluie qui tombe. Si je pouvais décider du temps, la pluie tomberait tous les jours. &lt;div&gt;&lt;div&gt;Certains trouvent certaines choses très laides. Peut-être qu'à travers la pluie, ils verraient la beauté dans l'horreur. Et l'horreur dans la beauté. Comme un tourniquet. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;A Xenia, le cyclone a tout détruit. &lt;em&gt;The worst disaster I've ever seen&lt;/em&gt; dit Nixon. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Et le cyclone, une fois passé, ne signifie pas toujours Renouveau. Quand le cyclone passe, on n'a parfois plus assez de force pour continuer à faire semblant, faire semblant pour que le voisin sache que non, on n'a pas perdu notre courage, on est toujours aussi valeureux qu'avant. Ca peut arriver dans les bons jours. Et puis, il y a les mauvais jours, et quand le cyclone passe dans ces mauvais jours, les épaules s'affaissent et c'est le signal pour le voisin : je n'ai plus de force. Abandonne-moi là.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Alors à Xenia, ceux qui étaient dans les bons jours sont partis. Partons vers l'ouest et recommencons, Avant désormais, c'est une page blanche, amputée de quelques années. Oublions. Ceux qui ont une voiture sont partis, et ceux qui ont une famille sont partis, et ceux qui avaient mieux à faire sont partis. Ils sont tous partis après avoir vu la fille et son crâne brisé. Ils sont tous partis, sauf la lie de l'humanité. Les laissés pour compte, les laids, les ratés, ceux qui avaient tout perdu, bien avant que le cyclone passe, et les déficients, les albinos et les tueurs de chats errants. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5288728965016781138" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 180px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SWVW-QklAVI/AAAAAAAAAsM/RSI54pme6S8/s320/gummo_nett.jpg" border="0" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Alors à Xenia, on passe le temps comme on peut. Ici, c'est l'un des cercles de l'Enfer. Xenia est à jamais condamnée. On y nait, on y vit, on y meurt. On ne s'échappe pas, sauf en faisant des bulles dans le bain. C'est la ville que les gens biens contournent pour ne pas avoir à la traverser, et pour ne pas avoir à voir ces gueules sales, ces incultes qui y promènent leur spleen. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Un chat mort, deux chats morts, tuons ce troisième et emmenons-le chez le boucher. Il faut bien manger, et en plus, on sera payé. Et cet autre, pour être payé, réellement celui-là, prostitueras sa fille handicapée. C'est outrageant, et alors ? Il se peut qu'elle ne se rende même pas compte de ce qui se passe. Il se peut. Les deux soeurs, jumelles aux cheveux presque blancs ont perdu leur chatte noire. Lui pleure dans les bras de cet homme à côté de lui, cet homme qui comme Sammy Davies Jr, cumule les tares : nain, juif, gay et noir. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5288729111293687586" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 178px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SWVXGxftdyI/AAAAAAAAAsU/3pUA33dMPUY/s320/gummostill.jpg" border="0" /&gt;Dans la rue, des détritus. Des petits vélos renversés sur le trottoir. Un gamin, le nez dans sa colle forte. Un autre montre fièrement ses muscles. Ces deux autres encore, mini cow-boys de Babylone, éructent et cassent tout dans la décharge. Et le petit bonhomme avec ses oreilles de lapin et son torse maigre, qui semble ne pas avoir mangé depuis des jours, et qui urine sur les voitures et joue de l'accordéon, et donne des coups de pied sur le grillage. Muet à jamais peut-être, tremblant de froid, sa cigarette entre les doigts. Il tremble de froid, ou il tremble, parce qu'il est à jamais le témoin de ces âmes mortes et endormies, qui ne savent pas où elles vont, ce qu'elles veulent, qui survivent sans en avoir vraiment l'envie. Et ça, c'est pire que tout. Manquer de désirs, mourir.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Et voilà qu'il ne se passe rien. C'est comme dans la vie, ou dans certaines vies, de certaines personnes. Une vie avec plusieurs chapitres, certains sont plus ennuyeux que d'autres. On aimerait les passer plus vite, comme on tourne plus vite les pages d'un roman. On ne peut pas. C'est rageant. Beaucoup de gens pensent que leurs vies sont bien remplies, mais ils ne se sont pas réveillés du rêve qu'ils vivent. Et quand ils se réveillent, c'est pire. Ils pleurent. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le petit bonhomme aux oreilles de lapins sait vivre, et il sait rêver. Pour preuve, il meurt sous une rafale de balles imaginaires. Réalité, imagination. Le milieu n'existe pas, et le milieu n'est pas toujours juste.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5288728769680922226" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 162px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SWVWy444VnI/AAAAAAAAAsE/7f-IOy5bGIw/s320/gummo1.jpg" border="0" /&gt;Dans le misérabilisme, il y a parfois de la beauté, surtout quand on ne vous fait pas l'offrande d'un mouchoir parce que vous allez pleurer, ou parce que vous allez hurler, tout ça c'est trop moche de toute façon, on ferme les yeux. Les Sans-Nom sont déséspérement humains. Les gueules fracassées, et grand-mère sur son lit d'hôpital qui ne vit plus alors même qu'elle respire, et la prostituée attardée dans son lit, avec sa jolie robe blanche, elle ressemble à une Princesse abandonnée d'un conte qu'on ne raconte plus, les midinettes blondes se collent du scotch sur leurs tétons de gamines et oublient le grand méchant loup, du noir sur une peau d'ivoire, et cet autre casse les chaises pour combler le vide de son âme, parce que presque tous ici, n'ont plus que la violence pour dire les choses, et cette étreinte entre deux âmes et l'une finira en larmes, c'est laid, c'est beau, et ça touche le coeur, et seulement si on a été perdus une fois dans ce qu'on appelle la vie réelle. Si les autres vomissent, quelle belle affaire. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5288729245408719442" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 207px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SWVXOlHOclI/AAAAAAAAAsc/EYAC5cM3XDk/s320/GummoTubColor.jpg" border="0" /&gt;Qu'ils vomissent. Ce sera l'épine dans leur coeur, quand d'autres auront l'envie qu'il pleuve encore un peu plus. Petite, quand il pleuvait, je pensais que Dieu pleurait et je regardais le ciel. Il pleure devant le coeur tordu et stérile des hommes, des femmes, marionnettes ridicules, et des chats crevés, et des enfants perdus, et surtout de ces deux derniers, parce qu'il n'y a plus de différences entre un chat errant bientôt mort, et un gamin perdu. Oui, Dieu pleure sur les erreurs et les regrets et les coeurs qui ne sont plus émus de rien, l'Enfer sur terre et le Diable est en première classe. Dieu a expérimenté, comme d'autres essayent d'expérimenter les mots, la caméra, et leurs pensées. Il y a parfois des échecs. Il y a surtout des échecs. Les échecs et les histoires sans queue ni tête, qui pourtant tendent le fil imaginaire sur lequel marcher en funambule. Comme toujours. Capharnaüm désenchanté, tendons vers le chaos plutôt que l'ordre. Pas parce que c'est plus drôle. Mais peut-être y a -t-il plus de place. Pour le coeur, et pour ouvrir les bras à l'autre, pour se rappeler que le banal peut être beau, comme le disait Diane Arbus, parce qu'il y a parfois des éclaircies, des vraies, de celles qui font rire. Quand il n'y a plus rien d'autre à faire, que le désespoir alentour, et le désespoir égoiste, font mal, et qu'on n'a aucune explication à donner, il n'y a plus que deux solutions. Se cacher les yeux, boucher ses oreilles et fermer la bouche, ou trembler encore un peu plus, sous la pluie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object height="344" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/35Hg8bIFu-A&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/35Hg8bIFu-A&amp;hl=fr&amp;fs=1" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-6689224859089762121?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/6689224859089762121/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=6689224859089762121' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/6689224859089762121'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/6689224859089762121'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2009/01/nobodies.html' title='The Nobodies'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SWVW-QklAVI/AAAAAAAAAsM/RSI54pme6S8/s72-c/gummo_nett.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-2080856002028765771</id><published>2008-12-11T02:18:00.011+01:00</published><updated>2008-12-12T17:31:02.551+01:00</updated><title type='text'>Marius Jacob...</title><content type='html'>Né Alexandre Jacob, s'en alla d'une très belle façon : au moment où il l'avait décidé. De la morphine dans le corps, pour lui et pour le chien. Avant cela, il écrivit un petit mot pour dire à ses amis qu'ils n'avaient pas de soucis à se faire, puisque la vaisselle était faite et le linge repassé, il suffisait de trouver les deux bouteilles cachées pour boire à sa santé.&lt;br /&gt;Une phrase d'un prêtre, un prêtre qui s'est déjà promené ici et qui a les traits imaginaires de Grandier, me fit réfléchir pendant des semaines. Cette phrase était : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;quand Soeur M. a quitté son corps&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Ce prêtre béni n'avait pas dit que Soeur M. était décédée. Il n'avait pas dit que Soeur M. était morte et que son corps servait de garde-manger et de maison de fortune aux vers. Il avait juste dit que Soeur M. avait quitté son corps.&lt;br /&gt;Nulle fatalité ! Soeur M. a décidé de quitter son corps. Après tout, elle n'y voyait plus grand chose, derrière ses lunettes à montures noires, elle tremblait quand elle offrait des bonbons, son sourire aussi, il tremblait. C'était une vieille carcasse, et le plus ennuyeux est qu'elle devait trainer cette carcasse lente et rouillé, alors que son cerveau, lui, bouillonait, sautillait de tant de vivacité.&lt;br /&gt;Alors moi me dis-je, tout cela était fort simple. Soeur M. en avait eu assez de sa carcasse. Tous les matins, elle la rabrouait sûrement. Cela ne pouvait plus continuer ainsi. Il est intolérable que le coeur et l'âme rajeunissent quand le corps décide de suivre la nature. Alors Soeur M. avait décidé d'en finir. La seule chance (ou malchance) de Soeur M. était sa foi. Elle savait parfaitement quel chemin elle allait prendre, quand elle aurait décidé de quitter son corps. Droit vers la lumière et le sourire du Bon Dieu qui lui ouvre les bras. Je ne verse qu'une seule larme pour Soeur M. : elle ne s'est pas posée de questions.&lt;br /&gt;Marius / Alexandre avait du penser la même chose que Soeur M.&lt;br /&gt;Et d'autres après eux, se poseront la même.&lt;br /&gt;Partir pour de mauvaises raisons, voilà qui met le coeur au bord des larmes.&lt;br /&gt;J'ai longtemps cru que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Drowning Man&lt;/span&gt; était dédié à Shelley, qui lui, eut une belle mort. Les poumons pleins d'eau et un recueil de Keats dans la poche, surpris par la tempête et rejeté par la mer. Rêvons tous à une mort aussi violente et solitaire. Pas d'humains pour assister au trépas.&lt;br /&gt;Mais non, non. Et non, appris-je plus tard. Cette chanson était dédiée à mon double de papier. Il parait qu'elle est le double de plusieurs vieilles femmes, jeunes femmes, jeunes filles, et même de certaines qui ne sont pas encore nées ; ces femmes-là, à mes yeux, n'existent pas.&lt;br /&gt;Fuchsia d'Enfer se tient, pendant que l'eau monte, à sa fenêtre. Elle tend la jambe et rencontre le vide. Quelle enfant ne s'est pas tenue au dessus du précipice pour y plonger ? Certaines n'ont pas plongé, mais leurs âmes se sont envolées par cette ouverture et leurs âmes, qui doivent être comme une légère fumée grisâtre, survolent le pays pour s'écraser à l'endroit choisi. S'y écraser ou s'y déposer, il n'y a pas tellement de différences.&lt;br /&gt;A 10 ans à peu près, une vieille tante m'annonca mon décès. Elle le lisait dans les cartes de son jeu de tarot. Elle me dit que ma mort serait violente, et j'aurais 24 ans. Personne ne s'en offusqua. Ou plutôt, personne n'y fit attention. Cette tante me lança la carte du Diable et me dit "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;voilà ! c'est ta carte&lt;/span&gt;"&lt;span style="font-style: italic;"&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;Je pris la carte, sans comprendre.&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;Je ne suis pas morte à 24 ans, mais peut-être a-t-elle fait une erreur de chiffre. A 24 ans, en m'observant dans un miroir, je me dis que j'avais battu la Mort. Pour cette fois. Et ça me fit rire, parce que c'était stupide de prêter attention aux mots d'une vieille tireuse de cartes, et s'il y a bien quelque chose que l'on ne bat pas, c'est la Mort. Tout au plus gagne-t-on une course. Mais c'est vraiment du vent. Le Fou avait raison.&lt;br /&gt;Fuchsia meurt de manque d'amour, dit-on. Si seulement ! Fuchsia meurt parce qu'elle a prématurément vieilli. Elle a cadenassé les portes de sa géographie intérieure. Pas de nourriture pour celui qui est affamé et il se déssèche. Il faut une certaine dose de courage pour se dire que les portes fermées finissent toujours par s'ouvrir, d'une façon ou d'une autre, plus tard. J'ai une nette tendance à pousser et claquer les portes, dans ce monde que l'on dit réel. A croire que j'ai le Diable, ou peut-être un Ange, à mes trousses. Je tapote tout doucement à la porte dans le vrai. Et si l'on n'a jamais tricoté dans ce monde qu'on dit réel, on tricotera dans le vrai. Et mieux ! Après quelques hésitations, on découvre avec une pointe de fierté et d'étonnement mélangés que l'on est la plus douée des tricoteuses. On est Arachnée. Les cheveux se lèvent, et c'est de la magie, chaque mèches est patte d'araignée. Les cheveux se glissent sous les portes, dans les armoires, à travers le miroir. Et on tricote, tricote. Et on se rappelle, on reprend possession de tout, et on est reine. Fuchsia a oublié pour un court moment de tricoter. Mais voilà ce qui se passe, quand l'âme est atteinte. On ne retourne jamais en arrière, oh non ! on prend juste une autre porte en suivant une mèche de cheveux. On y va sans un mot,  il faut l'ouvrir. Comme je lui en ai voulu, à mon double, d'avoir joué, et de ne pas m'avoir attendue pour que je lui donne une bonne raison pour, non pas rester, mais jouer à autre chose. Dans ce monde que l'on dit réel, j'en ai voulu à une autre personne. Un homme, dans la famille, quand j'étais plus jeune, et que l'on disait fou. Ca ne dérangeait personne. Il y a beaucoup de fous dans l'arbre généalogique. C'était un bel homme dans le passé, et il l'était toujours après, même quand son visage grimaçait, avec une chevelure blonde un peu bouclée, comme celle de Petit Frère quand il était petit. C'était un homme qui avait des cicatrices sur le corps, et un pistolet caché dans un tiroir de son armoire. Il parlait d'une drôle de façon, en chuchotant. Un chuchotement qui semblait toujours se fracasser contre un souvenir. Quand il riait, son rire partait dans les aigus, et son rire fusait dans le ciel azur, puis soudain, il se brisait et il se mettait à pleurer, sans raison, ou peut-être en avait-il une très bonne. Il jouait magnifiquement du piano, et je lui demandais un jour où il avait appris à jouer comme ça, et il me disait "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;tout seul&lt;/span&gt;", sans quitter son clavier des yeux. Et il s'arrêtait brusquement, en me regardant droit dans les yeux, et jamais un regard ne me déstabilisa à ce point, en me disant que je devrais jouer d'un instrument moi aussi. Ca faisait fuir les ombres dans les yeux. Alors je restais assise à côté de lui et il me disait qu'il allait jouer pour moi les notes les plus graves, parce que j'étais sa préférée. Au début, quand il se mettait au piano, ses mains étaient comme les ailes d'un oiseau sur les touches. A la fin, il les martelait de ses poings en hurlant. Et il chuchotait, toujours. Il disait qu'il aurait du se venger. Et il avait un tic bizarre, un hochement de tête sur le côté, tout le temps. On le disait fou, je le trouvais beau. Je leur aurais réappris à rire ou à sourire, à tous les deux, moi qui ne sais pas raconter les choses qui sont drôles, et m'étonne à chaque fois de rencontrer des gens qui sont encore moins drôles que moi. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Vous allez apprendre à rire&lt;/span&gt;, disait un Loup des Steppes. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pour atteindre l'humour supérieur, cessez d'abord de vous prendre trop au sérieux&lt;/span&gt;. Mais je ne pense pas que le Fou se prit jamais au sérieux. Même si sa douleur l'était. Les douleurs sont sérieuses, surtout quand elles sont les cicatrices de l'enfance, et c'est ça qui rend fou. Je leur aurais montré de la main le chemin qu'il faut prendre pour le Grenier. Je l'aurais aéré, pour que l'Ombre de l'Autre, et celle du père, appartiennent au passé. Imaginez un monde imaginaire où les animaux se meurent, et les fleurs se fânent, et les fantômes s'évanouissent. Essayons de combattre ce malaise. Sauvons-nous de la noyade.&lt;br /&gt;Et cette maladie, pour Fuchsia, c'est la nature. Elle en souffre, et le Chaperon rouge en souffre, et Sissi en souffre. Il y en a d'autres, et moi. C'est cette déchirure, et cette violation : devenir femme. Que l'on oublie une fois pour toutes nos devoirs envers la nature, et mourons comme des enfants. Un enfant ne meurt jamais dans son lit. Le Fou est mort, une balle dans la tête. Je le vis, un jour, assis sur un fauteuil, le pistolet contre la tempe, les coudes sur son genou, les yeux fermés, plissés. Il l'avait déjà décidé. Par jeu, on le décide. Et moi, je me suis déjà suicidée à plusieurs reprises. Un jour, sur un rocher, là-bas, avec des amis. On se demandait de quoi diable nous avions peur. J'étais si triste, à cette époque, bien plus que maintenant. J'ai regardé la mer, en contre-bas, et je me suis dit que ça, c'était une chose très effrayante. La mer m'appelle mais les fonds marins me terrorise. Ca n'était pas haut, de là où j'étais. Mais pour moi, ça l'était suffisament pour avoir peur. Alors j'ai sauté. Le vertige a quelque chose de grisant. C'était comme l'oubli, un désir de quelques instants, quelque chose de plus grand que tout ce qui m'entourait. Je n'avais qu'une envie : que l'eau m'engloutisse. Une autre fois, un couteau à ma portée, à m'observer dans le miroir. Je pris ma tignasse brune dans les mains et coupais le tout avec le couteau. Ma mère cria d'horreur en me voyant arriver dans le salon. Maman, si je n'avais pas coupé mes cheveux, je me serais coupé autre chose. Alors, ce n'est pas la peine de crier.&lt;br /&gt;Mourons de mort violente, ou apprenons à mourir, je ne sais plus trop. Mourons des fleurs dans les cheveux et un rêve dans les yeux. C'est un coup à prendre, puisqu'on meurt tous les jours. Le temps s'en charge, et les douleurs violentes, et les déceptions, l'abandon et la colère. Tout ça, c'est violent. Tout ça rend fou. Tout ça, c'est un paquet de bonnes raisons. Je suis curieuse de cet Après, quand j'aurais décidé de quitter mon corps.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-2080856002028765771?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/2080856002028765771/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=2080856002028765771' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/2080856002028765771'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/2080856002028765771'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2008/11/marius-jacob.html' title='Marius Jacob...'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-7186441383696004482</id><published>2008-12-01T12:40:00.011+01:00</published><updated>2008-12-02T16:18:41.448+01:00</updated><title type='text'>Premier décembre</title><content type='html'>Et nous voilà en hiver !&lt;br /&gt;Bien sûr que nous sommes en hiver. L'automne s'en va sur la pointe des pieds dès qu'arrive le Premier décembre. Le Premier décembre frappe fort aux portes des maisons, et il souffle à l'intérieur même des crânes. Et c'est l'hiver, et on se met à tricoter des pensées qui seront des coccons, parce qu'en hiver, il fait un peu froid, et la saison brûle les pensées. Ne surtout pas les laisser s'évader. Et Neuschwanstein est tellement plus beau en Hiver, un écrin pour les pensées d'enfants endormis qui ont perdu leurs jouets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/STPop5OCjQI/AAAAAAAAApI/9Gp2FXQrbF0/s1600-h/neuschwanstein-winter.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 233px; height: 320px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/STPop5OCjQI/AAAAAAAAApI/9Gp2FXQrbF0/s320/neuschwanstein-winter.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274815395012971778" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;André disait à Tabitha qu'il n'aimait pas l'hiver et le mois de décembre, alors que c'était le mois et la saison qui l'avait vu naitre. Certains n'aiment pas être baptisés par des flocons de neige. Tabitha savait parfaitement quoi lui répondre, qu'il y avait la nuit, les étoiles, le chocolat chaud, les bougies, Saint Nicolas et le Capricorne.&lt;br /&gt;Et André était un Capricorne typique. Un vieil homme de l'ombre, tapi derrière la saleté, les haillons, le verbe rare. Il ne voulait plus frayer avec les gens gentils. Un vieil homme effrayant et tous les enfants, quand il avait le dos tourné, l'appelaient l'Ogre. André avait les poignets alourdis de chaines invisibles, et les regrets étaient son oreiller de songes, alors il marchait près des murs, près des arbres, en les frôlant toujours, et il se cachait derrière sa longue barbe et ses longs cheveux où les araignées faisaient leurs nids. L'Ombre est souvent le repaire du Capricorne, et il faisait comme si il avait quitté le monde, un jeu comme un autre. Un jeu, parce que derrière la haute stature et la crasse, il y avait un petit garçon raidi, triste, et un peu amer. Un petit garçon très vieux. Et il rencontrait le Capricorne, dans cette vallée où il semble faire nuit éternellement. Et toujours aussi raide, l'échine courbé, l'angoisse dans le ventre, il finissait par suivre l'immense Bête dans les Abîmes, quand les autres avaient les montagnes en feu et les cimes qui trouaient les nuages. C'était très dur, ce qu'elle lui demandait, c'était effrayant, il fallait trouver le courage de lever la tête, fièrement, et il faut toujours la lever, même quand on est plus bas que tout, parce qu'aucun de ses enfants, disait la Bête, n'avait jamais été un lâche. C'est difficile parfois et dangereux, attirant aussi, de regarder trop longtemps l'abîme, et de se dire "allons-y". Il faut fermer les yeux, et plonger, en évitant de trop penser à cette douleur là, et à cette douleur-ci, elle se rappellera à nous bien assez tôt. Je ne sais pas exactement ce qu'a vu et ressenti André, mais je le devine, un peu. Tous les jours, je plonge dans l'abîme, et je me heurte à quelque chose de pas très joli. Mais ne jamais oublier que tout au fond, on trouve parfois l'Or du Rhin.&lt;br /&gt;Et voilà. Vient décembre et il faut sortir de l'eau, toujours plus écorchée, je reprends le chemin qui mène au Cabinet des Fées, chemin bordé d'arbres morts, derrière un lapin blanc, dans un traineau emprunté à Ludwig. Ce qui est peut-être un mensonge, puisque je ne quitte jamais ce chemin qui a de multitudes de couleurs, il mène à mon Grenier où je continue d'entasser. Mon baptême fut une valse de flocons de neige, et Casse Noisette devient conteur, à cette époque de l'année. On patine sur la Serpentine gelée. On danse la polka dans les cimetières. Il s'en passe des choses, dans un Grenier. Je suis un Ours qui, lorsqu'arrive l'Hiver, voit son coeur d'enfant bondir de joie, bondir plus haut que de coutume. Peu importe si ça ne dure pas longtemps. Et pourquoi ? Personne ne le saura jamais vraiment. C'est un mystère, un de ces secrets qui se refuse à toutes explications. C'est peut-être à cause de la nuit, et des étoiles, des corbeaux qui dorment dans la forêt, des Fées qui s'engouffrent dans la maison pour se protéger du froid, du chocolat chaud, et je leur en offrirai une tasse.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-7186441383696004482?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/7186441383696004482/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=7186441383696004482' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/7186441383696004482'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/7186441383696004482'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2008/12/premier-dcembre.html' title='Premier décembre'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/STPop5OCjQI/AAAAAAAAApI/9Gp2FXQrbF0/s72-c/neuschwanstein-winter.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-756454787885102901</id><published>2008-11-25T19:53:00.000+01:00</published><updated>2008-11-26T13:27:18.044+01:00</updated><title type='text'>Joyeux anniversaire, Monsieur O.</title><content type='html'>Je fête les anniversaires de mes amis à deux pattes. Je ne vais pas jusqu'à leur offrir des cadeaux ou un gâteau d'anniversaire, même si l'idée reste plaisante. Mais non, je reste devant l'agenda ou le calendrier et je me dis que c'est aujourd'hui, et je me contente de les regarder pendant un petit moment, alors qu'ils dorment, ou qu'ils jouent, qu'ils me regardent les regarder.&lt;br /&gt;Le 20 novembre, c'était l'anniversaire de Monsieur O., le plus vieil habitant de la maisonnée, si l'on excepte les livres. Il a des yeux noisettes qui semblent toujours agrandis par de formidables rêveries et un long poil soyeux. Il aime bien fureter dans tous les coins de la maison, même ceux qu'il connait par coeur. Il aime bien aboyer dès qu'il entend un bruit suspect, et des bruits suspects, il y en a tout le temps. Il aime bien frotter son museau à tout ce qui bouge, les jambes des gens, surtout. Il aime à sauter sur les genoux quand on regarde un film, et dormir là, la tête sur les cuisses. C'est un envahisseur qui aime à prendre toute la place. Il est né un 20 novembre sous le signe du Scorpion, et il parait que le Scorpion est un signe difficile. Je ne contredirais pas les spécialistes.&lt;br /&gt;Chien fou, il a envahi la maison, comme une tornade, après que Premier Chien soit parti, un jour de novembre. Lui, c'était un vieux chien de presque 16 ans, doux et distant. On doit certainement posséder un 6ème sens, qui est celui de la mort, un instinct qui nous fait savoir, même quand on a pas envie de le savoir, que quelqu'un est sur le point de s'en aller. Alors un matin de novembre, cet instinct me fit prendre la patte de Monsieur V. dans ma main, alors qu'il s'était allongé sur la couverture qu'on ne pouvait plus lui enlever sans qu'il grogne tout doucement, et il est parti, tranquillement, en me regardant. Et je n'ai pas lâché sa patte. Et on m'a dit que j'en faisais trop, que j'avais bien tort de pleurer pour un animal, car après tout, c'était juste ça, et rien que ça : un animal. Et à cela, je ne réponds jamais, parce que je ne vois jamais quoi répondre.