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samedi 31 janvier 2009

A l'infini

Devant certaines oeuvres, je ressens parfois le syndrome de Stendhal. Des images qui en clin d'oeil, émeuvent inexplicablement. Elles donnent cette sensation de dédoublement, comme si l'âme soudain, avait quitté le corps, cette sensation proche de l'évanouissement. Ou alors beaucoup plus cru, cette sensation de l'effort physique accompli sans rien dans le ventre. Je suis peut-être fragile et alors, je ressens ce fameux syndrome, peut-être pas aussi violemment que Stendhal lui-même, ou que Ruskin à Venise, et je fais mentir Stendhal, ce n'est pas que devant des oeuvres italiennes, oh non.
Pour le reste, quasi - mutisme. Tout est connu.


Promenade dans le château, un château encore plus gris que d'habitude aujourd'hui, à cause de la pluie qui tombe et tombe, coule dans la gouttière et coule sur la vitre de la fenêtre et avec le gris, un arc-en-ciel.
Celle qui s'est déjà promenée sans d'autre raison que se promener, sans d'autre envie que de dérouler les fils de l'imagination et parfois, pour calmer l'espace d'un instant la violence, sait alors que l'on peut marcher encore comme ça pendant des heures et des heures, et que si l'on rencontre des gens, soudain entourée, et même entourée, et même à parler, on se rend compte qu'on est seule et on sait que ce que l'on dit là n'a même pas d'importance, parce que ce n'est pas dit avec fièvre, et parfois au détour du couloir que l'on emprunte quand on a préféré fuir, on rencontre quelqu'un qui nous ressemble et on a l'envie de toucher son épaule pour lui dire qu'on est là. Même si il ou elle s'en fiche. Et alors, quand on se rappelle une phrase de cet auteur jamais lu, parce qu'on n'a lu que cette phrase, et juste par hasard, et c'est sûrement un drame, on comprend ce qu'est l'amour, et que c'est aimer quelqu'un plus que soi, et quand cette vérité frappe le coeur, alors on peut faire table rase.

On pourra ensuite aller dehors, voir comment poussent les arbres. Grand-Mère, il fallait m'apprendre à semer des graines au pied de cet arbre pour voir les fleurs s'épanouir en été comme tu avais promis, mais tu as oublié, à moins que moi, j'ai oublié avant toi.

Et il pleut. Encore plus fort. Bruine et ondée, comme disent les poètes.
De longues heures à déambuler dans le Labyrinthe intérieur, à regarder la fenêtre, à jouer au plus vieux jeu du monde qui s'appelle Make Believe.
Et quand il fait gris dans le Grenier, on se dit que la meilleure chose à faire est d'aller chercher des seaux dans la cave, et puis des bols et de jolis pots en faïence, pour recueillir les gouttes d'eau. Et quand il fait gris, le labyrinthe peut parfois se transformer en prison.
Mais je préfère mon Labyrinthe qui parfois devient Prison, à une cage dorée dans n'importe quelle place heureuse de ce monde.

4 commentaires:

Wictoriane a dit…

je connais ces images de Desiree Dolron, sublimes, tellement belles et profondes que je cherche encore mes mots pour en parler.
Les prisons parfois, libèrent ce trop plein d'être alors qu'ailleurs, on se ramasse en soi même. C'est ce que je ressens souvent

Xoan a dit…

J'aime ton texte à l'infini, me rappelant ces chose imperceptibles et pourtant si précieuses.
Dans ton grenier aux pas perdus, au détours de tes couloirs, quand tout semble trouble et que seul le rire semble pouvoir délivrer certaines douleurs, en regardant en bas de l'escalier tu apercevras une ombre, rien qu'une ombre triste jouant avec les courant d'air, mais une ombre bienveillante.

Fuchsia a dit…

Oui Wictoria, ce sont des images qui nous ont peut-être, sûrement, capturées. Elles délient l'imagination, et il y a peut-être un reflet.
Pour le reste, je répondrai que c'est cette sensation. Assurèment.

Celtic, je crois que parfois, ce qui est imperceptible, infime, tout petit, ou mêmes ridicule, sont parmi les plus belles choses.

Anonyme a dit…

Il est vrai qu'un labyrinthe est beaucoup plus engageant à mes yeux qu'une vulgaire cage dorée.
N'est-il pas mieux de jouer à tout est possible grâce à nos pensées, le pouvoir de l'esprit surpassera toujours celui bassement matériel.
J'aimerais m'asseoir avec toi dans ce grenier riche de tous les possibles et de tous les rêves.