&lt;br /&gt;Quelques temps après que Monsieur V. soit parti, Monsieur O. pointa le bout de son museau, timidement derrière la porte, tâtonnant avec sa petite patte le carrelage froid. Satanés soirs de décembre. Le petit bonhomme dut faire ses premiers pas tout seul, car la réserve me rend distante, surtout au premier face à face. Je l'ai regardé alors qu'il furetait un peu, autour de lui, un tout petit peu. Il avait peur, c'est certain, et il devait se demander où diable on l'avait emmené. Je me suis toujours sentie un peu coupable d'arracher un tout petit chien à la protection maternelle. Tétanisé, il s'est assis en plein milieu du tapis. Nous nous sommes regardés, et je lui ai dit qu'avant lui, il y avait un chien bon, et noble. Je lui ai dit que ce ne serait pas facile pour lui, au début. Et ce chiot qui n'osait plus bouger m'attendrit malgré moi et me fit pleurer encore plus. Et comme j'étais triste, et lui aussi, je l'ai pris le soir même dans mon lit, où il s'est roulé en boule sur l'oreiller. C'était doux et rassurant, cette boule de poils qui ronflait doucement et qui sans me connaitre, déposait en moi sa confiance, sans arrières-pensées. Petit bonhomme, il ne faudra surtout pas te décevoir.&lt;br /&gt;Monsieur O. n'aime pas Anne Rice. Il détruisit en quelques morsures la couverture d'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Entretien avec un vampire&lt;/span&gt;. Ca ne me dérangait même pas, je n'ai jamais beaucoup aimé Anne Rice. Il compris très tôt qu'il y avait autre chose que les quatre murs de la maison, c'est un esprit frondeur, un mousquetaire de l'aventure. Monsieur O. fait souvent des bêtises, et bientôt, sa passion sera de dévorer tous les mouchoirs qu'il trouve. Tu es dégoûtant, lui dira-on. Lui n'en a cure. Ca doit être amusant, de manger tous ces mouchoirs. Monsieur O. est toujours un enfant. Comme sa maitresse, il a souvent des noeuds dans les boucles de ses longues oreilles. Comme sa maitresse, c'est un gourmet, un gourmand. Comme sa maitresse, il aime les ballades, quand il n'y a personne, humer le parfum de la forêt et jouer avec les feuilles. Attention, celle-ci, poussée par le vent, part à l'attaque ! Il convient de ne pas la laisser faire, bien campé sur ses quatre pattes. En rentrant, il aime bien dormir surtout. Manger, puis dormir. Il est alerte, sauf au sortir du réveil, et remue la queue dès qu'il voit les gens. Il se roule de préférence dans la terre, mais il parait que tous les chiens font ça. Et puis au fil des jours, Monsieur O. s'assagit. Il court moins, ça l'essouffle, et peut-être que ça l'agace, parce qu'il aime décidement trop courir. Parfois dans la nuit, il confond le mur avec la porte de la chambre quand il veut sortir, jetant un regard derrière son épaule parce que sa maitresse ricane en le regardant gratter le mur. Il se contente de la regarder en levant les oreilles quand elle rit, et quand elle pleure, il la regarde en s'asseyant à ses pieds. Il tombe dans les escaliers en les descendant trop vite, trop pressé d'aller dehors. Il regarde d'un drôle d'air Monsieur T., qu'il ne doit pas bien comprendre. Après tout, il ne le connait que depuis peu, c'est un tout nouvel arrivant. Et allons donc ! Il joue tout le temps, et lui saute dessus, et lui mordille la patte. Tout cela n'est plus pour lui. Et on évitera de dire que Monsieur T. est bien gracieux, parce qu'il n'aimerait pas nous l'entendre dire. Il est trop vieux pour tout ça, et il préfère dormir de tout son long, en rêvant. Oui oui, il rêve, et pas que de nourriture, et pas que de chasse au lapin. Et dire qu'avant, il courait tout le temps, et c'était lui qui sautait sur les autres. Quelle déception ! Si vous l'aviez vu à la glorieuse époque, il vous aurait épaté, étonné, et vous l'auriez applaudi et lui, il aurait remué la queue en balançant son arrière-train dans le même mouvement pour accueillir vos applaudissements. Est-ce qu'il se rend compte que ce corps, et ce souffle, le trahissent à chaque minute qui passe ? La nuit prend des allures de romans gothiques.&lt;br /&gt;Il est aisé de deviner quand Monsieur O. est triste. Il vient poser sa tête sur la cuisse et vous regarde de ses grands yeux noisettes. et dans ces yeux, toute la gravité du monde. Et il nous dit de faire attention à lui, le chat l'épie et c'est mauvais signe, ça veut dire qu'il veut jouer et lui est tellement fatigué.&lt;br /&gt;Les mois de novembre sont tristes. Il y a beaucoup de gens aimés qui sont partis en novembre. Monsieur V. bien sûr, et Grand Père, Mervyn Peake et Alice Liddell, et le duc Max. Les mois de novembre me font trembler, un peu à cause du froid.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-756454787885102901?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/756454787885102901/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=756454787885102901' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/756454787885102901'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/756454787885102901'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2008/11/joyeux-anniversaire-monsieur-o.html' title='Joyeux anniversaire, Monsieur O.'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-1681506124500423932</id><published>2008-11-05T15:36:00.011+01:00</published><updated>2008-11-06T01:43:49.442+01:00</updated><title type='text'>La tranquilité n'existe pas</title><content type='html'>Alors qu'il fait froid, je me ressource dans des mots, des portraits, des cailloux, un brin d'herbe. Du pas grand-chose pour les uns, de l'éphémère pour les autres, de l'huile pour la mécanique intérieure pour les fous, ou ceux que l'on aime à ranger comme tels.&lt;br /&gt;A cette minute, je me dis qu'elle est belle, l'écriture de John Keats, l'un de mes amis les plus proches.&lt;br /&gt;Elle est stylisée, elle est délicate. Il ne rature pas beaucoup. Je devine le mouvement dans les arabesques du h d'Hypérion.&lt;br /&gt;Sa main a du avoir le geste du calligraphe chinois, son visage, l'application de l'enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SOP9J0yz42I/AAAAAAAAAmo/jH-croNoDaA/s1600-h/Keats.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SOP9J0yz42I/AAAAAAAAAmo/jH-croNoDaA/s320/Keats.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5252319935676539746" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Il parait que ce n'est pas grand chose.&lt;br /&gt;Ce que je préfère, ce sont les ratures, rares, mais ratures tout de même. A-t-il porté la plume à sa bouche, comme font certains écrivains quand ils défrichent ? A-t-il tapoté de sa main le bureau, légèrement agacé ? A-t-il, enfin, suivi du regard le rossignol qui s'envole, pensant soudain à autre chose ?&lt;br /&gt;Quelque chose m'a toujours intriguée en lui. Le paradoxe.&lt;br /&gt;Le paradoxe entre ce petit bout d'homme, pas bien haut, et qui comme Alexandre avant lui, Monsieur Barrie après lui, devait s'agacer ou s'inquièter quand les gens posaient trop longuement leur regard sur lui. La douceur de ce regard clair, l'air rêveur. Parfois, ses yeux semblent aggrandis par l'effroi, l'inquiètude, un soupçon de la jalousie qui le mina. On ne voit plus qu'eux. Il regarde ailleurs. Il ne nous dira pas ce qu'il a aperçu, il nous l'écrira. John n'avait pas le raffinement d'un Percy Shelley, il n'avait pas la beauté d'un Byron. Il était petit, et pas très riche, et il devait batailler tous les jours -  et comme ça devait l'ennuyer ! - en plus de batailler contre lui-même. Lui était pauvre, et autodidacte, et affamé de tout. Le paradoxe existe-t-il ?&lt;br /&gt;Et pourtant !&lt;br /&gt;Il illumine, il irradie. Ne pas se fier à cette écriture maîtrisée. Quand il rature, il rature, avec rage. Ceci est sûrement la troisième version d'Hypérion, et il l'a encore raturée quand il pensait l'avoir mise au clair. Lui, qui semble si fragile, porte en lui la vie, et ce qui ressemble à de la rage, rage qui ressemble à la brume londonienne, une rage qui n'aveugle pas, celle qui fait oublier l'heure du repas. Ses écrits, profonde mélancolie, joie et beauté, s'échappent de la feuille jaunie et s'envolent avec le zéphyr, le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;tendre&lt;/span&gt; zéphyr. Il ne peut en être autrement. Avec lui, la forêt ne sera plus jamais la même. Il y a le visage d'un Dieu grec dans cette pierre près du ruisseau où l'on boit, habités par les nymphes, et les sons que l'on entend derrière le vieux chêne, c'est le rossignol, immortel gardien des crépuscules, quand tout est calme, et que l'on peut enfin se reposer pour quelques minutes, pour dormir un peu et le temps n'existe pas. Une allure de cimetière, mais nous ne sommes pas à Highgate, nous sommes dans l'éther, dans l'eau de ce ruisseau. Il m'appris, dans la jeunesse, à regarder, durant de longues heures, à travers la fenêtre quand il pleut, à apprivoiser la mort, à tendre la main vers elle. Quand on a peur de la mort, si peur est le juste mot, et qu'on le lit pour la première fois -  le bouquin caché dans une malle, il a le parfum de tout ce qui est ancien, et sa couverture est déchirée par endroits -, on découvre le chant du rossignol même si on n'est pas sûr de le reconnaitre parmi tous les oiseaux, et son fantôme vient s'assoir à côté, main sur l'épaule et crois-moi, la mort n'est pas si grave. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;I must die&lt;/span&gt;, dit-il en toussant la première fois. Et c'est ainsi, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;we all must die&lt;/span&gt;. Offrons notre amitié à la Mort, et on devrait la lui offrir dès le début, au tout premier jour, celui où l'on marche comme un semblant d'homme. Marchons avec elle. Doutons, mais pas d'elle. Aimons-la ou haissons-la. Et quand le pire arrive, tout flamboie. Faisons en sorte que tout flamboie, pour que ça prenne l'allure d'une tragédie, pour oublier le reste et le monde. Pour connaitre le mystère, enfin.&lt;br /&gt;John Keats, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Junkets&lt;/span&gt;, est le premier poète. Le tout premier de mon Labyrinthe. Je suis exclusive. Dans mon grand sac, le vieux livre abimé. Planer dans les cieux, et n'être plus que sensations, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;une vie de sensations&lt;/span&gt; ! On marchera dans la forêt, le chien à côté, sans un mot pour personne,  et on foulera du pied les pétales des roses mortes. Les oiseaux chanteront dans la cage poussiéreuse, et puis, l'horloge sonnera, ébranlera toute la maison. Certaines obsessions reviennent continuellement dans les écrits. Que le coeur saigne encore un peu plus pour ne pas devenir comme certains héros de romans. Eux qui devant le miroir, se rappelle comment ils ont quitté la terre, et comment cela est effrayant. Ils tâtent leur poitrine, aimerait toucher le coeur indomptable. C'est comme un membre amputé. On a la sensation qu'il est là et bien là parce qu'on a mal, mais la vérité est que cette partie nous a quitté depuis longtemps.&lt;br /&gt;Puisque la tranquilité de l'âme n'existe pas, puisque l'on est de toute façon déchirés, évitons l'amputation. Parce que tout n'est qu'un rêve, marchons en somnambule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Au printemps de 1819, un rossignol avait fait son nid près de ma maison. Son chant donnait à Keats une joie tranquille et continuelle. Un matin il porta sa chaise de la table du petit déjeuner sous un prunier de la pelouse, où il resta assis une heure ou deux. Quand il revint à la maison, je vis qu'il tenait à la main quelques bouts de papier et qu'il les fourrait doucement derrière des livres&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;Charles Armitage Brown.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et l'ombre de Keats est toute proche.&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SRGUCwbXkxI/AAAAAAAAAnA/-SnnhlbebN4/s1600-h/pro1819.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 225px; height: 258px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SRGUCwbXkxI/AAAAAAAAAnA/-SnnhlbebN4/s320/pro1819.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5265152214453162770" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-1681506124500423932?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/1681506124500423932/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=1681506124500423932' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/1681506124500423932'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/1681506124500423932'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2008/10/la-tranquilit-nexiste-pas.html' title='La tranquilité n&apos;existe pas'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SOP9J0yz42I/AAAAAAAAAmo/jH-croNoDaA/s72-c/Keats.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-4426523129450893107</id><published>2008-10-21T22:23:00.001+02:00</published><updated>2008-10-21T23:50:58.348+02:00</updated><title type='text'>Cette gravure...</title><content type='html'>Longtemps qu'en rêve, en marchant, en faisant tout à fait autre chose, j'écris à son sujet, comme j'écris sur à peu près tout ce qui me plait, billets éphémères qui s'envolent dans la brise.&lt;br /&gt;Hélas, je crois bien avoir presque tout oublié.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'autoportrait aux yeux hagards&lt;/span&gt; de Rembrandt Harmenszoon Van Rijn, que j'aime. L'autoportrait  et Rembrandt, que je vois comme, et je ne peux jamais y penser autrement, un ventre affamé. Et cette bouille ronde ! Ce n'est plus un visage, mais bien une gueule, peut-être plus menacante que la rondeur des traits ne le laisserait supposer. Et quel sens du grotesque, cette moue des lèvres... j'y vois l'ombre de Mervyn Peake. Il étudiait cette bouche avide, je le pense, mais l'illusion est si belle qu'il semble qu'il quémanderait presque un baiser. Un baiser d'enfant, lèvres contre lèvres. Peut-être faut-il penser qu'il joue, qu'il se déguise, qu'il s'amuse avec son visage malléable, qu'il s'en amuse, de ce visage. Et puis, il faut plonger le regard dans le sien, et la gourmandise fait place à l'inquiétude. Non, il ne quémande rien, c'est un sifflement joyeux interrompu par son reflet dans le miroir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SP4mRwIyAfI/AAAAAAAAAm4/L2wVDnmOPmI/s1600-h/250px-Rembrandt_aux_yeux_hagards.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SP4mRwIyAfI/AAAAAAAAAm4/L2wVDnmOPmI/s320/250px-Rembrandt_aux_yeux_hagards.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5259683501236683250" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;J'imagine la scène, parfaitement. Rembrandt devant son miroir, et il s'étudie. Le nez épaté, demesuré, les yeux enfoncés mais brillants, ronds, la moustache qui n'en est pas une, une ombre tout au plus. Les boucles et le joli chapeau, vert ou pourpre, accessoire indispensable pour compléter le déguisement. Rembrandt et son goût du travestissement. Il est riche, il est fier de le montrer, bientôt il sera pauvre, il ne cachera rien. Il étudie ce visage rond, et se demande, le profil droit ou le gauche ? Lisser un peu ses cheveux ? Il hausse les épaules. Il se retourne et débute sa gravure. Quand on crée, on oublie, on est absent, le chien peut bien aboyer, il aura du mal à nous éloigner de là. Alors, Rembrandt s'affaire, sifflote un air, grave ce qu'il a en tête, et puis, il hésite, il se rend compte qu'un détail ne se rappelle pas à lui. Il relève la tête et soudain... hé bien, quelle stupeur ! Son sifflement joyeux s'est tu. Tête contre l'épaule, tête rejetée en arrière, voilà que se retrouver nez à nez devant lui-même fait battre son coeur, douloureusement. L'espace d'un instant, il savait, il en aurait parié ce que vous voulez, qu'il était autre chose qu'un visage, il était bien plus qu'un visage, le voilà face-à-face avec ce qu'il avait oublié, un visage de chair et de sang.&lt;br /&gt;Lui.&lt;br /&gt;Arraché de son étude minutieuse, de son théatre intérieur, ce qu'il est, ce qu'il représente. Soudain, il est ce qu'il voit. Moue enfantine, ni beau, ni laid, c'est bien plus que ça, nulle trace d'élégance, de beauté, de délicatesse. Ce qui lui revient en pleine face, c'est ce qu'il est, c'est Rembrandt le Rustre, aux mains tachées de couleurs, issu de la vieille terre hollandaise, d'une famille de paysans et sans éducation. Juste lui, un homme. Giflé, il reçoit sa mortalité en plein visage, il fait face à l'échec et à la peur et à l'angoisse, ventre affamé et la mort n'est pas loin. Terrible découverte, terrible aveu, terrible constat quand on est un papillon de nuit, attiré par ce qui brille. La gravure est dévorée par sa présence, dévorée par cette peur, cette peur qui implose dans la forme des sourcils, tristes. Dans les yeux plus que tout, l'étonnement, la préscience, quelque chose de pire va arriver, doit arriver. Les yeux s'aggrandissent, c'est un sentiment d'horreur. Tourment, vie intérieure. C'est comme parler à son double, à travers le miroir, c'est comme mourir dans ce reflet qui ne connait ni début ni fin.&lt;br /&gt;Alors, dialogue solitaire, en boucle, Rembrandt peint son visage.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-4426523129450893107?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/4426523129450893107/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=4426523129450893107' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/4426523129450893107'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/4426523129450893107'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2008/10/cette-gravure.html' title='Cette gravure...'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SP4mRwIyAfI/AAAAAAAAAm4/L2wVDnmOPmI/s72-c/250px-Rembrandt_aux_yeux_hagards.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-6842220234942033567</id><published>2008-10-20T01:37:00.008+02:00</published><updated>2008-10-21T02:51:39.162+02:00</updated><title type='text'>Gibberisher au clair de lune</title><content type='html'>Parce que Gibberish me plait plus que Charabia, qui pourtant me plait, et plus que Baragouiner, qui me plait beaucoup aussi. Le Charivari Saturnien comme à la fête des fous et le soir du 28 décembre, les enfants sortent jouer aux Innocents.&lt;br /&gt;J'aime baragouiner, j'aime &lt;span style="font-style: italic;"&gt;gibberisher&lt;/span&gt; et heureusement parfois, les mots veulent bien me prendre la main. C'est partir à l'aventure en moi-même, l'être n'est finalement qu'un escalier en colimaçon, et c'est beaucoup plus vivant que si je prenais le bateau pour aller dans les îles inconnues du sud, même si je pense préfèrer celles du nord, là où il fait froid, neige qui crisse sous le pas, et même si j'aime le bateau. Laissez moi assise sur ce fauteuil et je parviendrais à vivre 1000 vies. Si le corps est une prison, et il l'est un peu, sauf quand il s'agit de manger ou d'ouvrir un livre, parfois serrer un animal dans ses bras - et je le confesse, fumer le tabac -, alors le mien est la cage dorée des oiseaux multicolores des Indes.&lt;br /&gt;Les choses naturelles sont un supplice et j'aimerais jouer la Diva capricieuse pour le reste de ma vie, ou ce qu'il me reste à vivre, à découvrir, à déchiffrer, à sentir et à toucher. Si vous sonnez à la porte, je n'ouvrirai pas, et si vous me téléphonez, je ne répondrai pas, et si vous m'envoyez des lettres, je les ouvrirai si l'expediteur me plait, mais elles n'auront pas de suite, sauf si de vos nouvelles, j'ai ardemment besoin. Malheureusement, la Grande Babylone a plus besoin de moi que je n'ai besoin d'elle. Si vous avez besoin de conseils, ne comptez pas sur moi, et si vous avez besoin d'un moment de joie, je ne suis pas celle qui vous donnera la clé pour ce moment, pas plus que je ne peux donner une seule bonne raison de rester dans ce monde-ci. Au pire, hibernons un peu. Sensations en phase de dégel. Si je ne suis pas prise d'insomnie, je suis de ces dormeurs qui sont comme des loirs dans des théières, et si l'on me bouscule pour que je m'éveille, je grogne.&lt;br /&gt;En attendant, je &lt;span style="font-style: italic;"&gt;gibberishe&lt;/span&gt;, un mot qui n'est pas très joli à entendre tant que je le maltraite, mais ce &lt;span style="font-style: italic;"&gt;barbare&lt;/span&gt; est très drôle à utiliser. Tellement drôle qu'il devient un très grand ami, Gibberish. Je l'habille d'un costume de Fou du roi, d'un bouffon, couleurs vives assombries par la poussière, vêtements que je découperais dans la garde-robe de Maman. Si je l'avais habillé tel un empereur, il n'aurait pas aimé que je lui demande de taper dans ses mains, il n'aurait pas aimé perdre sa dignité, il aurait tapé du pied plutôt. Il se serait drapé dans cette dignité, comme Jules César se drapa dans sa toge avant d'être lacéré, et l'air pincé, aurait fui sur le premier rayon de soleil venu. Fichtre, la place n'est pas sûre. On ne m'utilise pas pour de telles abérrations !&lt;br /&gt;Je lui dis aurevoir à travers la fenêtre (pluie sur la vitre) et Gibberish le Fou qui aime la nuit vient chevauchant un rayon de lune. Tiens, dit-il en me jetant quelque chose au visage. Prends ce mot, et pétris-le, sa sonorité te plait tant, peut-être qu'à force de le pétrir, il te rappellera quelque chose ?&lt;br /&gt;J'entends le mot naïveté. Si c'est de la naïveté, alors je prends le droit, je prends tous les droits, et j'écrase la crédulité de mon talon et avec joie, je défends la naïveté. Je n'ai pas envie de me réconforter, même si je veux bien qu'on me réconforte un peu. Je n'ai pas envie de me rassurer et je n'ai nulle envie qu'on me rassure. J'essaie de ne plus être superstitieuse. Alors je gibberishe dans mon coin, pendant que la chouette effraye crie dans le sien, son cri strident est une belle mélodie. Je devrais lui écrire pour le lui dire, et je lui dirais aussi que j'aime beaucoup ses yeux, et sa mythologie sinistre. Je devrais aller voir le médecin plus souvent. Je discute avec mon ours en peluche, celui qui, la nuit venue, rejoint les monstres sous le lit et voit son tout petit museau devenir gueule et crocs, et il me dit de continuer à Gibberisher. Un jour, peut-être, dans 500 ans, si le monde n'est pas néant, Gibberish le fou sera dans le dictionnaire, une belle place, avec une belle image, lui et son sourire jusqu'aux oreilles à la manière d'un Monsieur Tom chantant &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Rain Dogs&lt;/span&gt;. Il y aura aussi les verbes hamletiser et chipouiller. Avec Gibberish le fou, on verra que les chapeaux ne servent pas que de protection contre le soleil, contre les autres, mais qu'il sert avant toute chose aux fées. Celui qui le matin part en l'ignorant ne mérite pas que les fées s'arrêtent quelques instants sur son chapeau. Celui qui le matin part en l'oubliant, on essayera de ne pas lui en vouloir trop longtemps. Peut-être l'a-t-il su dans le passé, et qu'il l'a oublié, au fur et à mesure des jours et des nuits.&lt;br /&gt;Il faudrait continuer d'inventer les Heures. Oublier le chiffre 13 peint sur les portes de nos maisons. Je vérouille les écrits de l'intérieur et laisse faire ceux qui ont une clé. S'endormir ; en rêve, combattre un tigre, vivre encore au clair de lune, car certains sont fait pour les nuits sans fin, combattre l'angoisse, combattre les mots que l'on entend, et que l'on ne comprend pas.&lt;br /&gt;Et deux cheveux blancs de plus dans ma chevelure chocolat noir. Peut-être qu'un jour, ils seront mèche blanche.&lt;br /&gt;Et je gibberishe, farandole menée par un cheval-squelette, sans nom et sans rênes !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-6842220234942033567?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/6842220234942033567/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=6842220234942033567' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/6842220234942033567'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/6842220234942033567'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2008/10/gibberisher-au-clair-de-lune.html' title='Gibberisher au clair de lune'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-8963246812846146270</id><published>2008-09-30T02:56:00.004+02:00</published><updated>2008-09-30T15:50:19.517+02:00</updated><title type='text'>Comme Dylan Thomas</title><content type='html'>Dans l'éther, quand je suis triste, ou absente, ou mille autres petites choses, et que je n'ai pas peur de jeter à la vue des autres mes pires défauts, mes pires faiblesses (et alors je suis forte), Dylan Thomas est un de ceux qui m'accompagnent.&lt;br /&gt;Je l'ai rencontré, un soir d'il y a très longtemps, un soir de je ne sais plus quel mois, et ça devait être en été. En été, parce que je l'ai abandonné ensuite, et je ne sais plus comment, et je crois que je n'ai pas envie de me souvenir, et ce sera l'été, parce que j'en décide ainsi. Peu de choses sont dignes d'interêt, hormis de folles exceptions, quand elles arrivent en été.&lt;br /&gt;Je n'avais pas le temps, à cette époque, pas le temps pour les autres, même quand ils étaient morts, et je ne savais pas vraiment, à ce moment-là, que les morts étaient et seraient mes meilleurs amis. Je n'avais pas le temps parce que j'étais égoiste, parce que même jeune, la mort agitait son doigt osseux, même si je ne faisais que l'imaginer, ce doigt osseux et aggressif, et qu'il n'y avait que moi qui comptait, moi et uniquement moi. La chose n'a pas tellement changé.&lt;br /&gt;Je n'avais pas le temps parce que je devais trouver le petit quelque chose, avant de trouver la petite chose chez l'autre. Une boule de feu dans le ventre, qui est là sans qu'on sache pourquoi, il faut bien savoir d'où elle vient ! Non pas pour la canaliser, parce que je préfère brûler sur place plutôt que la tempérer. Je préfère m'évanouir en cendres, comme ces cendres dans mon cendrier, qui s'envolent si je souffle dessus, avant que de trouver le moyen de calmer ma fièvre.&lt;br /&gt;Alors quand j'ai appris ces petites choses, que dans l'urgence, j'ai griffoné des tonnes et des tonnes de pages blanches, ces ridicules pages blanches, quand j'ai compris qu'un feu ne demandait qu'à brûler, et que même éteint, la braise couvait, je suis retombée, nez à nez, avec le poète rondouillard, nez en trompette et boucles folles.&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SOF3fTrjUAI/AAAAAAAAAmg/2WhmMIU_wQo/s1600-h/dylan-thumb.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SOF3fTrjUAI/AAAAAAAAAmg/2WhmMIU_wQo/s320/dylan-thumb.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5251610020233302018" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;"&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je t'ai déjà rencontré avant, toi&lt;/span&gt;". C'est les seuls mots parfois, qui méritent d'être prononcés quand on retrouve quelqu'un. Ca vaut mieux qu'une vague poignée de mains. On peut aussi sourire, et se taire.&lt;br /&gt;Et cette fois, ce fût en hiver. L'hiver où l'on remonte l'écharpe sur son nez, et qu'on sourit en dessous, sourire invisible, le froid mord et c'est tellement bon cette morsure, et pas besoin d'être masochiste pour ça. Le froid mord, mon nez, et mes joues, mes mains, mes oreilles. Surtout mes oreilles. Il semble que l'hiver veut me rendre sourde à tout, sauf aux mots. J'ai remarqué quelque chose d'étrange, que mon coeur bat en fonction des mots que je lis.&lt;br /&gt;Certains hausseraient les épaules, et je m'en fiche, ces gens-là ne savent pas lire.&lt;br /&gt;J'ai envie que le feu brûle quand je lis, qu'il brûle ma page, et moi en même temps, et je me découvre terroriste, car j'aimerais tout simplement, que tout prenne feu quand j'écris. La chose m'est impossible. Manque évident de talent, de rigueur, je ne suis qu'une scribouillarde qui a au moins l'avantage d'écrire ce qu'elle veut, pour elle seule, et quand ça lui chante. Je pourrais toujours prendre toutes mes feuilles, et brûler avec, ces feuilles appartiennent au passé, et ce que j'écris, là maintenant, appartient au passé, tout ça c'est rien, mais c'est ce rien que j'aime, et le temps, et toutes ces notions abstraites, ça n'existe plus.&lt;br /&gt;Puisque je ne peux aimer comme les adultes, j'aimerais les brûler comme les mots de Thomas. J'aimerais, je veux, pour toujours, hurler à la lune. Détruire, et reconstruire, et détruire encore. Pour toujours ouvrir de grands yeux sur ce qui est laid et forcement sublime et ne pas être dupe du beau.&lt;br /&gt;Être violent, être grotesque, tomber ivre-mort dans la boue des rues toujours trop fréquentées et ouvrir ses bras, ensuite, à la lune, aux étoiles, au chat qui passe, aux fous et à ces vieux enfants, ou ces jeunes vieillards. Se rappeler les choses essentielles comme, ne jamais s'enfoncer dans la nuit sans être rempli de violence. Chanter l'enfance, et les collines de fougères. Et si on ne se souvient pas avoir foulé des collines de fougères, se rappeler ces longs chemins étroits de Bretagne, et aussi ces couchers de soleil sur sa sauvagerie, ces herbes mortes, et cette mer, dedans, on devine les cailloux, les galets qui blessent les pieds quand on marche dessus et le cri de la mouette au-dessus de la tête. Se rappeler que rien ne sert à rien, puisque l'enfer ouvre toujours ses portes à la dernière minute. Mais c'est à cet instant précis qu'on se souvient que le froid brûle.&lt;br /&gt;La première fois que j'ai relu les mots de Dylan, j'ai jeté le livre, à l'autre bout de la pièce. Rageusement. Il parait que les fous font ça. J'ai été le rechercher, bien sûr. Et je l'ai serré dans mes bras. La chose m'arrive, parfois, quand les mots sont trop forts, quand les mots submergent, quand ils sont rires, quand ils sont pleurs, éther, terre ou enfance.&lt;br /&gt;Excès de sensibilité, un peu psychotique, me dirait quelqu'un. Tu dois apprendre la contenance, et le flegme, à te replier sur toi, après tout, tu le fais bien pour d'autres choses bien plus importantes que ça. Quelque chose de vague, dans le genre.&lt;br /&gt;Dylan, permets-moi d'être familière, même si je déteste la familiarité. Dylan, je crois bien que je ressens un peu d'agacement envers toi. Il y a des choses que tu as écrites, qui sont comme des gifles, que j'aimerais écrire. Et parce que je comprends qu'on ne survit jamais à un secret trahi. Qu'il y a des gens qui ne naissent pas très gais, et qui sont incapables de vivre cette vie là. Que tu es le genre de personne que j'aime inconditionnellement, avec leurs accrocs à l'âme, et que j'ai envie de serrer dans mes bras et c'est si rare, cette envie, que je la note toujours. Que boire 15 verres d'alcool à la suite ne fera pas de toi un héros, mais qu'il y aura la fierté de l'enfance quand tu l'annonceras. Je sais qu'on ne survit jamais à l'enfance. Quand elle est belle, on ne peut plus aller aussi haut, c'est impossible. On ne peut que tomber, doucement, comme une feuille d'automne, et n'est-ce pas la pire des choses, de tomber si doucement, si lentement ?  J'envie tes mots, et tes jeux de mots, et ton audace, et ta fragilité, et tes aboyements.&lt;br /&gt;J'admire et j'aime peu de gens. Les gens que j'admire disent toujours qu'ils ne sont pas des gens biens. Les morts me l'ont soufflé, les vivants me l'ont écrit. Avec eux, tout commence, tout finit. Avec eux, même quand la nuit semble sans fin, je ne suis plus seule, et mon horizon est immense.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-8963246812846146270?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/8963246812846146270/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=8963246812846146270' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/8963246812846146270'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/8963246812846146270'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2008/09/comme-dylan-thomas.html' title='Comme Dylan Thomas'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SOF3fTrjUAI/AAAAAAAAAmg/2WhmMIU_wQo/s72-c/dylan-thumb.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-553098806970453258</id><published>2008-09-28T00:26:00.014+02:00</published><updated>2008-09-30T00:43:23.963+02:00</updated><title type='text'>Fenêtre ouverte</title><content type='html'>On me demandait, il y a peu, pourquoi je dormais la fenêtre ouverte.&lt;br /&gt;Mais pourquoi diable est-ce que je dors la fenêtre ouverte ? C'est l'automne ! C'est pour ça que je m'enrhume, à chaque fin de septembre ! L'automne et ses matins froids, l'automne où il fait froid, tout autour. Avant, je pensais que c'était uniquement dans mes rêves et dans mes souhaits, et je sais maintenant que parfois, l'automne, bien avant l'hiver, gèle tout autour de moi.&lt;br /&gt;Et il y a ces courants d'air, qui se glissent dans la chambre, alors même que j'éteins la lumière, et je songe souvent que je préfèrerais avoir une bougie sur laquelle souffler plutôt que cette petite chose ridicule à tourner, et plutôt que de me faire des tresses parce que mes cheveux fous s'emmèlent même quand je dors, je préfèrerais avoir un bonnet de nuit, avec un pompon au bout, comme dans les illustrations des contes, ou comme ces vieux gentlemen de la vieille Angleterre.&lt;br /&gt;Les courants d'air s'insinuent sous les draps, et s'insinuent entre mes bras, ils frottent le museau du Chat, les courants d'air sont mal aimés. Je veux bien qu'ils entrent et ça ne me dérange pas, mais si je laisse la fenêtre ouverte, c'est au cas où Peter Pan viendrait à passer.&lt;br /&gt;Et puis, j'ai entendu une histoire, qui a pour héros Pierrot, et Pierrot, c'est moi et les courants d'air, et d'autres rares petits enfants que je connais. Et à vrai dire, je n'en connais qu'un.&lt;br /&gt;Pierrot partage parfois le prénom de Peter, Petit Pierrot est de toute façon le petit frère de Peter, ou son grand frère, et alors il s'appelera Little Peter. Petit Pierrot dort devant les portes du Paradis, devant ces immenses grilles entr'ouvertes, j'imagine qu'elles sont grises comme les grilles des prisons, mais Pierrot n'a pas peur de ce gris, de cette rouille, et il dort devant, ronfle un peu peut-être. Il n'a pas l'air d'avoir froid, il n'a pas l'air de souffrir.&lt;br /&gt;Alors Dieu, ou saint Pierre qui passait par là, et peu importe la paternité, se retrouve tout ému devant ce petit corps allongé et tout pâle. Il verse une ou deux larmes et puis, réfrenant un sanglot, souriant, il éveille le petit et l'habille avec la neige. Joli costume blanc pour Petit Pierrot, blanc comme sa peau de bébé sorti d'un ventre inconnu, blanc comme sa petite âme toute neuve, ou oublieuse du fait que parfois, on ne devrait jamais être éveillé.&lt;br /&gt;Dieu ou saint Pierre prend l'enfant par la main, et lui dit de descendre sur terre. Va sur terre, Petit Pierrot, et si d'aventure tu vois des enfants, tu peux les observer à loisir, mais surtout, ne joue pas avec eux, car alors, l'entrée du Paradis te sera interdite. Il n'y aura pas de réponses à ton pourquoi, jamais. Tu ne peux me mentir, non pas parce que tu es pur et que le mensonge t'es encore inconnu, mais parce que les souillures de la main d'un autre, sur ton costume, seront ces taches noires, cinq minuscules marques pour la marque de cinq minuscules doigts. Paume de la main aussi grande qu'une pomme. Tu reviendras, ensuite, après ta petite journée parmi les humains.&lt;br /&gt;Alors Petit Pierrot s'embarque dans un grand voyage, celui qu'on fait sur terre. A quoi ça sert ? Il ne sait pas. Là, il voit le monde. Autour de lui,  les gens sont rigides, certains rient pour de mauvaises raisons, et Pierrot, dans son costume blanc comme la neige, marche près d'eux, sans jamais être remarqué. Oh, certains le voient tout de même, et ils sourient... Pierrot pense que ces rares personnes sont lucides. Elles voient très bien.&lt;br /&gt;Et puis, dans ce jardin, à moins que ce ne soit un parc, ou bien une usine désaffectée, Petit Pierrot voit des enfants. Petit Pierrot ne sait pas ce qu'ils font, et il apprend bientôt qu'ils jouent, il ne sait pas quels sont ces sons qui sortent de leurs gorges, mais il apprend bientôt que c'est le rire.&lt;br /&gt;Ils rient, les enfants, à gorge déployée, parce que c'est bon de sentir le vent dans  les cheveux, parce que c'est drôle de voir un autre chuter, parce qu'on se fiche de savoir que 2 et 2 font 4, parce que c'est dangereux de se sentir si vivant. Alors Petit Pierrot court vers eux, et leur tape sur l'épaule, et sautille, et se roule par terre, dans la terre, dans la boue, le sable et les cailloux. Son sourire est immense. C'est un grand jour, c'est un grand jeu. C'est le jour le plus important du monde.&lt;br /&gt;A la tombée de la nuit, Petit Pierrot est fatigué. Il quitte ses amis et étouffe un baillement, gratte son petit crâne et se fait des noeuds dans les cheveux, il souffle sur la petite écorchure de sa petite main, et puis l'agite pour dire au revoir.&lt;br /&gt;Et Petit Pierrot s'en retourne au paradis, et comment, on l'ignore, il a dû l'oublier, le temps efface les petits détails, surtout quand on s'endort. Il tapote  la grille, et Dieu, ou saint Pierre, étouffe, non pas un baillement, mais un cri. Il a des éclairs de colère, dans les yeux, le saint père, le papa, l'humain... Il pointe un doigt rageur en bas, et lui dit, à Petit Pierrot qui se mord les doigts, il lui dit de s'en aller, à jamais, de fuir, de ne plus jamais réapparaitre. Et Petit Pierrot sanglote, ses deux petits poings sur ses yeux larmoyants. Sur son costume blanc, des taches noires, effrayantes, révelatrices. Cinq minuscules marques pour la marque de cinq minuscules doigts. Paume de la main aussi grande qu'une pomme.&lt;br /&gt;Alors Pierrot s'en va. Il se met à errer sur terre, poussé par le vent, lui le petit bonhomme à qui on a refusé le Paradis. Il ne comprend pas. Pierrot a toute une vie - et peu importe combien de temps elle durera - pour y penser, toute une vie pour embarquer dans le labyrinthe de sa petite âme, toute une vie pour penser à la déception, et à la désobeissance et à cette seconde naissance, si tant est qu'elle existe.&lt;br /&gt;Si l'on grandit, et c'est un cadeau à refuser, alors Pierrot grandira à l'envers, refusera l'amertume, préférera nager dans l'éther. D'autres que lui ne grandiront plus du tout.&lt;br /&gt;Certains sont en retard au rendez-vous, d'autres ont juste joué. Parce que dans cet endroit, on est libre, on est roi, et même empereur. Quand on ose revenir de l'éther, de là où l'on vit à jamais, il y a toujours  l'odeur de la pluie sur le bitume. Il semble qu'il y ait toujours quelqu'un, derrière la grille, pour réclamer son dû.&lt;br /&gt;Des grilles à la fenêtre de Maman, des grilles au Paradis, des grilles dans le coeur, en somme.&lt;br /&gt;Le bonheur est froid comme la neige. Tout ceci vaut bien que je laisse ma fenêtre ouverte, toujours.&lt;br /&gt;Et au diable les éternuements !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-553098806970453258?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/553098806970453258/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=553098806970453258' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/553098806970453258'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/553098806970453258'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2008/09/fentre-ouverte.html' title='Fenêtre ouverte'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-9094407654066109128</id><published>2008-09-15T22:05:00.007+02:00</published><updated>2008-09-16T13:17:45.606+02:00</updated><title type='text'>Du refroidissement de l'âme...</title><content type='html'>et je suis un imposteur. Triste Trice, d'impostrice qui n'existe pas.&lt;br /&gt;On me croit forte, et je ne suis qu'un morceau de sucre. On peut prendre le morceau de sucre, si d'aventures on a l'envie de jouer, le prendre dans la main et le briser d'un seul coup. Si la chose est encore trop ardue, il faut mettre le morceau de sucre sur le sol et lui donner un coup de talon.&lt;br /&gt;On me croit forte. Parfois, on me compare à un taureau, les cornes baissées, prête à la confrontation, prête à tout, bouclier humain, chevalier d'argent, je le souhaite.&lt;br /&gt;On me croit forte et l'on oublie de seulement soupconner la présence de ce minuscule morceau de sucre.&lt;br /&gt;Je suis fragile parce qu'il ne faut qu'une petite chose pour qu'il y ait cassure. Un mot déplacé, une attitude qui me heurte, quelque chose que je découvre et que je ne soupconnais pas. Cela suffit à me rompre les ailes, que j'ai pourtant immenses.&lt;br /&gt;Mais les gens ont raison. Je puis être forte. Je peux oublier et faire table rase. Cela est aisé, surtout si j'aime. Je peux oublier ce qui me fait si grand mal, et me relever. Être dans la minute suivante folle de jeunesse. Je peux tendre le bras vers cette personne et lui demander de s'assoir à mes côtés. Je peux aussi lui effleurer la main, si je vois qu'elle est encore plus malheureuse que moi.&lt;br /&gt;Je peux.&lt;br /&gt;Beaucoup de choses.&lt;br /&gt;Oui je suis forte. Je peux tempêter et crier, et dire à quel point je suis déçue, si la chose n'est pas grave à mes yeux.  Je suis muette et j'ai une perle au bord des cils pour montrer à quel point je suis triste. Cela veut dire que je suis touchée, cible sur mon coeur. Je ne pense pas que j'aurais fait une très bonne actrice. Mes sensations arrachées, c'est douloureux parce que c'est comme retomber sur terre. C'est galvanisant, c'est comme tenter de toucher de l'extremité de la main mon berceau de lune.&lt;br /&gt;Mais je me souviens d'une fille, une belle africaine, qui me disait un jour que si, je pourrais être comédienne. Parce qu'elle avait vu quelque chose disait-elle, elle n'était pas dupe de ma légèreté. Je lui ai demandé de me rendre mon masque enfariné.&lt;br /&gt;Oui, je pourrais jouer. Seulement si je suis très, immensemement, douloureusement, blessée, triste ou abandonnée. Au point que dans le petit film de ma vie, je sois soudain sour les projecteurs, les miens. Qu'ils me brûlent sur place, et rien pour les autres.&lt;br /&gt;Je pourrais faire croire que tout ça, c'est pour de faux, pour que les autres soient encore plus perdus, et qu'égoistement, je me moque encore une fois d'eux tous, de tout. Et je ris, en même temps que je pleure. Une larme parce que je pleure dans l'oeil gauche, une larme parce que je ris dans l'oeil droit, peu importe au final, ce n'est que de l'eau.&lt;br /&gt;Mais quand le petit morceau de sucre est cassé, qu'il y a trop de miettes, je n'ai pas le temps, pas le temps de les récupérer, toutes ces miettes, et je suis en retard avec moi-même, et ce retard cause ma perte. Parce qu'alors, je suis vulnérable, et j'oublie de rire pour me défendre. Je deviens la pire des Enfants car Femme, je n'ose l'être, la pire des Enfants car je deviens sérieuse.&lt;br /&gt;La pire des Enfants, et le Sérieux, l'un de mes pires ennemis.&lt;br /&gt;Quand cela arrive, je reste les bras ballants. Parfois, je mets les mains dans mes poches, si j'en ai. Je crois, je crois seulement car je ne suis sûre de rien, que mon regard est terne. Mon regard est la seule chose, me dit un jour quelqu'un qui m'aimait bien, qui permettait aux autres de me donner un âge. C'était un poète. Et encore, il ne faut pas prêter attention à ces rides, que l'on devine, celles entre les sourcils, quand je les fronce, et ce pli amer et amusant, au bord de la lèvre.&lt;br /&gt;Tout est alors fait d'impossibilité. Impossible de bouger, statue de pierre. Impossible de réagir. Impossible de réflechir. Impossible de penser à autre chose qu'à ce venin, cette sensation d'avoir ouvert la mauvaise porte. J'aimerais faire un pas, mais je ne ressens rien. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je t'aime parce que je le sais&lt;/span&gt;, dit Fuchsia à Titus&lt;span style="font-style: italic;"&gt;... mais je ne sens rien&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Même si on a éprouvée cette sensation une ou deux fois dans ce drôle de rêve qu'est la vie, il y a toujours de l'étonnement à se découvrir vide.&lt;br /&gt;Dans ma mécanique intérieure, j'offre parfois à ceux qui ont le désavantage de croiser ma route, un boulon, une vis. Je leur donne, le plus gratuitement du monde. Parce que c'est eux, parce que j'ai envie de les accompagner sur le petit chemin, parce que je les adopte. La chose est immense, rare. La chose m'est toujours  difficile. Le ridicule m'imprègne jusqu'au bout de mes doigts alourdis de bagues en argent.&lt;br /&gt;Je pourrais toujours les fondre et me faire une balle contre mon mal.&lt;br /&gt;Je leur dis d'ouvrir la main et je dépose l'objet dans la paume. Je leur demande simplement d'être bon avec cette vis, cet écrou, ils font partie de ma mécanique, une vis d'enfant mal grandi, c'est fragile. Attention, ne la casse pas, ne la perds pas, ne l'abandonne pas, involontairement ou non. Je t'en voudrais bien plus si tu la perds involontairement.&lt;br /&gt;Il arrive dans ce pays où je suis reine, que quelqu'un abandonne la vis. Pas volontairement, non, jamais. Une petite erreur, un petit accroc et tout est rompu. On aimerait alors poser sa main sur la tête de l'autre, caresser les cheveux comme on le fait toujours, car tous les myopes sont aveugles, et il faut toucher, toujours toucher. Lisser une mèche rebelle et dire que tout cela n'est pas bien grave. Oh, si peu grave. Mais on ne peut pas, la voix est inaudible. Il y a quelque chose de brisé, ici, juste ici, vois-tu ?&lt;br /&gt;Oh, ce n'est pas de ta faute. C'est peut-être de la mienne. Je ne suis pas quelqu'un de très normal, même si ce mot ne fait pas partie de mon vocabulaire. On me le dit souvent. Je suis habituée. Ce qui n'est rien aux yeux des autres, c'est pour les miens une atrocité, un calvaire. Mon chemin de croix.&lt;br /&gt;Parfois, je ressens de la colère. Ma violence est mal comprise. Ma violence, elle reconstruit tout. Elle détruit de fausses idées, elle abat des murs. Si au bord du précipice, dans l'incompréhension mutuelle, je deviens violente, alors vous saurez que j'ai pour vous ce qui ressemble à de l'amitié. Je suis maladroite, peut-être, mais quand je vous prends dans mes bras en vous serrant violemment, et brutalement, alors vous saurez que je vous aime, inconditionnellement. Imbéciles, ceux qui pensent le contraire !&lt;br /&gt;Mais parfois, sous d'autres lunes, plus que la colère, c'est l'abbatement.&lt;br /&gt;Difficile de rattraper Fauna, ou quel que soit son nom, quand elle est abbatue, quand elle ne comprend pas, qu'elle chute en dehors de son corps. L'incompréhension. Mauvaise, vague sensation. Vaste blague. Souvenir d'un jour, devant la violence verbale du père, d'avoir détourné le visage et de s'être rencontrée dans le miroir. Elle l'a observé longtemps, ce visage de lune, blanc, plus pâle que la pâleur elle-même, elle l'a observé comme si ce n'était pas elle, comme si c'était quelqu'un d'autre. C'était la mauvaise actrice dans un mauvais mélodrame. Fauna ne s'est pas reconnue. Ou juste un peu, dans cette courbe. Elle a reconnu les courbes du visage de l'enfant. Un visage qui ressemble à un point d'interrogation. L'enfant incapable de bouger, cloué sur place pour que le vent mauvais passe vite sur elle, soit derrière elle, que la nuit vienne.&lt;br /&gt;Est-ce un autre type de défense, inconnu, cet atroce et terrifiant refroidissement de la personne ?&lt;br /&gt;Et je suis désolée. Je n'ai jamais eu peur de me brûler. Je suis désolée d'être si froide. D'être fragile, peut-être.&lt;br /&gt;Et je suis désolée d'être incapable d'aller vers toi.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-9094407654066109128?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/9094407654066109128/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=9094407654066109128' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/9094407654066109128'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/9094407654066109128'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2008/09/du-refroidissement-de-lme.html' title='Du refroidissement de l&apos;âme...'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-4072469871226239999</id><published>2008-08-26T14:28:00.013+02:00</published><updated>2008-08-27T17:12:35.062+02:00</updated><title type='text'>Poussières...</title><content type='html'>Hier, une bonne étoile, un ange, ou je ne sais qui ou quoi d'autre. Une petite nostalgie comme une flamme. Revient l'odeur de l'herbe coupée de la fin d'été, et le matelas grinçant, et les plantes vertes dans le salon, et le sucre pour que le chewing-gum que l'on mâche ne perde pas son goût, et la peur du prochain cours affreux, et l'envie très forte d'être à Noël, les enfants qui jouent dehors, et moi, le nez dans ce livre. Le hasard, un minuscule coup de baguette magique sur la tête, car tout ça, c'est de la magie, ce petit sursaut de surprise incontrôlé en découvrant une couverture si vieille mais familière, de celles où l'on murmure "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;mais je me souviens...&lt;/span&gt;"&lt;br /&gt;De ces moments où l'on ne peut s'empêcher de murmurer, quand bien même seul le chat entendra, et peut-être quelques fantômes, alors qu'on pourrait juste le penser très fort. Avertir tout le monde, au-delà des murs, au-delà des mers, avec ce murmure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est un livre à la couverture de cuir noir, aux pages jaunies, avec la signature de la Grand-mère à la première page, parce que ce livre était sien, au tout début. C'est un livre qui s'appelle &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'amour est mon berger&lt;/span&gt;. C'est un livre des années 50, qui a le parfum que les livres de maintenant n'ont pas. Il a le parfum d'un vieux Grenier, celui de la Bretagne, et celui de l'enfance.&lt;br /&gt;L'auteur de ce livre ? Je l'ignore. Je ne la connais pas. C'est un livre que j'ai découvert enfant, et lu, et c'est une inconnue. Je ne sais pas qui elle est, qui elle a été, où elle est née, quel était son parfum préféré, quelle musique la faisait rêver.&lt;br /&gt;Mais je connais ce livre, alors je connais d'elle un petit quelque chose, un minuscule quelque chose, et qu'elle fut Ruan plutôt que Sylvia ne m'étonnera pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me rappelle Ruan et Sylvia. Je me rappelle leur maison, le presbytère, et l'ambiance n'est pas si éloignée de celle dans laquelle, je crois, Emily et l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;infernal&lt;/span&gt; Branwell, Charlotte et Anne vécurent. Il y avait un papa-pasteur bon mais son aspect est dur et inébranlable, et une maman très belle mais lointaine. Il y avait ces deux petites filles, et un tout petit. Il y avait Sylvia l'ainée, jolie petite fille aux boucles blondes, qui se sait belle, et charmante. Quand elle ira à l'école pour la première fois, tous les enfants, seront attirés par cette beauté, attirés comme des papillons de nuit par elle. Mais elle, l'intouchable, jouera à la princesse méprisante. Elle sera princesse, et voilà sa cour. Et quand elle pleure pour la première fois devant Ruan, qu'elle a la déception au bord des lèvres, Ruan verra qu'elle n'est plus enfant, alors qu'elle, elle  s'accroche de toutes ses forces à Petit Homme.&lt;br /&gt;Ruan est petite et brune. On ne peut décemment la comparer à sa soeur ainée sans mettre en lumière son manque de beauté, son manque de charme, son manque de tout. Sauf son intelligence. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mais toi, tu es beaucoup plus intelligente que moi... &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Quand elle, elle ira la première fois à l'école, elle tentera désesperement d'attirer les enfants, pour se faire des amis. Hélas, elle n'a pas l'avantage d'être belle, et son esprit a beau être fin, on la met de côté, parce qu'elle n'est même pas princesse, juste une dame de chambre, ou une paysanne. Une petite chose, une petite mauviette.&lt;br /&gt;Mais elle a plus, tellement plus. Elle a son imagination débordante. Elle a un ami, Petit Homme, pour qui elle coud des vêtements avec les rubans des vieux chapeaux.&lt;br /&gt;De ce livre, juste des souvenirs, des images. J'en ai parcouru, des landes, des châteaux, des palais ! Je les ai tous foulés de mon pas autrefois si rapide, et on y entend le vent dans les falaises des Côtes d'Armor.&lt;br /&gt;De ce livre, je me rappelle tout, et rien. Du père, triste, qu'il est naturel de voir prier tant qu'il fait l'office, mais la chose devient étrange quand ce n'est plus l'heure. Maman est belle, est aimée, c'est une amazone, et elle aussi est triste. Elle est pleine de fougue et se fâne, et oublie de s'occuper convenablement de ses enfants. Mariage malheureux et elle tape de sa cravache ses bottes de cavalière, et pour la première fois, les enfants ont peur de leur maman. Je me rappelle la première sortie de Ruan en ville et son étonnement dans les rues crasseuses de Londres (Etait-ce Londres ?) et son amitié avec ceux dont on n'attend rien, pour les pires raisons qui soient, les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;derniers de la classe&lt;/span&gt;, un petit enfant noir et une petite aux cheveux sales.&lt;br /&gt;De ce livre, je me rappelle la douceur un peu mélancolique, et les premiers émois d'une tranquille héroine, une femme-enfant. Une enfant qui devenait femme mais était toujours la petite fille de 7 ans, sereine et un peu mal-aimée, toujours sous-estimée. Pieuse sans être bigotte, ni croyante aveuglée, surtout pas, et qui chante à tue-tête les psaumes, recroquevillée d'horreur dès que trop de gens s'approchent d'elle, tétanisée dès lors qu'on l'arrache à sa tranquilité, et son David qu'elle aime tant. Elle, la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;petite mauviette&lt;/span&gt;... amoureuse et muette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce livre est là, tout près de moi, comme un vieil ami que l'on retrouve. On lui sourit, un sourire imbécile peut-être, mais spontané, tout en le soupesant, en le regardant sous soutes les coutures. Et attention à cette page qui va bientôt tomber...&lt;br /&gt;Je l'ouvrirais, à nouveau, demain, ou après-demain. Le jour d'après.&lt;br /&gt;Il y a si longtemps que je ne t'ai pas vu. Tous les autres livres de mon enfance sont près de moi, le sais-tu ? Je les ai récuperés vaillament. Petit soldat investi d'une mission, sauver les livres du Grenier. Elizabeth Goudge et sa vallée qui chante à jamais, et sa sorcière blanche, et son auberge d'un autre temps, cette arche dans la tempête. Catherine et Heathcliff ici, Alice là-bas, et Monsieur Harley Quinn qui m'intrigua tant. Eux, les amis et les conquêtes, ont vieilli avec moi.&lt;br /&gt;Redécouvrir. Est-ce que ce sera pareil qu'avant ? Vas-tu me décevoir ? M'éblouir peut-être ! T'aimerais-je, toi dont je ne connais plus que l'ombre ? Et si ce n'est pas pareil, est-ce parce que j'aurais grandi ? Non, bien sûr.&lt;br /&gt;Trop de questions dans une si petite cervelle.  Et peu importe les questions. Allons ! Une nouvelle aventure !&lt;br /&gt;On retrouve un livre que l'on avait oublié, dans le Grenier, et c'est une émotion pareille à une flamme.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-4072469871226239999?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/4072469871226239999/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=4072469871226239999' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/4072469871226239999'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/4072469871226239999'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2008/08/livres-et-poussires.html' title='Poussières...'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-2121666948744503802</id><published>2008-06-23T04:03:00.006+02:00</published><updated>2008-12-09T21:45:54.554+01:00</updated><title type='text'>The Amazing Sisters Sutherland</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RtMWWMZ9wxI/AAAAAAAAATk/YrdL7jmBcoc/s1600-h/image063.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RtMWWMZ9wxI/AAAAAAAAATk/YrdL7jmBcoc/s400/image063.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5103447373283967762" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Les Soeurs Sutherland ne sont pas des inconnues pour qui s'intéresse aux Freaks, ou au Cirque de Mr Barnum.&lt;br /&gt;Sept jeunes filles sorties d'un tableau, avec des cheveux balayant leurs chevilles, brunes ou châtains clairs, jouant et dansant devant un public déjà conquis, conversant ou racontant des histoires, avant de leur tourner le dos et de défaire les chignons dans un même geste pour laisser tomber les rideaux de soie que sont leurs parures. Le rideau de soie est un paravent, pour ces jeunes filles que l'on dit timides.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="postbody"&gt;Elles viennent d'une famille relativement pa&lt;/span&gt;&lt;span class="postbody"&gt;uvre (du moins, la légende le veut) mais cultivée, originaire de Cambria, petit village désormais connu sous le nom de "Ferme Sutherland", une communauté rurale près de New York. Leur père est le Révérend Fletcher Sutherland, politicien à ses heures, écrivain et musicien dans ses loisirs, (et que l'on tenta de supprimer deux fois pour ses vues politiques), leur mère est Mary Brink Sutherland, et elle enduira les cheveux de ses filles d'un onguent de sa composition; l'odeur en est si atroce que les camarades de classe s'en plaignent à longueur de journées. Le couple s'unit en 1843. Très tôt, les enfants Sutherland expriment un fort penchant pour la musique. Le père&lt;/span&gt;&lt;span class="postbody"&gt; encourage alors ses enfants dans cette voie. De fait, il semble que chacun d'eux soient dotés d'un talent inné et de voix magnifiques. Les petites chantent à la chorale de l'Eglise (tous étaient membres de l'Eglise protestante Episcopale, elles y furent confirmées le 5 janvier 1858), parfois dans les environs, lors de fêtes. Quand elles ne se produis&lt;/span&gt;&lt;span class="postbody"&gt;ent pas, il n'est pas rare de les voir toutes dans le jardin familial. De leur père, elles hériteront un sens aigu des affaires, et on passera sous silence le marketing forcené du père qui inventa bientôt un produit miracle pour les femmes désireuses de posséder elles au&lt;/span&gt;&lt;span class="postbody"&gt;ssi une telle chevelure. Vaste fumisterie qui entache la féerie.&lt;br /&gt;Toutes auront ce sens des affaires, sauf deux : la veuve éplorée et celle que l'on considère folle.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est Elizabeth et Lionel qui m'ont ouvert, à nouveau, le chemin qui mène aux filles du Réverend Sutherland. Tout n'est parfois qu'histoire de cheveux, ou de cailloux gentiment prétés par le Petit Poucet. Ou Tom Thumb.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RtNHNcZ9w2I/AAAAAAAAAUM/5CureOCxlTs/s1600-h/sara_1.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RtNHNcZ9w2I/AAAAAAAAAUM/5CureOCxlTs/s400/sara_1.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5103501099029873506" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Je suis en admiration devant la beauté évidente de ces jeunes filles, que ce soit Sarah (1846 - 1919), assise sur toutes ces photos pour donner l'illusion que sa chevelure est longue, elle qui a la plus courte. Sous son bras, une bible l'accompagne partout où elle va. On la dit douce, sensible, mais aussi rude, avec des yeux bleus magnifiques, et si elle n'est pas la plus jolie du lot, elle semble n'en avoir cure.  Elle joue du piano et l'on raconte qu'à cet instant précis, ses cheveux dénoués  vibrent à l'unisson de son corps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RtNmmMZ9w8I/AAAAAAAAAU8/Hc4eM5xhLnA/s1600-h/sut21.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RtNmmMZ9w8I/AAAAAAAAAU8/Hc4eM5xhLnA/s400/sut21.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5103535609092096962" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Isabella (ou Isabel; 1852 - 1914)  réputée pour son intelligence et l'optimisme dont elle fait preuve chaque jour... poète à ses heures, on imagina bientôt qu'il était impossible qu'elle fût du même sang que les six autres &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Merveilles&lt;/span&gt; : mince et svelte, sa morphologie n'était pas celle de ses soeurs... en ville, on jasa. Elle eut le coeur laceré quand son époux Frederick Castlemaine, qu'elle épousa à 46 ans alors qu'il en avait 27, sembla lui préférer sa cadette, l'espiègle Dora. Son coeur sensible fut definitivement brisé à la mort de son époux, victime d'une overdose de morphine (suicide ?). Alors, elle hanta des nuits entières le cimetière, assise près de la tombe de Frederick.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RtNNGcZ9w4I/AAAAAAAAAUc/U93xbEc6cm0/s1600-h/image065.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RtNNGcZ9w4I/AAAAAAAAAUc/U93xbEc6cm0/s400/image065.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5103507575840555906" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Victoria (1849 - 1902), royale comme son prénom, droite comme une impératrice, qui aimait à se parer de diamants et d'innombrables bijoux. Dès le début, elle est considerée comme la plus belle des sept, avec sa chevelure raide et noire de jais, elle qui avait la plus longue, et surtout, la noblesse de son port. Elle horrifia sa famille en épousant un jeune homme de 19 ans, Wesley Craw, alors qu'elle avait 50 ans. A sa mort, et selon sa volonté, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Crossing the bar&lt;/span&gt;, le poème de Tennyson, sera lu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RtNmUsZ9w7I/AAAAAAAAAU0/cM5RrbksY0U/s1600-h/su2_image001.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RtNmUsZ9w7I/AAAAAAAAAU0/cM5RrbksY0U/s400/su2_image001.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5103535308444386226" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Grace la pianiste (1854 - 1946) était réputée pour son sens de l'humour, son sourire narquois, et sa sociabilité. Fière de sa chevelure, elle se trouva une passion pour les ficelles que tiraient les managers dans l'ombre. Elle ne se maria jamais mais devint mère malgré elle, quand, au décès de l'une de ses soeurs, elle prit volontairement en charge ses neveux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RtNQysZ9w5I/AAAAAAAAAUk/zXxA__aNVto/s1600-h/sut7.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RtNQysZ9w5I/AAAAAAAAAUk/zXxA__aNVto/s400/sut7.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5103511634584650642" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Dora (surnommée Kitty; 1861 - 1925). Si pour le public, Victoria est la plus belle, elle est pour Barnum, la plus jolie. Un visage enfantin et un rire que l'on imagine perlé, flirtant et dépensant sans compter. Active et tourbillonante, Dora vécu tranquillement à Toronto, dit-on. Elle courait, sautait, riait, et c'est peut-être cet empressemement qui lui fit traverser, un jour de décembre, la rue sans voir le car qui allait à sa rencontre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais deux surtout, en plus d'Isabel, ont toujours retenu mon attention.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a d'abord Naomi (1858 - 1893)...&lt;br /&gt;Ainsi l'aurait présenté Mr Barnum : &lt;span style="font-style: italic;font-family:Calibri;font-size:100%;"  &gt;The world renowned female Bass Singer, has the most massive hair ever worn by any human being on earth, and which envelopes her whole body a&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:Calibri;font-size:100%;"  &gt;s with a garment.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;C'est la première des soeurs que j'ai rencontré, attirée par sa beauté étrange et son aspect iréel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RtMY_MZ9wyI/AAAAAAAAATs/BxFiBwztVNs/s1600-h/sut4.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RtMY_MZ9wyI/AAAAAAAAATs/BxFiBwztVNs/s400/sut4.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5103450276681859874" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Les yeux de Naomi. Ce nez particulier, romain, semblable à celui de Mary, et cet air serein, ce sourire à la fois doux et moqueur.... quand on regarde Naomi, on a la sensation d'être happé au pays des merveilles. Naomi irradie, à 13 ans, elle charme déjà le monde. Du moins, c'est elle qui semble la plus talentueuse du groupe : les journeaux ne cessent d'écrire au sujet de cette voix profonde.&lt;br /&gt;En me penchant sur ces photos jaunies, je m'aperçois qu'elle a le même sourire, aussi énigmatique, que Sophie d'Alençon. Cette force que dégage Naomi, à mes yeux, sur cette photo, était visiblement trop brûlante pour ce monde. Elle meurt, à 35 ans seulement, laissant derrière elle un époux et quatre enfants, dont s'occupera sa soeur ainée, Grace.  Le père de famille étant un manager très pointu, il remplace sa fille par une autre jeune femme, Anne Louise Robert. Interchangeabilité qui me fait froid dans le dos.&lt;br /&gt;Un proche écrivit qu'elle était "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;trop humaine pour ce monde&lt;/span&gt;".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RtNSjcZ9w6I/AAAAAAAAAUs/9DcIO1xnL24/s1600-h/Mary%5B2%5D.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RtNSjcZ9w6I/AAAAAAAAAUs/9DcIO1xnL24/s400/Mary%5B2%5D.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5103513571614901154" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Et puis Mary (? - 1939), la mystérieuse Mary.&lt;br /&gt;Surtout, surtout Mary.&lt;br /&gt;C'est la plus jeune, mais sa date de naissance reste inconnue. Mary a de longs cheveux noirs et un air de princesse egarée, un visage de lune. Mary est une héroine gothique, qui arpenterait de longues heures les greniers. Ou le Grenier. Sur certaines photos, le regard de Mary est d'une dureté telle, presque masculine, que ce regard, à cet instant, est comme l'oeil du cyclone, une tempête qui semble ouvrir le voile entre les deux mondes. Si Naomi a le sourire mystérieux, Mary a le regard des vieilles âmes et des misanthropes. Une lucidité, une âpreté, la sensation d'y voir, comme dans un miroir, notre âme s'y refleter.&lt;br /&gt;Mary est peut-être aussi, et un peu, Lady Fuchsia, et on l'enferme pendant de longues heures, dans sa chambre. Il parait que lorsqu'elle entend le cliquetis de la clef dans la serrure, elle crie. On dit qu' il fait bon de ne pas fréquenter trop longtemps la jeune fille, qui a de biens étranges habitudes.&lt;br /&gt;Echolalie.&lt;br /&gt;Elle épelle certains mots, et répète ceux de ses voisins. Elle semble peu interessée par ce qui se passe autour d'elle, une attitude qui effraye ses proches. Elle chérit sa coiffure, raie au milieu, qui est un rideau quand elle n'ose affronter le regard des gens, se tient souvent à l'écart. Parfois, quand elle doit chanter de sa voix de soprano, elle oublie que c'est son tour, et se tait. On dit surtout qu'elle est un peu folle, les médecins donnent mille et mille raisons, peut-être même que sa longue chevelure, pour des épaules aussi fragiles et sensibles, en est la cause.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peu importe. On dit souvent que certaines personnes sont folles, alors qu'elles ont la beauté, là, au creux de leurs mains.&lt;br /&gt;Comme mon Lohengrin qui construit et construit pour rester en terre d'enfance, les Soeurs veulent vivre à jamais en terre des Merveilles, ce pays de toutes les promesses. Elles gagnent bien, très bien et dépensent sans compter, une aide pour chacune d'entre elles, pour s'occuper de leur joie et fardeau. Alors l'une d'elle a l'idée un jour, de construire un immense manoir afin qu'à jamais, elles restent ensemble. Cette demeure sera la construction finale de leurs carrières, le symbole de leur amour et de leur unité. Et cette demeure sera construite. Elle sera belle, et immense, et les gens des environs s'arrêteront quelques instants, alors qu'ils passent devant, pour la comtempler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SF7_b94LxSI/AAAAAAAAAa8/RDi88xhh59o/s1600-h/sutgrp2.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SF7_b94LxSI/AAAAAAAAAa8/RDi88xhh59o/s320/sutgrp2.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5214886274473379106" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Car ici est un lieu de mystère, d'étrangeté. On murmure qu'à l'intérieur, certaines se droguent, d'autres boivent, on s'adonne au vaudou et à la sorcellerie, on se partage un époux. Ragots et inventions. Détestation envers celui ou celle qui aime à rester dans son antre. Le refrain est connu. On raconte même que des ambitieux tentent de pénétrer la maison pour couper les chevelures.&lt;br /&gt;Qu'une vieille dame prenne son manteau pour se rendre au cimetière dans la nuit, qu'une autre soit enfermée et hurle chaque soir, cela est vrai. Quand l'un de leurs bien-aimés chiens meurt, elles font publier de long avis de décès dans les journeaux. Les soeurs ont décidé d'ignorer la religion dans laquelle elles ont été elevées. Indépendance est le maitre-mot. Peut-être la peur d'être épousée pour sa fortune, comme Grace. On peut leur reprocher cette intelligence du merchandising qui leur fit atteindre les étoiles. Mais pas la bonne étoile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SF8JbE-u4EI/AAAAAAAAAbE/Ldp6TiB6qLc/s1600-h/sutherlandmansion1.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SF8JbE-u4EI/AAAAAAAAAbE/Ldp6TiB6qLc/s320/sutherlandmansion1.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5214897254316302402" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ensemble, à jamais, quitte à tout perdre un matin. Pire, être séparées. Si la sorcellerie et le vaudou, le spiritisme n'ont jamais existé en ces lieux, cela n'empêche pas le Diable de venir toquer à la porte pour réclamer son dû.&lt;br /&gt;La mort prématurée pour l'une, les errements pour l'autre, l'accident pour la sixième, l'asile forcé pour la petite dernière que l'on arrache brutalement à son coccon. Peu importe si elle vit en elle, cette seule pensée me remplit, là encore, d'effroi.&lt;br /&gt;Les Soeurs Sutherland sont un poème. D'un poème romantique empli d'étrangeté, elles auraient pu être les héroines... la Dame pourvue de tels attributs ne couvre-t-elle pas son amant de sa chevelure pour le protéger ? Et pourquoi pas, si l'amant est changeant, l'étouffer.&lt;br /&gt;Joie, richesse et fardeau. Riches, chacune, hormis Naomi et Mary enfermée pour toujours, décèderont pauvres. La maison des Merveilles brûlera. Cendres et poussières.&lt;br /&gt;Les fils de ces couronnes sombres sont à portée de main. Attrapons celui que l'on veut, sur la tête de celle que l'on choisit. Fil imaginaire pour le labyrinthe.&lt;br /&gt;Ma chevelure imaginaire de Fée est déjà toute prête.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-2121666948744503802?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/2121666948744503802/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=2121666948744503802' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/2121666948744503802'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/2121666948744503802'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2008/06/amazing-sisters-sutherland.html' title='The Amazing Sisters Sutherland'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RtMWWMZ9wxI/AAAAAAAAATk/YrdL7jmBcoc/s72-c/image063.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-9218600167691281427</id><published>2008-05-27T05:23:00.000+02:00</published><updated>2008-05-29T02:32:37.647+02:00</updated><title type='text'>Les nuits étranges d'insomnie</title><content type='html'>A 3 heures du matin, parfois 4, je me découvre insomniaque.&lt;br /&gt;A l'heure de me mettre au lit, vers Minuit ou 1 heure, car j'ai toujours un peu de mal à aller me coucher, je reprend mon fil imaginaire, me glisse sous les draps et prend la pose que je préfère.&lt;br /&gt;En chien de fusil. Position foetale. Le bras sous la joue, les genoux hauts, les jambes croisées, des jambes artistiques. En boule, comme les chats, le nez dans la peluche défraîchie.&lt;br /&gt;Et je pense.&lt;br /&gt;C'est toujours à cette heure-là, l'heure appelée &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Heure de Tombal&lt;/span&gt;; parce que c'est à cet instant là, j'en suis sûre désormais, que Lord Tombal a la première fois étendu ses ailes; que les pensées les plus incongrues me viennent. La nuit est étrange, si les pensées sont toujours noires, elles sont rarement tristes. Tout au plus angoissantes. L'angoisse, et l'angoisse de cette angoisse, et l'angoisse du pire. Angoisse est un mot très laid à prononcer. J'angoisse sur ce "goi" qui ne veut rien dire, et quand bien même il veut dire quelque chose et que quelqu'un me le prouve, je ne le croirais pas.&lt;br /&gt;J'angoisse sur les futures douleurs à venir. Celles de la tête, elle qui pulse sans jamais s'arrêter, et surtout celles du coeur, qui pulse au même rythme. Voilà au moins quelque chose qui s'accorde, le coeur et la douleur.&lt;br /&gt;Fermer les yeux et rester immobile. Se retourner sur le ventre et regarder la fenêtre jamais fermée, parce qu'il y a toujours un petit garçon pour venir jouer un air de flûte. Les soirs de tempête, courir pour fermer les volets de bois, de peur qu'ils ne s'envolent, arrachés par Eole. Mais avant, prendre soin de pencher la tête dehors et d'en profiter. Et rire toute seule. Les soirs de tempête, je dors bien. Je me laisse bercer. Le petit garçon sera à l'abri ailleurs.&lt;br /&gt;Ce soir, pas de tempête. Un peu de chaleur,  et dans ma tête, un hurlement : "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;la chaleur ! comme je hais la chaleur !&lt;/span&gt;".&lt;br /&gt;Soupirer. Pencher la tête, voir la lune. Ronde, pleine, Mère Vieillesse. Les amis sur les murs papotent. Celle qui a des fleurs dans les cheveux et un vase cassé dans les bras, celle qui a la voix la plus douce, murmure : "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;est-ce la peine de te retourner dans les draps, encore ? j'ai compté trois mouvements de jambes, deux étirements de bras, un grognement et deux soupirs, 6 tentatives de fermer les yeux&lt;/span&gt;."&lt;br /&gt;Le tableau est perspicace.&lt;br /&gt;Durant les nuits, les pensées volent toujours vers ceux qu'on aime. Les Morts. Le besoin de certains d'entre eux est presque viscéral. Penser aux ratés, parfois; aux abandons, quels qu'ils soient, souvent; ou au Grand Départ, presque tout le temps. Etonnement calme. Ce n'est pas une de ces nuits où l'on prie, en fermant très fort les yeux, pour pouvoir enfin, dormir. Ce n'est pas un de ces moments où la seule chose qu'on désire réellement, le seul luxe,  est de juste dormir.&lt;br /&gt;Un chat gris profite de l'hibernation mentale pour sauter sur le lit, agile, silencieux et débarrassé de son chapeau de mousquetaire et de ses bottes cirées, noble descendant d'un ami, le Chat Botté. Il enfonce une patte dans l'estomac, observe (a-t-il vu un petit garçon au sourire diabolique à la fenêtre ?)  et s'allonge finalement sur la poitrine de sa "maîtresse", non sans lui avoir donné un coup de museau sur son nez long et pointu.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ô Noble Titus, de retour de promenade dans la cuisine&lt;/span&gt; ?&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mrrrrrrrr&lt;/span&gt;... répond le Chat.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ô Brave Titus, cesse de me pietiner le ventre....&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mrrra ?&lt;/span&gt; répond le Chat.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Infâme Titus, je ne suis point ton oreiller, ton paillasson, ton aire de repos !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Maoua&lt;/span&gt;, répond le Chat.&lt;br /&gt;Il a dit Maman.&lt;br /&gt;Il convient de chasser cette idée atroce.&lt;br /&gt;Enfouir ses mains dans les cheveux, malaxer et masser. Quand je me frotte la tête de cette manière, je prends bien vite l'apparence d'un ours, qui ferait fuir le Sandman lui-même. Mais peu importe. Il y a des ours qui dansent dans les étoiles.&lt;br /&gt;Satisfaction ultime quand on bande tous ses muscles, frotte légèrement ses yeux et enfin se détend, en poussant un gémissement étrange - celui que fait l'Ours, parait-il, en se réveillant dans sa grotte, ou sur son étoile. Les jambes retombent sur le matelas et les bras se croisent sous la tête.&lt;br /&gt;Le Chat, dans le rayon de lune, observe. Je devine, dans les prunelles vertes, une forme de mépris. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;J'ai envie de dormir&lt;/span&gt;, sussure-t-il.&lt;br /&gt;Jouer. Lever une jambe. La jambe retombe sur le matelas. A peine retombée, l'autre se lève. Si je plie les genoux, je fais du vélo. Les paysages défilent déjà devant mes yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Se lever, le chat dans les bras.&lt;br /&gt;Ou plutôt, ramper en dehors du lit. Entre attendre debout, ou allongée, un rayon de lumière, un léger rayon, ceux où l'on peut voir la poussière danser, il faut choisir. Se promener devant la bibliothèque, faire les 100 pas et attraper un recueil de John Keats, et le serrer très fort dans les bras, comme si ce livre était un enfant. Puis, s'assoir devant le Miroir. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Satanée chose, aux entrailles éléctriques !&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je me découvre dépendante de toi comme je le suis de cette horreur&lt;/span&gt;. Et sortir une cigarette, la tapoter - habitude - sur le bureau. Et puis, geste mille fois répeté, l'allumer. Quand la fumée monte à la tête, aucune résistance. Auto-destruction enclenchée.&lt;br /&gt;S'assoir, se relever. Tea Time. Ne pas oublier le breuvage de chaque heure, mon thé, mon précieux thé. S'il est trop chaud, attendre qu'il refroidisse un tout petit peu, mais juste un peu.&lt;br /&gt;Entre Neptune et Saturne.&lt;br /&gt;Devant le miroir, lire, se lire, un poème de celui qui écrit sur l'onde.&lt;br /&gt;N'importe lequel. Un mot s'installe dans le coeur, un autre fait rempart à la douleur. Des gens écrivent. Qui est celui qui envoie des messages toutes les nuits, des messages qui n'ont jamais de réponses ? C'est inquiétant. Voilà un autre message qui arrive à grands renforts de trompettes, pour me dire que je suis vraiment bizarre, mais au fond, "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;je suis persuadé que vous êtes quelqu'un de gentil&lt;/span&gt;". Ricanements. A la poubelle. S'il s'était arrêté à la bizarrerie supposée (ou pas), je n'aurais rien dit. Question d'habitude. Mais soupconner que je puisse être gentille...&lt;br /&gt;Le Monsieur s'ennuie vraisemblablement pour le faire remarquer.&lt;br /&gt;Une autre lettre, là. Des histoires d'amours malheureuses. Ah ! Je n'ai pas le temps pour ça.&lt;br /&gt;La nuit, j'irradie. Un sentiment de puissance se propage dans l'être tout entier, et peu importe les imbéciles qui continuent de m'ennuyer. Prendre le crayon - quand on le retrouve - pour écrire, écrire.&lt;br /&gt;Et écrire.&lt;br /&gt;La Nuit à la lune est toujours intense.&lt;br /&gt;Aucun bruit, sauf le ronflement du vieux Chien. Parfois, un hibou. Le chant du hibou m'envoie des frissons dans l'échine et m'apaise.&lt;br /&gt;Une petite musique de nuit, une musique classique. La voix d'un contre-ténor, ou un violon italien et fantaisiste. Une viole de gambe anglaise et quelques orgues faussement austères.&lt;br /&gt;Sourire, comme le Chat du Cheshire. Attraper une idée ici, une autre là, et le fil se déroule de lui-même. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Brûler d'un trop-plein, brûler comme ça, oui ! La seule brûlure noble, la seule brûlure qui vaille, peu importe Après.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Ensuite, dans la frénésie envahissante, devant le Miroir, les livres ouverts, dans les idées et autres Rêveries qui s'entrechoquent, une pensée plus profonde. Du moins, une pensée nouvelle qui mérite quelques secondes d'attention.&lt;br /&gt;Laisser la cigarette se consumer, pendant que la tête dans la main, on imagine quelque chose. Et gare à ceux qui dérangeraient alors qu'on se retourne en nous-mêmes. Vite, le cahier, le crayon, les feuilles blanches, et celle-ci qui est tachée de quelques gouttes de thé ! Cette nouvelle idée sera un nouveau départ.&lt;br /&gt;Un autre jeu aimé, pendant mes insomnies, consiste à fermer les yeux devant une feuille blanche, est de laisser partir l'imagination en ligne droite. La main, instrument alors indépendant et plein de vie, note rapidement tous les mots qui s'imposent à l'esprit, et ça commence ainsi : Feu joie qui suis-je pour investir le château fort dément des landes enfievrées embranchement.&lt;br /&gt;Et ça continue ainsi.&lt;br /&gt;L'horloge derrière, qui ne sonne que lorsqu'elle le souhaite, cette horloge mal huilée et décalée, fuit le temps autant que moi. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'important est d'oublier les apparences et de vivre en soi&lt;/span&gt;, disait Lady Gertrude. Quelque chose comme ça.&lt;br /&gt;Une douleur, quelque part. Ici, l'embryon d'un souvenir triste. Encore ailleurs, des questions sans réponses. On a beau ouvrir des livres et questionner, jamais de réponses, encore moins de raisons. Celle-ci me boude parfois depuis que je l'ai oubliée, un jour de printemps, derrière un bureau d'écolier.&lt;br /&gt;Là, mes Contes d'Outre-Tombe.&lt;br /&gt;L'important est d'oublier les apparences. Et puis le reste. Savoir s'il faut écrire "peut-être" ou "sûrement".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5 heures  et 16 minutes.&lt;br /&gt;Five O'Clock and Sixteen minutes.&lt;br /&gt;Quand un bruit que je connais bien, et pas le chant du hibou, parvient à mes oreilles, je tourne la tête vers la fenêtre. Attendre toujours un peu afin d'en être sûre, et réellement sûre, et puis,se lever, pieds nus, et l'ouvrir encore plus grande, dans un grand geste. Le Chat à côté, digne et raide comme Bastet, et un éclair, là-bas, tout là bas, à droite, là où le ciel est bleu roi, le vois-tu ?&lt;br /&gt;Le tonnerre arrive. Les éclairs. Avec un peu de chance de la tempête, et beaucoup de vent. Après eux, la pluie aimée. Une allure de fin du monde. Le temps à la démesure de mes pensées. Ce serait le meilleur moment pour aller se promener.&lt;br /&gt;Allons, tous ! à défaut de se promener, il est temps de se mettre au lit, en boule sous les couvertures. Laisser les livres ouverts sur le bureau, ne pas ramasser celui qui est tombé. Ne pas terminer sa tasse de thé. Voir dans le noir. Ecouter, entendre.&lt;br /&gt;Dormir un peu, un court petit moment de repos dans les bras de Morphée, et se lever au matin, pour voir la rosée sur les brindilles d'herbe, et les flaques d'eau sur le bitume, les oiseaux qui s'envolent et peut-être un arc-en-ciel.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-9218600167691281427?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/9218600167691281427/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=9218600167691281427' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/9218600167691281427'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/9218600167691281427'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2008/05/les-nuits-tranges-dinsomnie.html' title='Les nuits étranges d&apos;insomnie'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-3263992930222381294</id><published>2008-05-06T01:15:00.002+02:00</published><updated>2008-12-09T21:45:58.802+01:00</updated><title type='text'>Fur</title><content type='html'>Je précise en préambule, comme le film le fait grâce à un carton, que cette oeuvre ne propose pas une biographie juste de la formidable artiste qu'était Diane Arbus, mais plutôt une phantasmagorie à son sujet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-bq6b4nJI/AAAAAAAAAaM/4IfPJtQd4xM/s1600-h/fur_un_portrait_imaginaire_de_diane_arbus_fur_an_imaginary_portrait_of_diane_arbus_2005_reference.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-bq6b4nJI/AAAAAAAAAaM/4IfPJtQd4xM/s400/fur_un_portrait_imaginaire_de_diane_arbus_fur_an_imaginary_portrait_of_diane_arbus_2005_reference.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5197043656551865490" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Je précise également que le personnage de Lionel Sweeney est inspiré de Stephen Bibrowski, un freak ayant "travaillé" pour Barnum entre autre. Rebaptisé &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lionel the Human Lion&lt;/span&gt;, entre autres surnoms. Un homme couvert d'une fourrure dorée, parce que sa mère, a-t-elle raconté, a vu un lion, à moins que ce ne soit un loup, alors qu'elle était enceinte : le choc et l'effroi ressenti devant la Bête lui fit accoucher d'un enfant-lion. Un homme beau, et fascinant qui, sous son aspect bestial, parlait et écrivait 5 langues. Une élegance rare, tant physique que morale, contrairement à ce qu'on lui demandait de faire lors des tournées de Freakshow : jouer à la bête, suciter la peur, peut-être le ridicule. Je le sais drôle, et l'imagine bien un livre dans un sac avant de se déguiser pour monter sur scène. Mon affection pour lui est immense, et je sais qu'une Amie l'aime comme moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-afKb4nHI/AAAAAAAAAZ8/c92wpUHvxZk/s1600-h/Lionel.bmp"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-afKb4nHI/AAAAAAAAAZ8/c92wpUHvxZk/s400/Lionel.bmp" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5197042355176774770" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Le film débute à la fin des années 50.&lt;br /&gt;Diane (prénom qu'il faut prononcer à la française), vit à New York, dans un immeuble très huppé d'un quartier chic. Mariée à Alan, photographe de mode important dont elle est l'assistante dévouée, Diane a deux filles, Grace et Sophie. En ce jour, Alan organise, avec les parents de Diane, fourreurs de leur état, un défilé dans leur appartement.&lt;br /&gt;Au milieu des mannequins, Vénus splendides à la fourrure, Diane s'active, court à droite et à gauche, allume les cigarettes de l'une et de l'autre et n'a même plus le temps de fumer la sienne. Ses parents continuent de donner leurs &lt;span style="font-style: italic;"&gt;précieux&lt;/span&gt; conseils, la Mère s'agace de voir que sa fille soit si mal habillée, si peu désirable, son mari la remercie et l'embrasse en se demandant ce qu'il ferait sans elle.&lt;br /&gt;Aucun ne se rend compte de l'angoisse qui étreint son coeur, de l'impasse dans laquelle elle se retrouve, et dans laquelle elle étouffe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-XiKb4nAI/AAAAAAAAAZE/iTzBeCxaiBI/s1600-h/h_3_ill_854544_fur-bis.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-XiKb4nAI/AAAAAAAAAZE/iTzBeCxaiBI/s320/h_3_ill_854544_fur-bis.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5197039108181498882" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Diane constate, le même soir, entre débordement de larmes et poings crispés, qu'un camion de déménagement s'arrête en face de chez elle. Très vite, elle remarque un homme masqué, masque qui, accompagné des objets et meubles étranges que l'on monte dans l'immeuble, l'intrigue. Il est le nouvel arrivant, son nouveau voisin... et lorsque l'homme lève les yeux, comme attiré par le regard qu'il sent sur lui, et que leur regard se croisent l'espace d'un très court instant, Diane a le coeur qui bat la chamade. Cet homme masqué, en à peine une petite minute, fait bouilloner en elle la sève qui s'était tarie. Elle décide un peu inconsciemment, curieuse et impatiente, qu'elle ira le voir, pour le prendre en photo. En se rendant chez lui, grâce à une clef venue merveilleusement jusqu'à elle grâce à un conduit, Diane découvrira un Freak, du nom de Lionel Sweeney, un homme atteint d'hypertrichose - maladie qui recouvre tout le corps de longs poils qui peuvent être assimilés à une fourrure - rencontre qui changera sa perception de la vie et de son art à jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ce que je prefère, c'est aller là où je ne suis jamais allée&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Diane Arbus.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-V6ab4m7I/AAAAAAAAAYc/RYwpNV0kOIM/s1600-h/02.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-V6ab4m7I/AAAAAAAAAYc/RYwpNV0kOIM/s320/02.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5197037325770070962" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Fur&lt;/span&gt; est un film sensuel et ouvertement féminin, qui dès le début, nous convie au voyage mental. La fourrure, l'eau, les masques et le monde de l'enfance en font partie intégrante. Et comme &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Fur&lt;/span&gt; est également un film de paradoxes, ces élèments se retrouvent dans l'appartement du nouvel arrivant, soit un homme. Diane, cette femme frustrée et sclérosée, en fuyant un temps son appartement, retrouve dans ce début de voyage sa féminité cachée.&lt;br /&gt;Diane voyage. Un voyage émotionnel.&lt;br /&gt;Elle habite au rez de chaussée, il habite au dernier étage, presque sous les combles. Elle monte les étages de l'immeuble qui la sépare de sa nouvelle passion. Un silence religieux l'accompagne. En bas, à l'image de la famille Arbus, c'est propre, beau, éclatant, les escaliers sont spacieux. Une image parfaite de bonheur lisse et tranquille, fermée à clef par ses habitants.&lt;br /&gt;En haut, c'est différent. Toujours plus haut, la peinture au mur s'éfface, les couleurs s'assombrissent, le papier peint est déchiré, un état de dégradation mais surtout le parfum du passé, comme si personne n'était monté là depuis bien longtemps.&lt;br /&gt;Les escaliers se rétrecissent, les escaliers tournent en rond... des escaliers qui peuvent se rapprocher de ceux en colimaçon de la mémoire tel que l'expose Virginia Woolf dans le merveilleux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Orlando&lt;/span&gt;. Il n'y a plus de lumière, sauf quand Lionel ouvre la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-WL6b4m8I/AAAAAAAAAYk/IfxBA08y3qw/s1600-h/fur1.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-WL6b4m8I/AAAAAAAAAYk/IfxBA08y3qw/s320/fur1.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5197037626417781698" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Dès que l'entrée nous est ouverte, et qu'un regard brun se pose sur Diane, sur nous, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Fur&lt;/span&gt; se dévoile sensuel. Une relecture de la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Belle et la Bête&lt;/span&gt;, un conte, jusque dans ses symbolismes.&lt;br /&gt;On s'assoit, on se regarde, on se parle. L'un, malade de surcroit, est chasseur. L'autre est la proie consentante.&lt;br /&gt;L'un est ouvertement manipulateur, et foncièrement intelligent... il comprend, avant même que la Belle n'en parle, que cette femme-là n'est pas comme les autres. Qu'elle a des désirs enfouis, des envies de folie, une rage d'aimer tout ce qui s'éloigne des conventions, qu'elle étouffe dans ce milieu reglé comme une horloge et conventionnel. Il sait à l'avance, comme un magicien, tout ce qu'elle cache. Le dialogue est lancé,  franc et impudique, il la pousse à avouer ses pulsions, ses interêts, ses manques.&lt;br /&gt;Elle, l'exhibitionniste, se plait à dévoiler sans fards ses tourments et ses désirs, sexuels ou amoureux, lui, le voyeuriste , qui a un télescope pour espionner sa voisine, une freak sans bras, l'écoute, voit, la voit. Débarrassé des apparats et du paraitre, il ne la juge ni ne la condamne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-Y1ab4nCI/AAAAAAAAAZU/Mya0PtwXmz0/s1600-h/Fur_Downey.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-Y1ab4nCI/AAAAAAAAAZU/Mya0PtwXmz0/s320/Fur_Downey.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5197040538405608482" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Film sensuel avant tout dans les regards échangés et surtout, le regard &lt;span style="font-style: italic;"&gt;donné&lt;/span&gt; à l'autre. De la curiosité réciproque (si Lionel est le monstre, il dira, à raison, que sous son apparence "normale", Diane est plus monstrueuse que lui) nait le désir, et du désir nait la passion. Un jeu sur l'inconnu si attractif, si excitant, le mystère, un jeu où l'on risque de se brûler les ailes, ou de perdre ce qui est déjà acquis... l'éclatement de la cellule familiale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-W4qb4m-I/AAAAAAAAAY0/kB-sGJaJzF8/s1600-h/56333-nicole-kidman.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-W4qb4m-I/AAAAAAAAAY0/kB-sGJaJzF8/s320/56333-nicole-kidman.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5197038395216927714" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Lewis Carroll est bientôt convoqué : un lapin blanc sert d'animal de compagnie à Lionel. La clef dans les conduits ouvre les portes d'un monde inconnu... le livre en lui-même est lu par Sweeney à l'une des filles de Diane... Lionel, lui, vivant dans une sorte de maison faite de bric-à-brac, échappe à toutes notions de réalité. Autre temps, autre lieu, ou peut-être celui des Songes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'oeil, le regard, le troisième oeil. Ce que l'on voit et ce que l'on devine. Diane, dans son bel appartement, marié à un homme doué et mère de deux jolies enfants, jeune femme par hérédité riche et oisive, pourrait mener, comme le laissent suggerer les parents de la dame, une vie heureuse. Tout lui est donné pour être heureuse. Tout le monde semble lui hurler qu'elle devrait être heureuse. Mais Diane s'étiole et se fâne avant l'heure. Tous la voient, tous lui parlent, mais tous s'arrêtent à la belle façade qui leur est offerte. Petite robe bien repassée et bouttonnée jusqu'au cou, dont les couleurs ternes semblent invariables, chignon impeccable, pas une tache, pas même un poil en trop. Diane, attirée par la pilosité, vue comme un élèment de dégoût et de rejet par la bienséance, un manque de civilité, embrassant violemment le poignet velu de son époux avant de s'arrêter parce qu'il en rit, a appris à canaliser, presqu'inconsciemment, ses désirs et pulsions animales. Le chignon pour empêcher les mèches folles de voler, la petite robe pour passer inaperçue.&lt;br /&gt;Societé des apparences dans laquelle évoluent ces riches familles New Yorkaises, représentation quasi-parfaite des couvertures pour Vogue qu'Alan prend en photo, sourires figées et bonheur éternel, couleurs acidulées et l'on s'arrête à la couverture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-Z7ab4nGI/AAAAAAAAAZ0/MgCiPgIEUnE/s1600-h/006FDA_Nicole_Kidman_082.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-Z7ab4nGI/AAAAAAAAAZ0/MgCiPgIEUnE/s400/006FDA_Nicole_Kidman_082.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5197041740996451426" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Ouvrir le livre prend trop de temps, fait trop souffrir, oblige à trop de choses... il y a le regard de l'autre, qui juge et blesse, le regard comme une mini caméra intérieure qui est le miroir de l'enfant qui continue de vivre en nous ... poussée en ce sens par Lionel, Diane revisite ses propres souvenirs : adulte, elle ouvre une minuscule porte dans son cerveau, sa mécanique intérieure. Ici, à l'abri des autres, elle observe ses souvenirs, mais de loin, comme on regarde un vieux film,  comme Alice est condamnée à observer Wonderland parce qu'elle est bien trop grande pour y entrer. Redevenue enfant, elle se rend compte que l'attrait de la bizzarerie était en elle depuis le début... son attirance spontanée envers un petit garçon défiguré, qu'elle considère beau, de son observation mi-clinique-mi angoissée d'un clochard mort sur un banc, et ses désirs de mort, cet attrait morbide qui la pousse à grimper à la fenêtre de son immeuble, sur le point seulement, de se jeter en bas. Ou plutôt, de s'envoler. On devine toujours très vite quand le monde qu'on nous propose, et son étroitesse, ne sont pas pour nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lien, de partage, de leg, de la famille. Chacun laisse son empreinte, qu'elle soit figuré ou propre, en quelqu'un, ou quelque part.&lt;br /&gt;Les deux filles du couple sont les enfants de leurs parents : Grace, l'ainée, pense fermement que quelque chose ne va pas avec sa mère. Le leg du père est en elle, tant elle lui ressemble. Elle est sévère et déjà mature; la mère, dans son esprit, est déjà condamnée, ne répondant pas, ou plus, à son statut de mère et d'épouse. Au contraire, Sophie, la cadette, a en elle une forme d'étrangeté, qui la poussera, comme sa mère avant elle, à monter les escaliers à la rencontre de l'homme qui s'y cache. Son étangeté, du moins, ce que les gens considèrent étrange,  est donné dès le début : sa première apparition dans ce théatre, elle la fera déguisée d'un costume de lapin , roulant sur une trotinette dans  des couloirs trop étroits pour elle.&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-WbKb4m9I/AAAAAAAAAYs/Y9UVW1SfZnA/s1600-h/so.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-WbKb4m9I/AAAAAAAAAYs/Y9UVW1SfZnA/s320/so.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5197037888410786770" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Contrairement à Grace qui ignorera, superbe et hautaine, Lionel, l'enfant brune se plaira en sa compagnie, justement dans ce qu'il a de monstrueux. Son regard à elle est celui de l'enfance : elle grimpe sur la pointe des pieds jusqu'en haut, et rit d'effroi quand une voix grogne son prénom derrière la porte. Elle n'éprouve aucune peur à le laisser s'assoir sur son lit pour qu'il lui raconte les aventures d'Alice. Lionel lui fera cadeau de son bien aimé lapin blanc. Juste un autre leg.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-ZkKb4nFI/AAAAAAAAAZs/wpzj4mq7970/s1600-h/006FDA_Nicole_Kidman_117.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-ZkKb4nFI/AAAAAAAAAZs/wpzj4mq7970/s400/006FDA_Nicole_Kidman_117.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5197041341564492882" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Sophie peut être vue comme la réplique enfantine de Diane, se mouvant dans un monde refusé à l'enfant que fut Diane, allant spontanément vers les Freaks. Lors de la soirée donnée par sa mère, elle est la seule à s'amuser et à ne pas être intriguée par les nains, les soeurs siamoises ou les géants qui l'entoure.&lt;br /&gt;Si la passion de Diane pour l'étrange est melée à une certaine forme de danger, peut-être de perversité, celle de Sophie est d'une pureté absolue, tendant instinctivement vers tout ce qui sort des sentiers communs. Peut-être que si Diane est attirée vers cela, c'est qu'elle n'a pas perdu les peurs, les angoisses, et les désir de l'enfant qu'elle était, l'enfant dans les vieilles bobines qu'elle repasse derrière ses yeux clos. Elle n'est plus femme, mais enfant, une enfant qui redécouvre le monde, empreinte d'une réserve naturelle, jetant des petits coups d'oeil malicieux autour d'elle. Alan, lui, si bien integré dans la vie, et Grace, déjà une petite femme rigide, ne peuvent tout simplement plus faire le chemin inverse. Et même quand ces gens le tentent, il est déjà trop tard. Quand Alan se rend compte que sa femme lui échappe, il se laisse pousser barbe et moustache, dans le but de lui plaire à nouveau. Le procedé peut paraitre touchant, mais l'homme est définitivement cloitré dans le monde de l'apparence.&lt;br /&gt;Le leg de la famille est lourd à porter. Richesse, statut social, et jugements. Celui des autres, compagnons de route trouvés par hasard mais Présence dont l'absence est atroce, permet de vivre et survivre.  Le leg de Lionel - cette révelation faite Homme - à Diane sera sa fourrure, fourrure qu'il a rasée, cousue comme un manteau, cadeau du mourant à celle qui l'aime, et qu'elle ne quittera pas. La protection de la seconde peau, la protection de l'ami, son appartenance voulue à un monde qui est sien depuis le début. En dessous, et tout ceux qui ont une peau de loup le savent, elle est protégée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-YZqb4nBI/AAAAAAAAAZM/NrPDVVFZ69Y/s1600-h/FLoszach2_110507.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-YZqb4nBI/AAAAAAAAAZM/NrPDVVFZ69Y/s320/FLoszach2_110507.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5197040061664238610" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Fur&lt;/span&gt;, en convoquant l'univers du conte et de sa symbolique précieuse, donne à voir un film qui se partage entre réalité et illusion,  entre fascination et morbidité. Un film troublant, si l'on accepte de rentrer dans le jeu et dans ses facilités, troublant puisque melé à l'infini des notions d'enfance, pureté du regard et tolérance vis-à-vis des autres, et surtout de la différence.&lt;br /&gt;Ici, on ne parle finalement que de phantasmes considerés bizarres par la grande majorité... la fascination pour un cadavre, être nu au milieu de gens nus, et surtout, faire l'amour avec une bête, ce qui lui donne cette atmosphère  malsaine, que prennent les rêves et cauchemars des vieux enfants. Atmosphère troublante comme l'eau, jouant pratiquement sur toute sa longueur sur les non-dits, et les silences. Des silences qu'il est aisé de remplir.&lt;br /&gt;Lionel, personnage à la fois de feu et d'eau, ne montre que rarement sa douleur et sa souffrance, évoquée là encore, uniquement dans les vieilles video qu'il passe dans son antre, les vieilles photographies, et dans la voix, élèment le plus important, peut-être, du personnage... il est impossible de vouloir se passer de cette voix qui ressemble à du velours. Les non-dits et les silences, la réalisation faussement académique de Shainberg  donnent au film une allure d'écrin, une aura de secrets, ce que n'aurait pas désavoué Arbus, elle qui disait qu'un "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;photographe est un secret sur un secret. Plus il en dit, moins vous en savez&lt;/span&gt;".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-bJab4nII/AAAAAAAAAaE/j3xQfLTjUWA/s1600-h/DSC_0540.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-bJab4nII/AAAAAAAAAaE/j3xQfLTjUWA/s400/DSC_0540.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5197043081026247810" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Mais ne surtout pas faire l'erreur de penser qu'il s'agit d'un biopic juste et exact. Aucun biopic n'est ni juste, ni exact.&lt;br /&gt;C'est une rêverie sur une artiste, une femme, qui finit par se suicider en 1971, s'échappant de la vie, plutôt que de s'envoler par la fenêtre, à grands coups de rasoirs et médicaments, pour calmer ses tourments. S'appuyant sur des évenements ayant réellement existés,  certe, mais c'est tout. Et la volonté de ne pas en faire un biopic cadenassé est si rare que je souris.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-3263992930222381294?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/3263992930222381294/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=3263992930222381294' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/3263992930222381294'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/3263992930222381294'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2008/05/je-prcise-en-prambule-comme-le-film-le.html' title='Fur'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB-bq6b4nJI/AAAAAAAAAaM/4IfPJtQd4xM/s72-c/fur_un_portrait_imaginaire_de_diane_arbus_fur_an_imaginary_portrait_of_diane_arbus_2005_reference.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-1935591027357460539</id><published>2008-05-02T01:49:00.000+02:00</published><updated>2008-12-09T21:45:59.175+01:00</updated><title type='text'>Fil imaginaire pour têtes coupées</title><content type='html'>Enfance et Souvenirs.&lt;br /&gt;On y revient, toujours, à l'enfant.&lt;br /&gt;Le mien a les yeux de sa naissance. Des yeux violets comme Titus qui le rendit si laid à ceux du Docteur Prunesquallor et des boucles rares, courtes, des cheveux de bébés en somme, des cheveux de vieillard. Les yeux violets changèrent bien vite de couleur, au grand déséspoir de la mère.&lt;br /&gt;Quel dommage, se dit-elle. Cette couleur-là adoucissait le sérieux et la dureté de ce petit visage.&lt;br /&gt;Peu ou beaucoup comprendraient qu'en rêvassant, même sans yeux violets, je portais longue robe et voyagais, et que mon sac de farine était dans mon baluchon, pour cacher tout ce que le visage trahit. Un joli ponpon sous le menton, prête à s'ouvrir les veines pour que la sève s'en échappe.&lt;br /&gt;Qu'un jour, j'étais condamnée à la pendaison alors que je voulais être Alexandre ou Achille, qui portent si bien le masque blanc du déguisement... peut-être aurais-je eu un peu d'attention ou d'amitié pour un Héphaïston ou un Patrocle. Que je me serais rêvée Orlando si seulement je l'avais connu plus tôt, que la musique classique m'envoyait directement au pays des Songes Eveillés, en priorité à Venise, où je volais les perruques poudrées des hommes pour ressembler au Baron de Munchausen.  Cela explique l'Absence. L'habit blanc de Pierrot était déjà mien, et Dame Phantasmagorie souffle sur moi.&lt;br /&gt;Par la fenêtre, Renart et Ysengrin se battent. L'un pousse des cris de douleurs, une voix grave et rocailleuse, l'autre glappit, des sons aigus transperçant les tympans.&lt;br /&gt;Là, à droite, des nains, des Bouffons magnifiques chantent l'Histoire d'une personne dont le nom ne se rappelle pas à moi. Peut-être un Prince qui dormit très longtemps dans une tour en attendant que la Belle s'éveille. Pas de chance, me raconte le nain, le Prince est mort d'attendre.&lt;br /&gt;A gauche, Shakespeare conte Richard III et Henry V. Et si Titania ou Obéron se penchent vers eux à cet instant, c'est uniquement pour s'assurer qu'ils prendront Tête d'Ânes en guerroyant.&lt;br /&gt;Je ne jure plus que par longs corridors de pierres grises, et par mon étendard. Peut-être un boudoir pour me reposer de trop de violence. Et des forêts tristes, à perte de vue.&lt;br /&gt;Le Moyen-Âge et la Renaissance s'ils ont un visage, ont pour moi celui des champs de bataille. Le mien, de préfèrence, si tant est que Pierrot pris un jour épée autrement qu'avec sa plume.&lt;br /&gt;J'ai beaucoup aimé Jeanne d'Arc, parce qu'elle était toute petite dans son armure et devait être  belle, surtout quand elle avait les traits de Renée Falconetti, et quelqu'un (tout est fascinant dans cette peinture et peu importe, ensuite, son nom) lui donna un visage qui me fit l'aimer encore plus.. Peu importe finalement, qui elle est. Elle a des yeux  comme deux gouttes de rosée, et une tristesse infinie. Ou un abandon. Un petit corps frêle et juvénile . Elle s'éloigne. Et elle brise quelque chose. Comment peut-elle porter un si lourd fardeau ? Peut-on être Instrument en étant faite d'acier ? Existe-il un moyen de savoir quand les yeux se fermeront à jamais ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/R_61cmXor4I/AAAAAAAAAYM/ZRZJOJIptAY/s1600-h/waterhouse_st_joan.jpeg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/R_61cmXor4I/AAAAAAAAAYM/ZRZJOJIptAY/s320/waterhouse_st_joan.jpeg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5187783323718037378" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;J'aimais Gilles de Rais, mais uniquement parce qu'il me faisait peur. J'ouvre un livre pour voir son visage et le referme aussitôt. S'il y a un Dieu ou un Diable pour m'écouter, que jamais plus lui et ses Sbires ne viennent me visiter. Démons et merveilles ! les monstres sont toujours sous le lit.&lt;br /&gt;Bientôt, tout cela prend les tons clair-obscur d'un tableau de Rembrandt.&lt;br /&gt;Tout est toujours en clair-obscur. Que les Dieux en soient remerciés.&lt;br /&gt;J'aimais tout cela enfin, parce qu'il n'y avait pour moi nulle place pour la reflexion.&lt;br /&gt;On tue, on se met au lit et pas que pour faire des bébés qui de toutes façons mouront en bas-âge, on dévore et on ne s'attache pas, et tout cela sera forcement violent, et l'amour sera tordu comme la maison d'un vieux Monsieur dans un livre poussiéreux. On coupera les mains et la langue de Lavinia sans remords pour la transformer en Femme-Végétale.&lt;br /&gt;Il faut que ce soit violent, sinon, le feu s'éteint.&lt;br /&gt;Des souvenirs de visites. Les vieux châteaux, les vieux musées. Se dire qu'il y avait là une femme qui a pleuré, ici, un chien a dévoré une poule, là-bas, quelqu'un a peut-être comploté. Dans les Eglises, le son de l'orgue. Dans ce couloir, être inspirée d'un sentiment de quiétude. Les vieilles pierres, le murs poussiéreux, et peu importe leurs âges, provoqueront toujours cette sensation du Retour à la maison.&lt;br /&gt;Tout n'est pas mort, ou rien n'est mort. Tout est prêtexte à trembler, à pleurer, à rugir, presque de plaisir.&lt;br /&gt;Les Morts eurent toute mon attention. Les Morts violentes. Si possible une succession de décapitations, le glaive dans le ventre, des histoires de vengeance et d'honneur bafoué et le sang bouillonnant et peut-être laisserais-je un peu de place pour le poison.&lt;br /&gt;Je crois que le poison aurait été alors mon arme préfèrée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une tête sur une pique. L'image me hanta de nombreuses années. L'image de la tête que l'on soulève pour la présenter au peuple. Un dessin dans une école, près du couvent. La Dame qui préside à la Noble Assemblée d'écoliers aimait elle aussi les têtes coupées. A chaque enfant, une photocopie de celle de Louis XVI.&lt;br /&gt;Il manque quelque chose, sur ce dessin, Madame. Il y manque le sang qui devrait goutter de ce cou déchiré. On prend le stylo et méthodiquement, on le dessine. Regard horrifié de la voisine de droite, compatissant pour la voisine de gauche.&lt;br /&gt;Marat dans son bain ! Salomé coupe des têtes. La du Barry et Charlotte Corday, Marie Antoinette et Saint Just. L'une maugréa, une autre s'excusa.&lt;br /&gt;Roland à Ronceveaux. Pauvre garçon. Ce corps allongé qui a encore la force de souffler dans son cor, voilà qui me fit applaudir à tout rompre. Si j'avais été à ses côtés, je ne l'aurai pas aidé. Je lui aurai tapé sur l'épaule. Souffle dans ton cor et dans ton corps, mon garçon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors des têtes sur des piques, des têtes dans un panier ! Comment ne pas être hantée par ces têtes, 6 ou 8, plantées là, bien alignées, ou ces têtes entassées, ces têtes mortes qui se frôlent ? De leur vivant, elles n'auront jamais été si proches. Le Diable esquisse un pas de danse et ricane près d'elles. Un peu de respect devant ces têtes coupées, marmonne Pierrot, qui connait bien le Diablotin et préfère continuer son travail de fascination. Comment ne pas être hantée par l'image d'un homme qui en fit tomber plus de 100,  un Ogre, un autre à la manière de Gilles de Rais ou des Seigneurs dans leurs châteaux, qui pour son plaisir, son besoin, se débarassait de tout le monde comme d'un Rien ?&lt;br /&gt;J'aurai voulu être Roi à cet instant moi aussi, pour me débarrasser de ceux qui m'ennuyaient. Un mot de trop, et la potence pour les uns comme pour les autres. Ou les Oubliettes. Ce trou sans fond devant lequel on pousse un cri muet, car ce trou est terrifiant. Le terrier du Lapin Blanc était peut-être une oubliette.&lt;br /&gt;Une pièce de théatre. Henry VIII trône au milieu de la plus belle salle de Hampton Court. Gros, adipeux, suintant, suant par tous les pores de sa peau un sentiment proche de la haine. Dans ses petits yeux, de la haine. Ses cheveux roux qui semblent se faire de plus en plus rares au fur et à mesure que le Temps égrenne ses notes, les flammes de l'Enfer. Malgré tout, dans ses postures, de la fierté. Je suis gros, je suis laid ? peu importe, je suis fort et violent. Je suis un ventre.&lt;br /&gt;Je veux de la passion, et pas de l'amour. Nulle place pour l'Amour. Place au Festin ! Henry avait six femmes. Henry tord violemment les unes pour les vider du fluide vital qui court dans leurs veines, ouvre avec rage la poitrine des autres pour y plonger une gueule affamé.&lt;br /&gt;C'est ainsi qu'il faut noter le conte d'Henry. Ne jamais oublier son armure, ne jamais oublier de dévorer.&lt;br /&gt;Derrière eux, une gallerie. Un cabinet des curiosités, entre insectes et Mort. Des ossements d'enfants, des gens de beauté sans têtes bien sûr, quand ils avaient la chance de mourir sur l'échafaud, d'un bon coup de hache... pas comme cette pauvre Mary Stuart qui subit trois fois l'assaut du Bourreau, et pas comme ce pauvre Cardinal Wolsey qui mourut avant, et qui a peut-être eu un rire de démence devant cette bonne blague.&lt;br /&gt;La procession pour se faire couper la tête. Pour se couper la tête.&lt;br /&gt;Au son de Purcell, voilà qui est noble. Pleurer sur le chemin comme le fit, m'a-t-on dit, Brissot. Un dernier mot d'esprit, comme Thomas More qui ne se fit pas prier et s'agenouilla de lui-même devant le billot. Taper du pied comme Charles Ier, qui devait se dire que tout cela était décidement bien injuste. Être tout de douceur et n'en vouloir à personne, comme Louis XVI.&lt;br /&gt;Tout et n'importe quoi devant le billot, les pieds sur l'échafaud. De la dignité et la tête dressée, peu importe la maigreur du cou.&lt;br /&gt;Tout du moment que l'on s'arrange avec la Mort. Composer avec elle comme sur une partition. Peu importe de mourir, ensuite, et d'avoir sa tête sur une pique.&lt;br /&gt;Et puis, qu'en restera-t-il ? des fantômes. Des fantômes que Pierrot, le visage soudain plus tranquille et presqu'heureux, cherche ici et là, dans les bibliothèques, souvent dans les greniers.&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB26RKb4m6I/AAAAAAAAAYU/3ryniS90GRY/s1600-h/smpierrot.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/SB26RKb4m6I/AAAAAAAAAYU/3ryniS90GRY/s320/smpierrot.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5196514349077273506" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Fantômes enervés, fantômes sans têtes. Certains prendront un fil imaginaire pour tenter de la recoudre sur le cou, d'autres la porteront sous le bras comme on porte un fétu de paille, d'autres entre leurs bras comme on porte un enfant. Il suffit de regarder vers ce couloir étroit, pour les apercevoir. Ou les écouter, sentir un souffle sur le cou, comme à Gormenghast.&lt;br /&gt;Il me faudrait bien plus qu'un fil imaginaire pour que ma tête reste sur mes épaules. Jusqu'au moment où l'envie viendra, plus forte que le reste, de perdre l'aiguille dans le sable.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-1935591027357460539?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/1935591027357460539/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=1935591027357460539' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/1935591027357460539'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/1935591027357460539'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2008/05/fil-imaginaire-pour-ttes-coupes.html' title='Fil imaginaire pour têtes coupées'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/R_61cmXor4I/AAAAAAAAAYM/ZRZJOJIptAY/s72-c/waterhouse_st_joan.jpeg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-8409782576364843717</id><published>2008-03-22T21:07:00.000+01:00</published><updated>2008-12-09T21:45:59.336+01:00</updated><title type='text'>Et après, vint le crépuscule...</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/R-exxdNjkOI/AAAAAAAAAX4/IdKvvg4YcQ0/s1600-h/house_on_hill.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/R-exxdNjkOI/AAAAAAAAAX4/IdKvvg4YcQ0/s320/house_on_hill.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5181305359526236386" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Ma mémoire est comme la vieille maison de mon enfance. C'est une maison dont j'ai rêvée à 8 ans, peut-être 9, le chiffre sera incorrect et vrai à la fois. Une maison délabrée, sans cuisine et sans salon, mais avec une chambre et une chambre.&lt;br /&gt;Et encore une chambre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est une maison un peu sombre, la lumière n'y est pas la bienvenue. La lumière du soleil est trop brutale et trop blessante, il faut, ici, de la douceur et seule cette toute petite lumière, à travers les trous et autres fentes des volets en bois toujours fermés, est accueillie avec joie. Dans la maison, quelques fantômes, et des souvenirs.&lt;br /&gt;Il faut, quand on ouvre la porte du Manoir, se vêtir de façon convenable. Il faut, par exemple, mettre une robe de circonstance, une robe noire et chiffonée, et serrer ses cheveux dans un chignon. Le chignon doit être imparfait. Il faut laisser des mèches flotter dans l'air.&lt;br /&gt;Certains souvenirs ont un visage humain, d'autres une odeur, et d'autres encore une voix. D'autres sont des tableaux. Le visage humain se rappelle à nous, et le flou de ce visage peut effrayer un peu, quand au détour d'un couloir, on se retrouve face à lui. On touche du doigt le fantôme, et l'on en viendrait presque à plaindre, si la compassion faisait partie du caractère, ce pauvre fantôme dont le visage s'efface.&lt;br /&gt;Et puis, on se rappelle, et on se dit que Satan, ou les Dieux, fait bien les choses. Un souvenir est un souvenir qui est un souvenir. Sur le dernier souvenir, de la poussière. La poussière se pose sur bien des visages, mais jamais elle n'altère, ou embellit un visage ausi joliment que celui du souvenir.&lt;br /&gt;Un léger sanglot dans la gorge, parce qu'elle, dans le Manoir, se rappelle, en soufflant sur la poussière, que le visage a été beau, à une certaine époque de la vie, qu'il y avait des promesses d'éternité dans ses yeux, des paroles amoureuses et amicales au bord des lèvres. Certains souvenirs continuent de parler. L'un d'eux tourne en rond dans la chambre numéro 1, et ses lèvres remuent dans une régularité mécanique. Il y a encore quelques années, on entendait l'écho de ces paroles. En s'arrêtant sur le pas de la porte, on sait, même en tendant l'oreille, que plus rien ne nous parviendra. Devant le visage aveugle, la lâcheté lui fait tourner les talons, et un peu échevelée, elle marmonnera en montant les escaliers que c'était ainsi, qu'elle n'a pas eu de courage. Et  qu'elle ne sait même plus si cela la touche. C'est si loin, c'est si près. Non, vraiment... elle ne sait plus. Ou ne veut plus savoir, plus y penser, oublier.&lt;br /&gt;Dans toutes les chambres, des placards. C'est ici l'antre de Mme Barbe Bleue. Ecrit sur les portes des armoires, toutes en bois, toutes immenses, des promesses et encore des promesses. Ce sont les promesses des autres, car elle se targue de ne jamais en faire. Si elle en fait, elles restent rares. C'est bien cette rareté qui l'emplit d'un sentiment de fierté ridicule. Très vite, elle referme la porte, avec fracas.&lt;br /&gt;Une promesse, là, une promesse rouge sang - rouge carmin, n'a pas été tenue. Elle n'a pourtant jamais écrit dans cette armoire. Oublier l'armoire, refermer ses portes.&lt;br /&gt;La curiosité la pousserait à l'ouvrir à nouveau, car elle sait qu'il y a, à l'intérieur, la dépouille d'un quelconque souvenir qui un jour, a tenté de l'approcher. Une rose tombe à ses pieds. L'amour des roses n'est plus assez fort, piétinons-la. Ou peut-être parce que cet amour est trop fort... piétinons-la encore plus. Encore plus. Le talon claque sur le parquet et on tourne le dos. Trop de promesses effraye. Les fausses promesses comme les sincères. Que les gens apprennent enfin à dire non, quand elle n'aime pas se l'entendre dire.&lt;br /&gt;Un loup est caché dans toutes ses promesses. Un loup aux yeux quémandeurs d'amour. Elle est toujours enfant quand le loup la tente. Aucune belle parole, juste l'amour et la demande d'affection dans ses yeux affamés, et cette écume aux lèvres. Un amour affamé. Dans les éclairs jaunes de l'oeil de l'animal, le reflet.&lt;br /&gt;On se souvient qu'à une époque, on était comme le loup. Qu'on l'est toujours. Affamé. Affamé de désirs en sachant que ce trop plein d'amour finira par noyer.&lt;br /&gt;Elle sourit en songeant que mourir de désirs sera un beau tombeau. Le sien.&lt;br /&gt;A une certaine époque, elle n' était alors qu'un tout petit louveteau se battant pour son territoire, car un autre louveteau, venait de faire son apparition. Le petit louveteau au pelage brun roux n'avait pas détesté, au premier abord, le petit louveteau au pelage blond cendré. Le sentiment du louveteau au pelage brun roux était paradoxal : une indifférence melée de curiosité. Ensuite, elle avait écrit, partout, son nom à elle. Dans les cahiers, dans sa tête, sur les murs.&lt;br /&gt;Elle relève la tête et voit ce nom inscrit, sur un miroir. Une rage s'empare d'elle, une presque rage. Des envies de sang, l'envie de tuer ceux qu'elle aime. Ils auraient ainsi, une bonne raison de l'abandonner. Avant qu'ils ne la tue.&lt;br /&gt;La Mort, dans la troisième chambre, a l'odeur de la colle.&lt;br /&gt;C'est un souvenir particulier. Le premier souvenir de la Mort. Cette chambre voit sa fenêtre donner sur les falaises de Bretagne. On sent l'embrun. On entend le vent crier et hurler, car ici, le vent ne fait que crier et hurler. C'est une constante. Sur les falaises, une silouhette fragile et sombre malmenée par le vent. C'est un pasteur. Dans le salon, un cercueil fermé. C'est la chambre de la mort, et l'on se rend compte, assise par terre, les yeux rivés sur l'entre-bâillement de la porte, que la Mort a toujours rôder dans cette maison. Peut-être a-t-elle toujours rôder dans cette famille. Les ombres des disparus sont partout. Celles des enfants, des plus vieux. La menace qui fut un temps sur la tête de louveteau au pelage blond cendré.&lt;br /&gt;Un souvenir dans un souvenir. Un jour, un jeune prêtre.&lt;br /&gt;Un prêtre qui fut son premier éclat de joie, le premier éclat de beauté pure et parfaite en dehors de son monde. Il est désormais certain que l'amour éprouvé pour ce jeune prêtre lui donna l'envie folle de voir les gens derrière leurs oripaux, leurs sourires et leur tranquilité. Ceux qu'elle aimait. Que les autres s'écartent de son chemin.&lt;br /&gt;Elle avait décidé, après avoir lue l'histoire des Diables de Loudun, qu'il serait son Urbain Grandier. Elle esperait que les femmes mouraient de désir en l'entendant. Elle esperait qu'il n'en brûlerait jamais.&lt;br /&gt;Il l'emmena un jour, elle et seulement elle, dans la forêt derrière le couvent. Parce qu'elle, elle avait osé le lui demander, à table, un jour. Elle se souviendra à jamais de son regard à lui, à cet instant. Dans cette forêt, il y avait un cimetière. Un cimetière étrange, un tout petit carré désordonné, entre quelques arbres. Le cimetière des Religieuses.&lt;br /&gt;Des croix penchées, des herbes folles, des pierres, un tableau du passé. Elle était restée silencieuse, pour ne pas gâcher le silence.  Elle avait souri. Elle avait d'étranges sensations. Son coeur battait si vite. Il s'était penché et l'avait regardé dans les yeux. Un visage grave. Il l'avait serré dans ses bras quand elle fut prise de tremblements.&lt;br /&gt;On ne sut jamais pourquoi elle avait tremblé, surtout pas elle, et on comprend toujours très tôt que la Mort arrivera toujours trop tôt.&lt;br /&gt;Et la Mort, c'est cette odeur de colle, quand on ouvre le cercueil au milieu du salon, au son des pleurs et des cris des autres louveteaux "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;ne fais pas ça !&lt;/span&gt;".&lt;br /&gt;Le louveteau au pelage brun roux en gardera toujours comme une raideur.&lt;br /&gt;Les morts sur les lits provoqueront chez elle un désespoir profond et une incompréhension infinie. Si cela m'arrive un jour pense-t-elle à cet instant, je me lèverais au dernier moment. Au dernier moment je ferai la nique à la Mort.&lt;br /&gt;Elle s'est préparée à la Mort des Aimés, et peut-être, apprendre à y survivre. La première étape est accomplie. Elle ne sait pas si elle reussira à...&lt;br /&gt;Et à trois heures du matin, elle en gardera comme une réticence à aller se coucher.&lt;br /&gt;Certaines chambres, comme la quatrième, ont des relents d'alcool et d'auto-destruction.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Si je n'invente plus&lt;/span&gt;, dit le louveteau brun roux, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;je me tuerai&lt;/span&gt;. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;Si je n'invente plus,&lt;/span&gt; répond le louveteau blond cendré, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;je boirai !&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;Ricanements à deux. Regards d'adultes qui ne s'inquiètent plus. Ils ne sont plus Nomades depuis longtemps.&lt;br /&gt;C'est une salle de destruction. De chaos. C'est les regards effrayés des autres petites filles. Quand elles répondirent Prince Charmant, elle répondit Grand Méchant Loup. C'est la chambre de l'Envie, brûler sa main sur la flamme de la bougie. Monter tout là-haut et regarder le vide.&lt;br /&gt;Le vide se remplit et s'embellit toujours.&lt;br /&gt;C'est les départs et les retours, et le bruit qu'elle hait, et le pistolet dans les mains d'un homme et la métamorphose de louveteau en Maman Louve. Bien malgré elle. Une métamorphose si lente et tellement naturelle qu'elle ne fut même pas douloureuse. Drôle de souvenirs que ceux-là. Cette chambre est dangereuse. Et elle, elle est toujours en danger, sur le point de chuter, sur la corde raide, dans les flots.&lt;br /&gt;N'être sûre de rien est si doux. Est- ce doux ? c'est du moins une ivresse, comme un long sourire qui tombe vers le bas.&lt;br /&gt;Refermons la porte sur nous. Vivons heureux dans une maison heureuse.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-8409782576364843717?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/8409782576364843717/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=8409782576364843717' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/8409782576364843717'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/8409782576364843717'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2008/03/et-aprs-vint-le-crpuscule.html' title='Et après, vint le crépuscule...'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/R-exxdNjkOI/AAAAAAAAAX4/IdKvvg4YcQ0/s72-c/house_on_hill.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-6040465835841951052</id><published>2007-12-04T11:00:00.000+01:00</published><updated>2008-12-09T21:46:00.632+01:00</updated><title type='text'>Pierrot et le Tango des-Astres</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/R1UzvyfeAdI/AAAAAAAAAXE/nhCkfLTiamc/s1600-h/image.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/R1UzvyfeAdI/AAAAAAAAAXE/nhCkfLTiamc/s400/image.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5140071445813920210" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;L'humain est double.&lt;br /&gt;Dans mon cas, il est même triple. Non pas un, mais trois visages.&lt;br /&gt;Le premier que je montre aux autres, n'est pas vraiment agréable. Il fait la moue, il regarde de haut, répond rarement, ne termine jamais ses phrases, et au final s'enfuit. Le premier visage a la misanthropie accrochée aux cils, l'abandon rivé aux lèvres, et ce paradoxe le brûle, alors il fuit, avant qu'on ne le fuit.&lt;br /&gt;Le second visage est peut-être plus agréable, mais loin s'en faut. Il ressemble à un chat qui apprivoise autant qu'il se laisse apprivoiser, l'un ne va pas sans l'autre, ses coups de pattes sont maladroits et ce visage n'est montré qu'aux rares élus, qui éternuent souvent en sa compagnie. C'est que ce visage prend parfois la poussière.&lt;br /&gt;Le troisième visage est un masque qui découle du second. Son secret est encore bien caché, parcequ'il n'est pas plus agréable que le premier, s'y cachent toutes les blessures du second. C'est une vieille tapisserie qui tombe en lambeaux, dans les yeux souvent s' allume un feu, la bouche vomit parfois son coeur.&lt;br /&gt;Un est relié à Deux qui est relié à Trois et Trois a un fil ténu qui le rattache à Un. C'est un bon début, pense Un ou Trois, à moins que ce ne soit Deux, pour commencer une comptine. Ensemble, vieillard qui n'a plus toute sa tête, il a mal au dos. Il faut conjurer le sort, ce n'est pas le coeur, ce sont des ailes qui lui poussent. Ce n'est pas que les trois masques aient de la Sainteté à revendre, bien qu'ils se soient souvent rêvé Martyres, c'est juste le signe qu'il faut parfois s'envoler. A qui servent les ailes sinon ?&lt;br /&gt;Celui qui a le masque de Pierrot pleurniche en silence, comme à son habitude. Dans son sac, ses papiers, ses cahiers, ses crayons mâchonnés, ses livres, et sa drogue. Moqueur, Un constate qu'il y a là sur le pouce une tache d'encre. Là, à côté du mot "clou", il y a un dessin. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tu écris ou tu dessines ?&lt;/span&gt; lance-t-il à Pierrot qui hoche la tête. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ni l'un ni l'autre. Je montre mon visage. Quand j'oublie des choses, je danse en imagination. Ou irons-nous danser ?&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Que danserons-nous ?&lt;/span&gt; Un Tango ! crie l'un des Trois. Un Tango à notre mesure, un Tango Des-Astres. Pierrot secoue la tête. Non, non ! Je n'ai pas le plaisir d'avoir inventé ce jeu de mots. Cela dit, il accompagne bien mon teint.&lt;br /&gt;Et c'est une bonne idée. Pierrot-Pedrolino reprend Visage, un long processus qui raccourcit les fils et désintègre les images. Puis, il bouge les bras, dans tous les sens, il se fait Mime Ridicule et bat des manches, toujours poussièreuses, car il n'en change jamais. Ce sont ses Mouettes. Mais les mouettes sont capricieuses. Au lieu de l'entrainer vers les Astres, ou vers la mer voir l'albatros, les mouettes volent au ras du bitume. Alors Pierrot suit le mouvement des Mouettes. Le bitume  gratte ses jambes quand il marche dessus, même si en vérité, tout cela se passe dans sa tête, et que le bitume ne l'a jamais gratté, c'est une impression, une mauvaise sensation, juste une mauvaise sensation, parcequ'il n'aime pas le bitume, du moins, il n'a jamais frayé avec. Pierrot est borné, sa fierté mal placée. Ignorons donc le bitume, quitte à voir se peindre sur le visage cette expression un peu horrifiée.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ou allons nous ? Mais où allons-nous ?&lt;/span&gt; repète-il, l'air un peu idiot, et dans son coeur une prière.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Si tu veux t'énivrer&lt;/span&gt;, crie la Mouette, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;au Cabaret, au Cabaret !&lt;/span&gt; Les Cabarets que tu aimes, ceux qui s'appellent L'Enfer, ou le Théatre du Grand Guignol, ceux où tu n'a pas besoin de mettre ta peau de loup, quand il n'y a plus grand-monde, quand il n'y a plus trop de lumière, quand les violons, violoncelles et contrebasses rythment le temps d'une manière trop lente. Pierrot ricane, parcequ'il ne sait pas rire autrement, sauf quand on le surprend. C'est parcequ'il n'y a plus personne pour écouter. Ou parcequ'ils ont compris qu'il ne servait à rien de courir après lui, le temps, ou  après l'âge, parceque rien ne sera différent, malgré tout ce qu'on  nous a dit. Alors allons-y. Les Mouettes volent. Trop vite à son goût. Il aimerait dire le mot &lt;span style="font-style: italic;"&gt;doucement&lt;/span&gt;, qui a une si belle résonnance.&lt;br /&gt;Pierrot entre dans le Cabaret, et il avait raison, nulle lumière pour brusquement l'aveugler parcequ'ici aussi tout est noir, et il pousse un soupir de satisfaction. Il prend un peu d'élan sur sa jambe gauche, la droite ne le supporte plus, et il se met à tourner sur lui-même au son de la musique. C'est une chose qu'il a toujours aimé faire, même si cela le fait buter sur les murs, sur un homme, une femme, une idée ou un malheur, au mieux un enfant, au pire, une connaissance. Ce faisant, le vent entre dans sa tête et balaye tout sur son passage. Ô Joie! se dit-il. Je n'ai que du vent dans la tête. Du vent. Alizée, Bourrasque, Tramontane, Chinook. Son affection va au Zéphyr, parceque le prononcer fait penser au bruissement des feuilles d'Automne. Quand Pierrot est dans la forêt, assis sur une branche d'arbre, les jambes balançant dans le vide, il repète souvent ce mot. Il aime bien monter sur le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;é&lt;/span&gt; et plonger sur le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;y&lt;/span&gt; et tenir, longtemps, le murmure du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;r&lt;/span&gt;. En bas, on se dit qu'il a perdu la raison. Le vent dépose ici et là des soupirs et des interrogations.&lt;br /&gt;Alors Pierrot relève la tête, et tourne un peu moins vite, l'envie lui prend d'observer. Tout cela est ennuyeux, mais fort interessant. Son regard se pose sur quelqu'un, brièvement, et sa main touche une main inconnue, plus froide que la sienne. Il valse les yeux fermés et les mouettes se stabilisent, pour ne pas qu'il tombe, il ne faudrait pas qu'il tombe. Et ses mains touchent tout, il garde un oeil fermé, crispé, pour ne pas voir, il essaye d'ouvrir l'autre, se force à l'ouvrir, mais ce n'est qu'une fente, minuscule fenêtre d'où glisse cette larme unique, dans son col. Il caresse la joue de celle-ci parceque son visage est beau, ou parceque son visage est laid, il n'a pas vraiment vu, il serre la main de cet autre qui refrene un sanglot, et se maudit la seconde suivante de cette faiblesse, tapote la tête de ce chien crasseux, et il tourne, encore et encore, tire la langue à ce gamin au pas trainant, aimerait donner une claque à celle dont le rire transperce ses tympans, fais la grimace à celui qui lui tend la main et un pas de deux pour s'en éloigner, vole ce verre d'absinthe où il se noiera, lui et ses erreurs, et se brûle les lèvres au contact de ce thé, qu'il imagine être à la rose.&lt;br /&gt;Il tape un peu du pied en entendant un tambour et s'aperçoit qu'il est finalement difficile d'être tambour et violon à la fois. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Et pourquoi tourne-tu sur toi? &lt;/span&gt;&lt;span&gt;ronchonne une Mouette.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Arrête-toi! J'aimerais voir ton visage juste un instant, pas juste cette blancheur, pas juste cette larme, pas juste cette face de lune, qui me ferait presque peur&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Il convient de ne pas répondre, parceque tu es horripilante. D'ailleurs, tous m'horripilent. C'est un mot amusant à écrire. Mais moins drôle que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;décevant&lt;/span&gt;. On appelle ça un souvenir. On appelle ça tourner en rond, et se mordre la queue. Le loup hurle. Se repeter, parceque finalement, on écrit toujours la même chose, et on  danse toujours après la même chose. Plus tu l'approches, plus elle s'éloigne et je n'ai pas envie de courir, et peut-être même que j'en fais exprès, de danser au lieu de courir, comme ça je serai sûr de ne rien rattraper. Cela vaut mieux que de se raidir.&lt;br /&gt;Et puis Pierrot s'arrête, un peu surpris. Il est arrivé à la sortie du Cabaret, et il n'a rien vu. A moins qu'il n'ait fait le tour et que, revenu à l'entrée, au tout début, il n'a rien vu non plus. Sur les marches, là-haut, Pierrot se retourne, la tête lui tourne et c'est maintenant qu'il se raidit, et que sa mâchoire se crispe, quand la musique a fait place au silence, c'est une chute. Il regarde son monde, qui n'est pas sien, et il entend le bruit de sa respiration. Il regarde les gens qui le regardent, et les Mouettes se taisent. Il est drôle d'attendre. Que va faire Pierrot ? Va-t-il décevoir encore une fois ? Les Mouettes ressemblent à des Vautours.&lt;br /&gt;Pierrot prend une grande respiration. Il passe la langue doucement sur ses lèvres, forçant sa mâchoire à s'ouvrir, et il se découvre sensuel. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Carnassier !&lt;/span&gt; rit Mouette Droite. Sa mâchoire se referme aussitôt. Comme il est dur de calmer sa faim. Sa bouche s'affaisse, ses sourcils font une vague. Sa main tord le tissu qui recouvre son corps, haut, là, près du coeur. Il mourrait à l'instant, si le trop-plein, ou le manque, devenait Raz-de-marée. Mais comme au fond tout n'est que repetition, et qu'il se fiche de sa maladresse et de sa médiocrité, Pierrot reprend courage. Il  sourit, tente de calmer l'angoisse qui repose dans sa main droite et se baisse, lentement, très lentement. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Toujours aussi lent !&lt;/span&gt; dit Mouette Gauche en crachant. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Il ne sera jamais plus rapide...&lt;/span&gt; dit Mouette Droite, les yeux au sol. Une révérence, juste une dernière, murmure Pierrot. Pour montrer que je n'ai pas peur alors que j'ai si peur. Que cela ne m'atteint pas et ça ne m'atteint pas. Et autre chose que je ne parviens pas à definir. Aussi, taisez-vous, vous deux.&lt;br /&gt;Inspiration. De sa bouche ouverte sort une fumée grise. Arrière tous, et surtout vous, les scientifiques ! Ce n'est pas de la fumée, mais il l'appelera ainsi. Il fait froid, et il brûle à l'interieur. Il est Cheminée ou Feu de joie. Il sourit, c'est amusant, c'est monstrueux, nous sommes en Décembre, il se lovera dans la Neige. Les Mouettes déchirent le rideau rouge, le mettent en pièces. Il y a un peu de rage dans leurs coups de bec. Bientôt, il n'en restera rien. Aveugles, elles pourraient tout aussi bien se retourner contre Pierrot. De lui, il ne resterait rien non plus.&lt;br /&gt;Pierrot se retourne, et par cette ouverture, Pierrot s'envole. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;C'est une constante,&lt;/span&gt; chantent les  Mouettes à l'unisson, perdues dans le vent, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;quand on ne sait pas écrire le mot Fin en bas d'une page.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-6040465835841951052?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/6040465835841951052/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=6040465835841951052' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/6040465835841951052'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/6040465835841951052'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2007/12/pierrot-et-le-tango-des-astres.html' title='Pierrot et le Tango des-Astres'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/R1UzvyfeAdI/AAAAAAAAAXE/nhCkfLTiamc/s72-c/image.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-1315431885641536991</id><published>2007-09-07T23:19:00.000+02:00</published><updated>2008-12-09T21:46:02.349+01:00</updated><title type='text'>Bloody Kitties</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RuCUrsZ9xGI/AAAAAAAAAWM/mXd6NTPfRCc/s1600-h/nettaigyo.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RuCUrsZ9xGI/AAAAAAAAAWM/mXd6NTPfRCc/s400/nettaigyo.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5107245455813493858" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Pour ceux qui ne connaissent du manga que les oeuvres à la mode, un OVNI comme &lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(102, 51, 102);"&gt;Nekojiru &lt;/span&gt;peut destabiliser au premier regard.&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(102, 51, 102);"&gt;&lt;br /&gt;Nekojiru&lt;/span&gt; est l'oeuvre d'un couple.Leur nom d'artiste commun est le même que celui de leur oeuvre particulière, Lui se surnomme Nekojiru Y.&lt;br /&gt;Elle, Chiyomi Hashiguchi, se suicida en 1998 à l'âge de 31 ans. Personne ne sait pourquoi. Tout le monde s'étonne : sa série était sortie des pages des fanzines underground, et connaissait un joli succès. D'elle, on ne sait pas grand chose. Parcequ'elle voulait rester dans l'ombre. Tout juste savons nous qu'elle était timide, fière, misanthrope et aimait boire du Jack Daniel's.&lt;br /&gt;Ce suicide est peut-être peu étonnant quand on regarde de plus près son oeuvre. Un trait enfantin, naïf. Du sang, de la méchanceté gratuite, et une bonne dose d'humour noir. Cette méchanceté et cette cruauté, c'est le plus souvent ces deux chatons aux grands yeux sombres qui en sont cause. Il suffit de comtempler ces yeux pour connaitre le vide, le néant, l'espace d'un instant.&lt;br /&gt;Dans &lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(102, 51, 102);"&gt;Nekojiru Udon&lt;/span&gt;, elle nous conte la vie de ces deux petits chatons : Nyaako, l'aînée, et son petit frère, Nyatta, qui ne s'exprime que par des miaulements rauques. Le premier mot qu'il assimilera, grâce à la télévision, est "stupide". Ce mot, il le dira à toutes les personnes qu'il rencontrera, fièrement, avec des conséquences dont il ignore tout. Un chaton se fiche de la bienséance, surtout quand il ne la connait pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nyaata et Nyaako vivent avec leurs parents. Maman est autoritaire et dépassée par ses enfants, mais elle est aussi le seul être un tant soit peu responsable, noyée sous le travail domestique. Papa est un chasseur alcoolique qui n'a absolument rien à dire et passe ses journées vautré sur le sol, sous les cris de sa femme.&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RuCOo8Z9xFI/AAAAAAAAAWE/dEYtDx-GXpg/s1600-h/nekojiropic4.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RuCOo8Z9xFI/AAAAAAAAAWE/dEYtDx-GXpg/s400/nekojiropic4.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5107238811499086930" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Les deux petits, livrés à eux-mêmes, laissent libre cours à leurs penchants noirs et sadiques. Ce vieil homme les importune, parcequ'ils n'ont pas à faire ce qu'ils font ? Nyatta se jettera sur lui toutes griffes dehors et l'abandonnera dans une mare de sang.&lt;br /&gt;Cette femme dans la rue a été dure avec eux ? Nyaako prend le parapluie et empale son chien qui lui faisait peur. Quand la femme vient se plaindre à Maman Chat, les deux enfants se demandent pourquoi tant d'enervement.&lt;br /&gt;Nyatta et Nyaako ont envie de s'amuser ? Ils prennent la clef du camion de ce routier qui dort pour foncer dans la ville. Au passage, ils écrasent et massacrent tous ceux qui sont sur le chemin, même les enfants. Polis, ils reposent les clefs près de l'homme que la police arrête bientôt, et s'en retournent chez eux car ils ont très faim.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(102, 51, 102);"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;C'est une histoire sanglante, les coups de griffes laissent échapper des geysers de sang. C'est cruel. Les tripes débordent souvent sur le bas-côté. La mort ne leur fait pas peur. La raison n'existe pas, seulement la création, aussi terrible soit-elle. Le monde façonne, on est raciste parceque c'est ce qu'ont montré les generations précedentes, et qu'il n'y a pas d'explications. On n'aime pas les cochons, ni les taupes, qui sont une sous-race, ainsi, Nyaako et Nyatta refuseront d'emmener leur copain cochon avec eux dans leur promenade sous pretexte qu'il est un porc. On se bat avec, on discute avec, on joue avec, mais quand arrive le moment du dîner, Papa Chat prend son hachoir et tue le copain-cochon. Nyatta, proposera au  frère du cochon assassiné un morceau de lui, car c'est très bon, et meilleur que les grenouilles.&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Rt88t8Z9xEI/AAAAAAAAAV8/d78E8_NywcQ/s1600-h/kabutomushi1.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Rt88t8Z9xEI/AAAAAAAAAV8/d78E8_NywcQ/s400/kabutomushi1.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5106867262468244546" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Le conte initiatique prend une tournure cauchemardesque, cruelle. Le monde devient un immense terrain de jeu pour les deux enfants sans barrières, mais surtout dans leur monde.&lt;br /&gt;On fait du mal aux animaux pour voir ce que ça fait, aux amis et surtout Butaro le cochon, aux profs, et aux inconnus. On sautille innocement de la méchanceté à l'horreur. Et si on a un humour un peu déviant, on se surprend à rire...c'est l'histoire d'un vieil homme qui va mourir, abandonné sur la route. Nyaako et Nyatta vont à sa rencontre et l'homme leur tend un billet. Avant de mourir, il boirait bien une bouteille de saké. Nyaako, pleine de bonnes intentions, prend le billet et promet de revenir. Et elle revient, mais butte sur un caillou, chute, et la bouteille casse, répandant son contenu devant le vieil homme. Nyaako lui propose d'en racheter une, mais il n'a plus d'argent, juste 5 yen. Alors les deux chatons font une offrande avec ce peu d'argent et prient pour que l'homme boive un verre de saké, tandis qu'il agonise.&lt;br /&gt;Pourtant, sous cet amas d'horreur, de vulgarité et de cruauté, le desespoir suinte de toutes les cases. On dit souvent que cette oeuvre est cynique. Il n'y a pas une once de cynisme dans ces petites histoires, seulement l'absurdité de la vie. La societé japonaise et ses règles, et Madame coincée à la maison, et les enfants robotisés, et les vieux, qui ont tout perdu, ou ne sont plus bons à rien, comme cette vieille dame qui n'a plus la force, en participant à un concours de poésie, de trouver les rimes et l'inspiration. Le mal-être est partout.&lt;br /&gt;L'enseignement n'existe pas, la relation parents/enfants est nulle ou est mal assimilé. Maman Chat force ses enfants à compter jusqu'à 100 quand ils prennent leur bain. Quand Butaro, à la poursuite d'une tortue, perdra pied dans l'eau, Nyaako prend un bout de bois pour le sauver, mais est arrêtée par Nyatta. Il faut qu'il compte jusqu'à 100, c'est la règle.&lt;br /&gt;L'ennui...si on trouve quelque chose d'interessant, on se passionne. Sinon, le regard est vide, on tourne en rond, et on se laisse aller, et quand l'occasion se présente, on met tout à feu et à sang. Il faut être affamé pour continuer à vivre.&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Rt87-cZ9xCI/AAAAAAAAAVs/p2Zyp6KDjZs/s1600-h/item207.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Rt87-cZ9xCI/AAAAAAAAAVs/p2Zyp6KDjZs/s400/item207.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5106866446424458274" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Les enfants ne sont pas les seuls. Le mal est presque naturel, et parfois, seulement parfois, on s'en étonne. Les parents ne sont pas les êtres gentils, prévenants et aimants qu'ils devraient être par essence. Parfois, ils peuvent causer la mort d'un enfant, physiquement (un père qui demande littéralement la mort de son enfant) , ou spirituellement (l'absence) .&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;object height="350" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/2ybEYyFAVjY"&gt;&lt;param name="wmode" value="transparent"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/2ybEYyFAVjY" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" height="350" width="425"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, la poésie surgit au moment où l'on s'y attend le moins. Un jour, Nyaako est incapable de quitter son lit, terrassée par une forte fièvre. Nyatta voit un être étrange venir chercher son âme. De cela il ne veut pas...dans une quête surréaliste, le petit ira sauver sa soeur. La fantaisie mélancolique orne alors ces pages en noir et blanc et ces visages innexpressifs, et c'est ce vers quoi tendra Nekojiru...mains dans la mains, les êtres de même argile continuent d'avancer vers leur but.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une série de dessins animés au format très court (2 mn par épisode) a été tirée de Nekojiru Udon. L'anime est entièrement debarrassé de l'onirisme et de la mélancolie sous-jacente de l'oeuvre de papier, se concentrant sur l'aspect gore. Mais un court-métrage, &lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(102, 51, 102);"&gt;Nekojiru So&lt;/span&gt;, baptisé &lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(102, 51, 102);"&gt;Cat Soup&lt;/span&gt; aux Etats-Unis, reprend l'aventure de Nyatta pour sauver sa soeur des griffes de la mort (inspiré des deux histoires "&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(102, 51, 102);"&gt;L'âme&lt;/span&gt;" et "&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(102, 51, 102);"&gt;Le magicien&lt;/span&gt;").&lt;br /&gt;Sorti au début des années 2000, cette aventure, que l'on a souvent comparé à un  &lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(102, 51, 102);"&gt;Alice au pays des merveilles&lt;/span&gt; sous acide, peut-être un monde infranchissable pour ceux qui ne songent qu'à la réalité concrète.&lt;br /&gt;Il s'agit d'une étrange merveille, surréaliste et bouleversante. Bien sûr, ces qualificatifs sont miens. D'autres disent "dégoûtant, idiot, choquant".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Rt853cZ9xAI/AAAAAAAAAVc/umDPIDiG_1Y/s1600-h/cat_01.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Rt853cZ9xAI/AAAAAAAAAVc/umDPIDiG_1Y/s400/cat_01.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5106864127142118402" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Un ami proche de Nekojiru a écrit : "&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(153, 51, 153);"&gt;elle vous regardait dans les yeux et vous demandait, le plus serieusement du monde, un couteau. Ce couteau était sa protection contre le monde.&lt;/span&gt;"&lt;br /&gt;Le monde n'est pas trop petit, comme on a coutume de dire. Le monde est trop vaste, chaque pas vers (hors de ?) lui est un déchirement. Tout le reste est absurde, sauf peut-être dans le monde de l'illusion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(102, 51, 102);"&gt;Nekojiru So&lt;/span&gt; (&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(102, 51, 102);"&gt;Cat Soup&lt;/span&gt;) de Tatsuo Sato :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;object height="350" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/bkYIESG6Fdg"&gt;&lt;param name="wmode" value="transparent"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/bkYIESG6Fdg" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" height="350" width="425"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;object height="350" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/tCiJ9SwpDvE"&gt;&lt;param name="wmode" value="transparent"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/tCiJ9SwpDvE" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" height="350" width="425"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;object height="350" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/zEwddx2piwc"&gt;&lt;param name="wmode" value="transparent"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/zEwddx2piwc" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" height="350" width="425"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-1315431885641536991?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/1315431885641536991/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=1315431885641536991' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/1315431885641536991'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/1315431885641536991'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2007/09/bloody-kitties.html' title='Bloody Kitties'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RuCUrsZ9xGI/AAAAAAAAAWM/mXd6NTPfRCc/s72-c/nettaigyo.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-2383795064122976448</id><published>2007-08-20T23:52:00.000+02:00</published><updated>2008-12-09T21:46:02.547+01:00</updated><title type='text'>Nothing...</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Rsl3FcZ9wwI/AAAAAAAAATc/Ywzpym-2N94/s1600-h/one_goats_story_large_painting.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Rsl3FcZ9wwI/AAAAAAAAATc/Ywzpym-2N94/s400/one_goats_story_large_painting.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5100738988381946626" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Voici les deux pôles de mon être.&lt;br /&gt;En tout cas, ils en sont une représentation quasi-parfaite.&lt;br /&gt;L'être cornu, c'est le mal.&lt;br /&gt;Mon mal, serait plus juste. Mon ami.&lt;br /&gt;Il a une porte ouverte sur le coeur ou il laisse entrer six petits démons qui ont pour nom Colère, Mélancolie, Déception, Jalousie, Angoisse et Doute. C'est une soirée, il porte complet et noeud papillon.&lt;br /&gt;Il n'y a pas plus séduisant que lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Colère est ce petit démon de couleur rouge armé d'un trident ou d'une épée, parceque lui ne reste jamais très longtemps dans le boudoir qu'est le coeur de l'Être Cornu. Colère a le plaisir d'être ephemère, voilà pourquoi il est armé, pour pouvoir palier au Temps qui ne lui en laisse pas beaucoup.&lt;br /&gt;Colère volète très vite un peu partout, pique avec son arme comme on le lui a appris. Plus il tape, plus ça saigne, quelques goutelettes souillent son visage, mais il est comme un vampire et ce sang le nourrit. Le Cornu marmonne que cela est tout de même un tout petit peu douloureux. Son repas consommé, Colère va s'endormir dans un coin, roulé en boule, il ronfle un peu tandis que Jalousie se penche sur lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle a une idée.&lt;br /&gt;Couper ses cordes vocales peut-être, pour ne plus entendre ces ronflements atroces. Mais Jalousie n'est pas très au fait des questions d'anatomie, et ne sait si l'abblation des cordes vocales empêcherait un tel fléau. Jalousie est un papillon de nuit et reste souvent dehors sous les lampadaires. Elle a souvent observer les couples et pourrait vous en dire beaucoup sur Jack l'éventreur et Sweeney Todd. Elle revient quand ça lui chante, dans le coeur du Cornu, surtout quand la porte est grande ouverte. Elle s'y engouffre à toute vitesse avec un grand cri de joie, malgré sa petite taille, ce cri est puissant et chavire par sa brutalité. Une fois posée, elle questionne...et n'arrête plus de questionner. C'est une bavarde impénitente.&lt;br /&gt;Ses questions sont des affirmations, et toutes commencent par "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Imagine...&lt;/span&gt;".&lt;br /&gt;Imagine ceci et cela. Le Cornu hausse les épaules et lève les yeux au ciel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Doute et Déception arrivent ensuite, et le premier la fait taire avec une volée de pierres qu'ils ont  trouvées dans le coin du boudoir le plus aride. Doute et Déception font la course avec Jalousie, elle leur remet un précieux petit paquet quand elle les a rejoint. Et c'est beaucoup plus dur qu'il n'y parait...&lt;br /&gt;Car Doute et Déception sont siamois, et courent sur trois pattes. Doute étreint le coeur entre ses mains puissantes. Pressé de cette manière, le coeur laisse quelques gouttes couleur raisin tomber. Le Cornu râle. La flaque qu'elles forment au bout d'un tout petit moment est une piscine pour eux, qui s'amusent à sauter dedans à pieds joints, de ces trois minuscules pieds, pietinant sur place comme pour une danse ancienne. Doute et Déception se donnent la main, et Déception  sort de sa poche une petite bourse que Doute ouvre, renversant son contenu sur la main de son frère. Celui-ci n'a plus qu'à souffler doucement dessus pour la répandre à sa convenance. Cette poudre, c'est l'essence qu'il a arraché de lui-même au prix d'une vive douleur. En soufflant dessus, il respire un peu de lui. Il cache son visage dans le cou de son frère et murmure &lt;span style="font-style: italic;"&gt;pourquoi ...?&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je ne sais pas&lt;/span&gt;, répond Doute. Le Cornu verse une larme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cette mascarde arrive Angoisse. Angoisse est le plus grand de tous, un nez comme Polichinelle, des bras comme des Ombres, de grandes manches d'ou surgissent des êtres ailés, et des serpents. Angoisse est tactile, et aime à étreindre les gens. Ses manches vous enserre et dégage une odeur étrange, qui suffoque. Même le Cornu a un haut-le-coeur. Il défaille.&lt;br /&gt;Il l' embrasse de tout son corps, mais ne serre pas fort. Son coeur à l'unisson du Cornu, il le fait battre plus fort, plus vite. Le feu est dans sa poitrine, il brûle trop vite, s'étend de plus en plus...quand Angoisse a fini, et, se desinteressant de tout, va mourir quelque part, dans le bas du ventre, le Cornu souffle un peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le joyau de cette noble assemblée, Cousine Mélancolie, fait son entrée. Cousine Mélancolie est douce. Comme l'eau, elle est double. Dans ses mauvais jours, elle peut piquer à coups d'aiguilles le coeur. L'être cornu sursaute. A chaque coup d'aiguilles, elle marmonne. C'est une litanie sans fin et comme les Sirènes, Cousine Mélancolie peut vous emmener dans ses Abysses. Elle a des chaînes, là en-dessous, et il suffit d'un battement de paupières pour rester là, dans les chaînes et les sables mouvants.&lt;br /&gt;Si Cousine Mélancolie est dans un bon jour, un joli jour, alors elle prend le coeur dans ses bras dans un geste très doux, et affamée, quémande un peu d'amour. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Aime moi. Aime moi, juste un peu. Nous sommes seuls, l'un comme l'autre. Chéris moi. On ne m'aime pas. Je fais peur.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Être Cornu ouvre son coeur. Il laisse s'envoler, fuir, tous les petits êtres. Il a comme un vide.&lt;br /&gt;Il a bien reçu les messages de Colère, Doute et Déception, Angoisse, Jalousie et Cousine Mélancolie.&lt;br /&gt;Il a tout noté sur des petits papiers, il s'est constitué des petites fiches, les a collées sur le mur.&lt;br /&gt;Ensuite, l'Être Cornu attend, sagement,dans le noir, que l'on aille se coucher. Il vous attire à lui, vous attrape,vous serre et vous demande de ne pas le quitter.&lt;br /&gt;Il est tellement seul lui aussi.&lt;br /&gt;Et en plus,il a inventé un nouveau jeu, qui, dit-il, ne devrait pas déplaire, oh non!&lt;br /&gt;Et il le jure en crachant.&lt;br /&gt;Croix de bois, croix de fer...c'est un jeu ou je te ligote avec mon fil, ainsi, tu ne partiras pas, et ne m'abandonneras pas. Nous sommes liés par ce fil, je suis une voix et toi mon écoute, mon réceptacle, mon ami.&lt;br /&gt;Ecoute bien ce que je vais te dire, et prend une grande inspiration, le jeu auquel nous allons nous offrir corps et âme peut s'avérer parfois, et juste un peu, douloureux. Les mots que je vais lire, dans mon jouet en carton, je vais te les envoyer, et tu vas découvrir ce que j'ai découvert, ce soir, et sache que je l'ai fais pour toi. Uniquement pour toi !&lt;br /&gt;Et sois tranquille mon enfant. Je n'ai pas convoqué Perte, Abandon, Meurtre,Mensonge, Souffrance et Pleurs.&lt;br /&gt;Une autre fois, peut-être, quand tes yeux seront clos,quand tu auras cessé de trembler, quand ta bouche se sera fermée sur ce cri muet, et que tes larmes se seront taries.&lt;br /&gt;Une autre nuit, quand j'en aurai le courage.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-2383795064122976448?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/2383795064122976448/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=2383795064122976448' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/2383795064122976448'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/2383795064122976448'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2007/08/nothing.html' title='Nothing...'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Rsl3FcZ9wwI/AAAAAAAAATc/Ywzpym-2N94/s72-c/one_goats_story_large_painting.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-6968582197492530908</id><published>2007-08-08T03:03:00.000+02:00</published><updated>2007-08-29T13:58:42.762+02:00</updated><title type='text'>Le mot  "Ventriloquisme"  n'existe pas.</title><content type='html'>Mon cher &lt;a href="http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2007/01/pour-andy-kaufman.html"&gt;Andy&lt;/a&gt; était le pire* ventriloque au monde. Si si. Le pire.&lt;br /&gt;Un ventriloque perdu dans la fameuse Funhouse, avec Howdy et Le petit Chaperon Rouge.&lt;br /&gt;Mais comme dans tous les contes, il y a un "mais"...&lt;br /&gt;L'histoire est jolie, mais Andy est le pire ventriloque au monde.&lt;br /&gt;Ne prenez pas le mot "pire" pour autre chose qu'il n'est. Le pire est sublime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;object height="350" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/DdGkWRsTbO8"&gt;&lt;param name="wmode" value="transparent"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/DdGkWRsTbO8" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" height="350" width="425"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il était aussi le pire présentateur au monde.&lt;br /&gt;Les sourires crispés pour ne pas dire l'horreur d'une situation - ou pour attendre que le temps passe,comme en Terre d'Ennui - me font hurler de rire et me laisse un grand sourire sur le visage.&lt;br /&gt;Mais ce n'est peut-être pas un rire franc,pas plus qu'un sourire "heureux".&lt;br /&gt;Un sourire comme celui du Chat du Cheshire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;object height="350" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/dKZs9B_qFUE"&gt;&lt;param name="wmode" lvalue="transparent"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/dKZs9B_qFUE" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" height="350" width="425"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Les "acteurs comiques" (entre guillemets, car Andy n'est pas un acteur, pas plus qu'un comique) que je prefère sont decidement ceux qui me donne subitement une grande bouffée de tendresse.&lt;br /&gt;Ou de malaise. Les deux à la fois.&lt;br /&gt;Ce "pire", ce "malaise" et ce "sublime" fait qu'Andy touche les étoiles.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-6968582197492530908?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/6968582197492530908/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=6968582197492530908' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/6968582197492530908'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/6968582197492530908'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2007/08/le-mot-ventriloquisme-nexiste-pas.html' title='Le mot  &quot;Ventriloquisme&quot;  n&apos;existe pas.'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-26000146928195588</id><published>2007-07-18T14:18:00.000+02:00</published><updated>2008-12-09T21:46:04.844+01:00</updated><title type='text'>The Simple Joy Of Being Alone...</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Rp5U3pE3tTI/AAAAAAAAARU/Hv3-RFEHQFU/s1600-h/abovebelow1_s.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Rp5U3pE3tTI/AAAAAAAAARU/Hv3-RFEHQFU/s320/abovebelow1_s.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088597943871059250" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;...et de découvrir un cheveu blanc en promenant les doigts dans sa chevelure. Un cheveu blanc!&lt;br /&gt;Je me demande...pourquoi un cheveu blanc, maintenant? Si jeune, même si je suis vieille. Il est peut-être là pour me rappeler quelque chose. Qu'il y a le Temps et la Danse Macabre. Que decidement,on est les enfants de ses parents, que le soldat a eu son premier cheveu blanc à mon âge. Les soucis font-il avoir un fil blanc dans notre chevelure, et même deux ? Il parait que Marie Antoinette avait les cheveux blancs en sortant de la conciergerie. C'était une image, enfant, qui m'avait frappée, parceque je voyais la Reine assise, et ses cartes à jouer près de la bougie, la tête ailleurs, et qu'elle avait &lt;span style="font-style: italic;"&gt;tenté&lt;/span&gt; la reussite, et que dans  la tristesse et l'angoisse, dans le silence et la solitude de sa cellule,ses cheveux blanchissaient,et n'arrêtaient pas de blanchir...Peu importe que ce soit vrai,c'est un de mes songes.&lt;br /&gt;Je serai peut-être bientôt une sorcière, avec les cheveux neigeux, j'ai déjà le chat, je m'achèterais plus tard, un balai. Je pourrai regarder le ciel par la fenêtre, et defier le temps, comme les vieilles folles des Contes, ou les Bouffons. Je suis déjà les deux.&lt;br /&gt;Ou bien je serai une nouvelle Arachnée, et je prendrai mes fils blancs pour en faire une toile autour de moi, et je tisserai, tisserai...et on peut en faire des choses avec ces fils ! Un coccon, un piège, et un lien, pour me déplacer dans la nuit, comme Ariane.&lt;br /&gt;Quand je lisais ,des livres d'astrologie dont une amie était friande, j'avais le desespoir joyeux de lire que mon étoile, mon signe mutant avec sa queue de poisson et ses cornes de bouc, était un très vieux signe. Les astrologues ne devaient pas beaucoup l'aimer, pour voir en lui le temps qui passe et détruit, les saisons en noir et blanc, la solitude, l'hiver et le Diable. C'était le vieux, l'ermite ridé, les pieds dans l'eau, cornu et étrange, encore humide parcequ'il vient de quitter l'océan, et le regard méfiant, le geste rare. L'ermite n'aime pas qu'on le touche ou qu'on lui sourit. L'ermite marche, et marche, parcequ'il met beaucoup plus de temps que les autres à arriver.&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Rp5Vx5E3tVI/AAAAAAAAARk/uu92-MxeB80/s1600-h/capricorne.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Rp5Vx5E3tVI/AAAAAAAAARk/uu92-MxeB80/s320/capricorne.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088598944598439250" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Il flâne, toujours le nez en l'air, et pense, rit tout seul, parle aux fantômes et bute sur les cailloux. Ca le blesse parfois, souvent, mais il se dit que la brise, enfin, se fait sentir sur son visage, c'est doux. La cime de la montagne n'est plus très loin. L'ermite est lent. Il serait celui, si sa maison brûlait, qui ne bougerait pas. Il mettrait peut-être les chiens et les chats dehors, il ne faut pas être égoiste et emmener tout le monde dans son Enfer, vite, prendre le telephone et demander à quelqu'un, n'importe qui, de venir s'occuper d'eux, ils attendent dehors avec leurs bagages, et une petite larme sur le museau. Il refermerait la porte, le coeur au bord des lèvres et attendrait bien tranquillement que sa maison brûle, et lui avec. L'ermite aurait fait un magnifique capitaine de bateau, parcequ'il serait resté dedans. Il aurait proposé les canots à ses collègues, parcequ'il est poli, et il aurait allumé sa cigarette, en regardant la mer l'engloutir. Un vrai Capitaine Pirate, cousin lointain du Capitaine Crochet. Et dans la maison en feu, il aurait aussi allumé une cigarette il serait parti dans un grand fou-rire, le hasard est toujours amusant. Il est un peu pyromane, alors que l'eau est son amie.&lt;br /&gt;Sur la montagne, au dernier moment, l'ermite change de cap, et laisse les autres continuer leur chemin. Il cherche une grotte. Se faire un petit lit de feuilles mortes. Et vivre, seul, parceque l'ermite a des yeux d'enfants dans son petit visage en forme de lune. Et dans sa grotte, il continue de rêver, même en pensant à la Mort. C'est bien d'être un peu vieux ! On se rend compte, avant les autres, qu'on va mourir, et qu'on a tous raté la petite chose importante. Cessez donc de vous agiter ainsi ! Asseyez-vous et prenez un verre avec Dionysos et la Mort, qui râle parcequ'elle n'a pas de place dans cette minuscule grotte. Mais l'ermite râle aussi, lui n'aime pas les choses brillantes. C'est froid. Il prefère son château imaginaire. L'ermite souffre d'une forme de vieillesse très particulière, et très rare. Comme ses ancêtres celtiques, l'ermite meurt et revit tous les jours, pas besoin d'attendre l'Hiver. Comme le Dieu Pan, le seul dieu, avec Cernunnos, à avoir connu la mort. Comme son étoile, constellation à la forme bizarre dans le ciel et qui doit rire un peu, au fond des Abysses Goudge l'a écrit, il est fier, et seul, et un peu hautain, et sait que tous ceux qui sont nés sous son étoile lui ressemble et ont des chaînes aux pieds et aux mains. L'ermite a son sac de farine, et son pelage de loup, qu'il montre fièrement.&lt;br /&gt;Chez les hindouistes, près du Gange, une autre forme de l'ermite a du être celle du loup. Bébé-Fourrure avec Maman et papa, Petit Frère et amis choisis par son petit coeur, sa Tribu.&lt;br /&gt;Bébé-Fourrure a un poil blanc sur le sommet de son crâne. "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tu es déjà si vieux, Bébé -Fourrure?Je n'ai pas vu le temps passer&lt;/span&gt;".&lt;br /&gt;L'ermite-loup et son unique poil blanc, à chaque minute,  trouve la force de se demander comment ce sera de l'autre côté, comment ce sera demain, et de se dire que le soleil couchant est très joli. S'il y avait quelqu'un, à côté de lui, une fée ou autre, susceptible de répondre à ses questions, celles dont il n'est pas ou plus très sûr, il les poserait avec candeur. Ce soir,je meurs. Je reviendrai avec la Lune. On meurt toujours un peu quand on s'en va, quand on pleure, quand on doute et qu'on souffre. C'est notre vieillesse. C'est la mienne. L'ermite rit parceque les gens le croient froid et dedaigneux. Bébé-Fourrure constate, un peu amusé, un peu terrifié, qu'un autre poil blanc est arrivé. Et Wee Willie Winkie lance sa poussière, celle qui fait dormir, parceque la vieillesse ne m'apprend rien.&lt;br /&gt;Ce cheveu blanc sera ma fragilité et ma certitude.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-26000146928195588?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/26000146928195588/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=26000146928195588' title='14 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/26000146928195588'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/26000146928195588'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2007/07/simple-joy-of-being-alone.html' title='The Simple Joy Of Being Alone...'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/Rp5U3pE3tTI/AAAAAAAAARU/Hv3-RFEHQFU/s72-c/abovebelow1_s.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>14</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-171628624495356329</id><published>2007-06-20T12:57:00.000+02:00</published><updated>2007-11-01T13:50:16.784+01:00</updated><title type='text'>Spleen...et mon Idéal.</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;object height="350" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/_f2khRFo_VA"&gt;&lt;param name="wmode" value="transparent"&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;object height="350" width="425"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/_f2khRFo_VA" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" height="350" width="425"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;And a little rain never hurt no one...&lt;br /&gt;Ma bile est noire et ma déchirure se situe là, entre émerveillement et horreur. A jamais.&lt;br /&gt;N'est-il pas joli,ce lapin de contes? Il cherche. Il vagabonde. Il toque.&lt;br /&gt;Je découvre que je hais le mot "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;heureux&lt;/span&gt;", il est inconvenent. Que les images de bébés, celles avec les parents invisibles, me font vomir. Que les gens qui sont malheureux quand il pleut et heureux quand il y a du soleil m'ennuie. Ah oui, et le mot "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;motivation&lt;/span&gt;". Les promenades dans le parc le dimanche...&lt;br /&gt;Un certain Wilhelm trouve un gant, le regarde, et puis, essaie de le mettre. Il n'y arrive pas. A l'instar des demi soeurs de Cendrillon, le jeune homme se rend compte qu'il doit se couper les doigts pour pouvoir enfiler le gant.&lt;br /&gt;Je ne suis pas Wilhelm. Je n'ai tout simplement pas envie de couper quoi que ce soit. Même dans le noble but d'être aimée.&lt;br /&gt;And a little rain never hurt no one.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-171628624495356329?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/171628624495356329/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=171628624495356329' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/171628624495356329'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/171628624495356329'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2007/06/spleenet-mon-idal.html' title='Spleen...et mon Idéal.'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-4567642982309797435</id><published>2007-05-24T22:59:00.000+02:00</published><updated>2008-12-09T21:46:19.086+01:00</updated><title type='text'>Tous des brebis</title><content type='html'>Dans les Alpages, il existe un troupeau de brebis qui parfois, se pose des questions existentielles. Ces brebis n'aiment pas le devoir ni les ordres. Et ça tombe plutôt bien, parceque le Chien de berger, bon gros toutou cultivé, n'aime pas tellement s'occuper de ces brebis, leur preferant ses livres, ses émois et s'adonner à l'une de ses passions, la création d'automates. Parfois, il essaye de répondre à ses questions existentielles et à celle des brebis en cherchant la réponse dans les étoiles...et Eurêka! Il trouve enfin qui est Dieu. Parcequ'il y en a un, de Dieu. Sauf que ce n'est pas un vénérable vieillard barbu (ou autre) qui regne dans les cieux (voire le cosmos). Non,Dieu est un bélier, et parcequ'il est divin, nous l'appelerons le Grand Bélier. Le Grand Bélier majesteux et noble, est né de la rencontre d'une comète mâle sur la voie lactée. Mais comme la vie est ce qu'elle est, la désillusion ne tarda pas à pointer le bout de son nez : le Grand Bélier chut dans un trou noir (&lt;span style="color: rgb(153, 51, 153);"&gt;et merdre&lt;/span&gt;).&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RlX-03w6yiI/AAAAAAAAAKA/WUmmYJvxG_U/s1600-h/grand_belier02.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RlX-03w6yiI/AAAAAAAAAKA/WUmmYJvxG_U/s400/grand_belier02.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5068237139951143458" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Peu échaudé, le Grand Bélier, appelé Paradoxe, passe le temps en faisant des bulles, parceque ça flatte son esthetisme (&lt;span style="color: rgb(153, 51, 153);"&gt;Comme f’est voli!!!&lt;/span&gt;) et leur donne des noms...il y en a une qui lui plait particulièrement, alors il l'appelle Terre, et part dans un long discours qui en dit beaucoup sur sa passion - discours retranscris car les adeptes savent peut-être que le Grand Bélier est affublé d'un défaut de prononciation :&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Que tout cela croisse et que ça croisse et que ça grouille&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;et que ça couine et que ça respire soupire expire, que cela coule,&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;que ça poudroie étincelle et miroite dans tous les sens et même en travers&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;que l'on ait des jours et des nuits (variables)&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;des saisons des demi-saisons et du vent de la tempête&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;que les mers remontent jusqu'aux sources des fleuves&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;– ou le &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;contraire – bousculant forêts et montagnes&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;et que cela s'empiffre, s'entredévore&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;tant entremêlés tous à faire un grand nœud&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;que personne ne puisse jamais trancher!&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;… &lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 153); font-style: italic;"&gt;Ne puiffe vamais tr&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 153); font-style: italic;"&gt;anfer ! Faut que fa bouve!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Et c'est ce défaut de prononciation qui nous mène à l'existence terrestre et à quatre pattes qui m'interesse ici : chacun de ses postillons donna naissance à un mouton. Inutile de préciser que les brebis, toujours aptes à contredire tout et n'importe quoi, à l'instar de Groucho Marx, mettent en doute cette théorie.&lt;span style="color: rgb(153, 51, 153);"&gt; Non&lt;/span&gt;, dit l'une d'elle.&lt;span style="color: rgb(153, 51, 153);"&gt; Ce n'est pas un Grand Bélier Primordial qui est là-haut, puisque c'est la Grande Baleine Cosmique!&lt;/span&gt; Et la lune, c'est...&lt;br /&gt;- &lt;span style="color: rgb(153, 51, 153);"&gt;C’est l’œil d’une grande baleine – quand elle dort, son œil se ferme où bien elle le &lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 153);"&gt;cligne pour nous. Mais où serait l’autre œil ? Est-elle cyclopée ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;- &lt;span style="color: rgb(153, 51, 153);"&gt;De l’autre côté de l’univers – L’autre œil ! On la voit de profil ! Si ! Si ! La Grande Balein&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 153);"&gt;e Cosmique !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Le chien :&lt;br /&gt;- &lt;span style="color: rgb(153, 51, 153);"&gt;Diantre, voici qui remet fâcheusement en cause ma théorie du Grand Bélier Primordial !Cependant, qui d’autre que Le Grand Bélier Primordial tiendrait le manche du Grand Parapluie Cosmique ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Athanase Percevalve, le berger surveille d'un oeil mauvais son troupeau. Il s'en méfie et pour cause...elle semblent toujours à l'affut d'un mauvais coup. Ou bien le ridiculise en n'obeissant pas à ses ordres. Quand il veut les emmener, là-haut sur les cimes des montagnes, les brebis, comme un seul homme,bifurquent pour aller boire un verre au bar du coin. Et puis, de toutes façons, Athanase, devant son verre, a trouvé le sens de la vie.&lt;span style="color: rgb(153, 51, 153);"&gt; La vie,c'est un légume m&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 153);"&gt;al cuit&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(102, 51, 102);"&gt;La geste de Tombed-Kamione&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Dans ce troupeau de brebis, il convient de s'arrêter sur l'une d'elle. Parcequ'elle a mon affection éternelle. Sa vie est un conte triste, où notre héroine devra braver plusieurs dangers (barrière de la langue et autres petits tracas). Petite anglaise bon teint, cette brebis a été emmenée on ne sait comment, jusque dans ce coin perdu de France, avec plusieurs autres compagnes. Mais parceque cette brebis noire n'a pas de chance, elle chut elle aussi, mais du camion - camion qui portait le nom de PerfidAlbion. Etourdie par la chute, elle est accueillie par les brebis qui se détournent d'elle bien vite, agacée par la nouvelle venue qui &lt;span style="font-style: italic; color: rgb(153, 51, 153);"&gt;n'arrête pas de causer&lt;/span&gt;.&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RlYKmHw6ynI/AAAAAAAAAKo/dg-5gY4HX4A/s1600-h/11.bmp"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RlYKmHw6ynI/AAAAAAAAAKo/dg-5gY4HX4A/s400/11.bmp" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5068250080687606386" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Ô! Malheureuse brebis noire! Ses discours incomprehensibles lassent tout le monde...ne dirait-on pas une folle? La voilà qui pose le sabot sur sa gorge et ne cesse de repeter &lt;span style="color: rgb(153, 51, 153);"&gt;Aoh je suffolke!&lt;/span&gt; Et elle va, de brebis en brebis, avec sa litanie à la bouche...Evidemment, pour qu'elle &lt;span style="font-style: italic;"&gt;s'integrasse&lt;/span&gt;, il fallait lui apprendre quelques rudiments. Les brebis ont bon coeur, mais il faut bien s'amuser, même si ce rire est au dépend de l'autre. Même si à la fin, la blague se retourne contre nous. Et c'est ce dernier point le plus drôle. &lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RlYJ43w6ymI/AAAAAAAAAKg/Y_1Ya-ZrplY/s1600-h/suffolke.bmp"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RlYJ43w6ymI/AAAAAAAAAKg/Y_1Ya-ZrplY/s400/suffolke.bmp" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5068249303298525794" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;On décida tout de même de la garder et la brebis fut affublée du nom de Tombed-Kamione.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;Tombed-Kamione, c'est une bouffée d'air frais parmi ces brebis cyniques et feignantes, gentilles mais aggressives. Ne nous meprenons pas : ces qualificatifs ne sont pas tous des défauts. Tombed-Kamione, c'est l'enfant, la seule heureuse d'aller dans les cîmes des montagnes et de crier :&lt;span style="color: rgb(153, 51, 153);"&gt;c'est hôôôôôô!!!C'est bôôôôôôô!!!&lt;/span&gt; sous le regard mauvais des collègues qui ne comprennent pas tant d'extase. Elle est celle aussi, à chaque fois qu'on lui soumet une idée, qui exprime son enthousiasme (même si une fée m'a dit que la brebis n'a pas encore assimilé pleinement la langue française, et que ces réactions formidables ne seraient dues qu'à la politesse), elle a alors des yeux grands ouverts où on jurerait voir danser des étoiles, et un large sourire (peut-être un peu idiot), s'exclamant &lt;span style="color: rgb(153, 51, 153);"&gt;Waoh! &lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 153);"&gt;I love beaucoup!!! &lt;/span&gt;Et que personne ne l'écoute ne semble pas la déranger outre mesure. Tombed-kamione aimerait bien s'élever, de temps en temps, être comme l'oiseau. Qu'on découpe le carré de terre autour d'elle et elle s'envole tel Alladin sur son tapis volant, et provoque la consternation d'une brebis, qui se demande, les yeux dans les cieux, si l'auto-persuasion permet de telles choses. Mais Tombed-Kamione, si innocente, a la malchance qui la poursuit...de fait, puisqu'elle connait toujours la grandeur, la joie et la beauté, il faut bien qu'elle chute à nouveau (à cause d'une fée écossaise, et puis, elle n'arrête pas de chuter. Sur un mode plus materialiste, elle ne sait tout simplement pas sauter). Mais, belle âme, elle continue vaille que vaille, expliquant aux autres pourquoi elle tombe sans arrêt &lt;span style="font-style: italic; color: rgb(153, 51, 153);"&gt;je vais recommencer, je regarde comment tu fais, mais je vais tomber de toutes façons&lt;/span&gt;. Regarder les autres faire et ne pas y arriver, ne pas arriver à se conformer, ne pas arriver à être semblable., et le savoir. Et puis, elle aime l'alcool, n'hésitant pas à voler la bouteille de la bergère d'à côté pour assouvir sa soif. Elle serait d'ailleurs la seule à s'extasier devant les poèmes de Romuald, seul mâle un peu fourbe et névrosé de cette noble assemblée :&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;En étoile (poème)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Che msuis fait sauter l'caisson&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;Tralalakon et Pan!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les pieds en éventail&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tralalala,lala et Pan!&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;La cervelle en étoile sur le pavé&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Jolie méduse rose&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;Et Pan! et Pan!&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;S'en est passé&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; des choses&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;Dedans la pauvre coquille&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;Dehors l'est tout parti&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;maintenant, et pan et pan et&lt;br /&gt;Pan !&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;mes rêves, mes joies, mes peines&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;éparpillés sur le pavé, mouillé&lt;br /&gt;Tralalala la lé&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;C'est tout cassé,&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;C'est tout cassé,&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;C'est tout cassé,&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;Et moi zaussi&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Et Pan! Et pan!&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 153);"&gt;...I love beaucoup!&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RlX_K3w6yjI/AAAAAAAAAKI/KX3f_Dt7ZIY/s1600-h/lezbaroqueus_t13.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RlX_K3w6yjI/AAAAAAAAAKI/KX3f_Dt7ZIY/s400/lezbaroqueus_t13.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5068237517908265522" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;Qu'on laisse Tombed-Kamionne seule dans la forêt, et elle se ferait attaquer par le Grand méchant loup. N'oublions pas que la Fontaine est l'hôte de ces Alpages, la bonne âme, le parrain, même si les brebis le rende fou et qu'il en mangerait sa perruque. On y trouve aussi un aviateur, peut-être Saint-Exupery, papiers à la main et n'aspirant qu'à un peu de tranquilité, rendu fou lui aussi par un imperturbable Petit Prince tombé de son asteroide B612. Il y a aussi le Chat botté, un renard qui confond les poules et les brebis et qui est confondu quand le corbeau lui offre son fromage, le Petit Chaperon Rouge (mais on nous prévient qu'elle a  grandi), Galilée et le bouc Choupinette, Roland perdu ailleurs qu'à Roncevaux, le Dieu des Vents, un lapin au citron qui n'en a pas trouvé (de citrons,alors il a pris des frites) qui rencontre un Imam dans une toute petite vignette...et celui-ci de répondre : &lt;span style="font-style: italic; color: rgb(153, 51, 153);"&gt;je n'ai pas trouvé Allah,alors j'ai pris le pouvoir&lt;/span&gt;. Il y a aussi un ange qui passe de temps en temps, surtout quand il y a un blanc dans la conversation. Alo&lt;/span&gt;&lt;span&gt;rs l'Ange vole bas avec ses boucles rousses et son épée de feu, et murmure, pour qu'on le remarque : &lt;span style="font-style: italic; color: rgb(153, 51, 153);"&gt;et un ange passe&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Tombed-Kamionne est paradoxalement individualiste. Comme toutes les brebis, mais celles-ci se regroupent souvent...parfois, elles créent des milices, et attaquent tout ce qu'elles n'aiment&lt;/span&gt;&lt;span&gt; pas, entité puissante, lien magnifique qu'il serait présompteux de défaire. Tranquilles dans les Alpages, le pire representant de l'Homme, pour elles, est le touriste.&lt;br /&gt;Tombed-Kamione, Abousimbelle, Chicounkougnette, Rominette, Marionette et les autres. 120 têtes dans ce cheptel maudit. Agaçantes,énervantes, parfois savantes, toujours philosophes, terriblement humaines,&lt;span style="font-style: italic;"&gt; gentilles-mais-faut-pas-pousser&lt;/span&gt; ou  en extase, les brebis de F'murrr sont apparues en 1973.&lt;br /&gt;Expliquer, décortiquer &lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(102, 51, 102);"&gt;Le génie des Alpages&lt;/span&gt; n'amenerait à rien, sinon à un ennui profond. Comment expliquer l'absurde, le non-sens, le burlesque et la poésie  qui s'en degagent? Un bus rate son virage. Il ne tombe pas, mais reste suspendu dans le vide, et la barbe du conducteur de pousser, et pousser encore...Romuald joue du violon près d'une cascade et la détourne en rivière folle...pour faire d'une journée ennuyeuse une aventure, il suffit de voir que la montagne bouge (&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(153, 51, 153);"&gt;mais pas du tout!&lt;/span&gt; dit la Montagne)...je suis connectée à cela. Il me faudrait plusieurs pages, être philosophe et expliquer l'amour de la litterature de F'murr, son goût prononcé pour l'absurde, la derision, la folie qui cache, bien evidemment, un desespoir (joyeux). Et comment oserais-je le limiter à quelques mots, alors que son univers, riche et foisonnant, ne peut decidement pas l'être? Il a un goût prononcé pour le rêve et l'évasion et les chasseurs qui tirent au fusil sur des jets. Comme toutes personnes  censées, il se pose les bonnes questions, les seules qui meritent d'être soulevées :  &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je suis parti en vacances chez ma sœur dans les Alpes et j'y ai vu un type qui gardait des moutons. J'ai commencé à imaginer les conversations qu'il devait avoir avec son troupeau.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RlYABHw6ykI/AAAAAAAAAKQ/RoFNAA7Oc8A/s400/attaque_fourgonette_1.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5068238449916168770" border="0" /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Janvier&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Mois des envieux – moi j'envie les envieux et leurs jolis visages verdâtres.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Février&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Mois des fiévreux, ceux qui lui survivront passeront l'année.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mars&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Mois des serpents et des averses, tout est glacé qui vient en mars.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Avril&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Mois des frileux, comme une vrille en avril le froid se faufile.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mai&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Le mois des bouches bées, tout ce qui bée, tout ce qui s'ouvre, c'est le printemps repu qui baille.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Juin&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Tout est plein, mois des poings serrés sur choses bonnes ou non ça va chauffer.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Juillet&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Mois juteux et souple, mois des grenouilles.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Les loups hurlent à la lune, c'est l'air qui est trop lourd août le mois des loups.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Septembre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;On voit l'été descendre, tout embrûlé, sept ombres l'accompagnent, et tous nos vœux.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Octobre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Mois de l'octobus à impériale, huit ombres l'accompagnent, d'où son nom.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Novembre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;C'est l'année qui descend derrière l'été et neuf ombres… etc.;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Décembre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;A la dixième ombre c'est l'année qui sombre tout est… noir...&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RlYNdnw6yoI/AAAAAAAAAKw/Wi6cytR9_bM/s1600-h/pucelles.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RlYNdnw6yoI/AAAAAAAAAKw/Wi6cytR9_bM/s400/pucelles.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5068253233193601666" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21108821-4567642982309797435?l=intheinsanityhouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/feeds/4567642982309797435/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21108821&amp;postID=4567642982309797435' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/4567642982309797435'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21108821/posts/default/4567642982309797435'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://intheinsanityhouse.blogspot.com/2007/05/tous-des-brebis.html' title='Tous des brebis'/><author><name>Fuchsia Groan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17819209074615338966</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='29' src='http://1.bp.blogspot.com/-FxRY0uQ4MlM/TxsHVMVPZwI/AAAAAAAACBQ/S89RJMB1Bis/s220/kl.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RlX-03w6yiI/AAAAAAAAAKA/WUmmYJvxG_U/s72-c/grand_belier02.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21108821.post-7703627826123201832</id><published>2007-05-08T22:16:00.000+02:00</published><updated>2008-12-09T21:46:20.205+01:00</updated><title type='text'>Rêveries</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RkDvJUpngzI/AAAAAAAAAJI/mFdb7Y-Df2w/s1600-h/andy22.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rkftmmk262Q/RkDvJUpngzI/AAAAAAAAAJI/mFdb7Y-Df2w/s320/andy22.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5062308924605563698" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;J'ai rêvé cette nuit. Et je remarque que mes rêves sont lumineux en ce moment, malgré la tristesse et l'angoisse ambiantes. Je vois des enfants, des fleurs, de la neige. De bons présages, m'a-t-on dit. Je ne sais pas si je vais y croire. Parfois, je rêve de l'océan, immense, et moi sur un bateau. Le bateau sera toujours là, c'est le signe de mon déracinement. Je vogue toujours, attendant une escale. Mais je ne descendrai jamais, car il y a des gens,et je ne les aime pas. Je sais qu'il y aura flatteries à gauche, ennui à droite. J'hésite, j'ai une longue robe, je mets un pied sur la passerelle, je regarde les gens, je regarde les maisons, les étals de poissons, le chien qui aboie et les enfants qui courent, les cris de cette femme et le rire gras de cet homme, les regards de ceux qui attendent l'étrangère, et je sens que l'on va me demander comment je vais, si mon voyage a été bon, si je n'ai pas souffert de la chaleur, et si ceci, et si cela. Mon pied n'a pas eu le temps de toucher la passerelle que je le retire bien vite, et m'en retourne sur les planches de bois du bateau, en faisant claquer mes talons. Je me retire dans un coin, comme une petite souris effrayée, du moins indifférente, et je reste là, je leur montre mon dos et leur montrerai bien mes fesses si je le pouvais, comme un dernier pied-de-nez, les yeux vers la mer, et j'aggrippe la rembarde, je la serre à m'en blanchir les jointures, et je prie, je prie très fort en moi que le bateau s'en aille, qu'il s'en aille enfin, ils prennent tous beaucoup trop de temps à le faire repartir...et il s'en va, ou plutôt, il fuit, il fuit en direction de cet horizon, et c'est comme la course de Phebus derrière Selène, je vogue éternellement vers cette ligne. La rattraperai-je un jour? Je l'ignore, à l'heure qu'il est, et je continue, toujours plus loin, et je ne descends jamais du bateau, quand bien même à chaque escale on me fait des signes, là, à droite surtout, mais je ne me retourne plus. Et bientôt, très très vite car le temps n'est plus et que je ne m'aperçois de rien, le bateau sera vidé de toutes âmes humaines. Plus de respirations, plus de sons, plus de cris ou de larmes, plus de discussions stériles, même si les discussions sur un bateau restent plus interessantes que sur la terre ferme, et je suis seule avec le Capitaine, les yeux dans l'eau où nage une sirène, et le Capitaine me demande où je souhaite me rendre. Je n'ai pas de réponses. Je ne sais pas parler, je suis muette ou bien on m'a coupé la langue et c'est bien mieux ainsi. Alors je tends la main vers l'Eden, là-bas, et il me salue avec grâce, comme les gentilhommes des temps anciens, et il me semble que j'ai dejà connu un tel siècle. Je me dois de le saluer, et je le fais, en me baissant, me baissant jusqu'à ce que je sente une douleur dans mon dos, jusqu'à ce que les mèches de mes cheveux balayent le sol, jusqu'à ce que mes bras soient hauts dans le ciel, et eux aussi me font souffrir, mais alors, je serai prête pour l'envol. Et je souris en inspirant très fort l'air alentour. Je gonfle mes poumons. Suis-je vivante?&lt;br /&gt;Bientôt, nous sommes perdus dans l'immensité, nous jouons à un jeu tous les midi pour apprendre à nous connaitre, je lui lis des sonnets avec tout le feu dont je suis capable, je lui raconte qu'il y a des jours où on ne peut qu'être égoiste, en songeant à la mort des êtres aimés. Que je pense au vide là tout près, et à la mort de John Keats. Que je l'imagine dans les bras de son ami, le peintre Severn, alors que finalement ils ne se connaissaient pas si bien que ça, alors que finalement, ils se sont peut-être aimés dans cette petite chambre d'hôtel romaine. Pas aimés au sens physique, Mr le Capitaine. L'amour comporte tant de sons, de parfums, et d'odeurs, qui sont tout autant de significations différentes, que je peux bien dire que deux hommes aient fini par s'apprecier en utilisant le mot &lt;span style="font-style: italic;"&gt;aimer&lt;/span&gt;. Ah! mon cher ami John. Tu pleurais peut-être quand les bougies s'éteignaient, comme l'enfant que tu étais, perdu dans l'obscurité, mais je crois que tu étais digne dans cette mort qui ne l'était pas. Je pense aux mots que l'on peut prononcer quand on sait qu'on est sur le point de partir, quand on sait que le chemin est engagé, et qu'il faut y faire face. Mourir dans un lit inconnu, un pays que l'on aime mais qui n'est pas nôtre, mourir sans sa famille,
